Batlles : "J'entends parler d'identité à l'ASSE, mais qui en a une ?" | OneFootball

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·25 de junho de 2026

Batlles : "J'entends parler d'identité à l'ASSE, mais qui en a une ?"

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Après avoir évoqué son actualité puis son passage chez les Verts, Laurent Batlles a poursuivi son échange avec nos journalistes, sur l’ASSE. Celui qui dit "on" au moment d’évoquer les Verts et l’avenir du club, témoigne une nouvelle fois de son attachement à Sainté mais se montre perplexe quant au projet stéphanois.

Tu évoquais les coups de téléphone aux copains pour te maintenir dans le milieu, parmi ces copains, il y a Philippe Montanier...Oui, Stéphane Lièvre aussi. J’ai joué avec les deux, Philippe a été mon formateur au BEPF également. J’ai parlé avec eux mais je les avais prévenus.Sur ?Je les avais prévenus (sourire). Je les avais prévenus de beaucoup de choses, je les avais appelés quand ils étaient arrivés. Je ne suis pas étonné que Philippe ne soit pas resté, je ne sais pas qui a pris la décision mais je ne suis pas surpris. C’est quelqu’un d’intègre, de passionné. J’en n’ai pas reparlé avec lui après, je ne l’ai pas eu au téléphone depuis, mais il n’a pas peut-être pas eu ce qu’il voulait, ce qu’il a demandé. Je pense qu’il a peut-être été déçu du niveau qu’il a eu pendant sept matchs et du niveau qu’il a eu ensuite. Je pense qu’il s’est dit que ça allait passer, avec son vécu à Toulouse, même si son équipe au TFC était sûrement plus forte que celle qu’il avait là. Il a été déçu de ne pas pouvoir arriver à monter directement et ces derniers matchs ont pesé dans la balance je pense.


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Tu as été surpris par cet écart de niveau de l’ASSE entre les matchs ?Oui parce que je savais ce que pouvait représenter Philippe. C’est un sage qui a vécu des choses extraordinaires en Espagne, il a entraîné Lens, le Téfécé. Il savait où il allait et il savait comment y aller. Il avait les mots justes et il savait où les amener et comment le faire. C’est pour ça qu’il a été déçu de ces trois matchs avec une baisse de niveau qu’il n’imaginait pas. Quand on avait parlé, je lui avais quand même dit que les sept premiers matchs étaient bien en termes de résultats mais certains n’étaient pas aboutis. Quand il y a quelques blessés et que ça va un peu moins bien, on connait la pression qu’il y a ici… Il fallait faire attention. Je pense qu’il a tout fait pour ça aille bien, il a eu les mots justes pour les amener où il voulait, maintenant, c’est difficile de voir un tel écart de niveau entre les matchs.Je l’ai vécu aussi ici : pendant les dix matchs qu’on ne perd pas, on n’était pas bons, ce n’était pas ce que je voulais dans le jeu mais on ne perdait pas, on prenait les points, on était deuxième et d’un seul coup, quatre ou cinq blessés, on perd cinq matchs d’affilée, tu ne sais même pas comment tu les perds. C’est compliqué pour un entraineur, notamment ici. Tu ne peux pas enchainer les contre-performances, à Marseille ou à Paris non plus. Il y a des clubs où tu n’as pas le temps. Montanier après avoir perdu ces trois matchs, il a été fragilisé alors qu’il avait fait neuf matchs sans défaite auparavant où il était encensé.

As-tu été surpris par le choix de l’ASSE de ne pas repartir avec quelqu’un qui connait bien le championnat ?Ce qui m’a surpris c’est qu’on a été chercher le coach Horneland, derrière Philippe Montanier arrive et derrière tu reprends quelqu’un qui est dixième dans le championnat portugais… Franchement je ne lui souhaite qu’une chose, c’est qu’il réussisse. Tu ne peux pas aujourd’hui dans un club comme l’ASSE, tu ne peux avoir autant de supporters, et être en Ligue 2. Ce que j’ai peur, c’est qu’on se retrouve un peu comme Lens à rester plusieurs années en Ligue 2. Quand tu vois le championnat de Ligue 2 l’année prochaine, avec Metz, avec Nantes, avec Reims, qui a vendu pour énormément d’argent et qui va avoir peut-être les moyens de recruter pour remonter. Montpellier sera toujours là, tu as toujours une équipe surprise. Il y a toujours les Annecy, Guingamp, Rodez qui figurent bien. Le championnat sera compliqué.

Ce n’est donc pas le choix le plus logique pour toi ?Je ne sais pas… je n’arrive pas à comprendre. Je lui souhaite qu’il réussisse mais il faut le connaître le championnat de Ligue 2. Il ne faut pas se tromper, changer toute une équipe ça veut dire attendre une dizaine de matchs avant que ça prenne. Il ne pourra pas tout changer, il y a des contrats… Le gardien est un chantier à l’ASSE j’ai l’impression. C’est bien pour lui mais je pense que quelqu’un qui connaissait le championnat, qui savait comment construire et mettre quelque chose en place, ça aurait été mieux. C’est différent de mettre quelque chose en place pour monter en Ligue 1, qu’être en Ligue 1 et de se maintenir. C’est complètement différent. Au Portugal il a fini dixième, à voir, j’espère que ça se passera bien. J’ai lu un peu ce qu’il voulait mettre en place, c’est ce que j’ai fait à Troyes, ce que voulait faire Horneland. Possession, pressing, mais il faut avoir les joueurs pour le faire, sur la durée, avoir des joueurs qui se comprennent, il faut pouvoir construire tranquillement. Je lui souhaite qu’il ait son équipe le plus rapidement possible pour le faire. Au début, Horneland c’était tout feu tout flamme mais après beaucoup de choses rentrent en compte. Il y a un chantier avec les joueurs qui vont rester, beaucoup de joueurs sont sous contrat.

Ce que je ne comprends pas également, c’est, les joueurs que tu recrutes l’hiver, pourquoi tu ne les fais pas au mois de juin ? Ça a toujours été le cas, ils attendent d’être dans la difficulté pour se dire : « il manque ça ». Mais un entraineur, quand il arrive, il voit les choses. Quand je suis arrivé, je savais que je n’allais pas joué avec les mecs qui étaient là. La moitié ne voulait pas rester sauf que tu n’as pas les moyens. Ça a été pareil avec Christophe Galtier, avec tout le monde. Le recrutement se fait au mois de juin, il faut faire ton équipe au mois de juin. Si tu as des ajustements à faire par rapport à un blessé, pas de problème de le faire au mois de janvier. Quand on monte avec Troyes, on fait notre équipe en juin, on est premiers à la trêve. À la trêve, Touzghar est à 12 buts, je leur dis, s’il se pète on fait quoi ? Au milieu pareil, si quelqu’un se blesse on fait quoi ? On va chercher Umut Bozok et Karim Azamoum. Rien d’extraordinaire mais Karim pouvait jouer aux quatre postes et Umut me couvrait le poste d’attaquant. Ce sont juste des ajustements. Ici, tu refais une équipe en janvier. J’espère que cet été l’équipe sera faite, mais pour faire une équipe il faudra vendre du monde.

Plus globalement est-ce que ce n’est pas le projet du club qu’on a du mal à définir ?C’est un club tellement populaire, quand tu vois ce que ça représente, c’est dommage d’en arriver là, de te poser la question chaque année de savoir si tu vas monter. Si tu t’étais donné les moyens de te maintenir la saison dernière avec une équipe à la hauteur de ce qu’ils ont mis cette année. Quand tu mets 25 millions l’année suivante quand tu arrives en Ligue 2, pourquoi tu ne le fais pas dès la première saison en plus des investissements que tu viens de faire ? Tu te fais une grosse équipe avec des joueurs de Ligue 1. Si tu n’as pas d’argent je comprends, tu te débrouilles mais quand tu vas mettre 25 millions l’année de ta descente de Ligue 1, quel est l’intérêt de ne pas l’avoir fait avant ? Quel est le projet concrètement aujourd’hui ?

Ça ressemble à ce que faisait Toulouse, des joueurs et des coachs étrangers via de la Data et de la formation. Le projet à Sainté c’est quoi ? Ils ont pris des jeunes, on me parle d’identité de jeu, c’était le cas sous Horneland, ok, mais le pressing en Ligue 1, je sais de quoi je parle, je l’ai vécu avec Troyes, ça ne marche pas. En Ligue 2, oui, ça fonctionne, mais en Ligue 1, essayes déjà de bien défendre et quand tu as le ballon, de ne pas le perdre pour ensuite attaquer. Si tu joues comme tu joues en Ligue 2 lorsque tu arrives en Ligue 1, ça ne marche pas.J’entends parler d’identité de jeu, mais qui a une identité de jeu propre dans le football ? Manchester City ces dernières saisons, très bien, mais le City game, tu ne peux le pratiquer que si tu as les joueurs pour le faire. À Troyes quand on m’a dit que j’allais jouer le City game, ok les gars, mais avec qui ? Le City game, les latéraux qui rentrent à l’intérieur, tout ça, avec qui ? À Saint-Étienne, remontes normalement, stabilises toi et après tu pourras essayer de mettre quelque chose en place, si c’est ton souhait. Tu ne vas pas révolutionner le football, c’est impossible.Le nouveau coach, pour le club, tout le monde a envie qu’il réussisse. Indépendamment de lui, moi je ne le connais pas, mais j’ai envie qu’il réussisse pour ce club. J’aimerais vraiment que le club remonte et que quelqu’un arrive en disant, maintenant on met de l’argent mais on le fait sur des tops joueurs de Ligue 1. Je pense aussi que tu rates des joueurs parce qu’il n’y a pas de projet. Si je repense à ma propre arrivée à l’ASSE en tant que joueur. Quand tu termines 17ème et qu’on t’appelle pour te dire de venir aider le club à se maintenir et franchir un cap. J’avais Lens, Nantes, quel est l’intérêt pour moi de me mettre dans un chantier ? Je viens parce que c’est Christophe Galtier qui m’appelle.

Aujourd’hui c’est pareil, les joueurs préfèrent un projet stable que de mettre les pieds dans quelque chose qui ne semble, de l’extérieur, pas maîtrisé.

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