Lucarne Opposée
·11 giugno 2026
Coupe du Monde 2026 : les équipes de l’AFC et de l’OFC

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·11 giugno 2026

Suite de nos portraits dédiés aux équipes Lucarne Opposée présentes à la Coupe du Monde 2026. Place désormais à l’Asie, avec une petite incursion en Océanie.
Pour la première fois de l’histoire, ils sont neuf à venir représenter l’Asie au Mexique, aux États-Unis et au Canada. Avec des ambitions bien différentes au moment de se présenter sur la ligne de départ.
Il aura fallu attendre quarante ans pour retrouver les Lions de la Mésopotamie en terres nord-américaines. S’il y a peu de chances qu’ils puissent refouler les pelouses mexicaines, témoins de leurs premiers exploits, les Irakiens sont déjà heureux de revenir sur le devant de la scène du football. Car c’est peu dire que les vingt dernières années n’ont pas été une sinécure pour le pays aux deux fleuves. L’Irak sait qu’il doit souffrir, c’est dans son ADN, et ce n’est pas le parcours du combattant qu’il a dû effectuer pour se qualifier qui dira le contraire. Ainsi, c’est la bagatelle de vingt matchs qui ont dû être disputés afin de pouvoir poinçonner l’un des derniers billets en jeu.
Sous la houlette de Jesús Casas, l’Irak a facilement imposé sa loi à l’Indonésie et au Vietnam en tour préliminaire. Arrivée au tour suivant, la machine a commencé à se gripper, menant au renvoi inéluctable de l’Espagnol. C’est alors l’Australien Graham Arnold qui arrive en renfort. Pas un adepte du jogo bonito, mais plutôt artisan dans le coffre-fort et les missions commando. En effet, le jeu est loin d’être flamboyant mais il peut s’appuyer sur des cadres remontés comme Ayman Hussein, Ali al-Hammadi ou Amir al-Ammari pour mener à bien l’opération qualification. Il n’aura ainsi connu la défaite que face à la Corée du Sud, tenant en respect les Saoudiens, les Émiratis, les Jordaniens ou encore les Boliviens. Versé dans l’un des pires groupes de l’histoire de la Coupe du Monde avec la France, la Norvège et le Sénégal, l’Irak devrait vraisemblablement faire de la figuration mais ne compte pas se rendre sans combattre, quitte à lutter contre des obstacles non footballistiques. Les absences notables et préjudiciables incluent le capitaine Osama Rashid, pas remis de sa blessure, Amjad Attwan ou encore Bashar Resan. Mais le pays a su tirer son épingle du jeu pour naturaliser Ahmed Qassem, chipé à la Suède, ainsi que le défenseur Dario Naamo et le milieu Jusuf Nasrawe. La défense devrait s’articuler autour des tauliers Doski, Putros, Sulaka ou Tahsin, alors que Bayesh, Ali Jasim, Iqbal ou Youssef Amyn tiendront la baraque au milieu. En attaque, pléthore de cartouches entre Ayman Hussein, Ali al-Hammadi ou le toujours soyeux Mohanad Ali.
Autre pays décrété ennemi d’une partie de l’organisation, l’Iran arrive avec d’autres ambitions. Et pourtant, comment laisser de côté ce sujet brulant qui a carrément fait passer le football au second plan lorsqu’il faut évoquer l’Iran ? L’agression inconsidérée des États-Unis et d’Israël en février a plongé le monde dans une frayeur rare et provoqué des bouleversements à tous les niveaux. Si la tension semble légèrement retombée, bien malin qui pourra dire le résultat final de ce chaos. Surtout que l’équipe iranienne s’était qualifiée sans coup férir pour ce Mondial américain. Ayant soufflé le chaud et le froid sur sa participation, l’Iran semble cependant se diriger vers l’Ouest, n’ayant eu d’autre choix que de déplacer sa base des États-Unis à Tijuana au Mexique et devant subir des aller-retour les jours de matchs, seule condition pour obtenir les visas leur permettant de disputer leurs matchs au pays d’un l’Oncle Sam qui a oublié depuis bien longtemps son sens de l’accueil. Sur le plan du football, Amir Ghalenoei a décidé de repartir avec le même groupe expérimenté que pour les qualifications, marquées par sept victoires en dix rencontres, n’esquissant même pas une once de frayeur. Peu d’absents pour cette édition si ce n’est les exilés politiques (Sardar Azmoun et Allahyar Sayyadmanesh), les blessés (Gholizadeh) et les laissés de côté (Hosseini, Noorafkan et Pouraliganji). Au rayon des incongruités, notons la présence de Dennis Eckert Ayensa, l’attaquant du Standard, qui étrennera ses premières capes sur le Nouveau Continent. Contrairement à ses homologues asiatiques, le tirage au sort a été plutôt clément avec l’Iran. La Nouvelle-Zélande semble un cran en-dessous, l’Égypte au même niveau, et même la Belgique ne semble plus une forteresse imprenable. De quoi envisager causer des maux de tête à des gouvernants qui ont décidé de prendre la compétition en otage. Toute la question réside maintenant dans le fait de savoir si, oui ou non, l’Iran foulera les pelouses américaines ou créera un précédent historique…
L’Ouzbékistan et la Jordanie sont les grands débutants de la zone. Pour les Nashama, cette qualification est le fruit d’une progression parmi les plus éblouissantes de ces dernières années. La qualification est une récompense pour un groupe de qualité qui s’était déjà invité à la demi-surprise générale en finale de la dernière Coupe d’Asie, ainsi que de la Coupe arabe. Le cycle entamé par le Marocain Houcine Ammouta et repris par son adjoint Jamal Sellami a enclenché une dynamique vertueuse et qui épouse parfaitement les caractéristiques des joueurs jordaniens, à savoir discipline, technique et fougue offensive. Survolant les qualifications, la Jordanie a composté son billet lors de l’avant-dernière journée en allant largement s’imposer à Oman, dans un groupe très homogène. La force de l’équipe réside bien sûr dans son collectif, mais il est impossible de ne pas citer certains hommes forts tel que le capitaine courage Yazan al-Arab ou le merveilleux trident offensif Ali Olwan, Yazan al-Naimat et la star Moussa al-Taamari. Le groupe qui s’envolera pour les Amériques déborde d’ailleurs d’expérience. S’il a à déplorer l’absence sur blessure de Yazan al-Naimat, il pourra compter sur de jeunes attaquants aux dents longues comme Odeh al-Fakhouri, Ibrahim Sabra ou encore Ali Azaizeh. Dans les cages, le vétéran Yazid Abulayla guidera ses troupes, entouré des vieux briscards al-Arab, Ihsan Haddad ou Abdallah Nasib. Au milieu, Ayed, al-Rawabdeh, Abou Hashish, Sa’deh ou al-Rashdan organiseront le combat, tandis que Mahmoud al-Mardi suppléera al-Naimat. Le sort n’a pas gâté les Jordaniens puisqu’outre les champions du monde argentin, il faudra se coltiner l’Autriche et l’Algérie, habitués des joutes internationales. Mais qu’importe le résultat, les Jordaniens auront à cœur de laisser leur carte de visite pour les prochains événements !
Photo : Anvar Ilyasov/Getty Images
Sensation aux yeux du reste du monde, la qualification de l’Ouzbékistan n’est quant à elle pas anodine. Le pays d’Asie Centrale a l’un des projets les plus cohérents de la zone AFC. Terrifiant déjà le reste du continent en sélections de jeunes, les Loups Blancs manquent des résultats dans les grandes compétitions avec leur équipe senior. Ils ont notamment vécu une Coupe d’Asie 2024 décevante. Le très contesté Srečko Katanec a depuis laissé sa place à Timur Kapadze, qui a assuré la qualification en terminant deuxième de son groupe lors de la troisième phase, juste derrière l’Iran. Le sélectionneur local a ensuite cédé sa place à Fabio Cannavaro. La nomination du champion du monde italien a fait couler beaucoup d’encre ; sa carrière d’entraîneur étant assez décevante. Son approche est cependant intéressante puisqu’il reste dans la continuité du travail tactique accompli depuis plusieurs années et lance davantage de jeunes joueurs. Ainsi, de beaux noms tels que Bekhruz Karimov et Jakhongir Urozov seront d’ailleurs en Amérique du Nord. La liste est construite autour de trois stars, avec Eldor Shomurodov, légende, qui est enfin sorti de sa spirale de blessures. L’avenir est quant à lui représenté par Abdukodir Khusanov et Abbosbek Fayzullaev. Le groupe est quasiment au complet, c’est rare. Seul Khusniddin Alikulov, titulaire habituel en défense centrale est blessé. Quelques interrogations planent encore au-dessus de l’équipe, notamment le poste de gardien et les difficultés à jouer face à des blocs bas. L’Ouzbékistan est en mesure d’accrocher des seizièmes de finale. Le groupe est relevé avec la Colombie, le Portugal et la RDC, mais c’est une des sélections les plus cohérentes et les plus en forme de zone AFC qui se présente à son premier rendez-vous mondial.
Après une prestation compliquée à domicile en 2022, les Qatariens veulent prendre leur revanche, et prouver que le pays est capable de gagner hors du continent. Le double champion d’Asie en titre arrive cependant avec peu de certitudes. Depuis la dernière Coupe du Monde, il a régulièrement changé d’entraîneur, parfois juste avant des matchs décisifs. De quoi déstabiliser une sélection qui a éprouvé toutes les peines du monde à se qualifier. Lors de la troisième phase, l’équipe emmenée par Tintín Márquez puis Luis García a terminé à une piteuse quatrième place, derrière le voisin émirati et surtout loin derrière l’Iran et l’Ouzbékistan. Quelques résultats font tache comme le nul face à la Corée du Nord et la défaite face au Kirghizistan. La dernière phase de qualification a cependant vu le Qatar avoir « la chance » d’organiser les matchs sur son sol. Une victoire face aux Émirats et un nul face à Oman ont ainsi permis aux hommes de Julen Lopetegui de décrocher la qualification. Privé de préparation dès mars en raison de la situation explosive dans la région, les Annabi restent sur une Coupe Arabe catastrophique, avec une défaite face à la Palestine et une claque reçue face à la Tunisie. Des résultats d’autant plus inquiétants que bon nombre de joueurs appelés pour la Coupe du Monde étaient présents lors de cette compétition ratée. La liste du coach espagnol a globalement beaucoup divisé. Certains beaux noms sur le déclin sont encore là, avec notamment Hassan Al-Haydos. Des choix discutables, avec l’absence de Mohammed Waad, le couteau suisse de l’équipe, ainsi que celle de Nabil Irfan, et ce alors que le groupe manque de latéraux performants. Néanmoins, les fans semblent avoir renoué avec leur sélection. Le Qatar est dans un groupe relativement abordable, avec le Canada, la Suisse et la Bosnie-Herzégovine et conserve donc un mince espoir de qualification.
Photo : Yasser Bakhsh/Getty Images
Du côté de l’Arabie saoudite, un choix a été fait : nommer un sélectionneur à deux mois du Mondial et en choisissant un profil qui n’a aucune expérience à la tête d’une sélection. Une décision à l’image d’un football saoudien qui est, de manière générale, dans un piteux état. Derrière les belles images du top 8 de la Saudi Pro League, se cachent des clubs historiques en train de disparaître, de grosses tensions au sein de la fédération et une sélection en déliquescence totale, chez les seniors comme chez les jeunes, les joueurs locaux saoudiens manquant de temps de jeu à cause de l’assouplissement des quotas en Saudi Pro League. Le onze reste correct, mais la profondeur de banc est assez inquiétante. Tout comme les résultats sous Hervé Renard qui ont conduit à son limogeage. Il avait pourtant eu le mérite de redresser un temps la situation après ale champ de ruine laissé par Roberto Mancini. Les Faucons ont arraché leur qualification lors du quatrième tour après un troisième compliqué et marqué par des prestations offensives alarmantes. Une victoire difficile contre l’Indonésie et un nul face à l’Irak leur ont permis d’assurer leur présence en Amérique du Nord. Tout cela sous la bénédiction de l’AFC puisque, comme pour le Qatar, l’Arabie saoudite a eu la « chance » d’accueillir ce tour final. Le nouveau sélectionneur, Georgiios Donis, sort d’une belle expérience à Al-Khaleej, petit club de Saudi Pro League qui a régulièrement accroché les cadors depuis un an et demi. Le Grec a l’avantage de connaître parfaitement le football saoudien et a conservé un groupe assez proche de celui de l’époque Renard. La seule absence qui a fait réagir est celle de Saleh Abu Al-Shamat. L’Arabie saoudite est dans un groupe délicat, avec le Cap-Vert, l’Uruguay et l’Espagne et, malgré un onze composant d’indéniables talents, à l’image de Saud Abdulhamid et Salem Al-Dawsari, le contexte et la dynamique globale laissent sceptique quant aux chances de qualification pour les seizièmes.
Après être revenu du Qatar sous les louanges en 2022, la Corée du Sud s’imaginait enchaîner sur sa belle performance pour l’après-Paulo Bento. Le sélectionneur portugais au mandat le plus long dans l’histoire de la Korea Football Association (KFA) n’ayant pas souhaité poursuivre l’aventure, il a fallu trouver son remplaçant. Après plusieurs semaines de tractations, c’est finalement Jürgen Klinsmann qui a été choisi en février 2023. Mais l’histoire a rapidement tournée court avec des polémiques en cascade et un jeu loin de satisfaire les supporters. Malgré une demi-finale en Coupe d’Asie en 2024, le sélectionneur allemand n’a pas survécu à l’énième controverse impliquant une bagarre entre Son Heung-min et Lee Kang-in. À un peu plus de deux ans de la Coupe du Monde, la Corée du Sud se retrouvait de nouveau au point de départ : sans sélectionneur. Le choix du successeur de Jürgen Klinsmann fut long, très long, trop long. Hwang Sun-hong et Kim Do-hoon assuraient chacun leur tour un interim pour qualifier les Guerriers Taeguk pour le troisième tour des qualifications asiatiques. À l’été 2024, Hong Myung-bo était finalement débauché d’Ulsan sous les critiques. Comme en 2013, Hong Myung-bo arrive pour sauver la sélection. Il parvient à la qualifier sans trop trembler pour sa onzième Coupe du Monde consécutive avec un parcours parfait : six victoires, quatre matchs nuls et aucune défaite. Sur le papier du moins. Les Guerriers Taeguk n’emballent personne et n’ont gagné que deux de leurs cinq matchs à domicile. La colère continue de gronder et les matchs de préparations ne calment pas l’opinion publique avec une nouvelle tactique en 3-4-3 voire 3-5-2 qui ne fonctionne pas, mais qui est reconduite match après match malgré de grosses déconvenues (0-5 face au Brésil, 0-4 face à la Côte d’Ivoire). L’assistant portugais de Hong Myung-bo, Joao Aroso, attise les flammes dans une interview avec un média portugais en déclarant qu’il s’occupe de la tactique et de la gestion des matchs tandis que le capitaine de la sélection en 2002 est le visage sud-coréen censé apaiser les tensions. Des excuses et l’argument des propos tronqués plus tard et la KFA verrouille toute communication autour des Guerriers Taeguk.
Photo : Chung Sung-Jun/Getty Images
Quoi qu’il en soit, la Corée du Sud espère au moins sortir de son groupe à la Coupe du Monde. Derrière le Mexique, favoris, la Tchéquie et l’Afrique du Sud sont largement à portée des Guerriers Taeguk. Au niveau du groupe, aucune surprise, les stars Kim Min-jae, Lee Kang-in et Son Heung-min sont présentes. Même Hwang In-beom, pourtant blessé depuis mars, est revenu à temps. Les joueurs espèrent faire mieux qu’au Qatar avec un quart de finale. Difficile à croire avec les dernières sorties. Ce Mondial sera surtout celui de la transition. D’une part puis qu’il sera la dernier de Chung Mong-kyu, le président de la KFA, qui a annoncé sa démission, effective après la compétition. L’homme qui concentre toutes les critiques, que le gouvernement souhaite voir être sanctionné et qui a été ré-élu pour un quatrième mandat en février 2025, a pris cette décision pour offrir un avenir serein à la sélection sud-coréenne. D’autre part, la Coupe du Monde 2026 doit permettre un passage de relais entre deux générations : celle de Son Heung-min à celle de Lee Kang-in. Le joueur du Paris SG sera donc le joueur à suivre. Il doit prendre les clés de l’équipe à Son Heung-min, en bout de course, et s’imposer comme le patron de la sélection sur le terrain. La relation entre les deux hommes doit être optimale pour guider les Guerriers Taeguk et assurer un passage de témoin dans les meilleures conditions. De plus, ce Mondial sera déterminant pour la suite de la carrière de Lee Kang-in, aussi bien en club qu’avec la Corée du Sud.
Reste la principale locomotive annoncée de la zone. Pour sa huitième Coupe du Monde consécutive, le Japon espère enfin un tour en phase à élimination directe après les deux désillusions de 2018 et 2022. Contrairement à l’édition qatarienne, les qualifications ont été une formalité pour les Samurai blue. Dans un groupe avec beaucoup d’équipes dans une mauvaise dynamique, les hommes d’Hajime Moriyasu ont vite accroché la qualification. Sept victoires, un statut de meilleure attaque de la troisième phase, et un bilan assez impressionnant de cinquante-quatre buts inscrits en seize rencontres, deuxième et troisième tours confondus. De quoi presque camoufler les difficultés de cette sélection face aux blocs bas et bien organisés. Mais pas de quoi éclipser l’affaire Kaishu Sano. Les prises de positions du sélectionneur et de nombre de politiciens japonais en faveur du joueur de Mainz ont beaucoup divisé l’opinion publique japonaise. Les absences de Kaoru Mitoma et Takumi Minamino pour blessure risquent d’être préjudiciables, tout comme le choix surréaliste d’écarter Hidemasa Morita et Kodai Sano. Des anciens font leur retour, notamment les japonais de l’Ajax Takehiro Tomiyasu et Ko Itakura. Les deux défenseurs sortent de blessures et de prestations compliqués, mais l’expérience semble avoir dicté certains choix de la liste. Les jeunes Keisuke Goto et Kento Shiogai, respectivement quatre et deux capes, apporteront un peu de fraîcheur, tandis que Yuto Nagatomo rempile pour une cinquième participation en Coupe du Monde. Beaucoup de Japonais jouent potentiellement un transfert sur cette Coupe du Monde, notamment Ritsu Doan et Ayase Ueda. De quoi offrir un supplément de motivation ? Il en faudra. Car le Japon hérite d’un groupe relevé mais a la chance d’affronter deux équipes européennes, ses proies favorites. L’objectif est clair : atteindre les quarts.

Photo : Robert Cianflone/Getty Images
Kusini Yengi lève son pied trop haut contre Bahreïn en septembre 2024. L’arbitre sort le carton rouge. À la dernière minute du temps réglementaire, Harry Souttar dévie un centre dans ses propres filets. Cette défaite scelle le sort de Graham Arnold, qui démissionne avant de s’engager avec l’Irak. Tony Popović hérite de la sélection. L’ancien défenseur de Crystal Palace installe une ligne directrice claire : la solidité. Cette méthode qualifie l’Australie directement avec une série de huit matchs sans défaite, évitant la phase des barrages disputée en 2018 et 2022. Le huitième de finale joué face à l’Argentine au Qatar a modifié le statut de l’équipe. La sortie de la phase de groupes constitue désormais une obligation. La sélection australienne tourne autour des cadres Mathew Ryan, Jackson Irvine, Mathew Leckie et Aziz Behich pour mener un groupe comprenant dix-sept joueurs sans expérience internationale en compétition mondiale. Au milieu de cet effectif, Cristian Volpato attire l’attention. Le joueur de Sassuolo avait refusé l’appel des Socceroos quatre ans plus tôt pour privilégier l’Italie. L’élimination de la sélection italienne par la Bosnie-Herzégovine a précipité son choix en faveur de l’Australie. Le milieu offensif l’explique simplement : « Quelque chose dans mon cœur m’a dit qu’il était temps de rentrer à la maison ». Croyez-le ou non. Néanmoins, Circati a travaillé en sous-marin pour le faire venir porter la tunique verte et or lorsqu’ils se sont croisés en Serie A italienne. Le sélectionneur compte sur son profil pour compenser l’absence de Riley McGree, forfait sur blessure et l’un des créateurs de cette équipe en manque d’imagination pour sortir de son assise défensive. Reste que placé dans un groupe compliqué, avec le co-hôte États-Unis, le Paraguay et la Turquie, l’objectif des seizièmes s’annonce délicat.
De l’autre côté la Mer de Tasman, seize ans après l’Afrique du Sud qu’ils ont quitté invaincus, les All Whites retrouvent la Coupe du Monde. Les Néo-Zélandais abordent le tournoi en tant que représentants de la nation la moins bien classée, bloqués au 85e rang de la FIFA malgré leurs six Coupes d’Océanie. La sélection assume sa domination sur son continent. Les éliminatoires se sont résumés à cinq matchs survolés pour décrocher le premier billet qualificatif direct de l’histoire de la confédération OFC, contournant les barrages intercontinentaux. Dirigée par Darren Bazeley, l’équipe a d’abord écarté Tahiti, le Vanuatu et les Samoa, avant de punir les Fidji et la Nouvelle-Calédonie. L’entraîneur anglais de cinquante-trois ans, naturalisé en 2015, assume une approche pragmatique. Face aux nations majeures, son bloc recule et affiche des lacunes dans les vingt-cinq derniers mètres. Bazeley compose avec un effectif dispersé mondialement et des problèmes physiques récurrents. Il n’a jamais pu aligner son onze type en trois ans. Durant la préparation, ses joueurs ont concédé sept défaites mais ont tenu la Norvège en échec (1-1), battu le Chili (4-1) et fait tomber la Côte d’Ivoire (1-0). Placée dans le Groupe G avec la Belgique, l’Égypte et l’Iran, la Nouvelle-Zélande vise une place de meilleur troisième. Elle cible un résultat dès le 16 juin contre les Iraniens. Le calendrier la fera ensuite croiser les Égyptiens, une formation qu’elle avait accrochée un temps en 2024 en l’absence de Chris Wood avant de s’incliner d’un but.







































