Le Journal du Real
·2 Juli 2026
Scariolo, le prix d’une saison blanche

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·2 Juli 2026

Le retour aux sources de l'entraîneur italien n’aura duré qu’une courte saison. 58 victoires et 28 défaites. Ce bilan n'aura pas suffi pour l'ex-adjoint des Toronto Raptors. Ce jeudi, le Real Madrid a officialisé le départ de Sergio Scariolo, arrivé l’été dernier pour lancer sa deuxième aventure sur le banc madrilène. Dans son communiqué, le club évoque une séparation décidée “d’un commun accord”, avec les formules habituelles de gratitude pour son engagement, son professionnalisme et sa dédication.
Mais derrière le ton institutionnel, la lecture sportive est simple : le Real Madrid n’a pas remporté de titre. Et ici, dans une section aussi habituée à jouer les premiers rôles, une saison blanche se paie souvent très vite.
Scariolo n’était pourtant pas arrivé comme un pari exotique. Son CV parlait pour lui : sélectionneur historique de l’Espagne, entraîneur reconnu, technicien respecté en Europe, ancien de la maison également. Son retour devait offrir de la méthode, de l’expérience et une forme de stabilité après le cycle précédent. Le projet semblait cohérent sur le papier. Il n’a pas résisté au verdict final.
Le Real Madrid a été compétitif, parfois brillant, mais pas champion. Dans un club où la frontière entre une bonne saison et un échec se mesure souvent au nombre de trophées remportés, le beau jeu ne suffit plus.
La sortie de Scariolo est assez compréhensible si l’on ne regarde que le palmarès comme l'avance la Cadena SER. Elle l’est un peu moins si l’on regarde le contenu de la saison. Le technicien italien a lui-même tenu à défendre son passage, estimant avoir rendu au Real Madrid une place de prestige en Europe. Son équipe a affiché une grande régularité, réalisé une belle campagne continentale et atteint un niveau collectif réel, malgré un contexte qu’il jugeait particulièrement compliqué.
C’est là toute l’ambiguïté et la difficulté de son année. Le Real Madrid n’a pas donné l’image d’une équipe en ruine. Son Real Madrid a même souvent ressemblé à une formation sérieuse, structurée, capable de dominer sur la durée. Mais les moments décisifs lui ont échappé. La Supercoupe, la Coupe du Roi, l’Euroligue, puis les playoffs de Liga Endesa : à chaque fois, quelque chose a manqué.
Le Real Madrid avait pourtant terminé troisième de la saison régulière d’Euroligue avec un bilan de 24 victoires pour 14 défaites, avant de rejoindre la finale continentale. Mais les défaites en finale de Supercoupe, de Coupe du Roi et d'Euroligue puis l’élimination en quarts de Liga Endesa ont fini par effacer cette régularité.
Scariolo a aussi pointé le poids des blessures, notamment dans le secteur intérieur. L’argument n’est pas absurde. Une saison de basket se construit sur la profondeur, les automatismes et la capacité à arriver entier au printemps. Quand les absences s’accumulent, surtout dans une équipe pensée pour contrôler les matchs par son équilibre, le plan peut vite se fissurer.
Mais au Real Madrid, l’explication n’efface pas la conclusion. Le club peut entendre les circonstances, rarement les accepter comme excuse. C’est ce qui rend cette séparation presque logique. Les Merengues veulent ouvrir un nouveau cycle et comme souvent, le club se montre impatient.
Ce départ rappelle surtout une chose : la patience madrilène est toujours conditionnelle. Elle existe tant que les résultats suivent, tant que le projet donne des garanties immédiates, tant que l’équipe laisse penser que le prochain trophée est proche. Dès que le doute s’installe, la machine se remet à douter.
Scariolo paie donc moins une absence totale de jeu qu’une absence de couronnement. C’est dur, mais c’est aussi la règle dans un club qui ne se contente pas d’être compétitif. Le Real Madrid ne cherche pas seulement à exister dans le dernier carré européen ou à finir fort en saison régulière. Il veut gagner.
Son départ ouvre désormais une nouvelle séquence pour la section basket. Le nom de Pedro Martínez circule déjà avec insistance pour lui succéder, signe que le club ne veut pas seulement refermer une parenthèse, mais lancer immédiatement un autre cycle. Là encore, l’idée est claire : il ne s’agit pas de reconstruire lentement, mais de retrouver tout de suite le chemin des titres.
Pour Scariolo, l’aventure s’arrête donc sur une impression paradoxale. Il quitte le club sans trophée, mais la tête haute. Il peut revendiquer un travail, une progression, une idée de jeu et une équipe compétitive jusqu’au bout. Le problème, c’est que dans la capitale espagnole, cela ne suffit pas. Le Real Madrid l'a remercié puis s'apprête à tourner la page. Comme souvent, sans attendre.
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