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·13 febbraio 2026

Engen (OL Lyonnes) : "Je voulais vivre de l'intérieur cette culture de la gagne"

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Entretien exclusif - Débarquée à OL Lyonnes l'été dernier, Ingrid Engen n'a pas mis longtemps à s'imposer en défense centrale. Pour Olympique-et-Lyonnais, la Norvégienne revient sur ses premiers mois à Lyon, son rôle dans le vestiaire, mais aussi pour le développement du foot féminin.

Olympique-et-Lyonnais : Vous êtes arrivée l'été dernier, comment allez-vous dans cette nouvelle vie à OL Lyonnes ?

Ingrid Engen : Bien, je suis contente d'être à Lyon. J'ai l'impression que ces premiers mois sont passés à une vitesse folle. Je pense donc que c'est un bon signe pour confirmer que je me plais dans ce nouvel environnement.


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On a pu voir que Michele Kang avait assisté aux matchs contre l'OM et pour le derby la semaine passée. Qu'a-t-elle bien pu vous dire ?

Je pense qu'elle voulait nous mettre un peu de pression (rires). Non, plus sérieusement, elle voulait nous montrer qu'elle est là, qu'elle nous suit, malgré sa nouvelle casquette et surtout nous dire que nous allions entrer dans une période très importante. Que ce soit la semaine passée ou cette semaine avec ce match à Dijon pour se qualifier en finale de la Coupe LFFFP.

C'est une présidente ambitieuse. Est-ce que cela a compté dans votre décision de signer à OL Lyonnes l'été dernier ?

Le projet était la raison principale pour moi de venir ici à Lyon. Que ce soit l'histoire du club, les joueuses, Michele, il y a de très hautes ambitions. Tout le monde a cette mentalité de gagnant et je voulais en faire partie. C'est quelque chose qui est ancré ici et que vous ressentez directement quand vous arrivez comme joueuse.

"Je voulais prendre un nouveau départ comme joueuse et femme"

Si on compare avec le FC Barcelone, retrouve-t-on cette même culture de la gagne en Catalogne ?

Ce sont deux clubs qui ont une très forte histoire et aussi de très bonnes performances sur les dernières années. Vous pouvez voir beaucoup de similitudes. C'est le niveau supérieur dans le football féminin. Je suis très contente d'avoir pu évoluer dans chacun d'eux et j'espère gagner de nombreux titres avec OL Lyonnes aussi. Pour moi, c'est quelque chose qui me motive beaucoup de faire partie d'un club qui est une référence et où on doit se surpasser tous les jours.

Vous êtes la deuxième Norvégienne dans l'effectif après Ada Hegerberg. A-t-elle joué un rôle dans votre venue ? Lui aviez-vous demandé des conseils ? 

Je n'ai pas beaucoup parlé avec elle quand j'ai commencé à parler avec OL Lyonnes parce que c'est aussi une période où vous ne voulez pas que des choses sortent. Mais je pense que, finalement, c'est vraiment bien pour moi de l'avoir pour m'appuyer. Elle était très contente quand elle s'est rendue compte que j'allais venir ici. Ç'a beaucoup signifié pour moi aussi. Elle est une icône de Lyon, elle était là pour m'aider au début.

Après quatre saisons au Barça, la décision n'a pas dû être facile à prendre. Qu'est-ce qui a fait pencher la balance ?

Je voulais prendre un nouveau départ en tant que joueuse et personne. J'ai senti que j'en avais besoin et j'ai décidé de partir. Si ce n'était pas un projet dans lequel je croyais, si ce n'était pas Lyon, je ne me serais pas laissée séduire. Je crois beaucoup à ce qui se passe ici. Ça me pousse encore plus. Je l'ai déjà dit auparavant, mais les entraînements sont peut-être plus durs que les matchs. Pendant la semaine, on se frotte aux meilleures joueuses offensives, donc ça me pousse à donner le meilleur.

C'est quelque chose de très spécial et quelque chose dont je voulais faire partie et que je voulais ressentir. Je suis vraiment contente du rôle que j'ai pris dans l'équipe. Vous ne savez jamais ce qui se passe quand vous êtes une nouvelle joueuse. Je voulais essayer de prendre un rôle important depuis le début et montrer aux autres qu'elles pouvaient me faire confiance. Je suis très satisfaite d'aider l'équipe autant que je peux.

"J'ai envie de me pousser à être encore plus leader"

Vous avez 27 ans. Vous n'êtes pas en fin de carrière mais pas une jeune joueuse pour autant. Quel est votre rôle dans le vestiaire ? Aider les plus jeunes comme Alice (Sombath) ?

Je pense que c'est le moment pour moi de prendre ce rôle. Comme vous l'avez dit, je ne suis pas une joueuse sur la fin, mais j'ai beaucoup d'expérience. J'ai joué avec l'équipe norvégienne pendant de nombreuses années. J'ai joué dans de grands clubs européens et j'ai aussi joué dans de nombreux tournois. Je sais que d'autres joueuses ici ont fait pareil. Je pense que je peux aussi me pousser à prendre ce rôle et devenir une leader. Sur le terrain, c'est naturel pour moi d'aider l'équipe et d'être derrière les joueuses. Je pense qu'à l'extérieur du terrain, je peux prendre mon espace et aider les gens autour de moi.

Lindsey Heaps disait que le vestiaire était une vraie famille. Est-ce que vous ressentez ça, même après seulement 6 mois ?

Oui, c'était très facile de venir dans ce vestiaire. En entrant, sans connaître les gens, tu te demandes comment ça va se passer. C'est un nouveau pays, une nouvelle culture, des nouvelles personnes. C'est l'un des vestiaires les plus accessibles que j'ai connus. Je pense que les joueuses savent comment s'occuper de toi au début. Elles ont beaucoup d'expérience avec les joueuses internationales. Que ce soit les étrangères ou les Françaises, toutes m'ont parfaitement accueillie.

Comment se passe la vie en dehors des terrains à Lyon ?

J'apprécie beaucoup, c'est une très bonne surprise de ce côté-là. J'ai vécu quatre ans à Barcelone, qui est une belle ville, mais ici, j'ai plus de liberté. Je suis une fille qui aime vivre au cœur de la ville. Ici, c'est très calme, c'est une vie différente de celle à Barcelone. Je peux me balader dans le centre, passer presque incognito, ce qui était moins le cas en Espagne. C'est une bonne chose car je peux être moi-même, je peux profiter en dehors du foot.

"Le coach accorde une vraie importance à notre bien-être"

En signant à OL Lyonnes, vous avez retrouvé Jonatan Giraldez, que vous avez connu au Barça. A-t-il changé avec son passage aux États-Unis ou est-il toujours le même ? 

Quand je l'ai rencontré, il n'était pas encore numéro 1 au Barça, donc la relation n'était pas la même. Mais c'est l'une des personnes les plus compétitives que j'ai connues dans ma carrière. L'une de ses forces est qu'il arrive à convaincre toutes les joueuses de pousser vers un objectif commun avec lui à sa tête. C'est une chose très importante quand on est coach. S'il y a un point sur lequel j'ai vu une évolution, c'est sur la personne que peuvent être les joueuses. Je pense qu'il a appris que ça compte beaucoup comment est la joueuse, comment elle se sent, comment elle est en dehors du centre d'entraînement. Il montre un vrai intérêt pour ce développement personnel. C'est comme pour les joueurs et joueuses, il évolue, il apprend. Il a aussi vu différentes cultures et ça aide. C'est très agréable de le retrouver ici.

Vous êtes l'une des joueuses qu'ils utilisent le plus. Est-ce que vous êtes surprise de vous être intégrée si vite ?

Non, c'était aussi mon ambition. Je voulais venir ici et être importante depuis le début. Le plus important pour moi dans les premières semaines, c'était d'apprendre des joueuses autour de moi. Comment elles jouent, leurs points forts, comment je pouvais m'intégrer le plus vite possible pour que les gens ne voient pas que je suis une nouvelle joueuse. C'était mon objectif et ça m'a aidée à être intégrée très vite. Je ne sais pas si je suis surprise ou non, mais c'était mon objectif.

Au niveau du championnat, avez-vous été surprise positivement ou négativement ?

Je pense que la Première Ligue est assez similaire à ce à quoi j'ai été habituée en Espagne. Il y a quelques équipes plus loin que les autres. Mais vous voyez aussi qu'on a des difficultés dans certains matchs, en créant des chances ou quand les équipes défendent bas. C'est quelque chose que nous travaillons beaucoup. Je pense qu'on a un bon staff pour nous donner les outils pour jouer contre des blocs bas. C'est un autre type de jeu. On est poussé par les choses différentes. Je m'amuse aussi. C'est amusant la première saison, quand vous êtes dans une nouvelle ligue, de voir comment ça se passe.

"Je veux être le meilleur modèle possible pour les plus jeunes"

On vous voit proche des jeunes supporters. Est-ce important pour vous de partager votre passion quand vous voyez toutes ces filles dans le stade ?

Ç'a toujours été très important pour moi de donner de l'envie à ces jeunes filles et ces garçons. Je pense que nous avons un rôle très important et, pour moi, d'être capable d'être un modèle et d'inspirer les jeunes filles, c'est quelque chose de très important. J'essaie de donner le plus que je peux. Quand je les rencontre ou sur les réseaux sociaux, j'essaie d'être le meilleur modèle et de leur montrer la joie et qu'ils peuvent croire qu'ils peuvent être où je suis.

Et qui sont vos modèles quand vous étiez plus jeune ?

Je n'avais pas beaucoup de modèles et ça m'a aussi poussée à prendre ce rôle. Je viens d'un endroit très petit en Norvège et je ne pouvais pas regarder le football des femmes. Je jouais avec des garçons et c'était tout. Et de montrer que peu importe d'où vous venez vous pouvez atteindre vos rêves, c'est très important.

Au début de la saison, Ada nous disait que le développement du foot féminin est un combat quotidien. Êtes-vous d'accord avec ça ?

Bien sûr et il y a déjà une grande différence par rapport à nos débuts. Je ne pouvais pas vivre du football en Norvège. J'ai dû quitter mon pays pour pouvoir le faire. C'est une grande différence de vivre de ce que vous faites. Et maintenant, on grandit. Les gens ont un grand intérêt pour nous et le jeu grandit. Le combat quotidien, c'est d'obtenir tout ce dont on a besoin pour casser les barrières. Parfois, quelque chose met du temps à changer et il faut insister. C'est vrai qu'il y a beaucoup de combats mais c'est important de continuer à pousser pour un meilleur futur. Le futur est très brillant. Je dois remercier toutes les joueuses plus âgées qui ont combattu. Je suis très positive. Je suis très heureuse et privilégiée d'être là et de pouvoir faire ce que j'aime. Mais il faut continuer pour aider les prochaines générations.

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