[Interview G4E] Yassine Azahaf (Chauray) : “Ça va surtout être psychologique, que ça soit du côté de La Roche ou des Girondins” | OneFootball

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·25 Maret 2026

[Interview G4E] Yassine Azahaf (Chauray) : “Ça va surtout être psychologique, que ça soit du côté de La Roche ou des Girondins”

Gambar artikel:[Interview G4E] Yassine Azahaf (Chauray) : “Ça va surtout être psychologique, que ça soit du côté de La Roche ou des Girondins”

Avant la rencontre retour entre le club des Girondins de Bordeaux et celui du FC Chauray, comptant pour la 23ème journée du championnat de National 2, nous nous sommes entretenus avec Yassine Azahaf, entraîneur de cette équipe depuis Février dernier. Un échange très agréable avec un entraîneur venu pour mener à bien une mission, celle de sauver le FC Chauray en National 2. Nous évoquons son parcours, son arrivée au club, la saison, le National 2, les Girondins, le match à venir et bien d’autres sujets… Interview. 

Né à Agen, il a été entraîneur chez les jeunes de la Jeunesse Villenavaise, Langon, Porte Entre 2 Mers, Mérignac-Arlac, Bergerac (2023/2025), le FC Rousset (SEP-DEC 2025) puis Chauray depuis Février.


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Pouvez-vous nous raconter votre parcours ?

Je suis du Lot-et-Garonne, Agen. J’ai joué au foot à Nérac, dans une ville à côté, à 25 kilomètres d’Agen. Très tôt, à l’âge de 18 ans, j’ai commencé à passer mes diplômes et entraîner à l’école de foot. En parallèle aussi, à passer le BAFA. J’ai toujours été attiré par l’éducation, la transmission, s’occuper des jeunes. Ça m’a amené au Brevet d’État à l’âge de 20 ans et j’ai pris naturellement l’équipe première, donc les seniors PH à l’époque, les collègues avec qui je jouais. Donc j’étais entraîneur-joueur, puis entraîneur à l’âge de 20 ans en Promotion d’Honneur, senior au niveau régional. Puis après je suis venu sur Bordeaux pour continuer à progresser dans ce rôle-là, puisque ce n’était pas encore mon métier. Donc j’ai coaché en R2, R1, et puis j’ai commencé à en vivre. En fait, j’étais à temps plein à partir d’Arlac et puis naturellement à Bergerac en N2. C’est devenu une passion qui est devenue une profession.

Vous avez débuté votre carrière d’entraîneur jeune, pourquoi avoir pris cette voie ?

Au départ, on veut tous jouer au plus haut niveau en tant que joueur. Moi, en fait, je me suis retrouvé à faire les deux en même temps et quand j’étais pendant six mois entraîneur-joueur en PH, je me suis posé la question, est-ce que je ne pouvais pas faire les deux ? Honnêtement, c’est trop énergivore et puis tu ne prends plus du tout le plaisir ni à entraîner, ni à jouer puisqu’en fait, tu t’éparpilles et tu ne fais pas les choses forcément bien. Donc, je me suis dit, pourquoi pas embrasser une carrière d’entraîneur ? Donc voilà, ça a été un choix. Ce n’est pas lié à une blessure, c’est le choix de carrière.

Comment s’est faite votre venue à Chauray ?

Étant sans club, ils m’ont sollicité. Ils voulaient déjà savoir si je voulais attendre cet été avant de reprendre un projet ou si j’étais prêt à reprendre là sur une mission à court terme, notamment le maintien. Comme je leur ai dit, à partir du moment où c’est cohérent, je pense que je peux réussir ma mission. Je n’hésiterais pas. Quand j’ai eu tous les éléments, je n’ai pas hésité. Si c’est une marque de confiance après avoir coaché Bergerac et des clubs de niveaux inférieurs ? C’est ça, c’est ça. Autant avant, quand j’étais en Régional, je n’aurais jamais pensé qu’un club de N2 m’aurait appelé, Bergerac l’a fait. Christophe et Paul Fauvel ont été très audacieux et je ne les remercierais jamais assez. Et là maintenant, oui, j’ai la sensation que je suis rentré dans le cercle des coachs de National, en tout cas de N2-N3. A moi de continuer à bien travailler pour les niveaux nationaux et on ne sait jamais, peut-être plus tard repousser ses limites et aller le plus haut possible.

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FC Chauray

Vous êtes donc passé par Bergerac, club de N2 qui a connu des gros soucis financiers et qui est tombé en R3. Comment vit-t-on cette situation ?

Au départ, ça fait bizarre. Surtout moi qui arrive du niveau Régional. Il y a des contextes, des choses en tout cas, qui me dépassent. Au niveau Régional, c’est assez rare donc, je n’avais jamais connu ça. Et puis, c’est vrai qu’on a toujours en tête l’entraîneur quand une aventure s’arrête et c’est lié au résultat pour les autres. Et là, tu te rends compte qu’en fait non, il n’y a pas que les résultats, il y a d’autres éléments que tu ne maîtrises pas, c’est le côté administratif.  Quand on voit la conjoncture actuelle des clubs de N2, de N3, même de N1, c’est compliqué. Donc, c’est vrai qu’après Bergerac, cette saison-là, elle est compliquée. Parce qu’en off, ça ne s’est pas su médiatiquement, j’ai signé, en fait, début juillet à Marignane-Gignac et en fait, je ne sais pas si vous vous souvenez, ils devaient passer un appel DNCG pour le maintien N2. Finalement, ils ont été rétrogradés à N3, et j’avais quand même accepté la mission en N3. Au final, le président avait mal pris que la DNCG le rétrograde en N3. Pour lui, il avait tous les éléments au niveau comptable pour rester en N2. Il a quitté le navire. Et au final, j’ai été entraîneur de Marignane-Gignac une semaine. Après, je suis rentré. J’ai passé juillet-août à la maison. Je suis rentré dans le Lot-et-Garonne. Début Septembre je retourne sur Marseille, je vais à Rousset. Et pareil, le Président qui m’a recruté en visio devait être officiellement à l’Assemblée Générale le Président au mois de Décembre. Au final, début décembre, il annonce au comité directeur qu’il ne reprendrait pas le club. C’était un président-mécène. Comme tous les clubs de N2, à partir du moment où le mécène ne s’engage pas, c’est compliqué. Le club a dû enlever les joueurs, l’entraîneur notamment, pour libérer la masse salariale, pour ne pas avoir des soucis cet été, quoi. Là, me voilà à Chauray donc, quelque part, j’ai passé trois environnements différents depuis Bergerac, en l’espace de sept-huit mois. J’espère déjà maintenir le club de Chauray parce qu’il le mérite. J’espère cet été trouver un projet, que ce soit à Chauray je l’espère, ou ailleurs. En tout cas, quelque chose où je pourrai me mettre au travail et non de m’occuper de tous ces aléas-là. Ne parler que de foot.

Vous êtes de la région donc vous avez pu connaître indirectement le même genre de situation du côté des Girondins de Bordeaux. Quelle avait été votre réaction à l’époque ?

Ça fait bizarre. Malheureusement il y a des clubs avant les Girondins qui ont fini comme ça et malheureusement je crois qu’il y en aura aussi après. L’été dernier il y a eu Ajaccio, qui est aussi un club historique. Il y a eu Bastia avant les Girondins… Ça n’arrête pas. Il y a quelques années c’était surprenant, là j’ai envie de te dire que malheureusement que ça ne me surprend plus. Ca fait, quelque part, partie du paysage du football français.

Affronter un club historique n’est pas commun, hormis lors de beaux parcours en Coupe de France. Comment l’entraîneur se prépare dans ce contexte ?

Écoute, j’ai connu ça récemment avec Rousset. J’ai été jouer au Stade des Antonins contre Nîmes Olympique. Ca ressemble un petit peu. J’ai connu des parcours en Coupe de France, notamment contre l’Olympique Lyonnais à Limoges (avec Bergerac). En tant qu’entraîneur, c’est super de préparer des matchs comme ça, dans des ambiances pareilles, des contextes particuliers. Et ça l’est aussi pour les joueurs. C’est malheureux pour les clubs en face, mais c’est bien aussi pour nous, les coachs, entre guillemets (sourire), des petites équipes. Ça nous permet en championnat quelque part, de jouer des matchs qui ressemblent à des matchs de Coupe de France. Si ce n’est pas passé loin avec Bergerac contre Lyon ? Oui c’est ça, ça a fini à 1-0. Quelques situations litigieuses à la fin.

Vos joueurs ont pu croiser les Girondins au match aller. Cette fois-ci ce sera au Stade Atlantique donc dans un grand stade avec un public nombreux. Comment prépare-t-on un groupe à ce genre de rencontre particulière ?

Écoute, on le prépare, franchement, comme un autre. On ne peut pas préparer les joueurs à l’ambiance, c’est quelque chose d’inconscient, on ne sait pas comment les joueurs vont répondre. Ça dépend du vécu, du parcours des uns et des autres et puis d’un certain équilibre. Donc dans la semaine c’est impossible à prévoir. C’est comme de te préparer à tirer des tirs aux buts. Tu as tous les joueurs qui vont te les mettre en séance. Mais comme c’est le jour J, le stade plein, la pression, etc… On ne peut pas contextualiser ça dans la semaine, c’est ce que je veux te dire. Donc, on le prépare comme un autre, il n’y a rien de particulier.

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(Photo by Anthony Dibon/Icon Sport) – Photo by Icon Sport

Dans votre effectif vous avez deux anciens bordelais avec Jérémy Grain et David Djigla, arrivé en Janvier dernier. Que pouvez-vous nous dire sur Jérémy ? 

Jérémy c’est un joueur expérimenté qui est passé par Trélissac. C’est un profil hyper intéressant parce que non seulement il est entre guillemets âgé, il est trentenaire, mais en plus il court comme un gamin de vingt ans. Après, tu connais ses qualités techniques de finition. C’est un technicien capable de faire des passes décisives comme de marquer des buts. Donc, c’est un régal d’avoir un joueur comme ça dans son effectif.

Concernant David, il n’a malheureusement toujours pas pu rejouer depuis un bon moment. Est-ce qu’il va pouvoir retrouver les terrains ?

Quand je suis arrivé il était toujours blessé. Ensuite il a entamé une réathlétisation, il commence à intégrer les séances, notamment aménagées. Il a eu une rechute encore donc pour le moment on est entre précaution et réathlétisation en espérant qu’il n’y ait pas de rechute pour qu’il puisse, à un moment donné, nous aider sur les semaines suivantes. 

Vous découvrez cette poule de N2 depuis quelques rencontres, comment la jugez-vous par rapport à ce que vous avez connu avec Bergerac en poule sud ?

Alors, ce qui est bien avec Bergerac, c’est que j’ai connu les deux poules. La première année, tu sais, on était avec Blois, Saumur, Les Herbiers, etc… La deuxième année on est tombés sur la poule du sud-est. Écoute, dans les projets de jeu, les modèles de jeu, les identités des équipes sont vraiment différentes dans le sud-ouest, en tout cas cette poule A. C’est beaucoup plus joueur, c’est plus joueur. Tu sens que les coachs font quand même attention, entre guillemets, à la beauté du jeu, mais à la beauté pragmatique. Ce n’est pas juste être beau et c’est tout, tout romantisme. C’est le bon jeu allié au pragmatisme. Alors que la poule du Sud-Est, on est dans du pragmatisme bête et méchant, tout à ne pas être élégant. En tout cas, c’est différent. Après, au niveau de la qualité des joueurs aussi, c’est différent, je trouve, dans le Sud-Est. Il y a beaucoup plus d’individualités fortes. Avec les budgets des clubs, forcément ils ont une capacité de ramener des joueurs qui ont connu le monde professionnel, beaucoup plus que dans la poule A. Ça se joue sur ça. T’as des très bons gardiens, des très bons attaquants dans la poule du Sud. Ça défend, et puis ça donne les ballons à ces joueurs clés qui font la différence.

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FC Chauray

C’est ce qui ressort souvent dans les interviews qu’on a eues, joueurs ou entraîneurs, c’est qu’on nous a souvent dit que notre poule était beaucoup plus homogène et joueuse, alors que dans le Sud, ça mettait un peu plus de taquets et que c’était presque tout pour l’attaque. C’est pour ça qu’il y avait souvent des gros scores.

C’est ça, c’est ça. Et c’est surtout que le groupe A, il y a vraiment des collectifs, tu sens des projets de jeu vraiment, des références en commun. Le groupe C, ce n’est pas forcément des grandes dimensions collectives. Mais comme tu dis, ce sont des grosses individualités qui sont capables de faire des différences à eux tout seul pour essayer de gagner les matchs.

Le week-end dernier vous avez battu Avranches 1-0 en mettant fin à deux défaites de suite contre Bayonne (0-1) et aux Herbiers (3-1). On imagine que ça fait du bien aux têtes des joueurs ?

Oui, oui, oui. Tu sais, quand tu joues le maintien, tu as une dimension psychologique qui est hyper importante. Il faut gagner les matchs. On parle de principes de jeu, d’ADN, quand t’es dans cette situation-là, peu importe comment tu le prends parce qu’en fait il faut crever l’abcès psychologique. Puis quand t’as ça, t’as la confiance qui revient. Et puis après, petit à petit, tu peux construire autour de ça, stopper l’hémorragie et prendre des points. De toute façon, là je suis dans une mission à court terme, donc je n’aurai pas vraiment le temps de faire jouer l’équipe comme je le veux, faute de temps. Ça fait partie de la mission, je le savais à l’avance. 

Vous êtes en 10ème position mais seulement 2 points devant le premier relégable. La lutte va être intense jusqu’à la dernière journée…

Ouais, ouais, c’est ça. Ça va être serré, à part Granville qui se détache. C’est vrai que c’est hyper homogène. Tu gagnes un match ou deux d’affilés, c’est complètement une autre situation. Et pour l’avoir vécu avec Bergerac l’année dernière, on s’est maintenus la dernière journée contre Le Puy sur un multiplex fou, on était encore trois équipes concernées par la descente. Donc, je pense qu’on aura un truc pareil cette année.

En haut de classement, les Girondins ont loupé l’occasion à La Roche et se retrouvent à trois points avec un match en moins pour les vendéens. Comment voyez-vous cette fin de saison dans cette lutte à la montée ?

C’est difficile à dire parce que… La Roche aura quand même des suspendus, ce n’est jamais simple de perdre des hommes forts dans le onze de départ, le onze type en tout cas. Donc, comment ils vont réagir à ça ? Est-ce qu’ils ont les joueurs qu’ils faut en termes de profondeur d’effectif pour pallier à ça ? Il reste quand même huit matchs. S’ils trébuchent et que les Girondins font le sans-faute, il ne faut pas faire n’importe quoi. C’est difficile à dire. Ça va surtout être psychologique, que ça soit du côté de La Roche ou des Girondins.

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Photo Pierrick Chassine, pour Girondins4Ever

Samedi Bordeaux voudra forcément se rattraper de sa défaite car l’équipe a été piquée à vif, est-ce que ça rajoute une difficulté à la tâche ?

Pour moi c’est pile ou face. C’est soit, comme tu dis, des Girondins hyper revanchards, qui ont envie de se racheter, de montrer aux Ultras et à tous les amoureux des Marine et Blanc que c’était entre guillemets un accident. Ils vont faire un petit peu de folie sur cette fin de championnat. Soit le côté face, ça peut… En fait, cette défaite contre La Roche peut les achever, les avoir déjà achevés. Et puis que ce soit, pas la fin de saison mais presque. C’est-à-dire que La Roche sans forcer y va tout droit et ce serait dommage pour le suspense.

Quelles seront les clés du match selon-vous ?

Les clés du match, je pense le début du match. Je te dirais même la première demi-heure, je pense. La première demi-heure, si les Girondins démarrent tambours battants… En plus sur leurs temps forts ils arrivent à ouvrir le score. Je pense qu’après ils iront au bout.  Par contre, si on leur pose des problèmes sur la première demi-heure, au vu de la situation psychologique, je pense que ça peut les faire douter et là, pour le coup, ça peut être bien pour nous.

Que peut-on vous souhaiter pour la fin de saison au niveau collectif et individuel ?

Au niveau collectif un maintien et au niveau individuel un maintien aussi (rires). Si ça me conviendrait de repartir une saison avec Chauray ? Oui, oui. Je suis arrivé seul donc je travaille avec le staff présent et ça se passe super bien. Ça me fait penser à Bergerac, c’est un club familial, ce n’est pas une grosse ville. C’est à côté de Niort, ça me fait penser à Bergerac. Le stade me fait penser à Campréal aussi (stade de Bergerac) avec les petites tribunes. C’est comme à Campréal, tu as les petites tribunes. Tu as beaucoup de gens autour de la main courante, vraiment, ça ressemble beaucoup. Tu as la Bodega, pareil, tu sais, en forme de chapiteau. C’est comme à Campréal. Donc, écoute, les gens ici sont bien. J’ai un bon feeling, que ce soit avec les joueurs, le staff, la direction. Si on peut valider ce maintien pour après avoir les cartes sur la table tous ensemble, ça serait bien pour tout le monde.

Un GRAND Merci à Yassine Azahaf pour sa disponibilité et sa gentillesse. Nous souhaitons un maintien en National 2 pour son club de Chauray

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