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·21 de março de 2026
EXCLU - Lyon : "Monaco semblait perdu, on était intouchable", Rachid Ghezzal revient sur l'incroyable 6-1 en 2016

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L'OL affronte l'AS Monaco ce dimanche en Ligue 1. Il y a 10 ans, les Gones écrasaient les Monégasques 6-1 pour valider un ticket en C1. 10 an plus tard, Rachid Ghezzal, buteur lors de ce choc et de retour dans le Rhône cet été, revient sur cet évènement marquant.
Il y a 10 ans, l’Olympique Lyonnais bouclait une remontée incroyable en Ligue 1 en s’imposant face à l’AS Monaco lors de l’avant-dernière journée de Ligue 1. Une victoire 6-1 qui permettait aux Gones de valider la qualification pour la Ligue des Champions. Raconte-nous cette période un peu folle dans le Rhône !
Il y a deux phases. Il y a la phase où on est peut-être trois ou quatre mois avant, au moment où Bruno Genesio prend l’équipe en main. Jean-Michel Aulas nous fait un meeting et il coche la date de l’AS Monaco sur le calendrier. À ce moment-là, on est peut-être à 10 ou 12 points, je crois. Il nous remobilise pour qu’on soit solidaires. Il nous dit : « Ce match-là sera décisif. Je crois en vous, je crois en Bruno et en ce que vous pouvez faire. Je suis sûr qu’avec le stade qu’on a, ce match à domicile sera décisif. » Forcément, quand on arrive le jour J, on l’a en tête. On est sur une super dynamique, on se sent intouchables, invincibles, on sait qu’on va gagner.
Jean-Michel Aulas était habitué, il avait fait plusieurs discours comme ça par le passé. En parlant avec les kinés ou ceux qui étaient au club depuis longtemps, on a appris cela. C’est sûr qu’il aimait bien faire ce genre de choses, mais nous, sur le moment, on avait un peu de mal à se projeter. On se disait : « Les gars, tranquille, on va y aller step by step. » L’équipe n’était pas au mieux, on n'avait pas de super résultats. Mais au fur et à mesure qu’on enchaîne, que Bruno met son équipe et son style de jeu en place, on commence à prendre confiance, à gagner des matchs et à recoller tout doucement. Monaco perdait beaucoup de points et on a commencé à y croire jusqu'au moment où l'on se dit que si on gagne chez nous, on leur passe devant.
Si vous gagniez, vous étiez assurés d'être deuxièmes et qualifiés pour la Ligue des champions.
Exactement. Et en plus, on fait un début de match exceptionnel, on marque très tôt. Il y avait une ambiance de feu, le stade était complet. C’était la fin de saison, il faisait beau, tout le monde était content. C’était un souvenir de dingue.
C’est toi qui ouvres le score au bout de 3 minutes de jeu. Beaucoup de supporters disent que c’est peut-être la plus grosse ambiance vécue au Groupama Stadium. Est-ce aussi ton cas ?
Oui, pour moi, c’est la meilleure ambiance que j’ai connue au Groupama Stadium. Il y en a eu deux ou trois autres en Coupe d’Europe, comme contre Beşiktaş — même si c’était différent à cause des incidents (en 2017 de graves incidents entre supporters avaient émaillés l'avant-match et la pelouse avait été envahie) — ou contre l’Ajax où on fait un super retour. Mais ce match contre Monaco, de par la physionomie et le résultat final, c’était incroyable. Le stade explose quand je marque. Mapou Yanga-Mbiwa met un doublé, Alexandre Lacazette met un triplé... c’était la soirée parfaite.
Rachid Ghezzal avec l'OL face à Monaco - Icon Sport
Sens-tu qu’une équipe comme Monaco a pu être paralysé par une telle ambiance, alors qu’à l’inverse, vous marchiez sur l’eau ?
Clairement. On utilise souvent l’expression bateau du « 12e homme », mais là, c’était vraiment le cas. Voir 60 000 spectateurs en feu parce que l’équipe joue bien, va de l’avant et marque beaucoup de buts... c’était notre style à l’époque. On sentait que les supporters étaient heureux, c’était la folie. Les joueurs de Monaco semblaient un peu perdus. Je crois que leur attaquant prend un carton rouge sur deux fautes bêtes. On sentait qu'il n'y avait rien pour eux, on était intouchables.
Est-ce que ce sentiment de puissance se ressent dès la préparation ou la mise au vert ?
On arrive à le ressentir. Peut-être pas les jours précédents, mais le jour du match, lors du trajet de l’hôtel au stade, il y a des regards qui ne trompent pas. On sentait que tout le monde était en mission. On se sentait plus forts que l’adversaire. Eux étaient dans une mauvaise dynamique avec des blessés, alors que nous étions en pleine bourre avec le stade derrière nous.
Te rappelles-tu de petites anecdotes ou d'échanges avec les autres joueurs formés au club à ce moment-là ?
Pas de grands discours, mais on avait nos routines. Je faisais l'échauffement avec Alex (Lacazette), on prenait un ballon pour deux. On sentait direct, dès les premiers échanges, que l'ambiance était différente. Le terrain était parfait, le stade déjà plein alors que d'habitude ce n'est pas le cas à l'échauffement. On savait qu'on n'allait pas rater notre début de match. Finalement, on a marqué et on a déroulé.
C’est l’un des plus beaux souvenirs de ta carrière à Lyon ?
Oui, il y en a plusieurs, comme mon premier but dans le nouveau stade, mais celui-là fait partie des matchs références de ma carrière à l'OL. Pour l'objectif collectif accompli, pour ma prestation individuelle et pour l'aboutissement d'une saison qui finit super bien.
C’est aussi l’incarnation d’une génération : Lopes, Tolisso, Ferri, Lacazette... Le fait d'être autant de joueurs formés au club vous a portés ?
Rachid Ghezzal avec l'OL face à Monaco - Icon Sport
Complètement. Si on n’a pas cette équipe-là et ce coach-là à ce moment-là, on n’arrive peut-être pas à relever ce challenge. Bruno Genesio était l'entraîneur qu'il nous fallait car il nous connaissait tous depuis très longtemps. Il savait comment nous parler et nous mettre dans les meilleures dispositions. On se connaissait par cœur : sur le onze titulaire, on était parfois six ou sept issus du centre de formation. C’était une grande fierté. On découvrait le nouveau stade, c’était notre jardin, on voulait y accomplir quelque chose de grand.
Il y a une nouvelle génération qui arrive (Khalid Merah, Rémi Himbert,…). Sens-tu cette nouvelle génération capable de prendre le flambeau ?
Totalement. C’est la suite logique des choses. Je n’ai jamais été inquiet pour la qualité de notre centre de formation, malgré les changements de présidence. Lyon restera l’un des meilleurs clubs formateurs. Quand je vois arriver des joueurs comme Rémi Himbert, Khalid Merah, Mathys De Carvalho… la relève est là. J’espère qu’ils auront ces moments de plaisir ensemble pour gagner pour leur club.
Est-ce qu'ils t'impressionnent par leur maturité précoce ?
Bien sûr. C’est aussi le football actuel qui veut ça : on les lance professionnels très tôt, parfois à 16 ou 17 ans. Dès qu'ils sont bons, on devient très exigeants envers eux, en oubliant parfois qu'ils sont encore très jeunes. Je leur souhaite de s'épanouir et de se développer complètement ici.
Tu as joué à Monaco après Lyon. Est-ce que tu les as un peu chambrés sur ce fameux 6-1 ?
On en a parlé quand j'ai signé car il restait quelques joueurs. Mais Monaco est un club où les joueurs restent rarement longtemps, il y a beaucoup de mouvements. Et puis, Monaco a une politique différente, très axée sur la promotion rapide des jeunes pour les vendre. Je n'y ai passé qu'un an, donc je n'ai pas la même attache qu'avec l'Olympique Lyonnais, même si c'était une super année.
Rachid Ghezzal avec l'OL face à Monaco - Icon Sport
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