EXCLU - Coupe du monde 2026 : "La meilleure sélection de notre histoire", Ismaël Koné affiche les ambitions du Canada | OneFootball

EXCLU - Coupe du monde 2026 : "La meilleure sélection de notre histoire", Ismaël Koné affiche les ambitions du Canada | OneFootball

In partnership with

Yahoo sports
Icon: OnzeMondial

OnzeMondial

·18 giugno 2026

EXCLU - Coupe du monde 2026 : "La meilleure sélection de notre histoire", Ismaël Koné affiche les ambitions du Canada

Immagine dell'articolo:EXCLU - Coupe du monde 2026 : "La meilleure sélection de notre histoire", Ismaël Koné affiche les ambitions du Canada

Passé de la Côte d’Ivoire au Canada à l’âge de 7 ans, Ismaël Koné a grandi loin des parcours classiques du football de haut niveau. Avant de devenir l’un des visages de la génération dorée canadienne, le milieu de terrain a dû surmonter l’exil, les sacrifices d’une mère célibataire et un chemin semé d’obstacles. En pleine Coupe du monde à domicile, il revient sur son parcours, ses années en Europe et ses ambitions avec le Canada.

À seulement 23 ans, Ismaël Koné a déjà connu plusieurs vies. Né en Côte d’Ivoire, arrivé au Canada en pleine enfance avec sa mère, le milieu international a gravi les échelons loin des centres de formation traditionnels. Révélé à l'Impact Montréal sous les ordres de Wilfried Nancy, il a ensuite découvert l’Europe à Watford avant de passer par l’Olympique de Marseille, Rennes et désormais Sassuolo. Entre les leçons tirées de ses expériences, l’influence déterminante de sa mère et l’ambition d’écrire l’histoire avec le Canada lors de la Coupe du monde 2026, il se confie sans détour avant le deuxième match de groupe contre le Qatar (vendredi à minuit), déjà déterminant après le nul contre la Bosnie-Herzégovine.


OneFootball Video


Tu as quitté la Côte d’Ivoire à 7 ans pour le Canada avec seulement ta maman pour t’épauler. Peux-tu raconter ce moment ?

ISMAËL KONÉ. C’est un bouleversement total parce que tu quittes tout ce que tu connais pour aller vers l'inconnu. Tu laisses tes bases, les gens que tu aimes le plus, ta vie. Surtout que je ne savais pas que cela allait arriver. J'étais très jeune et ma mère avait pris la décision en secret : si son dossier était accepté, on partait. Elle me l'a annoncé au moment même du départ. C'est bouleversant parce qu'on perd tous ses repères. On se retrouve dans un nouveau pays, avec une autre langue et des températures jamais connues. Après, je trouve que je me suis bien adapté au Canada. C'est un pays accueillant et très diversifié, ce qui m'a permis de grandir rapidement. Ce n'était pas facile, mais cela m'a responsabilisé très vite. J'ai compris que je devais devenir un homme plus rapidement pour pouvoir aider ma mère au plus vite. J'ai dû traverser des épreuves tout seul, mais toujours avec le soutien de ma mère qui a toujours été là pour moi.

Qu'est-ce qui vous pousse à partir à ce moment-là ta mère et toi ?

Il y avait la guerre en Côte d'Ivoire durant cette période. Cela devenait très compliqué pour nous en termes de sécurité. S'est ajouté à cela le désir profond de ma mère d'aller au Canada, un pays auquel elle s’intéressait beaucoup quand elle était jeune. L'opportunité s'est présentée. Pas forcément « au bon moment » à cause de la guerre, mais au bon moment par rapport à ce qu'elle voulait faire de sa vie. C'est cette situation globale qui nous a poussés à partir.

Avec le recul, te rends-tu compte de ce que cela représente d'être une mère célibataire qui s'installe dans un nouveau pays avec son fils à charge ?

Honnêtement, je ne sais pas d'où lui est venue cette force, car cela n'a vraiment pas dû être facile. Ma mère vient d'une grande famille, il y a toujours eu énormément de monde à la maison chez elle. Quitter tout cela pour se retrouver seule avec pour unique repère un enfant en bas âge, ça a dû être une épreuve. Le courage qu'elle a eu est extraordinaire. C'est pour cela qu'aujourd'hui elle est ma plus grande force et mon inspiration au quotidien. Sans elle, je n'aurais jamais eu les opportunités ni la vie que j'ai aujourd’hui. C'était énormément de sacrifices, des moments où elle a dû jouer à la fois le rôle de père, de mère, d'amie ou de grand frère. Elle a tout fait pour moi.

"Wilfried Nancy a énormément cru en moi"

Tu as connu un parcours hors des standards du football puisque tu n'as pas fait de centre de formation. Comment s'est fait ton passage du monde amateur au monde professionnel ?

Le processus pour arriver chez les professionnels n'est pas le même qu'en France ou dans d'autres pays d'Europe où il y a un véritable cursus pour gravir les échelons. Je n'ai pas fait de centre de formation, j'ai avancé un peu tout seul. Dieu merci, j'ai rencontré mon agent qui m'a énormément aidé grâce à des personnes qui m'ont mis en contact avec lui. Je leur dois beaucoup aujourd'hui. J'ai eu cette opportunité, mais c'est vrai qu'au Canada, on n'a pas forcément ce processus classique de formation.

Pour tes débuts en pro, c’est un entraîneur français, Wilfried Nancy, qui vous a aidé au CF Montréal après le départ de Thierry Henry...

On s'est retrouvés dans une situation particulière. Wilfried Nancy assurait d'abord l'intérim, puis la direction lui a donné sa chance. C'est quelqu'un qui a énormément cru en moi et m'a beaucoup aidé. Il m'a gardé avec le groupe. Même si je n'avais pas encore de contrat professionnel, je faisais tous les entraînements et les stages avec les pros. Finalement, le 15 août 2022, j'ai signé mon tout premier contrat professionnel, et c'était parti.

En l'espace de trois ans, tu as déjà connu plusieurs clubs (Watford, Marseille, Rennes, Sassuolo). Qu'est-ce qui explique cette absence de stabilité depuis ton arrivée en Europe ?

Je dirais que cela s'explique par le fait que je suis jeune. Je suis d'abord arrivé à Watford, où ma deuxième saison complète s'est très bien passée. J'aurais pu continuer là-bas, mais j'ai eu l'opportunité de rejoindre l'Olympique de Marseille. Pour moi, c'était le moment de me challenger dans un club qui joue le haut du tableau et vise la Ligue des champions. Malheureusement, à Marseille, les choses ne se sont pas passées comme prévu. J'ai dû partir en prêt à Rennes pour quatre mois. À la fin de ce prêt, je suis revenu à Marseille mais je souhaitais repartir. J'avais encore besoin d'apprendre beaucoup de choses dans le football, sur le terrain comme en dehors, et d'enchaîner les matchs. C'est ce qui m'a amené à signer à Sassuolo.

"Habib Beye, on lui colle une étiquette"

Peux-tu expliquer pourquoi cela n'a pas fonctionné à l'OM avec Roberto De Zerbi ?

Marseille est un club à part, c'est la ferveur pure et l'une des villes les plus passionnées de football. Pour ma part, il y a eu des contretemps car je revenais de blessure. Je m'étais d'abord déchiré un ligament à la cheville droite, et dès mon retour, je me suis fait la même chose à la cheville gauche. J'avais impérativement besoin de temps pour me reconstruire, tandis que le club avait des impératifs et devait gagner immédiatement. Ils n'avaient pas forcément ce temps à m'accorder. C'est le football. L'entraîneur avait ses objectifs immédiats, et c'est ce qui a provoqué cette situation. Malgré ces difficultés, j'ai beaucoup aimé l'expérience et j'ai eu la chance de côtoyer de très grands joueurs.

Est-ce que tu retiens un échange particulier avec un partenaire de l'OM ?

Une discussion que j’ai eue avec Jeffrey Kondogbia et à laquelle je repense souvent. L'idée générale de ce qu'il m'a dit, c'est qu’à la base, on veut jouer au foot parce qu'on aime ce sport, pas parce que c'est un métier. Mais au final, cela devient un métier et il faut faire le travail de manière pro. Cela englobe tout : la préparation invisible, l'approche mentale, les intentions sur le terrain et le comportement général. Il ne faut jamais oublier cette rigueur. Cette discussion est vraiment restée ancrée en moi et m'a poussé à encore plus professionnaliser mon approche globale et ma préparation d'avant-match.

À Rennes, tu as connu Habib Beye lors d’une saison compliquée. Les critiques à son égard étaient-elles justifiées ?

Totalement en décalage avec la réalité. Après, quand tu es à la tête d'un club exposé, c'est la loi du milieu. Énormément de critiques circulent et il faut être armé pour y faire face. Je pense qu'il l'est, car il exerce ce métier depuis de nombreuses années, il connaît parfaitement le milieu et a aussi été consultant. C'est un homme qui aime profondément le travail et qui prône une vraie rigueur ; il sait que sans cela, on ne va nulle part. C'est un peu dommage qu'on lui colle ce genre d'étiquettes, mais dans le football de haut niveau, tout est toujours décuplé. En tant qu'entraîneur, c'est quelqu'un de très rigoureux, extrêmement axé sur le fait de repousser ses limites au quotidien pour progresser. C'est aussi un coach proche de ses joueurs, qui aime échanger, parler avec eux et laisser la porte ouverte à la discussion s'il y a des incompréhensions. Il n'est pas du tout fermé d'esprit. Avoir un coach ouvert, qui cherche à te faire comprendre ses choix tout en te poussant au maximum sans jamais te manquer de respect, c'est tout ce qu'un joueur peut demander pour s'exprimer.

Tu viens de terminer ta première saison complète avec Sassuolo avec environ 35 matchs joués. Comment expliques-tu que tu as pu exprimer pleinement ton potentiel ?

Mon talent a toujours été là, mais à Sassuolo, on m'a simplement donné l'opportunité et la continuité pour l'exprimer. Je suis arrivé au sein d'un projet où l'on croyait énormément en moi, ce qui m'a permis d'être moi-même sur le terrain comme en dehors. Pour un joueur, arriver dans un tel environnement change tout sur le plan mental. Si un entraîneur te donne ta chance, c'est qu'il a déjà vu tes qualités. Après, tout le monde fait des erreurs. La vraie question est : est-ce qu'on te permet de faire des erreurs ? Si tu perds un ballon, est-ce qu'on te maintient ta confiance au lieu de te sortir ? C'est cela qui est le plus important.

"Le moment est venu de réaliser quelque chose de grand"

Au-delà de cette confiance, tu as aussi structuré ton environnement personnel ?

Oui, c'est certain. En termes de performance pure, j'ai modifié beaucoup de choses dans mon quotidien. Je travaille désormais avec une équipe personnelle. J'ai un préparateur physique qui me suit, un médecin, un nutritionniste, et j'ai commencé la préparation mentale. C'est toute une structure de 5 ou 6 personnes derrière moi qui m'assiste sur ma récupération et cible ce qu'il faut faire pour m'aider à performer. Le club propose un travail plus généralisé pour tout le groupe qui ne répond pas forcément à tes besoins musculaires ou articulaires directs. Changer mon approche personnelle m'a énormément aidé.

Quand on n'est pas forcément une nation majeure mais que l'on accueille le mondial. Quel est l'objectif pour la Coupe du monde ?

Historiquement, le Canada n'a jamais gagné un match en phase finale de Coupe du monde. Notre tout premier objectif est donc de gagner un match, d'écrire l'histoire pour notre pays. Ensuite, nous voulons nous qualifier et sortir des poules. Au vu de nos qualités et du jeu que l'on propose, je pense que c'est largement réalisable. Après, c'est une compétition internationale, il faut aborder les choses match par match pour déstabiliser nos adversaires.

Il y a une très belle génération au Canada en ce moment (Alphonso Davies, Jonathan David, Moïse Bombito, Derek Cornelius...). Quel regard portes-tu sur ce groupe ?

Il faut toujours avancer pas à pas, mais nous avons le devoir d'avoir de l'ambition. Je pense que nous avons l'une des toutes meilleures sélections de notre histoire, si ce n'est la meilleure au vu de nos profils. Le moment est venu de réaliser quelque chose de grand, surtout que nous avons la chance de jouer cette compétition à la maison. Il faut maximiser nos chances pour inspirer les années à suivre. Le fait que le monde du football reconnaisse aujourd'hui le potentiel des joueurs canadiens est une immense fierté. Nous devons viser très haut pour rendre tout le pays fier.

Retrouvez l'actualité du monde du football en France et dans le monde sur notre site avec nos reporters au coeur des clubs.

Visualizza l' imprint del creator