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·01 de janeiro de 2026

Au cœur du Real Madrid, quand l’archaïsme menace l’excellence

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Le Real Madrid traverse une zone de turbulences médiatiques dont il se serait bien passé. Ce n'est pas seulement une histoire de contrat rompu ou de différend du travail classique entre un employeur et son salarié. C'est le récit inquiétant d'une institution qui, ivre de ses propres succès passés, semble avoir oublié que l'exigence se niche désormais dans les moindres détails.

Le scandale soulevé par les récentes révélations d'Itziar Gonzalez, l'ancienne nutritionniste du club, agit comme un révélateur chimique puissant sur les coulisses parfois troubles de Valdebebas. Derrière la façade étincelante du nouveau stade Santiago Bernabéu et l'accumulation impressionnante de trophées dans la vitrine, le témoignage de cette experte décrit une réalité interne bien moins reluisante.


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On y découvre un univers fait de luttes de pouvoir mesquines, de jalousies professionnelles et d'un conservatisme dangereux pour la performance. L'affaire dépasse largement le simple sort d'une employée compétente mise au placard : elle interroge directement la capacité du Real Madrid à se moderniser dans un football où la marginalité de la performance est devenue la clé du succès.

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Le Real Madrid et l'arrogance des 15 Ligues des Champions comme frein au progrès

Cette phrase, rapportée par Itziar Gonzalez lors de son interview choc à Radio Euskadi, est sans doute la plus effrayante de tout le dossier pour n'importe quel observateur du sport de haut niveau. Lorsqu'elle suggère humblement aux services médicaux historiques que la consommation de viennoiseries industrielles au petit-déjeuner n'est peut-être pas adaptée à des athlètes valant des millions, la réponse claque.

Elle sonne comme un aveu d'arrogance terrible : « Ne change rien ou on te vire. Avec ça, on a gagné 15 Ligues des Champions ». Cet argument d'autorité est le symptôme clinique d'une maladie qui guette souvent les empires dominants au sommet de leur gloire : la suffisance. Le Real Madrid semble croire, par la voix de certains cadres intermédiaires, que son histoire glorieuse l'immunise par magie contre les nécessités de la science moderne.

Penser qu'une méthode est bonne simplement parce qu'elle a fonctionné par le passé est une hérésie totale dans le sport professionnel de 2026. Le football a radicalement changé en une décennie. L'intensité des matchs a augmenté de façon exponentielle, les calendriers sont devenus infernaux et les organismes sont poussés jusqu'à la rupture.

Refuser d'adapter la nutrition, qui est le carburant premier du moteur physique, sous prétexte que "ça passait avant", relève ni plus ni moins de la faute professionnelle grave de la part du Real Madrid. Cette résistance obstinée au changement explique peut-être, du moins en partie, l'hécatombe de blessures qui frappe l'effectif. On pense notamment aux nombreuses ruptures de ligaments croisés qui ont décimé l'équipe depuis deux ans, et dont les causes sont souvent multifactorielles, incluant l'hygiène de vie et la nutrition.

Un "État dans l'État" qui défie la présidence

Ce scandale met également en lumière une fracture béante et politique au sein de l'organigramme du Real Madrid. Il faut rappeler qu'Itziar Gonzalez n'a pas débarqué à Valdebebas par hasard ou par piston. Elle a été recrutée sur la base d'un CV solide en béton armé. Elle avait déjà prouvé sa valeur avec des résultats probants auprès de cadres du vestiaire comme Dani Carvajal ou Rodrygo, qui lui faisaient confiance à titre privé.

Pourtant, dès son arrivée officielle au Real Madrid, elle est qualifiée avec mépris de « caprice du président » par le staff médical déjà en place. Cette insubordination caractérisée est stupéfiante au sein d'une entreprise aussi hiérarchisée. Elle révèle l'existence d'un véritable "État dans l'État". Des employés, aussi anciens soient-ils, se sentent visiblement suffisamment puissants et intouchables pour saboter une décision validée par Florentino Pérez lui-même.

Plutôt que d'intégrer une compétence nouvelle et pointue pour le bien commun de l'équipe première, on préfère l'isoler comme un virus. On cherche à la cacher, à lui interdire l'accès aux joueurs et à la discréditer systématiquement.

« Ils allaient le manipuler pour le convaincre que j'étais folle », raconte-t-elle à propos de la stratégie du staff vis-à-vis du président.

Cette ambiance de complot de cour est indigne d'une multinationale du sport générant près d'un milliard d'euros de revenus. Elle montre que la méritocratie interne est parfois sacrifiée sur l'autel des ego mal placés et des prés carrés à défendre coûte que coûte. Le Real Madrid ne peut pas se permettre d'avoir des départements qui fonctionnent en autarcie totale, hermétiques aux directives de la direction et hostiles à l'innovation extérieure.

Le sabotage conscient de la performance sportive

Le plus grave dans cette affaire n'est pas le harcèlement moral, bien que celui-ci soit moralement et juridiquement condamnable, mais l'impact direct sur le terrain vert. La nutritionniste affirme, preuves à l'appui, que ses protocoles individualisés commençaient à porter leurs fruits de manière spectaculaire. Les joueurs évoquaient une meilleure récupération, moins de douleurs inflammatoires chroniques et un regain d'énergie post-match significatif.

En sabotant sciemment son travail, en donnant des consignes contraires aux joueurs au buffet ou en lui interdisant l'accès aux stars, le staff médical a objectivement nui à l'équipe. C'est là que la direction actuelle doit rendre des comptes aux socios. Comment a-t-on pu laisser une guerre d'ego primer sur la santé des joueurs ?

Quand des investissements colossaux comme Kylian Mbappé ou Vinicius Jr sont sur le terrain, chaque pourcentage de forme compte et vaut de l'or. Empêcher une experte d'optimiser leur rendement parce qu'on refuse de remettre en question les viennoiseries du matin est une aberration sportive impardonnable.

Cela démontre une absence de contrôle et de supervision inquiétante au quotidien à Valdebebas. Qui surveille les surveillants ? Si les services médicaux sont juges et parties, l'innovation n'a aucune chance de percer et l'obscurantisme gagne. La gestion de la sortie de crise est tout aussi révélatrice des dysfonctionnements profonds du club sur le plan humain.

Selon Itziar Gonzalez, le club a fini par la licencier tout en reconnaissant paradoxalement la qualité de son travail et en la payant jusqu'au bout. Le motif officiel invoqué ? Sa propre « sécurité », après une période d'isolement forcé digne d'un film d'espionnage.

Cette méthode ressemble à s'y méprendre à l'achat du silence pur et simple. On paie pour que le problème disparaisse sans jamais traiter la cause racine du mal. Le Real Madrid préfère se séparer de l'élément compétent mais "gênant" plutôt que de nettoyer les écuries d'Augias au sein de son staff historique vieillissant.

C'est une politique de l'autruche. En refusant de confronter les responsables de ce harcèlement et de ce sabotage, le Real Madrid valide implicitement leurs méthodes douteuses. Cette affaire doit servir d'électrochoc immédiat. Le Real Madrid est le plus grand club du monde, mais aucun empire n'est éternel s'il refuse d'évoluer.

La concurrence, incarnée par des clubs-états ou des structures ultra-modernes en Premier League, ne laisse aucune place à l'amateurisme médical. Il est temps que la direction du club reprenne le contrôle de Valdebebas et impose une modernisation forcée à tous les étages, quitte à froisser quelques ego historiques.

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