Le Journal du Real
·6 Februari 2026
« Jouer au Bernabéu était mon rêve » : Eden Hazard ne regrette rien malgré la malchance

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·6 Februari 2026

L'histoire d'Eden Hazard au Real Madrid restera sans doute comme l'un des plus grands "et si ?" de la dernière décennie. Arrivé à l'été 2019 dans la peau du "Galactique" tant attendu, chargé de combler le vide immense laissé par le départ de Cristiano Ronaldo, le Belge n'a jamais pu exprimer la plénitude de son talent sous la tunique blanche.
Miné par une cheville récalcitrante après un contact avec Thomas Meunier et des pépins physiques en cascade, il a traversé quatre saisons comme une ombre. Pourtant, malgré ce bilan sportif en demi-teinte, l'homme ne garde aucune amertume. Dans une interview fleuve accordée à La Gazzetta dello Sport et relayée ce matin par le quotidien AS, l'ancien ailier de Chelsea classe son étape madrilène parmi ses souvenirs les plus précieux, juste à côté de la troisième place au Mondial 2018 avec la Belgique.
Pour l'ancien capitaine des Diables Rouges, le constat est simple et dénué de rancœur : le destin s'en est mêlé. « J'ai joué de malchance en Espagne, mais jouer au Bernabéu était mon rêve depuis que j'étais enfant », confie-t-il avec philosophie. Il refuse de noircir le tableau et préfère retenir la fierté d'avoir exaucé ce vœu de jeunesse, balayant les regrets d'un revers de main.
Cette période, aussi difficile fut-elle sur le plan athlétique et mental, fait partie intégrante de son parcours et il affirme aujourd'hui chérir « tout ce qu'il a vécu avec le Real Madrid », des trophées soulevés aux amitiés nouées dans le vestiaire.
L'entretien permet également de revenir sur les comparaisons incessantes qui ont escorté son arrivée dans la capitale espagnole. Maurizio Sarri, qu'il a côtoyé à Chelsea, lui citait souvent Cristiano Ronaldo en exemple pour le pousser à se dépasser et à adopter une hygiène de vie plus stricte.
La réponse du Belge est fidèle à sa personnalité débonnaire et hédoniste, celle d'un artiste qui a toujours privilégié le plaisir à la performance robotique. « Je lui ai dit que je ne voulais pas. Je n'ai jamais fait d'excès, mais j'ai toujours voulu être Hazard sur et en dehors du terrain. »
Il assume totalement son approche du métier, bien différente de celle du Portugais ou d'autres stakhanovistes du football moderne. Pour Hazard, le bonheur personnel était le moteur de sa réussite sportive. « Si mes amis m'invitaient à dîner, je ne disais pas non, et si je voulais boire un verre, je ne refusais pas. Cristiano est Cristiano, moi je suis Hazard », tranche-t-il.
Une déclaration qui résume parfaitement le joueur qu'il était : un génie qui avait besoin de liberté et de légèreté pour briller, refusant de se transformer en machine, même pour réussir au Real Madrid.
Si Eden Hazard a définitivement raccroché les crampons, il garde un œil avisé et passionné sur le football actuel, guidé notamment par ses enfants, grands consommateurs de matchs. Interrogé sur les talents qui l'impressionnent aujourd'hui, il a glissé un nom qui ne manquera pas d'intéresser la direction madrilène : Kenan Yildiz. Le jeune talent turc de la Juventus Turin, qui porte le numéro 10, fait l'unanimité chez les Hazard.
L'ancien Madrilène voit grand pour le Turc. « Mes enfants sont fous de Yildiz, ils regardent des tonnes de vidéos de lui et espèrent le voir en Premier League. Moi, en revanche, il me semble être un joueur fait pour le Real Madrid... », a-t-il glissé avec un sourire. Une recommandation de poids venant d'un joueur qui connaît parfaitement l'exigence technique et la créativité requises pour briller à la Maison Blanche.
Enfin, Hazard a passé en revue les entraîneurs qui ont marqué sa carrière. Sans surprise pour ceux qui connaissent son affection pour le jeu libre, c'est José Mourinho qui décroche la palme devant tous les autres. « C'est le meilleur entraîneur que j'ai eu. Un communicateur extraordinaire », assure-t-il, louant la capacité du Portugais à transmettre ses idées tout en laissant ses attaquants s'exprimer.
À l'inverse, il se montre plus nuancé sur les méthodes de Sarri et Conte, dont il jugeait les entraînements tactiques parfois « ennuyeux » et répétitifs, tout en reconnaissant avec honnêteté que leurs résultats finissaient par leur donner raison.
Luca SCHENATTO-MEYNADIER








































