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·4 febbraio 2026

EXCLU - Wassa Sangaré : « Je ne pensais pas devenir professionnelle un jour dans ma vie »

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Quelques instants après avoir appris sa seconde convocation en équipe de France, Wassa Traoré avait forcément le sourire au moment de démarrer l’interview. À 19 ans, la défenseure s’épanouit en Angleterre, du côté des London City Lionesses, en prêt de l’Olympique Lyonnais. Elle porte un regard très posé sur son début de carrière tout en affichant son ambition.


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Quels sont tes premiers souvenirs avec le ballon rond ?

J’habitais dans une résidence, et par chance, en bas de chez moi, il y avait un terrain de foot en sable. Avec mes voisins, mes amies, après l’école ou pendant les vacances, on jouait tout le temps au foot. Je descendais tout le temps pour jouer et j’ai commencé à vraiment aimer ça. Je pouvais jouer tous les jours tellement j’étais fan !

Tu ne ramenais pas trop de sable à la maison ? Ça ne faisait pas trop râler ?

Non, ça va (rires). Il y a eu beaucoup de bobos, mais ça allait. On se relevait tout le temps !

Tu avais des frères, des sœurs qui jouaient au football ?

Oui, j’ai un grand frère qui a commencé le foot en même temps que moi. Quand j’étais petite, je restais souvent avec lui, on avait les mêmes amis. J’étais beaucoup avec lui.

Est-ce qu’il te prenait sous son aile ?

Pas forcément. Globalement, ça allait parce qu’il y avait d’autres filles avec nous. C’était un groupe mixte, et même quand j’ai commencé en club, j’étais avec une fille au tout début. Tout cela facilite forcément l’intégration.

Comment t’es-tu retrouvée à te dire un jour “je vais aller dans un club de foot” ? 

Au début, je voulais m’inscrire avec mon frère, mais mon père ne voulait pas trop. On a essayé de négocier puis, un jour, il est rentré à la maison et nous a fait une surprise : il nous avait inscrits au foot. C’était la fête à la maison

Tu avais quel âge ?

J’avais 6–7 ans.

Tu te rappelles de ton premier entraînement ?

Du premier non, mais j’ai des souvenirs de ma première année de football. Je me souviens que j’étais dans la troisième équipe. On s’entraînait le samedi matin et la première équipe s’entraînait le mercredi. Un jour, je suis montée avec l’équipe une. Ce n’était pas les mêmes échauffements, ça m’avait surprise. Déjà à l’époque il y avait une plus grosse intensité, ça m’a donné envie de progresser pour les rejoindre.

Tu regardais du foot quand tu étais petite ?

Non, pas trop. Je jouais juste parce que j’aimais ça. C’était ma passion !

Tu avais d’autres loisirs ? 

Non, juste le foot.

À partir de quel âge tu t’es mise à suivre le foot à la télé ?

Je pense que c’est à peu près vers 12–13 ans.

Il y a des joueurs qui t’ont marquée ?

Je regardais surtout les garçons, moins les filles. Forcément, comme beaucoup de monde, Lionel Messi m’impressionnait, même si ce n’était pas mon poste. Il y avait aussi Sergio Ramos qui joue à mon poste. Mais c’est vrai qu’au début,  je ne regardais pas trop le foot féminin.

Désormais, les jeunes filles ont aussi la chance de pouvoir découvrir le football via les féminines, ça aide à créer des vocations ?

Oui, parce que les anciennes n’avaient pas trop le choix : il n’y avait pas trop de communication autour du football féminin, pas beaucoup de rencontres diffusées à la télévision. Maintenant, on peut s’inspirer des filles.

Tu as joué au club des Lilas presque toute ta jeunesse. Tu as des entraîneurs qui t’ont marquée ?

Absolument. Mon coach en deuxième équipe. Il m’a toujours dit que j’allais monter en équipe A. Je suis encore en contact avec lui. Il s’appelle Ousmane Diallo. Il m’a toujours aidée. Et mon coach en équipe A, Hakun. Lui aussi a eu confiance en moi et m’a intégrée directement, même si j’étais une fille entourée de garçons.

Ils te disaient que tu avais du potentiel ? Tu le sentais ?

Je ne m’en rendais pas forcément compte que j’avais ce potentiel-là, pourtant, tout le monde m’en parlait. Les parents, les coachs, les voisins me disaient que j’irais loin, mais moi je n’y croyais pas trop. Je faisais du foot parce que j’aimais ça, je ne pensais pas devenir professionnelle un jour dans ma vie.

À quel âge tu t’es dit que tu pouvais en faire ton métier ?

À partir de ma deuxième année à l’Olympique Lyonnais.

Justement, tu es arrivée à l’OL à l’été 2022, à 16 ans. Comment s’est opéré ce transfert ?

À l’époque, j’avais déjà participé à des tournois avec l’Olympique Lyonnais pendant les vacances. Mais aussi avec le Paris Saint-Germain. Je connaissais un peu les joueuses, c’était un avantage. On était plusieurs Parisiennes, on est parties ensemble, on a fait toutes nos classes ensemble et on a signé pro en même temps. C’était une belle histoire d’amitié !

Pourquoi l’Olympique Lyonnais plutôt que le Paris Saint-Germain ?

Parce que l’Olympique Lyonnais gagnait plus, tout simplement. Ça me faisait plus rêver, c’est une ambition que j’avais déjà à l’époque.

Tu découvres le monde professionnel quelques mois plus tard. Comment l’as-tu appréhendé ?

Je ne m’y attendais pas si vite. J’étais un peu stressée, mais je voulais ça. J’ai profité un maximum de ce moment. Ma première année était particulière, je n’avais pas de licence, je jouais seulement des amicaux et je m’entraînais avec les garçons. La deuxième année, en championnat U19, j’ai vraiment vu ma progression, c’était kiffant.

Tu te rappelles de ton premier match avec l’OL ? 

Pas trop, mais j’étais sûrement stressée. C’était une fierté de porter ce maillot.

Grâce à l’OL tu as aussi pu t’épanouir en équipe de France. Tu gagnes l’Euro U17 puis tu fais finaliste en U19. Qu’est-ce que ça procure ?

Gagner dès ma première année en sélection, c’était choquant. On était les premières Françaises à gagner cette compétition. C’était un honneur. On ne s’attendait pas du tout à cela au début du tournoi, mais finalement, on est y arrivées !

C’est différent de jouer pour l’équipe de France ?

Oui, parce que tu représentes un pays. Tu n’es pas là que pour une ville ou les supporters d’un club. Tu es représentes toute la France. En plus, jouer contre les meilleures joueuses d’autres pays, ça fait progresser. Grâce à ces tournois, j’ai pris très rapidement en maturité.

En 2024, tu remportes le championnat avec l’OL à seulement 18 ans. Ça n’est pas un peu vertigineux ?

Ça va tellement vite qu’on n’a pas le temps de réaliser. C’était un rêve. Il faut garder les pieds sur terre pour poursuivre la progression. Il ne faut pas se dire que l’on est arrivé.

Qu’est-ce que ça t’a fait de partager le vestiaire avec des stars ?

Au début, c’est impressionnant, mais elles sont gentilles, elles donnent des conseils. Elles sont là pour nous. Elles sont toutes passées par là. Elles savent que c’est important d’accompagner la jeunesse pour qu’on se développe du mieux possible.

Et toi, tu es comment dans un vestiaire ?

Discrète, mais ça dépend de mon humeur. Des fois, je chante. Je suis bon public, je rigole aux blagues surtout.

Quelles sont tes qualités sur le terrain ?

C’est la question piège ! (rires) J’aurais tendance à me décrire comme une joueuse athlétique, forte dans les duels, rapide. Je commence aussi à avoir un bon jeu de tête. C’est ainsi que je me décrierais.

Et tes axes d’amélioration ?

Mon pied gauche, mais aussi garder mon calme quand c’est difficile.

Tu es comment sur le terrain ?

Ça dépend. Parfois je m’énerve, parfois je suis calme. Je parle aux arbitres, mais je le fais de loin, je n’ai pas envie de prendre un carton rouge (rires).

Jouer à l’Olympique Lyonnais, c’est un privilège, mais c’est aussi dur d’obtenir du temps de jeu…

Oui, les postes sont doublés ou triplés. Il faut se donner à fond même pour cinq minutes quand on entre à la fin d’un match. Mais il faut aussi se donner certaines possibilités, comme celle d’un prêt. Partir en prêt, c’était pour avoir du temps de jeu et de l’expérience.

En janvier 2025, juste après ta prolongation de contrat, tu es prêtée au Havre. Quel est le bilan de tes six mois au HAC ?

Très bien. Je me suis adaptée rapidement, j’ai eu beaucoup de temps de jeu. Ça m’a beaucoup apporté. Par exemple, il y avait beaucoup plus de travail défensif qu’à l’Olympique Lyonnais, mais c’est bénéfique pour une défenseure. Ça nous permet de progresser avec de nombreux duels à jouer dans un match.

À l’été 2025, tu files en Angleterre, en prêt chez les London City Lionesses. Comment cela s’est déroulé ?

J’ai effectué la préparation estivale avec l’Olympique Lyonnais, puis j’ai cherché un prêt. Londres m’a contactée (le club appartient aussi à Michele Kang, propriétaire de l’Olympique Lyonnais). Au début, j’étais n'était pas très sereine, à cause de la langue. Mais c’est un beau championnat avec une intensité. Je m’y suis bien intégrée et j’ai du temps de jeu. Le club a des ambitions et le championnat ne cesse de se développer. L’an dernier, Arsenal a gagné la Ligue des Champions.

Par rapport à la langue, tu étais à quel niveau avant de signer ?

Je pensais être forte en anglais, mais pas du tout. J’ai progressé, mais je pensais apprendre plus vite, il y a encore du boulot là-dessus.

Tu as été surprise par le niveau du championnat anglais ?

Oui. Les grands clubs, je pense à Chelsea ou Arsenal, c’est très très fort, mais même les petits, c’est intense tous les week-ends. Il faut toujours être au meilleur niveau. Tu n’as pas le droit à l’erreur. Ici, le club est en construction, mais on a de bonnes conditions pour travailler. Tout est réuni pour aller de l’avant.

Comment gères-tu l’éloignement familial ?

Je le vis bien parce que je suis partie tôt de chez moi quand j’ai rejoint l’Olympique Lyonnais. Je suis habituée maintenant.

Le fait de cotôyer un coach français, Jocelyn Prêcheur, passé notamment par le Paris Saint-Germain, ça aide ?

Oui, avoir des Français ça m’a aidée. Sans ça, j’aurais été perdue. C’est forcément une des raisons qui ont contribué à cette décision de rejoindre l’Angleterre.

L’équipe est promue en première division et vous pointez actuellement à la sixième place du classement. Vous vous y attendiez ?

On a un super groupe. En début d’année, on est tombées sur de grosses équipes, des cadors du championnat, mais on a fait de bons matchs. Ensuite, on a pu enchaîner les victoires et elles sont logiques. On mérite cette place-là.

En t’envolant pour l’Angleterre, tu n’avais pas peur de disparaître des radars de l’équipe de France ?

Non, parce que le championnat anglais est très regardé. Tous les sélectionneurs regardent ce championnat.

Tu as été convoquée pour la première fois en octobre, quelques mois seulement après ton arrivée en Angleterre. C’était une surprise ?

Oui, complètement ! Je l’ai appris en sortant de l’entraînement, je n’avais même pas pensé à la liste. En rentrant dans le vestiaire, c'est en voyant plein de messages sur mon téléphone que j’ai compris ce qu’il s’était passé. On a un peu célébré cela. Et aujourd’hui, pareil. J’étais à l’entraînement et j’ai reçu la bonne nouvelle à la fin de la séance.

Raconte-nous ce premier rassemblement !

C’était bizarre au début, je ne connaissais pas le château, il faut prendre ses repères. Les entraînements étaient très intenses. J’ai essayé de me mettre au niveau. On n'a pas de temps d’adaptation. Dès la première séance, ça donne tout. On sent le plus haut niveau tout de suite.

Le sélectionneur a dit que tu étais “le présent et l’avenir du foot français en défense”. Comment as-tu perçu cette phrase ?

Ça met forcément de la pression. Tu ne dois pas faire de faux pas. Mais ça fait plaisir. Ça veut dire qu’il compte sur moi, sur nous, pour aujourd’hui et pour demain.

Tu sens qu’une nouvelle génération est en train de prendre le pouvoir en équipe de France ?

Oui, petit à petit. J’espère en faire partie. On arrive à une transition de génération en Bleues. Il faut monter dans le bon train et espérer vivre une belle aventure.

Tu t’es fixé des objectifs cette année ?

Non, je n’ai pas d’objectifs chiffrés, j’essaye d’aller le plus loin possible, tout simplement. Je ne veux pas me limiter à des chiffres.

Tu gardes l’OL dans un coin de ta tête ?

Oui, je suis en contrat, donc oui. Je regarde tous les matchs, je reste en contact avec beaucoup de joueuses et un jour, j’espère pouvoir m’imposer là-bas !

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