OnzeMondial
·21 giugno 2026
EXCLU - Roméo Garnier : « Je compte jouer avec les pros de l’Ajax Amsterdam dès cette saison ! »

In partnership with
Yahoo sportsOnzeMondial
·21 giugno 2026

Rapidement mis en lumière sur les réseaux sociaux pour ses performances remarquables et sa ressemblance avec Erling Haaland, Roméo Garnier a toujours été protégé par son entourage. Face au manque de visibilité et à un blocage contractuel au Paris Saint-Germain, le jeune attaquant a fait un choix fort : s'envoler pour l'Ajax Amsterdam. Après une première saison sur les chapeaux de roues où il est déjà cité en exemple pour son éthique de travail, le buteur de 17 ans compte bien passer à la vitesse supérieure et intégrer l’équipe professionnelle dès cette année. Rencontre avec un garçon déterminé.
Pour commencer simplement, peux-tu nous raconter où et dans quel environnement tu as grandi ?
Je suis né à Antony, dans une petite ville de la région parisienne. Mes parents se sont ensuite installés dans un appartement à Villebon-sur-Yvette, et c'est là que j'ai passé toute mon enfance. Mon père m'emmenait très souvent sur les terrains et dans les stades. C'est lui qui m'a transmis cette passion et cette envie profonde de jouer au football. J'étais un enfant qui débordait d'énergie, j'adorais courir partout, « mettre le bordel » comme on dit ! Mes parents se sont rapidement dit qu'il fallait absolument canaliser cette énergie dans le sport parce qu'ils n'en pouvaient plus. C'est comme ça que tout a commencé, et le foot m'a tout de suite plu.
Que faisaient tes parents dans la vie ? Quel rôle ont-ils joué dans ton début de carrière ?
Mes parents sont tous les deux comptables. Ils sont très sportifs et m'ont toujours transmis des valeurs positives. Quand ça n'allait pas ou que j'avais envie de faire quelque chose, ils me disaient : « Va courir, va faire du sport, libère-toi ! » Pour eux, le fait d'être heureux passe par le fait de pouvoir se libérer dans ce que l'on aime. Mon père a fait énormément de kilomètres pour moi ; on peut dire qu'il s'est sacrifié toutes ces années pour m'accompagner. Je l'en remercie encore énormément. C'est surtout lui qui m’emmenait. J’'ai une petite sœur née en 2013, qui a aujourd'hui 13 ans. Elle aussi s'est mise au sport, elle a fait du badminton.
As-tu testé d'autres sports avant de te consacrer pleinement au football ?
Non, pas du tout. Je suis allé directement vers le football, j'ai tout de suite kiffé et, depuis, je ne m'en lasse pas.
Quel a été ton parcours chez les jeunes avant d'intégrer le centre de préformation ?
J'ai débuté à Villebon en U6, où je suis resté jusqu'en U8. Ensuite, j'ai rejoint la PSG Academy jusqu'en U10. Je suis parti de là-bas parce qu'il n'y avait qu'un seul entraînement par semaine, et cela ne me suffisait pas, je voulais jouer davantage.
Pour la suite, j'avais un choix à faire. Soit je partais à Marcoussis pour jouer plutôt avec mes potes, soit à Palaiseau, parce que c'était plus pour la performance et qu'ils avaient une très bonne équipe, assez reconnue à cet âge-là. J'ai choisi Palaiseau pour tout ce qui est performance. J'y ai fait mes années de U10 à U11, avant de partir à Morangis de U11 à U12. C'est là que mon histoire a commencé. Quand je suis parti à Paris, il fallait que je joue dans un championnat où il y avait du niveau, du coup je suis allé à Villejuif en U13. Après ça, j'ai fait mes classes, et aujourd'hui je suis là.
Comment le PSG t'a-t-il repéré pour que tu intègres la préformation ?
Ça s'est fait sur des matchs et des tournois quand j'étais à Palaiseau, par exemple la Mo Cup. Après, ils ont continué à venir me regarder, ils trouvaient que j'étais intéressant. Cela a contribué à ce qu'ils m'invitent à faire un tournois à Malaga, sauf qu'il a été annulé à cause du Covid, malheureusement. Ils n'ont pas pu me voir et me tester dans ces conditions, mais ils m'ont pris directement l'année d'après en préformation.
Avant de parler de ton quotidien au PSG, as-tu une anecdote d'enfance marquante à nous partager ?
(Sourire) Oui, je pensais à mon tout premier entraînement, quand j'étais tout petit. Je ne connaissais absolument rien au foot, malgré le fait que mon père m'emmenait un peu sur les terrains taper le ballon vite fait. C'étaient les premières fois où je devais mettre mes équipements. Au lieu de mettre mes protège-tibias en dessous des chaussettes, je les ai mis au-dessus. Je me suis entraîné comme ça et personne ne m'a rien dit !
Voir cette publication sur Instagram Une publication partagée par Romeo Garnier (@r.garnier9)
Comment s'est passée ton adaptation à la préformation du PSG, le fait de quitter le cocon familial ?
Au début, c'est un peu troublant, on est un peu désorientés. On est aussi libres de faire ce que l'on veut, même si on est toujours très encadrés. On dort avec des potes qu'on voit tous les jours. C'est désorientant, mais on s'y fait petit à petit. Et puis la cohésion d'équipe qui vient avec, ça aide toujours. Quand on est là, on est tous un petit groupe, on s'entraide et c'est ça qui est bien. Après, c'est vrai que du lundi au vendredi, on va dire que c'est long au début, mais après ça va.
Comment gère-t-on la concurrence dans un club d'une telle envergure ?
Au début, on n'est pas trop dans une concurrence. Quand on est en U13 et qu'on commence, on est plutôt dans l'optique de se dire : « même s'il joue à mon poste, c'est mon pote ». C'est plutôt après que ça change, quand on commence à avoir des championnats officiels. Le coach va devoir faire des choix, et c'est là qu'on se met un peu plus en concurrence. C'est là que la vraie concurrence arrive.
Tu as toujours évolué au poste d'attaquant ?
Oui, toujours. Toujours numéro 9, toujours attiré par le but.
Durant tes années parisiennes, tu as été très performant et tu as marqué énormément de buts. Comment expliques-tu cette efficacité si précoce ?
Parce qu'il y avait du travail spécifique. Moi, je sais que je travaillais beaucoup mon spécifique en dehors des entraînements collectifs. C'est pour ça qu'il y a de la répétition, et à force de répéter, on a les gestes qui sont bons. On a aussi nos repères sur le terrain, et c'est pour ça qu'on peut enfiler les buts. J'aimais bien une petite phrase sympa de Jean-Pierre Papin qui disait que si tu veux être Ballon d'Or, en tant qu'attaquant, c'est 200 frappes par jour à l'entraînement. C'est uniquement comme ça qu'on peut y arriver.
En quoi consistaient tes séances de travail spécifique en solo ?
Je faisais des répétitions d'appels, des gammes aussi pour tout ce qui est équilibre. Tout est important dans la façon de jouer, que ce soit sans ballon ou avec ballon pour un attaquant. Ça part aussi de la prise d'informations au début, savoir où on se situe sur le terrain, qui est à côté. Je travaillais tout ça, et aussi bien sûr la finition, qui est très importante.
Avec tous ces buts, on a commencé à parler de toi sur les réseaux sociaux, avec des articles, des vidéos "edits"... Comment as-tu vécu cette soudaine exposition ?
On va dire que mon équipe m'a un peu... pas caché, mais a essayé de diminuer le fait que je sois sur les réseaux et tout, pour ne pas que je sois troublé dans ma tête et que je me prenne pour quelqu'un d'autre. Je pense que c'est un travail qui a été fait et qui a été très bien réalisé. C'est vrai qu'on parle de toi, mais moi honnêtement, les "edits", je n'en ai vu aucun, encore aujourd'hui.
À cette époque, on te comparait souvent à Erling Haaland. Qu'en pensais-tu ?
C'est vrai que quand Haaland est arrivé, c'était le monstre, il mettait énormément de buts. À cette époque-là, j'avais aussi ce côté où j'étais grand, j'étais blond, j'étais attaquant et assez imposant, donc on me comparait à lui. Je pense aussi que ça vient de la mentalité, de toujours vouloir marquer, aller devant le but, tirer et marquer. Je pense que c'est pour ça.
Quels sont tes modèles à ton poste ?
C'est un attaquant qui marque les esprits par ses buts, même si ce n'est pas la personne sur qui je regarde le plus pour m'améliorer. Moi, je regarde beaucoup Robert Lewandowski et Cristiano Ronaldo. Cristiano Ronaldo, on va dire que c'est plus pour la mentalité. Lewandowski, c'est vraiment pour son jeu, pour tout ce qui est déplacements et intelligence. Ce n'est pas le plus grand, ce n'est pas le plus costaud, ce n'est pas le plus rapide, mais il est là et il marque ses buts parce qu'il est toujours bien placé, il a toujours le bon geste et fait toujours les bons choix.
Après deux ans de préformation au PSG, quel bilan en tires-tu ?
Sur le plan personnel, je pense que j'ai grandi, parce qu'il y a eu des événements qui font que tu es obligé de grandir. Le fait de ne plus être avec tes parents, d'être livré à toi-même, on grandit sans le vouloir. Sportivement, c'étaient de bonnes années, avec des matchs et des tournois surtout très beaux. Je n'en retiens que du positif.
Comment expliques-tu ton choix de quitter le club pour l’Ajax ?
Mais je suis arrivé à un stade où le PSG ne me proposait pas l'avenir que j'espérais. Il y avait un manque de visibilité sur le projet qu'on me proposait, et ils n'avaient pas cette attente ou cette projection de se dire qu'ils allaient me projeter en haut. En plus, cela s'inscrivait dans un contexte particulier : je n'avais pas signé d'ANS (Accord de Non-Sollicitation), j'étais l'un des seuls. Au lieu de me montrer de la confiance, le club a choisi de me boycotter jusqu'à ce que je signe. C'est pour ça que la dernière année, j'ai dû jouer seulement deux matchs en U17 National et que j'ai surtout joué avec l'Asso. C'est d'ailleurs ce qui m'a permis de rester visible auprès d'autres clubs. J’ai même aidé à l’équipe de l’Asso de monter de R2 à R1. L'Ajax est venu, ils m'ont proposé un projet qui me convenait, où je me voyais réussir, et ils m'ont montré qu'ils me voulaient vraiment. C'est pour ça que je suis parti.
Quitter la France si jeune pour l'étranger, cela ne t'a pas fait peur ?
On a cette appréhension de l'inconnu, mais dans ma tête, je me suis dit que de toute façon je voulais réussir. Donc que ce soit en Asie, en Europe ou en Amérique, c'est parti.
Que représentait l'Ajax pour toi avant de signer ?
L'Ajax, c'est dans les élites européennes, et aux Pays-Bas, c'est le haut niveau. Il y a des stars qui sont passées par là, des icônes comme Cruyff, donc je savais ce que ça représentait. Je connaissais Cruyff par les cartes "Légendes" sur FIFA, et aussi par les vidéos, Footballia et tout ça.
Comment s'est déroulée ton adaptation à la vie hollandaise ?
Le train de vie hollandais n'est pas le même. En France, on est habitués à manger à midi, à 20h, etc. Aux Pays-Bas, tu arrives à 20h pour manger, et tu vois à côté de toi des gens qui sont déjà en train de digérer parce qu'ils ont mangé à 17h30 ! Alors que toi, à 17h30, tu n'as pas faim, tu viens de finir l'entraînement, tu as juste envie de te reposer. Même dans la mentalité, ce sont des gens qui, le matin, se lèvent et sont actifs. Ils sont toujours là à vouloir travailler, travailler, et ça me plaît parce que c'est aussi ma mentalité, j'aime bien travailler. C'est une autre mentalité.
Et sur le plan purement footballistique, quelles différences as-tu constatées ?
En France, c'est beaucoup basé sur le physique, ça joue énormément. Aux Pays-Bas, et c'est aussi un peu l'ADN du club, c'est tout ce qui est technique : des joueurs rapides, vifs, créatifs. Il y a moins ce côté physique et duel, c'est plus du jeu avec ballon sur des passes.
Tu as réalisé une première saison fantastique avec de nombreux buts et passes décisives, au point d'être mis en avant par les médias officiels de l'Académie. Comment expliques-tu une réussite si immédiate ?
J'ai eu mon adaptation, j'ai eu le temps qu'il fallait. Avec ça, j'ai pu me créer ma routine et savoir ce qu'il me fallait apporter à ma journée pour pouvoir être performant. Je pense aussi qu'il y a la communication que j'ai eue avec mon équipe qui a été très importante et m'a beaucoup aidé. Le staff pro ne vient pas directement à nos matchs, mais l'organisation est très claire. Il y a deux coordinateurs : un pour les U14 à U19, et un autre des U19 jusqu'aux pros. Ils sont là à tous nos matchs et aux entraînements, ils ont un suivi journalier sur notre semaine et ils font ensuite le rapport au staff des pros sur ce qui se passe chez les jeunes. J’ai même déjà échangé avec le directeur sportif par message, j’ai un bel avenir dans ce club, j’en suis convaincu.
Voir cette publication sur Instagram Une publication partagée par Ajax YA (@ajaxyouthacademy)
L'Ajax est réputé pour lancer très rapidement ses jeunes talents en équipe première. À 17 ans, quelles sont tes ambitions pour la saison à venir ?
C'est d'intégrer le groupe pro le plus rapidement possible, aller jouer les grosses compétitions et montrer au monde qui est Roméo Garnier. Le but, c'est de toucher aux entraînements avec les pros, apprendre avec eux, mais je dirais même jouer les matchs. Je veux être important pour pouvoir gagner la coupe, le championnat, et bien sûr la Conference League qui est très importante. L'Ajax est connu pour lancer les jeunes, donc ils risquent d'en mettre pas mal durant la saison. Je compte jouer avec les professionnels de l’Ajax Amsterdam dès cette saison, je sais que j’en suis capable et que je vais répondre présent.
En dehors du terrain, qui est le Roméo Garnier de tous les jours ? Quelles sont tes occupations ?
J’aime bien bouger, je n'aime pas rester sur une chaise à rien faire ou regarder des écrans tout le temps. Très petit, j'ai été contraint sur mon téléphone à une limite d'heures. Du coup, j'ai ce truc de vouloir bouger. Quand j'ai du temps, je passe du temps avec ma famille, ou je sors, je prends mon ballon et je vais sur un terrain s'il y en a un à côté. Si le club est ouvert, j'y vais et je fais ma séance de sport en plus. Je suis quelqu'un qui aime bouger, mais qui aime bien aussi être dans son environnement qu'il connaît.
Les écrans représentent un fléau pour la nouvelle génération…
C’est vrai. Généralement, dans les vestiaires, à 10 minutes de l’entraînement, les jeunes de mon âge sont en train de scroller sur TikTok. Sinon, après les matchs, plutôt que de faire un retour vidéo sur sa performance ou chercher à s’améliorer, ils vont s’empresser de poster des photos pour dire : « J’ai marqué un triplé ». Sauf que le match suivant, si tu ne marques pas, tu seras considéré comme mauvais. Il faut rester concentré et ne pas s’éparpiller. Donc je confirme, les écrans, c’est un vrai fléau. C’est quelque chose qui nous tue intérieurement, et c’est encore plus dangereux, car ça ne se voit pas physiquement.
As-tu d'autres passions que le football ?
Oui, j'aime bien tout ce qui est automobile. C'est quelque chose qui, depuis tout petit, m'attire. Je regarde la F1, et je m'intéresse aussi à tout ce qui est mécanique. Mon stage de troisième, je l'ai fait dans un garage et j'ai aimé. Ce que j'aimais, c'était la rigueur, et puis l'engin de l'automobile, c'est quelque chose que j'aime bien. J'aime regarder les nouvelles voitures, ce qui se fait, je m'intéresse à tout ça.
En parlant de style, ta coupe de cheveux avec le trait sur le côté est devenue ta marque de fabrique. D'où vient ce look qui te suit sur tous les terrains ?
(Rires) C'est aléatoire, je te promets ! À l'époque, en 2014, c'était la mode avec CR7 et le trait sur le côté. J'ai commencé comme ça et après j'ai gardé, j'aimais bien. Du coup, avant chaque match, je dois être bien gominé, et ça tient, ça ne part pas, même quand je mets des têtes. Niveau consommation, je dirais que j'utilise environ un pot de gel tous les mois.
Si tu devais te définir en tant que joueur, quel profil dirais-tu que tu as ?
Un attaquant moderne, qui sait jouer dans la profondeur mais qui sait aussi décrocher et demander le ballon. J'ai aussi cet instinct de buteur que j'ai depuis toujours, c'est pour ça que je suis bon dans ce que je fais.
Quels sont tes plus grands rêves dans le football ?
Déjà, rentrer dans l'histoire du football. Gagner tout ce qui est Coupe du Monde, Ligue des Champions, Ballon d'Or. Ce sont des rêves que j'ai depuis que je suis petit et j'ai envie d'atteindre ces objectifs.
Tu penses également à l'Équipe de France ? Certains de tes anciens partenaires du PSG sont déjà internationaux chez les jeunes et ont brillé (champions de France U17, U19 et vainqueurs de la Coupe Gambardella)...
Bien sûr, l'Équipe de France, c'est... Je n'y ai jamais joué, mais je pense que quand tu portes ce maillot, tu as une fierté qui est là, donc bien sûr que j'y pense. J'ai suivi mes anciens coéquipiers et je les ai félicités. On s'est d'ailleurs joués à la Future Cup avec l'Ajax, et on leur a mis 5-0. J'ai marqué un but. Je n'ai pas célébré, j'ai juste pris le ballon pour repartir vite (sourire). Et puis, ils ont brillé de leur côté, nous, on a gagné la Coupe des Pays-Bas en finale face à Groningue (7-2). On vient tous de cette même génération, de cette même terre fertile du PSG qui pousse très fort.
Pour conclure, les éducateurs de l'Ajax louent régulièrement ton éthique de travail et te citent comme un modèle pour les plus jeunes du centre de formation. Qu'est-ce que cela te fait ?
On m'a clairement dit lors de mon dernier entretien que j'étais un modèle de travail dans le club, et que des générations en dessous prenaient exemple sur moi. C'est une fierté. Déjà au PSG, j'essayais d'avoir cette exemplarité par le travail et j'avais souvent le diplôme du meilleur travailleur du centre. Arriver à l'Ajax et être un modèle dès la première année, c'est gratifiant. C'est aussi lié à ma discipline. Rester concentré sur son travail, c'est ce qui paie.
Retrouvez l'actualité du monde du football en France et dans le monde sur notre site avec nos reporters au coeur des clubs.


Live





































