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·6 Juni 2026

Trent Alexander-Arnold au Real Madrid : pourquoi tout a dérapé

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Le transfert de Trent Alexander‑Arnold au Real Madrid a suscité un engouement immédiat, mais dès les premiers matchs, le latéral anglais a peiné à imposer son jeu.

Dix mois plus tard, le bilan est glacial pour Alexander-Arnold : aucun titre soulevé, un statut de titulaire sans cesse remis en question, et une exclusion choc pour la prochaine Coupe du monde. À travers une vaste enquête menée par AS, a été disséquée cette véritable descente aux enfers.


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Un corps meurtri et un esprit égaré

Les chiffres de la saison 2025-2026 de Trent Alexander-Arnold sont tout simplement implacables. Avec seulement 30 apparitions et 22 titularisations (pour à peine 1 800 minutes passées sur les pelouses), Trent Alexander-Arnold a traversé l'exercice le plus famélique de sa carrière. À titre de comparaison, lors de ses plus belles années sous les ordres de Jürgen Klopp à Liverpool, il dépassait allègrement la barre des 40 matchs par an et franchissait systématiquement le seuil des dix passes décisives en championnat.

Cette chute libre s'explique d'abord par un physique extrêmement défaillant. Une lourde lésion musculaire au biceps fémoral de mi-septembre à début novembre, suivie d'une longue rechute à la cuisse en plein hiver, ont brisé son élan.

Dermot Corrigan, correspondant pour le média The Athletic, résume ce calvaire de manière limpide : « Cela a été une première année difficile pour Trent Alexander-Arnold au Bernabéu. Il sera déçu de rater le Mondial, bien que ce ne soit pas une grande surprise. L'année prochaine, il sera confronté à un autre défi : récupérer la forme, être disponible à tout moment pour jouer avec l'équipe et aussi convaincre le nouvel entraîneur […] qu'il est un joueur précieux pour l'équipe. »

Mais au-delà de l'aspect purement médical, c'est surtout l'attitude sur la pelouse de Trent Alexander-Arnold qui a alarmé les observateurs. Phil Kitromilides, voix anglophone de CBS Sports Golazo, pointe du doigt un manque d'adaptation flagrant au contexte madrilène :

« Je l'ai vu assez perdu, tant à l'intérieur qu'à l'extérieur du terrain. Je n'ai pas vu quelqu'un qui est réellement dans la dynamique de l'équipe. Évidemment, les blessures n'ont pas aidé. Cette saison, il avait une très bonne opportunité de s'installer, avec Dani Carvajal absent et dans sa dernière saison, et de dire : "Me voici, je suis le latéral droit du Real Madrid et je vais l'être pendant de nombreuses années". Et ça, il ne l'a pas fait. »

L'ombre de Carvajal et le gouffre tactique défensif

S'il a tout de même réussi à sauver les apparences statistiques en délivrant cinq passes décisives, ce total reste très en deçà des standards de Trent Alexander-Arnold qui détient, à ce jour, le record absolu de passes décisives pour un défenseur dans toute l'histoire de la Premier League (58).

Ce rendement offensif en demi-teinte n'a surtout pas suffi à masquer d'immenses lacunes dans son propre camp. Remplacer Dani Carvajal exigeait une rigueur que l'Anglais n'a tout simplement pas dans son ADN.

Dermot Corrigan analyse cette contradiction avec beaucoup de justesse tactique :« Techniquement il est excellent, il est très bon en attaque, il met de très bons centres et donne d'excellentes passes décisives, mais en défense il n'est pas le plus discipliné. Parfois, il reste un peu mal placé derrière. Si l'on compare ses habiletés offensives à ses problèmes défensifs, il reste un bon joueur, mais ses problèmes défensifs limitent son rôle dans l'équipe. »

À Liverpool, le système était entièrement construit pour masquer et compenser les montées incessantes de Trent Alexander-Arnold, avec des milieux récupérateurs travailleurs comme Jordan Henderson ou Fabinho qui couvraient systématiquement les espaces laissés vides. À Madrid, dans une équipe qui cherchait désespérément son équilibre suite aux départs de Toni Kroos et Luka Modric, ce luxe n'existait plus.

L'ancien journaliste de Goal et Reuters, Richard Martin, ne mâche pas ses mots pour qualifier le profil de Trent Alexander-Arnold : « C'est un joueur qui ne défend pas bien. C'est un cliché, mais c'est vrai. Il n'a jamais bien défendu. Il peut donner de très bonnes passes et il est un peu comme les latéraux brésiliens, qui attaquent beaucoup et ne défendent rien. »

Le coup de grâce inévitable de Thomas Tuchel

La conséquence la plus retentissante de cette saison ratée est tombée comme un couperet il y a quelques jours : Trent Alexander-Arnold ne participera pas à la Coupe du Monde 2026. Thomas Tuchel, nouveau patron intransigeant de la sélection anglaise, l'a purement et simplement rayé de la liste des 55 convoqués pré-Mondial, privilégiant un bloc solide, besogneux et infaillible derrière.

Richard Martin détaille la logique de l'entraîneur allemand : « Cela ne me surprend pas qu'il soit resté en dehors. Depuis juin, il n'y était pas. Non plus dans la phase qualificative de septembre et octobre. C'était logique qu'il n'allait pas être dans la liste du Mondial n'ayant pas joué tant de matchs.»

«Tuchel a toujours dit que la qualité ne gagne pas un Mondial, mais le groupe. Il a toujours été fidèle à cette pensée. Cela ne surprend pas qu'il soit hors du Mondial. Dans la manière dont veut jouer Tuchel, il n'allait jamais entrer, il allait être sur le banc. »

L'impasse Mourinho : un divorce avant même le mariage ?

Désormais, c'est la survie même de Trent Alexander-Arnold à Valdebebas qui est mise en jeu pour l'exercice 2026-2027. Si la tendance politique actuelle se confirme dans les urnes et que Florentino Pérez ramène José Mourinho sur le banc, l'avenir du latéral anglais s'annonce compliqué.

Historiquement, le technicien portugais a toujours exigé une rigueur militaire de la part de ses défenseurs latéraux. Que ce soit Paulo Ferreira à Chelsea, Alvaro Arbeloa lors de son premier passage à Madrid, ou même le légendaire Javier Zanetti à l'Inter Milan lors de l'année du triplé historique, le Special One veut des soldats obsédés par la protection de leur surface avant même de penser à attaquer.

Une philosophie qui se heurte à l'essence même du football pratiqué par Trent Alexander-Arnold. Dermot Corrigan alerte d'ores et déjà sur ce futur clash tactique  : « Nous tenons tous pour acquis que Mourinho va être le nouvel entraîneur de Madrid si Florentino Pérez gagne les élections, et il pourrait être difficile pour Trent de s'intégrer dans l'équipe. Jusqu'à présent il a été clair qu'il veut des défenses qui, avant tout, soient réellement bonnes en défense, que leur travail principal soit d'être dures, fortes, disciplinées en défense et dans le positionnement... »

En définitive, l'aventure espagnole de Trent Alexander-Arnold ressemble de plus en plus à une violente erreur de casting. Richard Martin conclut avec une sentence qui ne laisse guère de place à l'espoir pour les supporters madrilènes : « Je ne crois pas non plus que ce soit un joueur pour Mourinho. Trent devrait changer sa manière de jouer ou Mourinho sa manière de voir le football, et les deux choses ne vont pas se passer. »

S'il ne parvient pas à réinventer totalement son profil et sa discipline dans les mois à venir, Trent Alexander-Arnold pourrait bien devoir faire ses valises et quitter la capitale ibérique par la toute petite porte.

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