Le Journal du Real
·1 febbraio 2026
Real Madrid - Rayo Vallecano : le Bernabéu ouvre son tribunal pour un derbi de tous les dangers

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·1 febbraio 2026

La lune de miel aura été aussi intense que brève. Quelques jours seulement après avoir loué le renouveau défensif, l'unité retrouvée et l'état d'esprit "commando" du nouvel entraîneur suite à la victoire à Villarreal, le Real Madrid a brutalement touché le sol mercredi soir à l'Estádio da Luz. La défaite face à Benfica n'a pas seulement compromis la dynamique comptable en Europe en empêchant la validation du Top 8 ; elle a surtout réveillé les vieux démons d'une équipe encore convalescente, dont la guérison mentale semble bien plus fragile qu'on ne l'imaginait.
Ce dimanche, pour la réception du voisin du Rayo Vallecano, le Santiago Bernabéu ne sera pas d'humeur festive. Le public madrilène, exigeant par nature et impitoyable par culture, attend des comptes. L'immunité diplomatique accordée à Álvaro Arbeloa pour ses débuts vient de prendre fin au coup de sifflet final à Lisbonne. Désormais, le Santiago Bernabéu se transforme en tribunal, et les joueurs devront plaider leur cause avec leurs pieds et, surtout, avec leurs tripes.
Il flottait un air de légèreté sur Valdebebas la semaine dernière. Cet air s'est considérablement alourdi. Le technicien espagnol fait face à son premier véritable test de gestion de crise. Jusqu'ici porté par l'euphorie du changement et des résultats positifs domestiques, le staff doit maintenant remobiliser un groupe touché moralement. Les observateurs ont noté une certaine passivité lors des temps faibles à Lisbonne, un péché capital aux yeux des socios.
Le stade risque de gronder. Au Real Madrid, on pardonne les défaites si elles sont héroïques, mais on ne pardonne jamais l'apathie. Si l'équipe ne montre pas une intensité dévorante dès les premières minutes du derbi, les premiers sifflets pourraient descendre des tribunes. Ce contexte psychologique est un piège : les jambes risquent de trembler, le ballon de brûler les pieds.
Les cadres, encensés il y a dix jours, sont désormais en première ligne. On attend une réaction d'orgueil immédiate. Arbeloa a insisté sur la notion de "soldats" ; c'est précisément dans ce genre d'atmosphère hostile, y compris à domicile, que l'on vérifie la loyauté et la solidité de son armée. Une entame de match timorée serait vécue comme un affront par un public qui a besoin d'être rassuré sur le caractère de son équipe.
Le calendrier, parfois cruel, a placé sur la route des joueurs du Real Madrid l'un des adversaires les plus indigestes de ces dernières années. Si le Rayo Vallecano ne possède pas le budget galactique de son voisin, il possède visiblement la recette secrète pour le faire déjouer. La statistique est effrayante et tourne en boucle dans les médias espagnols depuis ce matin, ajoutant une couche de pression supplémentaire sur les épaules des joueurs : le Real Madrid n'a remporté qu'un seul de ses 5 derniers matchs face au Rayo Vallecano.
Ce bilan, indigne du standing de la Maison Blanche, n'est pas un hasard statistique. Il témoigne de la capacité du club de Vallecas à hausser son niveau de jeu spécifiquement pour ces derbis. Le Rayo est une équipe qui joue sans complexe, avec un pressing haut et une agressivité constante qui gêne considérablement la relance madrilène. C'est une équipe construite pour perturber les mécaniques trop bien huilées ou, dans le cas actuel du Real Madrid, les mécaniques grippées.
Ils viendront au Bernabéu avec la certitude qu'ils peuvent faire mal, profitant de la fatigue physique du déplacement au Portugal et de la fébrilité mentale ambiante. Le Rayo sait que le temps joue en sa faveur : plus le match avancera sans que le Real Madrid ne fasse la différence, plus la nervosité gagnera le terrain et les gradins. C'est le scénario catastrophe que doit éviter Arbeloa : tomber dans le faux rythme imposé par un adversaire qui n'a rien à perdre et tout à gagner.
Tactiquement, ce match sera un révélateur. À Villarreal, le Real Madrid avait gagné en acceptant de souffrir en bloc bas. À Lisbonne, en voulant jouer plus ouvert, il a explosé. Contre le Rayo, à domicile, le Real Madrid ne peut pas se permettre de subir. Il doit faire le jeu. C'est là que réside le dilemme pour Arbeloa : comment imposer une domination offensive sans s'exposer aux contres fulgurants du Rayo, qui sont leur marque de fabrique ?
Le retour à une structure compacte est impératif. La défense, qui a pris l'eau en milieu de semaine, sera scrutée à la loupe. La gestion du cas de la charnière centrale, et notamment les performances en dents de scie de certains jeunes éléments, sera déterminante. Le milieu de terrain devra retrouver la discipline de fer affichée à La Cerámica.
Il ne s'agit pas seulement de courir, mais de courir ensemble. Le Rayo va tenter de couper l'équipe en deux, d'isoler les attaquants des milieux. La réponse du Real Madrid doit être collective. Si les espaces entre les lignes s'étirent comme à Lisbonne, la sanction sera immédiate face à des joueurs vifs comme ceux du Rayo.
Au-delà de la tactique, c'est une affaire d'hommes. Dans la tempête, on regarde les capitaines, avec ou sans brassard. Kylian Mbappé, malgré ses statistiques affolantes cette saison, doit peser sur le leadership émotionnel de l'équipe. Vinicius Jr, qui revit sous Arbeloa, doit être l'étincelle qui allume le feu, mais sans tomber dans la frustration individuelle si le match se durcit.
Le Real Madrid joue plus que trois points ce dimanche. Il joue sa crédibilité et la sérénité de sa fin de saison. Une contre-performance plongerait le club dans une zone de turbulences dangereuse alors que le FC Barcelone continue de dicter un rythme infernal en tête du classement.
Gagner n'est pas une option, c'est une nécessité vitale pour éteindre l'incendie naissant, faire taire les sifflets potentiels et prouver que la "méthode Arbeloa" n'était pas qu'un simple feu de paille, mais bien le début d'une reconstruction solide. Le Rayo est prévenu : le Real Madrid est blessé, et une bête blessée est souvent la plus dangereuse, à condition qu'elle n'ait pas perdu l'envie de mordre.









































