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·9 luglio 2026
Coupe du monde 2026 : de la France à l'Espagne, comment le Maroc a convaincu ses binationaux

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Jeudi soir, la France affronte en quart de finale une sélection marocaine où l'on compte plus de joueurs nés en France qu'au Maroc. Derrière cette statistique vertigineuse, une stratégie de recrutement pensée depuis des années par la fédération marocaine, non sans quelques zones de tension.
La France peut-elle vraiment se dire étrangère aux Lions de l'Atlas ? Jeudi soir (22 heures), en quart de finale de coupe du monde, les Bleus affronteront une sélection marocaine où l'on compte plus de joueurs nés en France (six) que nés au Maroc. Sixième au classement FIFA, demi-finaliste du Mondial 2022, vainqueur administratif de la dernière CAN, et désormais première nation africaine de l'histoire à atteindre les quarts de finale de deux Coupes du monde consécutives, les Lions de l'Atlas ne sont plus une surprise. 81e mondial au classement FIFA à l'arrivée de Fouzi Lekjaa à la tête de la fédération en 2014, le Royaume pointe aujourd'hui à la sixième place, parmi les plus grands.
Au cœur de ce succès, donc, les binationaux. Lors du match nul face au Brésil (1-1, le 14 juin), en match d'ouverture, le Maroc a même évolué pendant 25 minutes avec onze internationaux nés à l'étranger sur la pelouse. « La gestion des joueurs binationaux n'a jamais été une question de décisions instantanées ou de choix précipités », nous confie Fouzi Lekjaa, président de la FRMF. « Le but est de prendre contact avec eux le plus tôt possible. J'ai demandé à ce qu'on me remonte les meilleurs joueurs dès 13, 14 et 15 ans », complète Nasser Larguet dans un entretien à Eurosport, ancien directeur technique national (DTN). Achraf Hakimi (101 sélections) fait partie des premiers à avoir emprunté cette voie : repéré par le scout en charge de l'Espagne, il rejoint les Lions de l'Atlas dès ses 16 ans. « Pour moi, c'est un choix du cœur, un choix d'amour », confie-t-il.
Cinq scouts couvrent aujourd'hui la France, la Belgique, les Pays-Bas, l'Espagne, l'Allemagne et l'Italie, pour dénicher les talents de deuxième ou troisième génération. Un travail dont on retrouve la trace jusque dans l'équipe nationale, où, sur les 26 joueurs de la liste marocaine, 19 sont nés à l'étranger, principalement en France (6) et en Espagne (6), devant la Belgique (3), les Pays-Bas (3) et le Canada (1).
Pour convaincre Ayyoub Bouaddi, Fouzi Lekjaa s'est personnellement impliqué dans le dossier. Il aura fallu de nombreux échanges et des déplacements jusqu'à Lille pour venir assister à des matchs puis convaincre le jeune prodige qui n'a pas voulu céder trop rapidement et prendre le temps de la réflexion. À 18 ans, après être passé par toutes les catégories de jeunes tricolores jusqu'aux Espoirs, il a lui aussi choisi le Maroc, alors que la fédération française a maintenu le contact avec lui et que Zinédine Zidane l'a appelé.
« Ce n'est qu'à travers le sportif qu'on les a convaincus », résume Fouzi Lekjaa, qui voit dans cette conquête sportive la traduction d'un sentiment d'appartenance plus large : « La seule différence, c'est leur lieu de vie, souvent déterminé par des raisons professionnelles, personnelles ou familiales. C'est d'ailleurs cette vision qui unit la diaspora. » Un discours d'ouverture qui a toutefois ses limites. Interrogé sur le choix de Lamine Yamal de représenter l'Espagne plutôt que le pays d'origine de son père, le président de la FRMF a d'abord assuré respecter sa décision, avant de lâcher, dans ce même documentaire : « Moi, je ne connais pas d'Espagnol qui s'appelle "Jamal". » Une taquinerie
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