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·25 maggio 2026

La Roja zappe le Real Madrid pour le Mondial, une première historique

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Zéro. Pour la première fois de l'histoire de la Roja, aucun joueur du Real Madrid ne participera à une Coupe du monde avec la sélection espagnole, une rupture symbolique qui dit beaucoup sur l'état du club madrilène cette saison.

La liste est dominée, sans surprise, par le FC Barcelone. Lamine Yamal, Pedri, Gavi, Pau Cubarsi, Dani Olmo, Ferran Torres, Eric Garcia, Joan Garcia : les Catalans trustent les cadres et les profils d'avenir. En face, le Real Madrid n'existe pas. L'influence du Real sur la sélection nationale, autrefois hégémonique, s'est évaporée en une saison.


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Huijsen, le grand oublié de la liste

L'absence la plus choquante est sans contestation celle de Dean Huijsen. Le défenseur central de 21 ans, recruté l'été dernier pour 58 millions d'euros, avait été l'un des rares Madrilènes dans la présélection de 55 joueurs transmise à la FIFA début mai. Il semblait alors le mieux placé pour intégrer la liste finale, décrite dans plusieurs médias comme un cadre de la charnière centrale espagnole, associé à Robin Le Normand.

Sa saison au Real Madrid n'a pas été facile, caractérisée par un une première partie de saison très compliquée,  mais il a su rebondir en deuxième et a bien terminé, avec une intégration dans le projet saluée.

Et pourtant, De la Fuente a tranché. Huijsen est dehors. À sa place, c'est Pau Cubarsi, 19 ans, formé à Barcelone, qui incarnera le présent et l'avenir de la défense espagnole au Mondial. Le message de De la Fuente est clair : il construit son Espagne autour d'un axe barcelonais, et le Real Madrid, quelle que soit la qualité individuelle de ses joueurs, n'entre pas dans cette équation cette année.

On peut comprendre la logique sportive sans pour autant en effacer l'amertume. Huijsen avait tout fait correctement. Il avait choisi l'Espagne plutôt que les Pays-Bas, son pays de naissance, dans l'espoir précisément de participer à de grandes compétitions. Le voir écarté au profit d'un profil certes talentueux mais moins expérimenté laissera des traces.

Quand le Real Madrid était l'épine dorsale de la Roja

Pour mesurer ce que cette liste représente, il faut remonter le temps et rappeler ce qu'a été le Real Madrid pour la sélection espagnole pendant ses années de gloire. Pendant plus d'une décennie, la Roja s'est construite en grande partie sur des piliers du Real Madrid.

Iker Casillas en était le symbole absolu, capitaine du Real et capitaine de l'Espagne, il avait soulevé la Coupe du monde en 2010 et l'Euro à deux reprises, en 2008 et en 2012. Sergio Ramos, lui, a incarné pendant quinze ans la défense espagnole, impérial, provocateur, indispensable. Álvaro Arbeloa occupait le couloir droit avec rigueur et abnégation. Xabi Alonso rythmait le jeu de la Roja depuis le cœur du Bernabéu.

La génération suivante avait maintenu cette présence. Nacho Fernández, exemple de fidélité et de polyvalence, Carvajal, latéral droit de référence mondiale, avait participé à deux Coupes du Monde avec la Roja avant que sa blessure au genou ne mette fin à ses espoirs d'un troisième Mondial. Lucas Vázquez, Isco, Marco Asensio, Marcos Llorente à ses débuts madrilènes, le Real Madrid alimentait régulièrement les listes de la sélection.

Un choix que la saison du Real Madrid justifie pleinement

Difficile de blâmer Luis de la Fuente. Car derrière cette absence collective se cache une réalité que personne au Real Madrid ne peut contester : la saison 2025-2026 a été une des pires du club au XXIe siècle. Quatorze points de retard sur le FC Barcelone en Liga après la défaite au Clásico, une élimination européenne, deux entraîneurs en cours de route, un vestiaire fracturé, des bagarres internes révélées au grand public, une autorité collective inexistante. Dans ce contexte, convoquer des joueurs madrilènes aurait relevé d'une logique purement nominale, déconnectée de toute réalité sportive.

Et il faut être honnête sur ce que plusieurs Espagnols du club ont montré cette saison. Fran García, latéral gauche censé concurrencer Mendy, n'a jamais convaincu à ce niveau. Ceballos, en plus de ne plus avoir le niveau, a complètement rompu toute relation avec Arbeloa et Carreras a également fait parler par son manque de sérieux et de respect envers l'entraîneur.

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Gonzalo García, pépite de la Fabrica, est encore trop jeune mais fera tout de même partie des 9 joueurs qui accompagneront aux entraînements la sélection jusqu'au match contre l'Irak. Quant à Huijsen, si sa saison personnelle a été correcte, elle s'est inscrite dans un collectif en déroute, ce qui ne plaide pas en faveur d'une sélection dans une équipe qui ambitionne de soulever le trophée.

Pour les joueurs du Real Madrid concernés, cet été sera donc celui d'une préparation solitaire. Huijsen, comme Trent Alexander-Arnold du côté anglais, aura tout le temps de travailler à Valdebebas et de se préparer physiquement pour une saison 2026-2027 qui doit être celle de la renaissance. L'exclusion fait mal aujourd'hui. Elle pourrait, paradoxalement, devenir un avantage dans quelques semaines. Le football a ce sens particulier du retournement.

La Roja, elle, part au Mondial avec les faveurs des pronostics, une génération dorée conduite par un Lamine Yamal de 18 ans qui dispute sa première Coupe du monde Pour conquérir le trophée, elle n'aura pas besoin du Real Madrid. C'est peut-être ce qui fait le plus mal.

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