Le Journal du Real
·24 Mei 2026
Le plan choc d'Enrique Riquelme pour renverser la table au Real Madrid

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·24 Mei 2026

Il y a des journées qui changent la nature d'une histoire. Le samedi 23 mai 2026 en est une. Une journée qui marque un tournant dans ce qui s'annonçait depuis des semaines : pour la première fois depuis 2006, les socios du Real Madrid vont voter.
La commission électorale du club doit désormais examiner les documents déposés par Riquelme pour vérifier leur conformité aux statuts. Mais l'essentiel est acté. En déposant son dossier à Valdebebas hier en fin d'après-midi, l'homme d'affaires originaire d'Alicante a transformé ce qui n'était qu'une candidature pressentie en réalité institutionnelle. Les élections, attendues pour début juin, auront bien un autre nom que celui de Florentino Pérez sur le bulletin de vote.
Le chemin pour arriver là n'a pas été simple. Les statuts du Real Madrid imposent à tout candidat à la présidence de justifier d'une garantie bancaire équivalente à 15 % du budget du club, soit 193,7 millions d'euros dans le cas présent. Un montant colossal, qui avait déjà fait trébucher Riquelme par le passé : en 2021, il avait évoqué une intention de candidature avant de renoncer, sans jamais finaliser les garanties nécessaires.
Cette fois, le dossier est complet. C'est avec Andbank Espagne que Riquelme a finalisé l'aval bancaire requis, après plusieurs tentatives avec d'autres établissements. Un dernier obstacle franchi à la dernière heure, qui lui a permis de se présenter dans les délais impartis. En sortant des bureaux de Valdebebas hier, il a tenu à préciser la nature de sa démarche : « Aujourd'hui est un jour très important pour le Real Madrid. Après vingt ans, on va pouvoir voter. Ce n'est pas une candidature contre quelqu'un, c'est une candidature pour le Real Madrid ».
Ne pas attaquer Florentino Pérez frontalement, insister sur l'aspect positif du projet, incarner le renouveau sans incarner l'opposition directe : c'est la ligne de communication choisie depuis le début, et elle ne varie pas. Riquelme sait que les socios qui s'apprêtent à voter ne cherchent pas un ennemi de Florentino, mais une alternative crédible.
Quelques heures après le dépôt de candidature, un autre décor. Riquelme est apparu aux abords du Bernabéu, cette fois sans costume. Il portait le maillot commémoratif de Dani Carvajal et une écharpe blanche. Socio du club depuis plus de vingt ans, il dispose d'un abonnement porte 65 de la Concha Espina. Ce soir-là, il lui a fallu cinq minutes pour parcourir la moitié de l'avenue, arrêté à chaque pas par des supporters qui voulaient une photo, un mot, une poignée de main. Les réactions étaient partagées, entre soutien enthousiaste et scepticisme affiché. Il n'a évité aucune de ces interactions.
Sur Carvajal, il a été sincère et mesuré : « Aujourd'hui c'est le jour de Dani Carvajal. Un titan de ce club. Nous sommes très tristes qu'il parte, et je suis sûr qu'il reviendra à la maison quand il le voudra ». Dans une soirée marquée par les adieux du capitaine historique et la fin d'une saison décevante, Riquelme a voulu s'inscrire dans l'émotion collective, montrer qu'il était l'un des nôtres.
Il a également eu une pensée pour la section basket, qui disputait le lendemain la finale de l'Euroligue contre l'Olympiakos : « Il faut les soutenir parce que nous avons l'opportunité d'être champions d'Europe ». Encore une fois, la même volonté de parler au club dans son ensemble, pas seulement au football.
Si la forme de cette candidature est maîtrisée, le fond commence à se préciser. Le projet sportif de Riquelme, tel qu'il se dessine progressivement, repose sur des promesses spectaculaires. Selon El Confidencial, il aurait entamé des discussions directes avec l'entourage d'Erling Haaland ainsi qu'avec Jürgen Klopp, qu'il voit comme les deux piliers d'un nouveau cycle madrilène. L'attaquant norvégien comme figure galactique, l'ancien entraîneur de Liverpool comme chef de projet sur le banc. Un programme qui, s'il se confirme, marquerait une rupture radicale avec l'ère Pérez et bloquerait mécaniquement l'arrivée de José Mourinho, déjà annoncée par ailleurs.
Le soutien d'Iker Casillas, figure iconique du club et homme blessé par les années Mourinho, donne à cette candidature une résonance particulière dans le vestiaire des supporters historiques. Son conseil d'administration, déjà en grande partie constitué selon les informations disponibles, intègre des noms proches du monde des affaires espagnol et des anciennes sphères du club. Rosauro Varo, David Mesonero, Ángel Martín ou encore le fils de Vicente Boluda, dont le père avait assumé la présidence intérimaire en 2009, figurent parmi les membres pressentis. Une liste qui cherche à combiner crédibilité économique et ancrage madrilène.
En face, Florentino Pérez observe. Le président, sentant qu'une opération se crée contre lui depuis un certain temps, a lancé lui-même ce processus électoral en convoquant des élections la semaine dernière, affichant la sérénité de celui qui n'a jamais perdu. Depuis son retour au pouvoir en 2009, il a traversé cinq scrutins sans adversaire, remportant chaque fois la présidence par défaut. Cette fois, pour la première fois depuis sa défaite face à Ramón Calderón en 2006, il devra convaincre.
Il souhaiterait rester à la tête du club jusqu'en 2032, année de ses 85 ans, avec deux grands chantiers en ligne de mire : la cession partielle du club à des investisseurs privés et l'introduction en bourse de son groupe de construction ACS à la Bourse de New York. Un homme qui pense à long terme, et qui sait que la meilleure façon de répondre à Riquelme et à toutes les personnes qui veulent le voir tomber, n'est pas dans les médias, mais dans les urnes.
Selon les informations d'ABC, la commission électorale doit se prononcer sur la validité de la candidature de Riquelme avant la finale de l'Euroligue, prévue ce dimanche à 20 heures. Le camp Riquelme travaille sur deux scénarios : deux semaines de campagne avec des élections fixées au dimanche 7 juin, ou une semaine seulement si la commission décide d'organiser le scrutin dès ce dimanche 31 mai.
Dans les deux cas, une chose est certaine : l'équipe de Riquelme demandera à la candidature de Florentino Pérez d'organiser au minimum un débat. Vingt ans sans élection, et déjà l'exigence d'un face-à-face. Le Real Madrid n'a pas fini de vivre une saison agitée.







































