Foot Africa
·10 marzo 2026
Interview exclusive - Eshraf Kanfoud : "Espérance - Al Ahly est d’abord une bataille mentale"

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·10 marzo 2026

Exclusif
"Espérance - Al Ahly est d’abord une bataille mentale"

Espérance - Al Ahly/@Africa soccer
La grande affiche des quarts de finale de la Ligue des champions de la CAF 2025-2026 mettre aux prises l’Espérance de Tunis et Al Ahly d’Egypte.
La première manche se jouera au Stade Hamadi Agrebi de Radès, dimanche 15 mars à 21h GMT, alors que le match retour est programmé pour le samedi 21 mars à partir de 19h GMT.
Le volet mental pourrait s’avérer déterminant dans ce clasico africain, d’autant plus que les deux clubs se connaissent parfaitement, s’étant affrontés à maintes reprises dans la compétition-phare du continent.
Pour parler de ce volet, Foot Africa a sollicité Eshraf Kanfoud, ancienne coach mentale des Aigles de Carthage, qui a gentiment réalisé un audit neuro-performance de ce choc explosif de la Ligue des champions de la CAF.
Comment décrivez-vous ce duel entre l’Espérance de Tunis et Al Ahly ?
Ce duel est une collision entre un système en reprogrammation d’urgence (ES Tunis) et un système en gestion de saturation (Ahly). L'enjeu mental dépasse le simple cadre tactique pour toucher aux fondements de la lucidité sous pression extrême.
Dans quel contexte l’Espérance aborde-t-elle ce quart de finale ?
L' ES Tunis entre dans ce quart de finale après une période de turbulences majeures, marquée par le limogeage de Maher Kanzari et l'arrivée de Patrice Beaumelle.
Quel est le principal mécanisme mental à l’œuvre côté espérantiste ?
Le passage d'un cycle à un autre impose aux joueurs un effort d'adaptation massif. Le cerveau doit inhiber les anciens automatismes tactiques pour en encoder de nouveaux. En neuro-performance, cela crée une "fatigue attentionnelle" précoce. Le succès de l'EST dépendra de la capacité du staff à simplifier les processus décisionnels pour éviter le "freeze" mental face au bloc égyptien.
Malgré cette situation, l’équipe possède-t-elle des ressources ?
Malgré l'instabilité, l'EST a montré contre Petro Atlético une capacité de "switch" mental impressionnante. Le groupe a activé un mode de survie neurologique qui décuple l'agressivité motrice sur les seconds ballons. C’est une équipe qui fonctionne à l’adrénaline pure.
Quel pourrait être le point de rupture pour l’Espérance ?
La désynchronisation. Si les nouveaux principes de Beaumelle ne sont pas encore "myélinisés" (devenus des réflexes), l'équipe risque des erreurs de placement par hésitation cognitive.
Qu’en est-il du côté d’Al Ahly ?
Le club égyptien arrive avec une architecture mentale rodée par le coach Thorup, mais qui montre des signes de lassitude nerveuse due à l'enchaînement des matchs.
Quel mécanisme caractérise le jeu mental d’Al Ahly ?
Al Ahly excelle dans la gestion de l'énergie psychique. Ils savent quand placer des séquences de haute intensité et quand passer en mode "basse consommation" (possession lente). C'est une équipe qui "endort" le système nerveux de l'adversaire avant de frapper.
Quels sont les atouts de l’équipe égyptienne dans ce domaine ?
Avec des cadres comme Emam Ashour et Marwan Attia, Ahly possède des régulateurs qui maintiennent une stabilité du rythme cardiaque collectif. Ils ignorent le "bruit" extérieur (hostilité du stade) pour rester focalisés sur des micro-objectifs tactiques.
Existe-t-il malgré tout un point de rupture pour Al Ahly ?
L'hypovigilance. À force de vouloir contrôler le tempo, Ahly peut tomber dans une forme de passivité synaptique, se faisant surprendre par l'explosivité imprévisible des Tunisiens en début de match.
Quel rôle peut jouer l’environnement du stade de Radès ?
Le stade agit comme un catalyseur dopaminergique pour l'EST, masquant la fatigue physique par une excitation du système limbique. Pour Ahly, ce même environnement est traité comme une charge mentale supplémentaire qu'ils doivent activement filtrer pour ne pas perdre leur précision technique.
La rivalité historique entre les deux clubs a-t-elle un impact ?
La mémoire émotionnelle des confrontations passées (notamment la finale 2024) joue un rôle de "biais de confirmation". L'EST doit briser le schéma mental de la domination égyptienne récente pour libérer son plein potentiel moteur.
Quel est votre verdict final avant ce choc ?
Le gagnant ne sera pas forcément le plus fort physiquement, mais celui qui aura la plus grande "vitesse de traitement" de l'information.
Comment ce scénario peut-il se matérialiser sur le terrain ?
Si l’Espérance parvient à imposer un chaos organisé dès le coup d’envoi, elle surchargera les capteurs sensoriels d’Al Ahly. Si Al Ahly installe son faux rythme habituel, il épuisera nerveusement les joueurs de l'EST, les poussant à la faute par manque de lucidité en fin de match.
Un dernier mot sur cette analyse ?
Cet audit est une lecture neurocomportementale destinée à éclairer les zones d'ombre de la préparation mentale à ce niveau de compétition.
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