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·15 Mei 2026

Florentino Pérez face à l'arbitrage : une bataille sans fin

Gambar artikel:Florentino Pérez face à l'arbitrage : une bataille sans fin

Florentino Pérez avait promis une offensive et l'a menée, tambours battants, dans une conférence de presse historique tenue le 12 mai depuis la Ciudad Real Madrid. Pendant plus d'une heure, le président du club le plus titré d'Europe a brossé un tableau sombre et explosif du football espagnol : des arbitres corrompus, une Liga complice, une UEFA bientôt saisie, et un dossier de 500 pages prêt à faire trembler les instances.

Il a notamment affirmé, à plusieurs reprises, que les arbitres ayant officié au temps de l'affaire Negreira, dans laquelle le FC Barcelone est accusé d'avoir rémunéré pendant vingt ans le vice-président du Comité Technique Arbitral, étaient « les mêmes » que ceux en activité aujourd'hui. Des hommes, selon lui, qui portent l'empreinte d'une corruption systémique.


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Ces mots-là n'ont pas été entendus dans le silence. Ils ont résonné comme un acte d'accusation collective. Et le syndicat des arbitres espagnols, l'AESAF, a décidé de ne pas les laisser sans réponse.

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Une plainte formelle, trois exigences claires

Selon les informations publiées par AS, l'Association Espagnole des Arbitres de Football (AESAF) a déposé un écrit formel auprès du Comité de Compétition, réclamant l'ouverture d'un expediente disciplinaire, une procédure disciplinaire officielle à l'encontre de Florentino Pérez. Une démarche judiciaire sérieuse, posée sur le bureau des instances fédérales, qui témoigne de la gravité avec laquelle le corps arbitral a reçu les déclarations du dirigeant madrilène.

Le communiqué de l'AESAF est sans ambiguïté : « Ces déclarations ne peuvent pas être protégées par l'exercice légitime de la liberté d'expression ni de la critique sportive, étant donné que M. Pérez ne se limite pas à signaler des erreurs arbitrales ponctuelles, mais attribue au Corps Arbitral la perpétration d'un délit continu de corruption pendant deux décennies ».

Le syndicat souligne également que Florentino Pérez agissait « en tout moment comme représentant institutionnel de l'un des clubs les plus médiatiques au monde », ce qui, selon lui, « amplifie l'impact préjudiciable de ses paroles et accroît sa responsabilité ».

Trois demandes concrètes accompagnent cette requête. D'abord, que le Comité de Compétition enjoigne à Pérez, à titre conservatoire et urgent, de cesser toute déclaration de nature similaire pendant la durée de la procédure. Ensuite, que soit reconnue son obligation d'indemniser le Collectif Arbitral pour le préjudice moral, réputationnel et professionnel causé. Enfin, et c'est là l'exigence la plus symboliquement forte, que le Real Madrid CF soit contraint de publier un communiqué officiel de rectification et d'excuses.

Une escalade dans un climat de guerre ouverte

Pour mesurer la portée de cette riposte, il faut replacer les déclarations de Pérez dans leur contexte. Fin de saison sans titre, élimination européenne, Liga perdue avec onze points de retard sur le FC Barcelone après la 36e journée : le président madrilène a vécu ces derniers mois une accumulation d'humiliations. Sa réponse a été à la hauteur de sa frustration.

Florentino Pérez a répété au Chiringuito, que le Barça avait « payé les arbitres pendant deux décennies » et que les mêmes hommes officiaient encore aujourd'hui. Il a évoqué « dix-huit points volés » cette saison, un dossier à remettre à l'UEFA, une vidéo diffusée sur la chaîne du club. Et cette phrase, devenue virale : « J'aurais pu remporter quatorze Ligas, mais on me les a volées. »

Le FC Barcelone réagit aux propos de Florentino Pérez

L'atmosphère est devenue, selon les mots de plusieurs observateurs, « hystérique ». Les plateaux télévisés s'embrasent, les anciens arbitres prennent la parole et les dirigeants adverses montent au créneau, sans oublier que le FC Barcelone a annoncé que son département juridique étudie les déclarations de Florentino Pérez concernant l'affaire Negreira et précise que les prochaines démarches à entreprendre sont actuellement à l'étude.

Dans ce contexte de guerre ouverte, la riposte de l'AESAF constitue un changement de nature : pour la première fois, c'est le corps arbitral lui-même qui sort de sa réserve institutionnelle pour frapper sur le terrain juridique.

La question qui plane désormais sur le football espagnol est simple mais vertigineuse : le Comité de Compétition donnera-t-il suite ? Et si oui, jusqu'où peut aller cette procédure contre le président d'un club de l'envergure du Real Madrid ? Les semaines à venir s'annoncent aussi brûlantes qu'une fin de saison sans titre.

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