Le Journal du Real
·11 giugno 2026
Deschamps: « Parce que c'est Kylian, on lui en demande plus »

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·11 giugno 2026

Didier Deschamps raccroche après ce Mondial. Quatorze ans à la tête de l'équipe de France, une Coupe du Monde, deux finales, une génération dorée à gérer au quotidien. Dans son entretien accordé à Marca, le sélectionneur aborde plusieurs sujets qui touchent directement au Real Madrid.
Il aborde la saison de Mbappé, les critiques qui l'accompagnent, son leadership au Bernabéu, et une question sur sa propre présence dans les listes de candidats au poste d'entraîneur du club espagnol. Autant d'éléments qui, mis bout à bout, dessinent un portrait lucide et nuancé de l'homme qui entraîne le numéro 10 merengue.
C'est le cœur de l'interview, et Deschamps ne l'esquive pas. Interrogé sur la saison sans titre de Mbappé au Real Madrid et sur les critiques qui ont suivi, le sélectionneur prend position avec une clarté qui tranche avec les habituelles formules de façade.
« Quand le Real Madrid ne gagne pas de titres, il est évident qu'il est aussi responsable que le reste de l'effectif. Mais parce que c'est Kylian, on lui en demande et on lui reproche encore plus ».
Une défense franche, qui ne nie pas la part de responsabilité du joueur, mais qui replace les critiques dans leur contexte : les attentes vis-à-vis de Mbappé sont structurellement disproportionnées, et toute contre-performance sera amplifiée à proportion.
Sur sa capacité à cohabiter avec la critique, Deschamps est catégorique. « Il vit avec, il y est préparé, qu'elle soit juste ou injuste ». Et il pointe un phénomène plus large qui dépasse le seul cas Mbappé : « La minorité fait le plus de bruit, tandis que la majorité reste silencieuse. » Une façon d'inviter à relativiser le poids médiatique des critiques, sans pour autant les invalider totalement.
Concernant les supporters merengues, Deschamps est clair et sans condescendance : « Que les supporters du Real Madrid soient mécontents et remettent les résultats en question, c'est parfaitement normal. Ce n'est peut-être pas agréable à entendre, mais les footballeurs d'élite savent que c'est ainsi ».
Au-delà de la saison madrilène, Deschamps revient sur l'évolution de Mbappé en tant que capitaine, un rôle dont il mesure le poids autrement que par les performances sportives. La comparaison avec Hugo Lloris est instructive.
« Hugo, heureusement pour lui, vivait en dehors de tout le bruit extra-sportif. Kylian, lui, aujourd'hui, où qu'il aille… » La phrase reste suspendue, mais on voit où il veut en venir. Dans ce contexte, il estime que Mbappé s'en sort bien : « Il assume ce leadership à la perfection, en dehors comme sur le terrain. Il sait parfaitement que quand il parle, il ne parle plus en son nom propre, mais au nom du groupe ».
Sur la continuité de la sélection sans lui, Deschamps rappelle que la transmission s'est faite naturellement. « Ceux qui étaient là au début observaient et écoutaient. J'ai toujours eu à cœur d'intégrer les jeunes joueurs pour qu'ils puissent observer et apprendre. » Mbappé a appris, a attendu son heure, et porte maintenant le brassard d'une façon différente de ses prédécesseurs, mais pas moins efficace.
La question sur une éventuelle approche du Real Madrid était inévitable, et Deschamps y répond avec une franchise teintée d'humour. Il raconte que son fils lui signalait régulièrement sa présence dans les listes de candidats potentiels au poste d'entraîneur merengue : « Mon fils me disait en plaisantant que le problème, c'est que je restais toujours dans la liste des candidats. »
Mais derrière la légèreté, une confirmation : « Est-ce que j'ai eu des propositions ? Oui, évidemment. » Il ne nomme pas le Real Madrid explicitement, mais le contexte de la question ne laisse guère de doute. Le sélectionneur refuse d'entrer dans les détails, estimant que cela n'a pas lieu d'être à la veille d'un Mondial. Une sortie habile, qui confirme sans tout dire.
Ce que cette confidence révèle, c'est que le Real Madrid a, à un moment, envisagé de confier son banc à Deschamps. Un profil atypique pour le club merengue, habitué aux techniciens de club plutôt qu'aux sélectionneurs. Mais la réputation de gestionnaire d'ego, de meneur d'hommes et de gagnant de tournois que Deschamps s'est forgée en quatorze ans à la tête de la France en fait un nom qui circule naturellement dans toutes les grandes discussions sur le football européen.
Après le Mondial, une nouvelle page s'écrira pour lui. Il assure que l'après ne l'intéresse pas pour le moment. Mais dans le football, tout peut aller très vite.







































