Mbappé face à la fureur du Bernabéu : le résumé de Real Madrid - Oviedo | OneFootball

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·15 maggio 2026

Mbappé face à la fureur du Bernabéu : le résumé de Real Madrid - Oviedo

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Lorsque l’arbitre a tiré le dernier coup de sifflet, le silence pesant du Bernabeu a rapidement cédé la place à des huées, reflet d’une saison où les supporters se sentent trahis. Le Real Madrid a tout de même gagné 2‑0 grâce à Gonzalo García et Jude Bellingham, mais le véritable sujet du soir était la perte de confiance du public, qui ne supporte plus les demi‑tours de passe et réclame du caractère.

Cette victoire arrive dans une fin de saison devenue presque interminable pour le Real Madrid. Le titre est perdu, la Ligue des champions s’est arrêtée en quart de finale contre le Bayern Munich, et le club se dirige vers sa première saison blanche depuis 2020-2021. Plus lourd encore : c’est une deuxième saison consécutive sans titre majeur, dans un club où l’attente ne se mesure jamais à la patience.


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Dans ce contexte, même les buts ne ressemblent plus totalement à des buts. Bellingham a marqué le 2-0 en seconde période, mais sa célébration a été sobre, presque gênée, avec un geste d’excuse envers le public. L’image rappelle celle de Vinicius face à Alavés, le 21 avril, lorsqu’il avait marqué au Bernabéu avant de lever les mains pour s’excuser auprès des supporters après l’élimination en Ligue des champions. Deux scènes différentes, mais un même message : les joueurs savent que cette saison est trop lourde pour être célébrée normalement.

  1. À lire aussi : Merci Gonzalo : les notes du Real Madrid face au Real Oviedo

Une saison blanche qui a cassé le lien avec le public

La soirée contre Oviedo n’a certainement pas créé la rupture, celle-ci existe depuis un moment. Dès la première période, Vinicius a été sifflé à plusieurs reprises, parfois à chaque toucher de balle. Camavinga, titulaire, a lui aussi entendu quelques sifflets, même s’ils étaient bien moins forts que ceux réservés au Brésilien puis à Mbappé. Le classement de la colère semblait assez clair : Mbappé en première ligne, Vinicius juste derrière, puis d’autres cadres touchés par ricochet.

Camavinga portait aussi une désillusion personnelle. Une heure avant le match, Didier Deschamps avait annoncé sa liste pour la Coupe du monde, sans le milieu madrilène. Son match un peu amorphe peut se lire à travers ce contexte : pas comme une excuse, mais comme un élément de plus dans une soirée où beaucoup de joueurs semblaient jouer avec un poids sur les épaules. Là encore, le Bernabéu n’a pas vraiment séparé les cas individuels du malaise collectif.

Ce malaise ne vient pas seulement des résultats. Il vient de la sensation que ce Real Madrid ne ressemble plus à une équipe capable d’imposer une direction claire. Les supporters contestent une saison entière, un vestiaire déséquilibré, des stars qui ne portent pas assez, et un projet qui donne l’impression d’avoir perdu sa cohérence.

Florentino Pérez, les élections et une colère devenue politique

La tension de la semaine a aussi beaucoup pesé. Deux jours avant le match, Florentino Pérez a organisé une conférence de presse très commentée, dans laquelle il a écarté toute idée de démission et annoncé des élections présidentielles. « Je ne vais pas démissionner », a-t-il assumé, alors que les rumeurs allaient d’un départ possible à un changement d’entraîneur.

Au Bernabéu, plusieurs banderoles visant directement Florentino Pérez ont été déployées avant d’être rapidement retirées par la sécurité, “Florentino démissionne” ou encore “Florentino, pars maintenant” ont brièvement traversé les tribunes dans une scène extrêmement rare au Real Madrid. Quelques minutes plus tard, la direction madrilène a justifié cette intervention en expliquant, via des informations relayées par la COPE, que les banderoles ne respectaient pas la réglementation matérielle imposée. Une explication légale qui n’a évidemment pas empêché l’épisode de prendre une dimension beaucoup plus politique autour du Bernabéu.

Car au-delà du retrait des banderoles, l’image reste forte : une partie du stade a publiquement ciblé Florentino Pérez pendant le match. Dans un club où le président a longtemps incarné la stabilité absolue et la toute-puissance institutionnelle, voir une contestation aussi directe raconte quelque chose de beaucoup plus profond qu’une simple frustration liée à un mauvais résultat. Le public madrilène remet désormais en question la direction sportive du projet, la construction de l’effectif et cette deuxième saison consécutive sans titre majeur.

Mbappé et Vinicius Jr concentrent la frustration

La séquence la plus forte du match est arrivée à la 69e minute. Gonzalo García est sorti sous une standing ovation après son but et une prestation d’homme du match. Quelques secondes plus tard, Kylian Mbappé est entré sous d’énormes sifflets. En un changement, le Bernabéu a résumé la fracture actuelle du Real Madrid.

Mbappé n’a pas été sifflé uniquement pour des raisons sportives. Sa relation avec le public s’est tendue ces dernières semaines, notamment après les critiques autour de son voyage en Italie pendant sa période de récupération. Son entourage avait même publié un communiqué pour clarifier la situation après la polémique. Cette escapade avait suscité colère et incompréhension chez certains supporters madrilènes alors que l’attaquant était blessé.

Mais au fond, Mbappé et Vinicius Jr cristallisent surtout une critique sportive : celle d’un Real Madrid trop dépendant de ses individualités, parfois coupé en deux, et incapable de transformer son talent offensif en domination collective. Quand Vinicius s’excuse après un but, quand Bellingham fait de même, quand Mbappé est sifflé avant même de peser sur le match, c’est que le public ne juge plus seulement la performance du soir. Il juge la promesse non tenue de toute une saison.

Gonzalo, l’exception que Madrid ne doit pas banaliser

Au milieu de tout ça, Gonzalo García a été l’exception. Son but a lancé les Merengues, sa sortie a provoqué la plus belle réaction du stade, et sa célébration en touchant l’écusson a donné au Bernabéu une image à laquelle s’accrocher. Dans une soirée dominée par les sifflets, il a représenté l’inverse : de l’envie, de la simplicité, une connexion immédiate avec le public.

D’après OptaJose, Gonzalo García affiche le meilleur taux de réussite parmi les 17 joueurs du Real Madrid ayant marqué cette saison, avec 33,3 % de ses tirs convertis hors tirs contrés. Dans une équipe qui a souvent donné l’impression de forcer, de compliquer ou de dépendre d’exploits individuels, cette efficacité pèse dans le débat.

C’est aussi pour cela que les rumeurs autour d’un possible départ cet été paraissent dangereuses. Si Gonzalo cherche du temps de jeu, la question est légitime. Mais pour le Real Madrid, le laisser partir maintenant serait plus qu’une décision de marché : ce serait risquer de se couper d’un joueur que le Bernabéu vient clairement d’identifier comme une partie de la solution émotionnelle à cette crise.

Le Real Madrid a donc gagné contre Oviedo, mais il n’a pas vraiment réparé son lien avec son public. Bellingham s’est excusé après son but, Vinicius l’avait fait trois semaines plus tôt, Mbappé a été sifflé, Florentino a été ciblé, et Gonzalo a été ovationné. Ce 2-0 n'est pas vraiment le reflet d'une soirée tranquille. Cet été, le club devra faire du changement, et construire une équipe dans laquelle le Bernabéu puisse à nouveau se reconnaître.

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