Entretien - Alexandre Torres (Sardarapat) : "Je pense qu’entraîner à l’international m’a préparé différemment au football français" | OneFootball

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·27 gennaio 2026

Entretien - Alexandre Torres (Sardarapat) : "Je pense qu’entraîner à l’international m’a préparé différemment au football français"

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Loin de sa France natale, Alexandre Torres a décidé de grandir. Après avoir lancé sa carrière d’entraîneur à l’US Lège Cap-Ferret (2009-2016), puis enchaîné au Stade Bordelais (2016-2022) et à Bastia-Borgo (2022-2023), avant de connaître la réserve du Pau FC (juillet à octobre 2023), le technicien de 47 ans a eu l’opportunité de rallier les Émirats arabes unis en octobre 2023. Depuis, le Bordelais n’a pas retrouvé son pays natal. Après des passages à United FC (2023-2024) et à Fujairah (2024-2025), Alexandre Torres a rejoint la deuxième division arménienne et le Sardarapat FC. Au sein du club partenaire du RC Lens, le Franco-Espagnol dispose d’un champ libre pour manier un groupe qui lui réussit bien. À l’issue de la phase aller - le football est à l’arrêt jusqu’en mars en raison des températures négatives dans le pays -, son club reste sur quatorze victoires, un match nul et deux défaites. De quoi poursuivre son parcours avant de, potentiellement, découvrir la première division arménienne, revenir en France… ou poursuivre l’aventure à l’étranger. Entretien. 

Alexandre, comment se passe la vie en Arménie ? 


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On est loin, dans l’Est de l’Europe, mais la vie y est très agréable. Les gens sont très attachants. J’y découvre un pays qui aime beaucoup le football, donc tout est réuni pour que cela se passe bien.

Tu n’as connu la défaite qu’à deux reprises en 17 matchs sur le banc cette saison, avec notamment 14 victoires… On peut dire que la saison est réussie jusqu’ici non ? 

On est en pleine trêve hivernale et on reprend début mars. Mais c’est un début de saison qui est forcément réussi, les résultats sont là. On travaille avec un groupe très jeune (21 ans de moyenne d’âge) et on a beaucoup d’étapes à franchir pour aller là où on veut aller. L’objectif est d’accéder à la division supérieure, même s’il s’agit de la première année en tant que professionnel pour le club.

Comment s’adapter à ce nouveau football, qui n’est pas forcément suivi ailleurs ? 

C’est un championnat qui est davantage suivi dans l’Est de l’Europe. C’était un aspect qu’on avait déjà évoqué dès le départ du projet avec le président Sevan Karian. Nos échanges ont été très clairs sur la vision, les ambitions, la volonté de construire quelque chose de durable… Le sens du projet m’a convaincu, car ce n’était pas juste partir entraîner une équipe, mais participer à une vraie structuration. J’aime beaucoup ce type de projets. On peut développer énormément de choses. En Arménie, j’ai trouvé ça.

Est-ce que Sardarapat s’est transformé grâce à la patte Torres ou est-ce plus toi qui t’es intégré au football arménien ? 

Je ne sais pas (il réfléchit)… Ici, on ne te juge pas sur qui tu es. On te juge sur ta capacité à créer rapidement de la cohérence. A l’étranger les contextes professionnels sont plus instables, plus concurrentiels. Les repères changent très vite. Cela m’oblige à être extrêmement clair dans ma vision, très solide humainement et capable de convaincre rapidement. Il faut réussir à s’adapter sans perdre son identité et à donner du sens sans perdre ses convictions. Il y a beaucoup de nationalités, beaucoup de méthodes différentes, beaucoup de voix qui veulent être écoutées… Tout cela doit être pris en considération tout en mettant ta patte dans le projet. Laisser aussi un héritage solide pour l’après. Les résultats sont-là, on fait tout pour qu’ils continuent à l’être dans la durée.

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Quels sont tes objectifs ? 

L’ambition est installée depuis le début. On souhaite construire à tous les niveaux. Le président connaissait ma flexibilité et ma capacité à faire adhérer. Je suis ravi de la confiance qu’il m’a donnée et j’essaie de la lui rendre tous les jours. Il faut continuer à être ambitieux dans le futur en développant des joueurs. C’est notre objectif. Donner la chance à des talents arméniens, locaux ou issus de la diaspora, et internationaux, de briller chez nous. Les mettre dans de bonnes conditions pour qu’ils s’épanouissent. On est satisfaits de ce qui se fait depuis le début, mais on a encore une grosse marge de progression. À tous les niveaux. Et que ce ne soit pas du court terme.

Où en est le football arménien actuellement ? 

C’est un football qui est en forte progression. J’ai vu pas mal de vidéos des années précédentes, et cela progresse fort. Soit par la venue d’étrangers (techniciens ou joueurs), soit par le développement des joueurs arméniens. Notre championnat reste hétérogène, avec des équipes à deux vitesses : des effectifs très jeunes, souvent des réserves de première division, ou des équipes professionnelles qui veulent y accéder. Dans le contenu, c’est un championnat très engagé. Techniquement, c’est plutôt correct. Sur le plan tactique, il y a encore du travail pour être comparé à de grosses divisions françaises. Mais les premières équipes de l’élite ont un très bon niveau, jouent les compétitions européennes et commencent à disputer les phases finales. On va de plus en plus parler du football arménien. Et de Sardarapat.

Avant cela, tu as effectué deux saisons aux Émirats arabes unis, qu’est-ce que cela t’a apporté ? 

Travailler à l’étranger a toujours fait partie de ma réflexion. C’est une manière de progresser. J’avais déjà anticipé cela en multipliant pas mal de stages dans de nombreux pays : Espagne, Portugal, République tchèque, Bénin, Maroc… Cela m’a permis d’être prêt à vivre ces expériences. Aujourd’hui, je suis un entraîneur beaucoup plus complet que je ne l’étais. Cela m’a permis de travailler trois ans dans des structures professionnelles puisqu’avant je n’étais passé que par Pau. Le reste relevait du niveau national. Je pense avoir gagné en maturité, en lucidité, en leadership. Je sais mieux faire grandir les gens autour de moi. Le staff particulièrement. Avec lui, la loyauté ne se décrète pas, elle se construit. Quand les gens sentent qu’ils évoluent, l’engagement devient naturel. Après, bien sûr, peu importe ton staff, tu as toujours besoin de compétences autour de toi. C’est très important de bien s’entourer, quel que soit le niveau ou le pays, mais tu n’as pas toujours besoin du même type de compétences. Et ici, le fait aussi d’avoir moins de moyens qu’aux Émirats arabes unis permet aussi de développer des idées, de tenter des choses. Tu dois être créatif dans ce que tu proposes. 

Après avoir évolué durant de nombreuses années à Lège-Cap Ferret, au Stade Bordelais puis à Borgo, tu as donc quitté la France, elle ne te manque pas ? 

Je n’ai pas l’impression que l’international m’ait éloigné du football français. On a tous un chemin différent. Je pense que l’international m’a préparé différemment au football français. Cela m’a donné du recul et apporté des compétences humaines qui me seront, si je dois revenir en France, très utiles. Mais forcément, cela reste un pays footballistique important. Aujourd’hui, je suis pleinement concentré sur mon projet actuel. Il n’y a pas de questions là-dessus. Bien sûr, je reste ouvert à tout projet cohérent, ambitieux et humainement fort. En France, comme ailleurs. Mais, actuellement, je trouve tout ce dont j’ai besoin en Arménie. Cela se passe très bien.

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Tu te plais davantage à entraîner ailleurs ? 

Encore une fois, je pense que je suis aujourd’hui beaucoup plus adaptable, solide et humain pour pouvoir entraîner dans d’autres pays. Cela m’a rendu plus fort dans la façon dont j’embarque un groupe avec moi. Je ne ferme aucune porte dans le football. Cela me permet de vivre de belles aventures, de rencontrer des gens… On s’enrichit forcément de tout ça. J’y prends beaucoup de plaisir actuellement.

Quel est le football que tu chéris le plus désormais, depuis que tu as connu ces deux championnats assez peu suivis dans le monde ? 

Je ne vais pas te répondre par un championnat mais directement par un style de football. J’aime un football dynamique, qui donne envie d’être joué par les joueurs. Le football que j’ai envie de voir, c’est celui que j’essaie de pratiquer avec mon équipe. On veut pratiquer un football dynamique, qui cherche à exploiter les points faibles de nos adversaires. C’est la première chose. Et j’aime le football qui laisse apparaître qu’une équipe est organisée, qu’elle possède des repères sur lesquels elle peut s’appuyer quand le bateau tangue. C’est un football que l’on peut retrouver partout. Mais c’est surtout celui que j’ai envie de voir pratiquer par mon équipe.

Sardarapat, un club partenaire… du RC Lens

Vous avez fait le buzz lors de la sortie de vos deux très beaux maillots. Comment est venue cette idée ?

C’est quelque chose qui est géré par la cellule de communication et le président. On veut que l’image du club corresponde à celle du projet, qu’il y ait une cohérence. Comme je te l’ai dit : le développement des joueurs, la culture arménienne mise en avant… C’est un projet qui tient à cœur à tout le monde. La marque Sardarapat doit être en adéquation avec l’Arménie et ses valeurs. On n’en a pas parlé avec les joueurs, mais on sait qu’ils adhèrent. Sinon ils ne seraient tout simplement pas là. Ils sont contents de la visibilité dont ils bénéficient. On croit en eux.

Le partenariat avec le Racing Club de Lens est-il fructueux ? 

Le partenariat est très actif. Nous avons des échanges réguliers avec l’académie et le groupe professionnel, via Jean-Louis Leca et David Ducourtioux principalement. Nous sommes partis avec une délégation à Lens le mois dernier. Cela permet au club de développer ses process, de voir ce qui manque encore pour franchir les étapes du très haut niveau. Cela permet aussi à Lens d’avoir un œil sur leur petit frère arménien et de voir dans quelle mesure ils peuvent bénéficier de joueurs formés chez nous, intégrer les meilleurs éléments. À terme, on souhaite développer ce lien sportif car on peut être une vraie étape dans le développement des joueurs.

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