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·23 de março de 2026
Bernabeu, instabilité, LDC : le témoignage lucide de Pochettino sur le PSG

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Mauricio Pochettino, 54 ans, ancien entraîneur du Paris Saint-Germain et actuel sélectionneur des États-Unis, a livré à L’Équipe un retour mesuré sur son passage à Paris. Sans effacer l’élimination contre le Real Madrid, l’Argentin remet en avant le contexte, le parcours européen et le manque de stabilité sportive de l’époque.
« Paris est un bon souvenir. Peut-être que les gens l’oublient mais, quand on remet les choses en perspective, nous sommes arrivés en janvier avec le COVID, avec plusieurs joueurs blessés, une équipe troisième de la L1 : la situation ne répondait pas aux normes d’un staff technique qui débarque. Pourtant, on a éliminé Barcelone (4-1 à l’aller, 1-1 au retour), le Bayern Munich (3-2 puis 0-1) et atteint les demi-finales de la C1 contre Manchester City sans Mbappé au retour (1-2, 0-2). L’équipe a été transformée l’été suivant et nous avons bien joué ensuite. Il nous a juste manqué un petit coup de pouce du destin au Bernabeu en huitièmes retour (1-3). Au Parc, à l’aller, on avait battu le Real Madrid (1-0). Au retour, on a mené au score jusqu’à la 61e minute et cette faute de Benzema sur Donnarumma. Donc vous dites que l’approche du manager est vraiment mauvaise, c’est ça ? Son approche pendant quatre-vingt-dix minutes au Parc, contre les futurs champions, était mauvaise ? À Madrid, on mène 1-0 et un second but est refusé à Mbappé pour un hors-jeu limite. L’équipe jouait bien avant cette erreur arbitrale. Puis on recule et on perd.
Je savais qu’au coup de sifflet final de ce huitième de finale, mon temps à Paris était fini. Vraiment ? Oui. (Il s’interrompt.) Je le savais parce qu’à Paris, l’objectif est de gagner la Ligue des champions. Pas la Ligue 1 ou la Coupe de France. Vous conviendrez aussi que le club se trouvait dans une situation politique complexe à cette époque. Et quand je dis ça, je parle politique sportive. Les supporters n’étaient pas contents, il y avait des manifestations, il y avait… Il y avait un manque de stabilité pour atteindre des objectifs importants comme remporter la Ligue des champions. Mais aujourd’hui, je suis content de constater qu’il a cette stabilité sportive qui permet une connexion entre toutes les composantes du club. »
Dans cette prise de parole, Pochettino ne demande pas l’indulgence, il réclame surtout de la mémoire. Son propos consiste à rappeler que son PSG n’a pas émergé dans un cadre serein, mais au milieu du COVID, des blessures, d’un vestiaire remanié et d’une pression interne permanente. Il met en avant un fait simple : malgré ce décor bancal, Paris a éliminé Barcelone puis le Bayern en 2021 avant d’atteindre les demi-finales de la Ligue des champions, puis a longtemps tenu le Real Madrid un an plus tard avant l’effondrement du Bernabeu.
Le témoignage sonne lucide parce qu’il ne transforme pas tout en excuse : Pochettino reconnaît en creux qu’au PSG, une sortie européenne prématurée suffit à fragiliser définitivement un entraîneur. Il raconte moins une injustice qu’une mission devenue trop instable pour durer. Sa sortie a aussi le mérite de remettre un peu d’ordre dans le souvenir collectif : son passage à Paris n’a pas été une réussite totale, mais il ne se résume pas non plus à une caricature d’échec. À travers ce récit, Pochettino cherche surtout à rétablir une cohérence que le tumulte de l’époque avait largement brouillée.
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