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·9 marzo 2026
EXCLU - Mahamadou Sangaré : « Je veux toucher le plus haut niveau »

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·9 marzo 2026

À 14 ans, Mahamadou Sangaré quitte tout pour un rêve : réussir dans le football. En région parisienne, il expose son talent aux yeux de toute l’Europe. L’attaquant choisit d’abord le Paris Saint-Germain, frôle le rêve ultime, puis - malgré un contrat professionnel sur la table - s’envole à l’été 2025 pour Manchester City, déterminé à se forger sous la houlette de Pep Guardiola. Un choix audacieux pour lancer une carrière qui promet. Rencontre avec un talent affamé.
Enfance
Comment s’est déroulée ton enfance ?
Je suis né au Mali. J'ai commencé le foot là-bas. Au Mali, on vivait tous ensemble, nous étions une famille nombreuse. Le football était réellement ma passion, du coup, mon père m’a dit : « Si tu veux vraiment être footballeur, je vais t'aider ». À mes 13/14 ans, mon père a donc fait le nécessaire pour que je vienne en France. Nous sommes partis ensemble en France. Et j’ai poursuivi mon rêve en région parisienne. Je suis passé par le Racing, Montrouge puis le Paris Saint-Germain. Aujourd’hui, je suis un joueur de Manchester City. Mon père était commerçant et ma mère était femme de ménage.
Comment es-tu tombé dans le foot ?
J’aimais trop jouer au foot, c’est un sport accessible et facile à pratiquer. Quand mon père a compris que c’était ma passion, il s’est battu pour m’aider et pour que j’accomplisse mon rêve. Avant même de venir en France, j’ai eu la chance de rencontrer Momo (ndlr : Mohamed Sissoko, ancien milieu de terrain du PSG et de la Juventus, actuel conseiller sportif). Une fois en région parisienne, Momo m'a aidé à trouver des clubs : d’abord le Racing, puis Montrouge avant de me faire repérer par le PSG. Au Mali, je jouais dans le petit club de mon quartier, là où tout a commencé, avec mes amis. Et au bout d’un moment, je voulais en faire mon métier. Je me suis donc donné les moyens.
Comment étais-tu à l’école ?
J’avais un niveau normal, j’étais un bon élève, à l’écoute, je faisais ce qu’on me demandait de faire. Quand je suis arrivé en France, j’ai poursuivi mes études avant de finir au PSG, avec l’obtention d’un bac pro commerce. Depuis que je suis en Angleterre, je suis focalisé sur le foot.
Tu étais quel type de garçon ?
J’étais un garçon plutôt timide. J’étais toujours dans mon coin, mais avec un certain caractère. J’étais calme, je rigolais avec tout le monde, je passais du temps avec tout le monde.
As-tu une anecdote marquante au sujet de ton enfance ?
Je pense souvent à des moments en dehors du foot. Quand j'étais plus jeune, avec ma famille, on a connu des moments difficiles. Je viens d’une famille modeste, assez pauvre, parfois, on pouvait manquer de certaines choses. Mes parents se battaient pour nous, je le voyais. Ils voulaient nous offrir une enfance normale. Ils ont vraiment galéré pour subvenir aux besoin de leurs enfants. Je pense souvent à ces moments particuliers et je me dis : « Il faut que je donne tout pour les aider, les soutenir et les rendre fiers ». Je suis content de pouvoir être là pour eux.
Comment s’est passée votre arrivée en France ?
Déjà, j’ai connu un petit choc, car je suis arrivé en janvier. Et il faisait vraiment froid, je n’avais jamais connu une telle température auparavant. Quand on est arrivés, on s'est installé à Cergy chez mon oncle. Mon père faisait des aller-retours. Je suis resté avec mon oncle. On se voyait de temps en temps. Par contre, je les avais tout le temps au téléphone : ma famille, ma mère, mes frères et sœurs. Et petit à petit, je me suis adapté.
Quand tu arrives en France, tu trouves immédiatement un club ?
Je suis allé au Racing, j’ai fait un essai avec l’équipe U16 R1, car personne ne me connaissait. Le coach a bien aimé mon profil. Ils m’ont dit : « On veut te faire signer, on veut que tu restes avec nous ». C'était en janvier. Et j’ai terminé la saison avec eux, durant six mois. J’ai mis quelques buts.
Et par la suite ?
J’ai signé à Montrouge en U17 nationaux. J’ai rapidement mis des buts, j’ai même fini meilleur buteur du championnat. Et dès le début de saison, des clubs m’ont sollicité, mais j’ai préféré terminer la saison avec Montrouge. Plein de clubs se sont présentés, j’ai opté pour le Paris Saint-Germain. J’ai aimé le projet présenté, les dirigeants m’ont convaincu. Mais pendant toute la saison, plein de clubs venaient me voir. Je peux te citer : Dortmund, Ajax, Lyon et d’autres encore. Mais j’ai choisi le PSG.
Formation
Pourquoi avoir choisi le PSG ?
Les discussions avec les dirigeants. J’ai aimé les échanges, que ce soit avec les dirigeants, l’entraîneur ou le directeur du centre. Ils ont été convaincants. J’ai donc signé un contrat aspirant de deux avec le PSG. J’ai quitté la maison de mon oncle pour rejoindre le centre de formation du PSG.
Comment était la vie au centre de formation ?
Quand je suis arrivé au PSG, le centre de formation se trouvait à Saint-Germain-en-Laye, on a ensuite basculé au campus à Poissy. Mon intégration s’est bien passée, je me suis fait des amis, tout se passait plutôt bien. Je faisais les choses comme tout le monde, je respectais les règles, comme dans tous les centres de formation. Je voyais les mêmes personnes toute la semaine, et le week-end, je rentrais chez mon oncle, je passais du temps avec ma famille. Au début, c’était forcément difficile, mais j’ai fait les efforts nécessaires. Quand tu veux vraiment quelque chose, tu te donnes les moyens. Je me disais : « Il faut serrer les dents, ce n’est qu’une question de temps, plus tard, tout ça, ça ne sera qu’un souvenir ».
Comment as-tu géré la concurrence ?
J’arrive au Paris Saint-Germain quand même, c’est forcément différent de Montrouge. Quand j'arrive, il y a de la concurrence. Il y a de bons joueurs, mais moi, je suis déterminé. Quand je suis arrivé, je me suis imposé, le coach m'a clairement fait savoir qu'il avait confiance en moi. Je lui ai rendu cette confiance sur le terrain. J’ai réussi à faire basculer la concurrence en ma faveur.
As-tu vécu un moment marquant lors de ta formation au PSG ?
Oui, bien sûr. Dès ma première année, on a remporté le championnat national u19. J’ai fini co-meilleur buteur. J’étais très heureux, cette belle saison m’a marqué.
Comment as-tu progressé footballistiquement au PSG ?
Je me suis amélioré sur des choses spécifiques d’attaquant, je pense notamment aux ballons dos au but ou encore au jeu de tête. J’ai énormément travaillé sur ces aspects. Pour le reste, tout s’est fait naturellement : les déplacements, les appels, la tactique, le travail devant le but et tout ce genre de choses.
Tu as participé à des entraînements avec les professionnels ?
Ouais, j’ai terminé la saison dernière avec le groupe professionnel, je m’entraînais tous les jours avec eux. Malheureusement, je n’ai pas obtenu de minutes en Ligue 1, je faisais seulement les entraînements avec eux. Mon contrat s’est ensuite terminé et je suis parti du club.
Comment se sont passés tes entraînements avec eux ?
Quand tu te retrouves dans un club avec des joueurs comme Dembélé, Doué, Vitinha et les autres, ça te donne envie de te surpasser. Lors de mon premier entraînement, c’était énorme. J’ai découvert la qualité de ces joueurs à côté de moi, j’étais impressionné. Ce n’était pas du tout la même chose qu’avec les U19. C’était le très haut niveau, et forcément, ça aide à progresser. Les gars me conseillaient bien, c’était une belle expérience.
As-tu été marquée par une discussion ?
Non, pas forcément, j'étais plutôt calme mais je parlais avec tout le monde. Je pouvais échanger avec Marquinhos ou Dembélé. Ils me parlaient et me disaient : « il faudrait que tu fasses ci et ça ». Moi, j’étais à l’écoute, j’appliquais les conseils. Ce n’était que du bonus pour moi.
Tu n’avais pas peur de mal faire ?
Non, je n’avais pas peur, j’avais des potes habitués au groupe pro. Quand je suis arrivé, ils m’ont mis à l’aise. Ça m’a permis de m’exprimer aussi. En dehors de l’entraînement, je discutais avec tout le monde, j’étais relâché, ça m’a aidé à rester moi-même.
Pourquoi as-tu décidé de partir ?
Le projet proposé par le PSG n’était pas clair. J’ai préféré partir, car nous n’étions pas d’accord sur certains points. Après réflexion, j’ai pris la décision de quitter le club. Je voulais du temps de jeu, une place dans le groupe professionnel, je ne voulais pas de garanties non plus, mais au moins, avoir ma chance. Dans leur discours, j’ai compris que je n’allais pas avoir de minutes. Donc je n’ai pas souhaité signer mon contrat professionnel au PSG.
Manchester City
Quelles étaient les possibilités pour toi ?
J’avais plusieurs options. J’avais des clubs en Suisse, en Allemagne, comme Francfort et d’autres. Il y avait aussi Manchester City. Les dirigeants de City ont insisté pour me signer, ils ont été persévérants, et j’ai choisi City. J’ai bien discuté avec le directeur du recrutement, il m’a présenté le projet, les discussions ont été longues, ça a pris du temps. Aujourd’hui, je suis à City.
Tu as déjà effectué des entraînements avec les pros ?
Oui, je m'entraîne de temps en temps avec l'équipe première. Tout se passe bien à chaque fois, je montre mes qualités. Pour l'instant, les choses ne se passent pas comme prévu, j’aimerais avoir des minutes avec les pros, mais je m’entraîne dur pour atteindre mes objectifs.
Tu es entraîné par Pep Guardiola et tu évolues au même poste qu’Erling Haaland, peux-tu raconter les séances d’entraînement ?
C'est extraordinaire de voir ce que Pep a accompli dans le football. Il a révolutionné le football en tant qu’entraîneur. Quand tu es à l’entraînement, tu vois un coach passionné et investi, il te donne des consignes. Je n’aurais jamais imaginé vivre des choses pareilles. Je progresse énormément à ses côtés. Et Haaland, c'est un gars exceptionnel. Il est gentil, il parle avec tout le monde, il rigole avec tout le monde. Humainement parlant, il est exceptionnel. Le footballeur, je n’ai pas besoin de le présenter (sourire).
Comment ça se passe avec Rayan Cherki et Rayan Aït Nouri ?
Quand je les vois, je parle tout le temps avec eux. On passe du temps ensemble. Quand je les rencontre sur le terrain, ils viennent me voir et me parlent. Ils prennent de mes nouvelles, ils me demandent comment les choses se passent pour moi. Ils m’aident comme ils peuvent.
Tu évolues essentiellement avec les U21, comment se passe ta progresse ?
Au début, ce n’était pas facile. Je découvrais un nouveau pays, une nouvelle langue, une nouvelle culture. Tu rencontres des gens que tu ne connais pas. Donc forcément, ça demande un temps d’adaptation. Maintenant, je me suis bien adapté. Je marque des buts, je m’entends bien avec tout le monde, je passe du temps avec les gens du club. Désormais, je vise plus haut. Je veux des minutes avec l’équipe première, je fais les causes pour ça, on verra ce qu’il se passera d’ici la fin de saison.
Personnalité
Comment se passe ton quotidien ?
Je vis seul, j’ai mon appartement, je me débrouille. Un cuisinier vient à la maison de temps en temps, quand j’en ai besoin. Je l’appelle, il vient et me prépare mes repas.
Qui est Mahamadou Sangaré dans la vie de tous les jours ?
Je suis quelqu'un de souriant. Je souris tout le temps, je suis sociable, je parle avec tout le monde. Quand j'ai du temps libre, je profite au maximum. Je parle avec la famille ou je joue à la PlayStation avec des potes.
Comment vis-tu l’éloignement familial ?
C'est dur, mais grâce au téléphone, c’est plus facile, tu peux passer du temps en vidéo avec les proches. Ça facilite un peu les choses, et puis, avec le temps, je me suis habitué. L’été dernier, je suis d’ailleurs retourné au Mali, j’ai passé deux semaines avec ma famille, juste après ma signature à Manchester City. Ça m’a fait du bien, ça m’a changé les idées. Ensuite, je suis rentré et j’ai repris avec mon club.
Qu’aimes-tu faire en dehors du foot ?
En dehors du foot, j'aime bien lire. Je lis des livres sur la vie, je lis aussi le Coran, je fais des recherches sur plein de choses personnelles. Je joue à la PlayStation, j'aime bien regarder le basket à la télé. Je passe du temps devant des films et des séries. Je kiffe les films américains, avec de l’action.
As-tu des surnoms ?
Chez moi, les gens m’appellent « Youss », d’autres « Mamad », et d’autres « Youssouf », c’est mon deuxième prénom.
Tu es conseillé par Momo Sissoko, ancien joueur du Mali, du PSG, de la Juventus ou encore de Valence. Quelle est son importance dans ton développement ?
Quand on m’a dit que Momo aimait mon profil et qu’il voulait me rencontrer, je n’y croyais pas. Du jour au lendemain, mon frère vient me voir et m’annonce ça. Je n’ai pas compris, je n’avais pas les mots, je ne savais pas quoi dire. J’ai tout de suite voulu le rencontrer. Momo a été l’un des meilleurs joueurs à son poste, il a réalisé de belles choses avec le Mali et dans les différents clubs où il a joué. On s’est rencontrés, on a directement travaillé ensemble. Momo, c’est un mec sérieux, il est là pour me faire progresser, il me conseille beaucoup. Aujourd’hui, je suis encore avec lui.
Comment il t’a repéré ?
Il m'a vu jouer au Mali. Il a ensuite parlé à ma famille, il est venu à la maison, on a discuté. J’ai senti de la sincérité et l’envie de bien faire dans son discours. Surtout, il a une grande carrière derrière lui, il a joué dans les plus grands clubs du monde, tout ce que je vis, il l’a déjà vécu. Il est donc bien placé pour me conseiller.
Style de jeu
Comment définis-tu ton style de jeu ?
Je suis un joueur qui aime toucher le ballon. Je décroche, je fais des appels, je participe au jeu. Sur le terrain, j’ai faim, j’aime marquer des buts. Je suis un attaquant qui veut toujours faire plus. J’aime faire des efforts.
Qu’aimerais-tu améliorer dans ton jeu ?
J’aimerais encore plus développer mon jeu de tête et mon jeu dos au but. Je veux aussi progresser au niveau de la finition, je veux finir, finir, finir. Je veux constamment marquer des buts.
Comment te sens-tu lorsque tu finis un match sans marquer ?
En tant qu’attaquant, je veux toujours marquer des buts. Et quand tu n’arrives pas à marquer, c'est un peu frustrant. Après, si l’équipe gagne et que tu n’es pas performant, il faut voir le bon côté des choses. En revanche, il ne faut pas que ça dure trop longtemps. Il faut se mettre dans la tête que je vais marquer lors du prochain match.
Quels sont les joueurs que tu aimes regarder ?
Actuellement, je prends exemple sur Victor Osimhen et Harry Kane, je regarde comment ils marquent des buts, comment ils sont chirurgicaux face aux gardiens adverses. Je regarde tout le temps les vidéos de ces deux joueurs. Je m’inspire d’eux et j’analyse ce qu’ils font de mieux.
Qu’est-ce qu’un attaquant parfait pour toi ?
Il doit avoir un état d'esprit calme, avoir du sang froid et marquer des buts. Aujourd'hui, quand un attaquant marque des buts, tout le monde veut être avec lui. Donc, quand tu sais marquer des buts, tout va bien pour toi (sourire).
Tu as déjà ta célébration ?
Ça dépend du feeling, j’aime glisser sur les genoux puis monter les doigts au ciel, pour remercier Dieu.
Conclusion
As-tu des rêves ?
Je veux que me parents soient fiers de moi. Et je veux devenir l’un des meilleurs attaquants du monde, toucher le plus haut niveau. Voilà mes rêves. J’aimerais qu’ils se réalisent, je vais tout faire pour.
Si tu étais journaliste, quelle question poserais-tu à Mahamadou Sangaré ?
Je lui demanderais : « Tu te vois où dans quelques années ? ». Je dirais : « J’espère avoir accompli mes rêves, être un homme heureux qui fait ce qu’il aime faire le plus ».
Si tu pouvais bénéficier d’un super-pouvoir, tu choisirais lequel ?
Celui de voler.
Si tu n’avais pas été footballeur, tu aurais fait quoi ?
Bonne question. J’aurais sûrement fait du commerce, comme mon père.
Si tu devais terminer l’interview par une phrase qui te représente, que dirais-tu ?
Je dirais : « Travaille plus et place ta confiance en Dieu ».
Quelle note te mets-tu pour cet entretien ?
Je me mets 5 sur 10, j’ai été moyen.
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