Coupe du monde 2026 : Grinta ou garra, pourquoi les Argentins sont si agressifs sur le terrain ? | OneFootball

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·11 de julho de 2026

Coupe du monde 2026 : Grinta ou garra, pourquoi les Argentins sont si agressifs sur le terrain ?

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Menée 2-0 par l'Égypte à un quart d'heure de la fin, l'Argentine a fini par renverser la rencontre en l'espace de treize minutes complètement folles. Un supplément d'âme que le monde du football attribue à la "grinta", un mot pourtant venu d'Italie. Une mentalité qui a aussi son lots de défauts: fautes tactiques, provocations, et un Messi capable de tout, y compris du pire.

Une équipe peut-elle revenir de si loin sans un supplément d'âme ? Mardi 7 juillet, à Atlanta, l'Albiceleste a semblé filer tout droit vers une élimination catastrophique. Menée 2-0 par l'Égypte à un quart d'heure de la fin, elle renverse pourtant la rencontre en treize minutes historiques. Jamais l'Argentine n'était parvenue à retourner un match de Coupe du monde après avoir été menée de deux buts. La presse internationale, elle, ne s'y est pas trompée. « Plus grande remontée de l'histoire de la Coupe du monde », enchérit The Athletic. « Les miraculés du Nil », résume L'Équipe, chacun saluant à sa façon cet exploit forgé dans l'adversité.


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Garra, grinta : une question de traduction

« On peut gagner avec de la garra, de l'intensité et des couilles. Si l'autre jour on n'avait pas sorti ce tempérament, on était éliminés », lâchait Lionel Scaloni, la veille d'Argentine-Égypte, en conférence de presse. Le sélectionneur argentin ne parle jamais de « grinta ». Chez lui, ce mot n'existe pas, et chez les Argentins non plus. Ce qu'il décrit porte un autre nom, la garra. En France, on emploie « grinta » pour désigner la même chose, mais ce mot vient de l'italien, pas de l'espagnol. La presse transalpine l'utilisait pour décrire ses propres joueurs, avant de l'étendre aux Sud-Américains. La presse française, habituée à emprunter son vocabulaire foot à l'Italie plutôt qu'à l'Espagne, l'a ensuite repris tel quel.

Cette mentalité ne date pas d'hier. Elle a toujours accompagné, d'une certaine façon, le football argentin. Dans les années 1960, Osvaldo Zubeldía, sur le banc d'Estudiantes de La Plata, en fait déjà un système : le football y devient une guerre psychologique et physique, où seul le résultat compte. Et ça marche (trois Copa Libertadores consécutives entre 1968 et 1970, puis vainqueur de Manchester United en Coupe Intercontinentale). Son ancien joueur Carlos Bilardo, devenu sélectionneur et champion du monde en 1986, prolonge cette idée de jeu : gagner « avec le couteau entre les dents ».

« Cela fait partie de notre culture »

Interrogés directement, les intéressés peinent eux-mêmes à mettre des mots dessus. « Il n'y a pas de définition précise. C'est simplement l'expression de notre caractère. Je l'ai déjà dit dans une autre interview, cela fait partie de notre culture », confiait Lucas Ocampos dans les colonnes de La Provence. Un avis que confirme partager Nicolas Tagliafico: « C'est quelque chose de très argentin, cette agressivité, cette intensité. Parfois on dépasse les limites, mais c'est notre essence. »

Le latéral lyonnais qui s'est par moment illustré grâce à cette agressivité en L1 est revenu dans un entretien accordé à Onze Mondial sur les fondements de ce supplément d'âme. « En Argentine, sur un terrain, tu dois tout donner. Beaucoup de garçons issus de milieux modestes voient le football comme une manière d’aider leur famille ou de changer leur vie. Dès le plus jeune âge, on t’inculque donc cette idée qu’il faut gagner. Quand tu es enfant, tu ne joues pas seulement pour t’amuser : tu joues pour gagner. Puis, une fois professionnel, si tu gagnes, on t’adore ; si tu perds, on te déteste. Cette mentalité se construit donc année après année. C’est quelque chose de très argentin : cette agressivité, cette intensité.  »

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La grinta, c'est aussi parfois du football pas très beau à voir. Rodrigo De Paul, Leandro Paredes ou Enzo Fernández ont beau être des joueurs de très haut niveau, ils traînent aussi une réputation de « sales gosses » du milieu de terrain : fautes tactiques à répétition, provocations, contestations permanentes envers l'arbitre. Lors du Mondial 2022 déjà, De Paul était surnommé « le pitbull » du pressing argentin, prompt à venir houspiller l'adversaire ou faire pression sur l'arbitre à chaque faute subie par Messi. Même le meilleur joueur du monde n'y échappe pas : au sortir du quart de finale électrique contre les Pays-Bas en 2022 (15 cartons jaunes distribués, dont 8 pour l'Argentine), Messi lançait à Wout Weghorst, en zone mixte, un définitif « Qué miras, bobo? Andá pa' allá! » (« Qu'est-ce que tu regardes, idiot ? Va voir ailleurs ! »), devenu culte depuis. Une manière de rappeler que l'Argentine est composée par des joueurs au caractère bien trempé.

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