Entretien. “Notre ADN, c’est la jeunesse” : Papy Leye analyse les Girondins de Bordeaux | OneFootball

Entretien. “Notre ADN, c’est la jeunesse” : Papy Leye analyse les Girondins de Bordeaux | OneFootball

In partnership with

Yahoo sports
Icon: WebGirondins

WebGirondins

·3 Februari 2026

Entretien. “Notre ADN, c’est la jeunesse” : Papy Leye analyse les Girondins de Bordeaux

Gambar artikel:Entretien. “Notre ADN, c’est la jeunesse” : Papy Leye analyse les Girondins de Bordeaux

Avant le déplacement des Voltigeurs de Châteaubriant au Stade Atlantique ce samedi 7 février, Papy Leye s’est livré dans le Talk sur WebGirondins. L’entraîneur castelbriantais a évoqué son attachement au club, son choix assumé de miser sur de jeunes joueurs et la difficulté de construire en National 2. Il a également livré une analyse détaillée des Girondins de Bordeaux. Un entretien fécond à l’approche d’un match important pour Bordeaux.

N2 : “Je connais tous les recoins des Voltigeurs Châteaubriant”

Écoutez ses propos ou lisez-les :


Video OneFootball


WebGirondins le Talk : Comment s’est passée la prise en main de l’équipe après le départ de Michel Audrain (ancien entraîneur) début septembre ?

Papy Leye : Cela fait 30 ans que je suis là. On a pris Michel Audrain, mais ce n’était pas les mêmes standards. Il a connu le monde professionnel. On est une petite ville dans le Nord de la Loire-Atlantique. Il n’a pas mesuré le fossé. L’année dernière, on a perdu nos cadres, donc il fallait recruter et être patient. Il est arrivé dans un contexte où on perd des joueurs qui vont en National 1. Le début de championnat était difficile, donc c’était compliqué pour lui. La prise en main pour moi était plus facile, car je connais tous les recoins du club. Le président a préféré ne pas prendre quelqu’un qui doit s’adapter. Je n’étais pas demandeur, mais ça permettait d’aller plus vite.

N’est-ce pas frustrant d’être sur le banc après votre reconversion comme directeur du football cet été ?

Je fais les deux. Je suis arrivé quand le club était en DHR (équivalent du Régional 2), j’ai exigé beaucoup de choses pour que les éducateurs soient formés. À un moment donné, j’ai perçu qu’on perdait ce que l’on construisait. Je devais revenir à la base, car on n’a pas les moyens de faire autrement. C’est compliqué de faire les deux. Je ne suis plus très jeune, la National 2 est très dure. Des joueurs qu’on a recrutés cet été, sept sont partis cet hiver. On vient de perdre Nabil Homssa (parti à Montpellier). On est un club formateur et les autres viennent se servir.

“Cette année, beaucoup de joueurs ont été sollicités l’hiver”

Ce week-end, Nabil Homssa est parti et trois jeunes joueurs sont arrivés. Comment avez-vous géré cette folie ?

C’était une folie douce. Heureusement qu’il n’y avait pas match, car ça partait dans tous les sens. On a eu un prêt, donc la secrétaire était un peu paniquée. On a eu un autre joueur très sollicité, donc il fallait le gérer et il n’est finalement pas parti (Samba Diop). C’était encore plus lourd, car il faut expliquer, convaincre, être au téléphone tout le temps. Chaque année, on perd beaucoup de joueurs, mais pas l’hiver. Cette année, beaucoup de joueurs ont été sollicités dans cette période, c’est quelque chose qu’on ne connaît pas. Et perdre Nabil Homssa à trois jours de la fin du mercato, et ne pas avoir le temps de recruter, c’est très compliqué et dense. Il faut tout arranger en 72 heures.

Quels joueurs sont arrivés ?

On a signé Mathis Oger (Nantes) en prêt et Aly-Enzo Hamon (Angoulême). On cherche de jeunes joueurs, et c’est mieux s’ils habitent proche de la région, notamment pour la famille. On a des joueurs qui ont le niveau pour prendre le relais.

Comment expliquez-vous que la N2 est un championnat beaucoup plus suivi depuis quelque temps ?

À part Lorient, il n’y a aucun club pro en National 2. Aujourd’hui, ils sont tous en National 3 ou Régional 1. On voit beaucoup de joueurs partir de N2 et performer plus haut. Forcément, les clubs pros regardent de plus près et surtout, ce sont des joueurs qui ne coûtent rien. Nabil Homssa a été formé à Reims, donc son cursus est bon. Une fois qu’on les remet en scelle, et qu’ils enchaînent en National 2, ils peuvent être très performants en National 1 voire Ligue 2. Il faut recruter malin, comme Angers, Annecy, Dijon. En Coupe de France, tous les matchs de National 2 sont des matchs de haut niveau.

Ça doit vous faire plaisir de voir que votre travail est valorisé et valorisant avec ces départs ?

C’est ce qu’on leur dit. On cite des exemples, comme Sambou Soumano, qui joue à Lorient, un qui a signé à Brest, trois en National 1 l’été dernier, un autre en Ligue 2. Je suis sûr que certains cet été, signeront en Ligue 2, puisqu’ils sont suivis. C’est notre ADN, on a toujours préféré prendre de jeunes joueurs. Je peux être patient, je sais que ça peut être difficile en début de saison, comme pour Michel Audrain . Il disait à certains “vous avez un football d’enfant”. Donc c’est compliqué.

“Bordeaux a plus de variétés dans son jeu”

Pensez-vous que la défense des Girondins de Bordeaux est aussi robuste qu’elle l’a été ? Les derniers matchs ont montré quelques petites difficultés (4 buts encaissés lors des deux derniers matchs).

Ce n’est pas la qualité des défenseurs, mais l’animation défensive. L’animation offensive est ambitieuse, et quand ils s’y mettent, c’est dur de les contrer. Ils peuvent passer sur les côtés et dans l’axe. Mais quand ils perdent le ballon et que le premier pressing ne suit pas, là ils peuvent être en danger. Mais quand ils mènent et qu’ils veulent défendre, c’est très compliqué de les battre. On voit que sur les matchs où ils sont en difficulté, c’est face à des équipes qui les attendent. Contre une équipe qui attaque, comme La Roche, ils sont forts, car tout le monde défend, et ils sont très dangereux en le récupérant.

Cette équipe de Bordeaux vous semble-t-elle plus cohérente que celle de l’année dernière ?

Ils ont plus de variétés. L'année dernière, le match retour, Andy Carroll ne jouait pas. Il leur faisait du bien et ils le cherchaient tout le temps. Cette année, ils peuvent faire pareil avec Etonde, et ils peuvent faire autrement sur les côtés, surtout à gauche. Quand ils sont sur ce côté gauche et qu’on ferme, ils peuvent passer à droite et tu es mort. Le championnat est aussi plus costaud : La Roche est impressionnant, Bayonne est très fort, Les Herbiers aussi.

“Pour trouver un équilibre qui faut que l’on travaille tout en même temps”

Comment expliquez-vous vos errements défensifs ? Est-ce lié à la jeunesse ou par les nombreux changements dans l’effectif ?

C’est un tout. Quand on construit, il faut les fondements, et après on achètera les meubles. Sur les quatre premiers matchs, on a été solides. Quand on a commencé à travailler l’animation offensive, ils n’ont fait que ça. Ils ne pensent qu’à attaquer. Sauf qu’il faut aller chercher le ballon. Mon erreur a peut-être été d’insister sur les phases avec ballon plutôt que l’animation défensive. Il faut tout le temps insister, et travailler de manière transversale quand on a de jeunes joueurs. Il faut qu’on tienne compte de l’animation offensive et défensive, mais aussi de l’aspect physique et mental. Il faut trouver un équilibre qui fait que l’on travaille tout en même temps pour ne pas que les joueurs oublient tous les aspects.

Pour vous, la meilleure manière de battre Bordeaux actuellement est-elle de les attendre pour les piquer en contre ?

Contre Bayonne, Bordeaux avait le ballon, mais était en souffrance. Si on va les chercher, la difficulté est de leur laisser de l’espace dans le dos. On hésite : il y a le bloc bas, mais avons-nous une équipe pour jouer de cette manière ? On a vu que face à Granville, même avec un bloc bas, ils arrivent à trouver un dépassement de fonction où le latéral gauche s'intègre. Il n’y a pas de vérité. C’est une équipe qui a été pensée pour ce niveau. Et même s’il y a des hauts et des bas, dès qu’ils accélèrent, tu peux faire ce que tu veux, ça part dans tous les sens. C’est très compliqué à défendre.

Notre podcast court sur l'actu des Girondins :

Lihat jejak penerbit