Roy Krishna, la superstar de l’OFC Pro League | OneFootball

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Lucarne Opposée

·17 Januari 2026

Roy Krishna, la superstar de l’OFC Pro League

Gambar artikel:Roy Krishna, la superstar de l’OFC Pro League

Né dans les rizières de Siberia, aux Fidji, Roy Krishna lance l’histoire de Bula FC avec le statut de superstar de l’OFC Pro League.

On joue la demi-heure de jeu à l’Eden Park. Mené au score par Vanuatu United en ouverture de l’OFC Pro League, Bula FC obtient un corner. Le ballon s’envole, est dévié par le dos de Sterling Vasconcellos et atterrit dans les pieds du capitaine. Ce dernier ne tremble pas et égalise. Les doigts levés au ciel, Roy Krishna savoure. L’unique footballeur de l’archipel à avoir brisé le plafond de verre du professionnalisme, écrit un nouveau chapitre d’une histoire tout aussi unique.


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À jamais le premier

S’il est aujourd’hui le « Golden Boy » d’une nation vouée au rugby, Roy Krishna n’a jamais oublié les rizières de Siberia, à Labasa. L’histoire de Roy est liée à celle du peuple indien. Le 14 mai 1879, la goélette Leonidas, partie de Calcutta une dizaine de jours plus tôt, déposait les premiers Girmityas, ou travailleurs sous contrat venus d’Inde dans l’archipel du Pacifique Sud – ils sont plus de 60 000 à être envoyés par les Britanniques vers le Sud. Son destin est celui d’un sacrifice, celui de son père, Bal. C’est lui qui dépense le budget hebdomadaire de riz de la famille pour offrir à Roy, cinq ans, sa première paire de crampons. « À mon époque, il n’y avait pas de programmes de formation aux Fidji. Je jouais dans la boue, l’herbe et les champs. On plantait deux poteaux et c’était parti », raconte l’attaquant, qui a dû surmonter les réticences d’une culture où « le sport ne remplit pas l’assiette ». Ce gamin, qui tentait de maîtriser le dholak (instrument à percussion) avec son père, parlait anglais à l’école, fidjien avec ses amis, indien à la maison, pratique aussi le rugby avant que ses parents ne lui fassent changer de sport. Pour son bien. « Quand j’étais enfant, je n’avais pas le luxe de pouvoir apprendre auprès de joueurs plus âgés, tout simplement parce qu’il n’y en avait pas beaucoup autour de moi. Je veux revenir en arrière et partager mes histoires, raconter comment j’ai joué pieds nus à un moment donné et comment j’ai gravi les échelons pour en arriver là où je suis aujourd’hui. Et que si j’ai pu le faire, ils peuvent en faire autant. Heureusement, mon père m’a toujours soutenu », explique-t-il en 2022 au site Mint.

Tirant le meilleur de ses ressources limitées, idolâtrant l’ancien attaquant fidjien Simon Peters, qui jouait pour l’équipe locale, le Labasa FC, Krishna s’inspire ensuite de vidéos de Ronaldinho et de Messi qu’il peut enfin voir sur son smartphone. Au même moment, il se fait un nom. Après avoir évolué avec l’équipe U20, Roy Krishna fait ses débuts avec les A lors des South Pacific Games. Lors de son premier match avec les Fidji, il s’offre un triplé en vingt-deux minutes face au Tuvalu. L’année suivante, débarque à Waitakere United, s’entraîne un temps avec Wellington Phoenix. Le temps s’accélère. Des rumeurs l’envoient au PSV Eindhoven en mars 2009. Mais Roy Krishna reste à Waitakere. En six saisons, il inscrit cinquante-cinq buts en soixante-quinze apparitions, attirant même des regards venus d’Angleterre, se voyant proposer un essai à Derby County. Il file alors à Auckland City, devient le premier joueur fidjien à marquer en Coupe du Monde des clubs face au Raja et voit alors sa carrière s’envoler.

Photo : Hagen Hopkins/Getty Images

L’envol du Phoenix

Le 7 janvier 2014, il fait son retour à Wellington. Mais cette fois, il s’engage avec les ‘Nix où il devient plus qu’une gâchette : une légende. Pourtant, succéder à l’idole Paul Ifill en 2014 semblait inespéré. « Paul est un modèle incroyable... mais je ne serai jamais Paul Ifill. Je suis moi-même », tranche-t-il alors qu’il s’apprête à effacer le record de trentre-trois buts de l’actuel coach de Wellington Olympic. Le déclic définitif vient de la poigne de fer de Mark Rudan en 2018/19, après la présaison « la plus dure de ma vie. Il m’a défié. Il m’a dit : "Tu peux marquer chaque semaine, tu dois juste croire en toi" ». Le 19 janvier, il devient le premier joueur à signer trois doublés consécutifs en A-League. Quelques mois plus tard, il est meilleur buteur du championnat et décroche la Johnny Warren Medal de meilleur joueur du championnat, avant de remporter le prix Te Kairanga Sportsman of the Year, décerné au meilleur athlète toutes disciplines confondues à Wellington.

Consécration

Alors qu’il reçoit des offres du monde entier, Roy Krishan fait un choix fort : retrouver la terre de ses ancêtres, l’Inde. « J’envisageais différentes villes en Asie et en Europe, et parmi elles figurait une offre d’ATK. J’ai senti que c’était un signe que je devais retourner à mes racines. J’en ai parlé à ma femme [Naziah Ali, aujourd’hui directrice commerciale au Bula FC] et elle a convenu qu’il était temps de renouer avec le lieu de naissance de nos ancêtres. Elle m’a convaincu que c’était un défi qui valait la peine d’être relevé. Je pense que c’est une véritable chance pour nous tous de découvrir nos racines, et mes parents m’accompagnent également », explique-t-il au Hindustan Times. Le choc émotionnel est fort dès l’atterrissage à Kolkata. « J’ai dit à ma femme : "J’ai l’impression d’être déjà venu ici". En entendant les chants "Krishna ! Krishna !" à 2 heures du matin, je me suis senti chez moi », confie celui qui maîtrise l’hindi et chante l’hymne indien avec ferveur. Sur le terrain, il devient l’arme fatale d’Antonio López Habas, qui le considère comme « le meilleur joueur de la ligue ». Même l’icône Sunil Chhetri, son compère au Bengaluru FC, s’incline devant son instinct : « Si Roy est mis dans de bonnes conditions, on sait ce qu’il peut produire. Marquer des buts lui vient naturellement ». Avec l’Atlético de Kolkata, aujourd’hui nommé Mohun Bagan Super Giant, Krishna décroche le titre national en 2019/20, l’accompagnant du titre de meilleur buteur du championnat. Sa performance individuelle est rééditée la saison suivante, cette fois-ci sous les couleurs de Bengaluru FC avec la consécration : la médaille de meilleur joueur du championnat.

Après avoir porté les couleurs d’Odisha et de Malappuram, en décembre dernier, Krishna décide de rentrer à la maison. À trente-huit ans, il rejoint le Bula FC, nouveau porte-drapeau du professionnalisme fidjien, dont il est le capitaine. « Ce n’est pas seulement pour moi, c’est pour créer quelque chose de durable. Je veux que ces jeunes joueurs réussissent encore mieux que moi », affirme le porteur du numéro 21, désormais mentor d’une nouvelle génération. Premier buteur de l’histoire du club dans la nouvelle OFC Pro League, celui qui se définit toujours comme un « gamin du coin » plutôt qu’une superstar, est enfin arrivé à bon port.

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