EXCLU - Edgar Barros : « Mané, c’est le plus grand joueur africain de l’histoire » | OneFootball

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·12 Maret 2026

EXCLU - Edgar Barros : « Mané, c’est le plus grand joueur africain de l’histoire »

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Edgar Barros Junior rêvait de devenir footballeur pro. Passé par le National à l’US Avranches, l’ancien latéral n’a pas percé, mais il s’est réinventé comme créateur de contenus, mêlant voyages et récits immersifs. Sa nouvelle aventure l’a conduit à intégrer la sélection du Sénégal pour dévoiler les coulisses des Lions de la Teranga. Pour Onze Mondial, il revient sur ces derniers mois exceptionnels et la belle épopée de la bande à Sadio Mané.


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Quel est ton rapport au foot ? 

J’ai commencé le football à l'âge de 5 ans, j’étais passionné de foot. Je rêvais de devenir footballeur professionnel. J’ai d’abord joué dans le club à côté de la maison avant d’intégrer le sport-études de Torcy. J’y ai fait toutes mes classes jusqu’en U19. Mon but était de vivre du football, donc d'atteindre le niveau professionnel. Mes parents accordaient une grande importance aux études, c’est pour ça que le format de sport-études était cohérent. Je n'ai pas abandonné l'école, j'ai fait un master marketing digital, tout en poursuivant le football, en pensant avoir une opportunité à un moment donné. Je savais que ça pouvait arriver. Il fallait simplement que je bosse comme un acharné. Et l’opportunité s’est présentée avec un essai à Avranches en National 3. J’ai réussi mon essai et j’ai signé. Au bout de deux semaines, lors d’une opposition entre la N3 et la N1, j'ai fait mes preuves et j'ai intégré le groupe d'entraînement National à Avranches. Par la suite, j’ai disputé quelques matchs officiels en National. J’ai tutoyé mon rêve de devenir professionnel, j’ai obtenu un contrat fédéral et j’ai pu vivre de ma passion. J’ai ensuite signé à l’AS Vitré en National 3. J’ai pu faire tout ça en ayant un bagage scolaire, alors oui, je n’ai pas joué en Ligue 1, ni en Ligue 2, mais j’ai quand même pu toucher un bon niveau.

Quelles sont tes sources d’inspirations ? 

J’ai toujours été inspiré par les plus grandes personnalités au niveau du football, mais aussi par l'humain. J'aimais énormément Ronaldinho. C'est lui qui m'a vraiment fait aimer le foot, mais aussi Sadio Mané à travers tout ce qu'il représentait, tout ce qu'il incarnait en termes d'humilité sur le terrain et surtout en dehors. Ces rôles-modèles africains, ça me parle vraiment.  On n'a pas trop l'habitude d’entendre ce genre de personnalités, mais aujourd'hui, pouvoir le côtoyer, être à ses côtés et s'inspirer de lui, c’est une aubaine. Mes inspirations footbalistiques, c’est Ronaldinho et Sadio Mané.

Tu étais quel type de joueur ? 

Je jouais latéral droit. J'étais un joueur qui avait un gros volume du jeu. J'avais 23 de VMA, j'étais super athlétique, je courais beaucoup. J'étais bon offensivement et très solide défensivement. J’avais des lacunes au niveau tactique, je n’avais pas fréquenté de centre de formation. Lors de ma première séance avec le groupe National et le coach Frédéric Reculeau, j’ai dit au coach : « Écoutez, moi, je suis en mission, je suis à votre disposition. La seule chose dont j'ai envie, c'est d’apporter ma pierre à l'édifice, me donner à 2 000%. J’aimerais vraiment progresser tactiquement ». Par contre, j'avais un énorme volume de jeu. À l'entraînement, je courais quatre fois plus que les autres. J’arrivais une heure avant les autres et je repartais une heure après les autres. Je prenais exemple sur la discipline de travail de joueurs comme CR7. Très jeune, je savais que si on rêvait grand, il fallait travailler énormément.

Quel est ton parcours ? 

J’ai commencé à Val d’Europe, ensuite, j’ai joué à Torcy de U13 à U19. Je me suis fait les croisés, mais je ne voulais pas qu’on dise : « Il a arrêté à cause des croisés ». J'ai fait une rééducation dans un centre de réathlétisation. J’ai signé à Meaux en R1 par la suite, mais avec le coach, ce n’était pas évident. Joël Epalle, ancien international camerounais qui a joué les Jeux Olympiques, me contacte et me propose un projet à Val d’Europe, à côté de la maison. Et il me dit : « Une opportunité se présentera pour toi, on va t’aider ». Je reprends le foot avec lui, en R2. Pour certains, c’était perçu comme une défaite, de revenir en arrière comme ça. Mais moi, je savais que ce que je faisais, je travaillais deux fois plus que les autres, j’avais mon objectif en tête. À la fin de la saison, le directeur sportif, Nasser, me dit : « Je connais bien le coach de la N3 d'Avranches, c’est le moment pour toi de faire un essai là-bas ». J’y vais, ça se passe bien. Je fais une saison, puis je rejoins l’AS Vitré pour un an en contrat fédéral. Et à la fin de ce contrat, je suis dans l'optique de retrouver un autre club parce que je pouvais facilement jouer en N2. Mais en fait, j’ai ressenti comme un vide en moi. J'avais besoin de m'exprimer, la routine footballeur, je trouvais que c'était une prison dorée. Oui, tu gagnais de l'argent, tu étais payé, tu vivais de ta passion. Oui, quand j'étais sur le terrain, j'étais content, mais il me manquait quelque chose. Et moi, je m'étais fixé une limite. Je m’étais dit : « À 25 ans, si je n’ai pas le niveau qui me permet de vivre de ma passion sur les prochaines années où je peux me mettre à l'abri, je prends un virage crucial ». Je m'étais fixé une deadline dans ma tête. Après ma saison à Vitré, je suis parti en vacances au Mali. Pourquoi le Mali ? Parce que j'ai un ami d'enfance qui a grandi là-bas et qui s'est lancé dans la photographie. C’était une façon pour moi de renouer contact avec l’Afrique. En trois semaines, je prends 100 000 abonnés sur les réseaux sociaux en valorisant la culture malienne, en créant des synergies entre les peuples. J’ai fait des collaborations avec beaucoup d’artistes, sportifs et entrepreneurs pour valoriser l’Afrique. Et finalement, je suis resté quatre mois. Après, j’ai enchaîné avec le Sénégal en faisant plein de contenus différents, tout s’est super bien passé. En un an, j’ai fait 18 pays. Je voulais raconter mon histoire à travers l’histoire des gens. Je suis parti à la rencontre de la diaspora sénégalaise partout dans le monde. Je voulais devenir une une passerelle culturelle.

Quelles sont tes plus belles rencontres footballitstiques ? 

Depuis un an, j'ai la chance d'être le créateur de contenus de l'équipe nationale, donc je les suis sur tous les temps forts.

Comment as-tu obtenu ce rôle ? 

J'étais un acteur culturel, mais avant tout, j’étais passionné de sport, donc on m'a toujours dit : « Tu ne mets jamais en avant le fait que tu saches jouer au foot et que tu aies pu avoir une petite carrière, il faudrait que tu valoriser le travail de la fédération et de l’équipe nationale ». Il y avait un problème. L'équipe nationale, on ne la connaissait pas de l’intérieur. Ce n'était pas assez humanisé, on ne voyait pas assez ce qu’il se passait à l'intérieur. On voyait juste des petites photos de temps en temps, une petite vidéo, une visite à l'entraînement, mais on n'avait pas ce côté humain. Et moi, vraiment, c'est ce qui fait mon capital sympathie. Je vais à la rencontre des gens, je valorise les différents profils. Je me suis dit : « Je vais aller vers la fédération ». J'avais un contact, Amissen, la responsable marketing. Je lui ai proposé un plan détaillé en lui expliquant que je voulais être le créateur de contenus incarnant le visage de la fédération, qui représente aussi le peuple, et qui crée un lien entre le peuple, les supporters et la fédération. Souvent, l’Afrique est trop fermée à ses frontières. Et moi, je voulais que l'équipe nationale puisse parler à tout le monde à travers le monde. On a les meilleurs joueurs au monde, donc on a intérêt à se faire voir lors des temps forts. Par exemple, quand on joue contre le Brésil, quand on joue contre l'Angleterre, quand on joue la CAN, on a des profils comme Sadio Mané, comme Kalidou Koulibaly. Lors d’un tournage avec Koulibaly, on a eu un coup de coeur, il m’a pris sous son aile, il demandait aux gens de la sécurité de la fédération de me laisser les accès, de me mettre dans les meilleures conditions. Attention, je n’ai pas de contrat avec la fédération, je me déplace à mes frais, je fais tout ça dans un élan patriotique. Je veux simplement valoriser nos joueurs, nos talents africains et dans ce cas précis nos joueurs sénégalais.

Tu étais avec la sélection ? 

Je me suis déplacé avec eux, j'ai pris le vol aller, le vol retour avec eux. Je me suis logé dans un hôtel à côté. Par contre, j'avais accès à l'hôtel, j'avais accès à des moments privilégiés. Je suis très, très proche de ces joueurs-là. Un créateur de contenus doit valoriser sans vraiment capitaliser pour lui. Mon but, ce n’est pas de demander des photos ou des maillots à des joueurs. Je n’en ai rien à faire de tout ça. Je veux juste être un atout et un outil pour eux, pour les valoriser. Je veux apporter du positif sans rien attendre en retour.

Tu as eu accès à quels moments privilégiés ? 

Après les matchs, on était ensemble, on débriefait ensemble. À l'hôtel, on se posait ensemble, alors que personne ne pouvait entrer. J’assistais aux entraînements. Déjà, le fait de voyager avec eux, ça montre que je suis là. Je les ai suivis ces huit derniers mois. Je suis concerné par cette victoire parce que ça fait huit mois qu'on prépare cette compétition. Je n’ai loupé aucun rassemblement.

Quels sont tes plus beaux souvenirs ? 

Je voulais vraiment être présent à la CAN pour mon pays. J’avais plein de propositions commerciales des marques, j’ai tout refusé. Je n’ai fait pas tout ça pour l’argent. Pour moi, c'était vraiment la CAN du patriotisme, pouvoir servir sa nation, que tout le monde puisse jouer sa partition. Les joueurs sont sur le terrain. Moi, je suis en dehors sur les réseaux sociaux, mais je suis en contact avec le peuple. Par exemple, ma journée type, je me lève le matin, je vais me coiffer. Je vais rencontrer le peuple marocain, sénégalais, peu importe. Je vais « synergiser » avec eux, leur demander des pronostics, voir comment ils réfléchissent, observer la particularité de la relation entre le Sénégal et le Maroc. Les moments forts, c'est vraiment le contact avec les peuple sénégalais et son homologue marocain. Je suis reconnaissant de tout ça. Il y a un an, j’ai commencé à préparer la CAN. Je suis allé au Maroc dix fois en un an, pour tout bien préparer. Chaque mois, je faisais une ville. Je ne voulais pas arriver en terre inconnue, je voulais être impactant. Lors d'une discussion avec mon père, je lui ai dit : « J’ai couvert la CAN en Côte d’Ivoire, aujourd'hui, j'ai vraiment envie de me démarquer. Qu'est-ce que je dois faire ? ». Il m’a répondu : « Mon fils, tu devrais faire une musique ». Je lui explique que je ne suis pas artiste, lui me demande d’être créatif, de repousser mes limites. Je pense donc à Sidiki Diabaté, un Malien qui raconte les histoires de ses ethnies. Du coup, je vais à sa rencontre et le mets au défi de faire un son pour l’équipe nationale du Sénégal. Il accepte et me dit : « Je suis un griot, je raconte ton histoire et tu vas chanter avec moi ». Aujourd'hui, c’est le son le plus écouté de la CAN. Certains joueurs comme Carlos Baleba et même Sadio Mané ont utilisé ce son sur leurs réseaux sociaux. La CAF l'a passé à plusieurs reprises dans les stades et l’a même utilisé pendant la finale et sur ses différentes plateformes. J'ai aussi écrit un livre où je pousse les gens à l'action, à faire le premier pas, à voyager vers les gens. J’aime diversifier les supports. C’est bien d’être créateur de contenus, mais il ne faut pas se limiter à faire des vidéos dans sa chambre. Je veux inspirer la jeunesse.

Comment as-tu vécu la finale ? 

Je n'ai pas regardé un seul match en loge, en VIP, pourtant j'avais les accès. Je voulais vraiment me retrouver au cœur du peuple. J'ai passé tous les matchs avec les 12ᵉ Gaindé, fervents supporters. Je les remercie parce que c'est grâce aussi à eux qu’on a gagné. Maroc-Sénégal, le dénouement aura été particulier. Beaucoup parlent de l’arbitrage, mais moi, je dis : « Si ça c’est passé comme ça, c’est que ça devait se passer comme ça, c’est tout ». Je suis passé par toutes les émotions : des cris, des pleurs, des douleurs. La fin est un peu triste, c’est vrai. Des supporters sénégalais sont entrés sur la pelouse, ils ont porté des coups et se sont pris des coups de matraque. Je suis un peu partagé sur ce moment qui a montré une mauvaise image de l’Afrique. Ces vidéos « buzz » ont cumulé des millions de vues. Mais il ne faut pas oublier tout ce qu'il y a eu autour, tout ce que les Sénégalais ont fait, tout ce qu’on a essayé de faire, tout ce que les Marocains ont fait aussi. Tout ça a mis l'Afrique sur le toit du monde pendant un mois, partout dans le monde. La CAN a dépassé les frontières de l’Afrique grâce aux acteurs présents sur le terrain, mais aussi aux personnalités qui sont venues. J’ai pu me connecter avec Omar Sy, avec Khaby Lame, le président de la République du Sénégal m’a reçu la veille du départ pour le Maroc. Ce n’était pas prévu, on a fait une vidéo, on a parlé de la diaspora africaine, de la cérémonie, et à la fin, il m’a donné une mission en me disant : « Ton but est de continuer à faire ce que tu fais, de les suivre et montrer tout ce qu'on ne voit pas à la télé ». C'était vraiment un moment magique. Sur ce moment clé, j’ai trouvé ma mission de vie. Le déroulé de cette CAN est incroyable, j’avais l’impression que toutes les planètes étaient alignées. J’ai compris qu'il fallait être patient dans la vie. Nous, les jeunes, sommes souvent pressés. Mais le plus important, c’est d’être prêt lorsque le moment se présente. Et c'est pour ça que je dis que la chance n’existe pas. OK, j’ai eu des accès privilégiés, mais j’étais prêt. J’ai posté 120 réels en 30 jours, avec 200 millions d’impressions sur tous mes réseaux. J’ai fait ça pour ma nation, et gratuitement, pour l’image du football africain. J’ai fait un crosspostage avec Sadio Mané, mon son a été partagé sur la page du président de la République du Sénégal. J’ai montré à tous les jeunes de la diaspora que le retour en Afrique est possible. Avec le travail et l’abnégation, tout est possible. Il faut croire en soi et ne rien demander à personne.

Qu’as-tu pensé de la fin de Sadio Mané et les critiques autour de Pape Thiaw ? 

Par rapport à la décision de Pape Thiaw, je comprends que certains trouvent ça mitigé. En tant que supporter sénégalais, je me dis que sans cette réaction du sélectionneur, on aurait peut-être encaissé ce but. On n’aurait peut-être pas vécu le même dénouement. Ce qui s'est passé, c'est quelque chose qui devait se passer. À ce moment-là, il a pris la responsabilité de faire sortir tout le monde, un choix fort, que d’autres sélectionneurs n’auraient pas osé faire. Lui, il l'a fait. Je respecte sa décision et en aucun cas, je ne peux la trouver controversée. On peut voir Sadio Mané prendre conseil auprès de Claude Leroy, El-Hadji Diouf, Mamadou Niang, puis demander à tout le monde de revenir sur le terrain. Ça montre l'homme qu'il est. Sadio, il ressort en génie de cette finale, il ressort en légende. Sadio Mané, c'est le plus grand joueur africain de l’histoire. C’est un mec résilient, il n'a jamais eu un bad buzz, il n'a jamais eu une mauvaise image sur les réseaux sociaux. Il a toujours répondu présent par des actes sur le terrain, et en dehors, socialement, il a aidé du monde. Beaucoup me disent, tu devrais être rémunéré pour ce que tu fais, c'est vrai que ça demande énormément d'énergie. C'est vrai que j'ai avancé énormément de frais pour vivre cette compétition dans les meilleures conditions pour faire vivre au peuple. Mais je dis souvent : quand on parle d'Afrique, il ne faut pas compter le score. Sadio Mané, c'est un mec qui ne compte pas le score. C'est un modèle qu'on doit valoriser. Il est très intelligent, très pudique, reste dans son coin, mais j'ai vu des scènes magnifiques. J’ai eu la chance d’assister à la parade comme si j'avais gagné le titre.

Comment as-tu obtenu accès à la parade ? 

Il y a le protocole du Palais qui se met en place, avec le président de la Fédération. Ils ont décidé de me donner accès au bus pour capter un maximum d'images. Et à ce moment-là, je suis comme un enfant. Je me dis : « C'est un peu la consécration de tout le travail effectué ». Je n'ai pas joué sur le terrain, mais j'ai joué ma partition en dehors. Le peuple est fier, le peuple avait besoin de ces images de l’intérieur pour leur raconter les histoires de la sélection. Franchement, on ne se rend pas compte de l'impact que j'ai pu avoir. Mais pour le peuple sénégalais et même les gens de la diaspora, c'est incroyable ce que j'ai pu vivre. Quand je monte avec eux dans le bus, je sais très bien ce que je dois mettre en avant. Les joueurs profitaient et se passaient la coupe, mais Sadio Mané n’en voulait limite pas, il ne la demandait pas. Les joueurs lui donnaient dans les mains, il la prenait rapidement puis la donnait à un autre joueur. Ça montre l'homme que c'est. Ce défilé devant des millions de Sénégalais, c’était phénoménal. On a fait ce trajet en 8 heures et demi, alors que normalement, ce trajet prend 40 minutes maximum. Et le trajet est passé hyper vite. C’était grandiose. À la fin, mes oreilles étaient bouchées à cause des cris, j’ai souri pendant 8 heures et demie. J'avais mal à la mâchoire tellement je souriais. Cette parade restera dans les annales, c’est historique. J’étais dans le bus avec les plus grands joueurs africains de l’histoire. Pareil, après le match, j’étais dans le vestiaire avec eux. C’était magique. On a fait des photos, on a échangé des mots, j’ai dit à Sadio Mané : « Dieu est Grand, tu as annoncé que c’était ta dernière CAN, maintenant, tu dois savourer chaque instant ». À chaque fois, je lui cassais la tête en lui demandant de profiter. Il faut continuer à valoriser tout ça, sans oublier le travail de la fédération et de Khalilou Fadiga. Un mec de l'ombre, mais qui a énormément apporté à cette équipe nationale grâce à ses relations. Il n’est pas assez mis en avant, mais il a contribué à mettre l’équipe dans les meilleures conditions avec tout le staff, et les acteurs de la fédération, notamment le président Abdoulaye Fall. Je le salue, il a cru en moi. Même si on n'avait pas contractualisé la collaboration, il m'a laissé faire pour réussir cette mission commune. Personne n’a jamais douté, les joueurs ont toujours cru en eux, avec une concurrence saine. Je tiens à souligner le travail de Pape Thiaw. Cette sélection du Sénégal, c’est vraiment une famille. Ils vont encore réaliser de grandes choses, je te le dis.

J’ai vu sur tes réseaux que tu avais également rencontré Zinedine Zidane. 

Je ne suis pas uniquement créateur de football. Je suis vraiment un créateur qui touche à tout : mode, lifestyle, voyage et sport. Je m’intéresse à tous les sports, avec la CAN et la Coupe du Monde, j’ai enfilé ma casquette football. Mon but, c'est de valoriser tout le monde. Et pour moi, Zidane reste évidemment un Français, mais c'est aussi un Africain qui est une légende du football, qui a marqué l'histoire. Je l'ai rencontré à plusieurs reprises. J'ai pu faire deux vidéos avec lui sur deux moments différents. C'est juste un honneur. Je lui ai offert mon livre où je raconte des histoires. Il est super humain, il m’a demandé de continuer à faire ce que je faisais pour la jeunesse et de prendre du plaisir. Je lui ai demandé : « Tu aurais fait quel métier si tu n’avais pas été footballeur ? », il m’a répondu photographe. Et moi, même si j’ai arrêté le football, j’ai quand même vécu mon rêve, j'ai célébré une Coupe d'Afrique des Nations, j'ai porté la Coupe d'Afrique, j'ai été dans le bus avec les joueurs. C'est comme si j'avais vécu mon rêve à travers cette équipe nationale. Les personnalités comme Zidane, Omar Sy, Akon… C'est des personnalités qui te permettent de prendre une impulsion et qui t'emmènent dans leur sillage avec leurs succès. Aujourd'hui, la société fait en sorte que tu aies besoin d'être validé par ces personnalités. Et je n’aime pas trop ça. Aujourd’hui, tout est calculé. Si Zidane accepte, les marques vont dire : « Il est légitime de bosser avec nous, car il a fait un contenu avec Zidane, donc il touche les Français ». Et souvent, on m’a dit : « Barros, tu as une communauté trop africaine ». Mais oui, l’Afrique est un continent comme un autre. Il faut qu'aujourd'hui, l'Occident accepte que l'Afrique puisse les dépasser. Quand on voit que la Coupe d'Afrique va se dérouler tous les quatre ans à partir de 2028, pour moi, ce n'est pas une décision prise par la CAF. Pour moi, c'est une décision prise par une autre organisation. Parce que si on arrive à attirer des personnalités comme celles-ci tous les deux ans dans les meilleures conditions, ça veut dire qu’on prendra encore plus de place, et qu’on dépassera certaines grandes compétitions existantes. L’Afrique attire, on a même vu Mbappé se déplacer. Pour moi, ça montre juste que, comme je le dis tout le temps, l'Afrique, ce n'est pas le futur, l'Afrique, c'est le présent. Et l'avenir de l'Afrique va être incroyable.

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