AllezPaillade.com
·23 de julho de 2026
Franck Silvestre : « Je ne pense pas qu’il existe un club familial comme Montpellier dans le monde »

In partnership with
Yahoo sportsAllezPaillade.com
·23 de julho de 2026

Pilier de la défense héraultaise de 1998 à 2003, célèbre pour sa rugosité, ses buts de la tête, sur pénalty et même parfois sur coup franc, Franck Silvestre aura tout connu à Montpellier. Les hauts avec la Coupe d’Europe, les bas avec la deuxième division. Invité par le Podcast des Légendes à revenir sur sa carrière, l’international français a surtout évoqué ses périodes sochalienne et auxerroise, ainsi que ses sélections en équipe nationale sous Michel Platini.
Néanmoins, il n’a pas manqué de mentionner avec enthousiasme son passage au Montpellier Hérault, qui l’a visiblement profondément marqué, de manière positive.
Il expliquait d’abord son arrivée : « Je suis encore sous contrat avec Auxerre. J’ai deux clubs qui sont sur moi : Lens, qui venait d’être champion et allait jouer la Ligue des Champions, et Montpellier. À l’époque où j’étais appelé en sélection, le chef de la délégation de l’équipe de France était souvent Louis Nicollin. J’avais un très très bon rapport avec lui et il me disait toujours “Ah Franck, j’ai envie que tu viennes un jour jouer dans mon club”. Et je lui répondais “Mais je viendrai président, il y a pas de souci je viendrai”. Et quand Montpellier a cherché un défenseur central, mon agent m’a dit qu‘ils étaient intéressés. Nicollin m’appelle et me dit “C’est le moment, il faut que tu viennes”. Je réponds “Pas de problème, je viens chez vous”. Puis quand il voit qu’ensuite Lens me veut aussi, il se dit “Bon, ils font la Ligue des Champions, nous on ne joue rien, il va aller là-bas”. Alors il m’appelle et me dit “Je sais que tu as pris ta décision, c’est pas grave”. Et moi je lui réponds “Non non, président, moi je vous ai donné ma parole que je venais dans votre club, je viens dans votre club”. Il me dit “Tu vas pas à Lens ??? Ben écoute, bravo, t’as qu’une parole”, enfin avec ses mots à lui : “Toi t’as des couilles !”. Et pendant les cinq ans où je suis resté à Montpellier, tout ce que m’a dit le président, sans signer de contrat, rien qu’à la parole, a été validé. Financièrement, ça n’avait rien à voir avec Lens, qui proposait beaucoup plus, mais en faisant un sacrifice financier j’ai gagné en qualité de vie. Mon agent m’a un peu détesté (rires). »

Crédits Facebook Karaibes Sports
Ensuite, il donnait ses meilleurs souvenirs sous la tunique orange et bleue : « La première année où on finit dans les 5-6 premiers (NDLR : en réalité, 8e), où on gagne l’Intertoto, on se qualifie pour la Coupe d’Europe. Ensuite ça va peut-être paraître bizarre mais je dirais la descente en Ligue 2 avec la remontée tout de suite. J’avais des propositions mais le président m’a dit qu’il fallait que je reste pour remonter et j’ai dit “OK président je reste”. Ça a été une année extraordinaire. Après je dirais la qualité du club, les infrastructures n’étaient pas les mêmes mais on sentait qu’on était aimé par les dirigeants, par le président, par Laurent Nicollin, par tout le monde. On pouvait demander n’importe quoi, tout ce qui pouvait nous faire plaisir, c’était fait. Le Noël des enfants, c’était des Noël que j’avais jamais vus de ma vie. Même les enfants, ils tombaient par terre ! Ils arrivaient avec les traîneaux, il y avait des cadeaux de partout. Je suis tombé dans un club plus que familial ! Je ne pense pas qu’il existe un club familial comme ça dans le monde ! »

Franck Silvestre en maillot de Hambourg, entre Maoulida et Loko, après la victoire en Coupe Intertoto
En 2003, l’histoire prenait fin par un transfert sur l’Île de Beauté : « Le président est venu me voir pour me dire qu’il avait des problèmes financiers et qu’il fallait que je parte. J’avais quand même un gros salaire du fait que j’étais resté. Il m’a dit qu’il fallait que je le soulage financièrement, j’ai dit “pas de problème, si j’ai une opportunité de partir”, et je suis parti à Bastia. Je pense que le président a toujours apprécié ce que j’ai fait pour le club, que ce soit au niveau sportif ou humain. »
Par ailleurs, Franck Silvestre évoquait son admiration pour Bruno Martini : « C’était le sage. C’était quelqu’un de très posé, qui était bien éduqué. À un moment on est à table et il me dit “Franck, est-ce que tu peux me passer un nuage de pain s’il te plaît ?” Je lui dis “Mais qu’est-ce que tu me racontes Bruno, je te passe le pain, je te passe la corbeille !” Bruno, j’ai joué avec lui à Auxerre, en équipe de France espoirs, en équipe de France A et à Montpellier. Le pauvre, paix à son âme. »

Crédits Iconsports
Enfin, à la question de savoir quel entraîneur l’avait le plus marqué sur le plan tactique, Franck Silvestre a répondu Jean-Louis Gasset. À l’époque de l’entretien, l’homme à la casquette était encore parmi nous, en pleine mission commando pour sauver le MHSC en L1. Interrogé sur ce qu’il ferait à sa place pour la réussir, l’ancien capitaine était cash : « J’essaie de repartir sur des choses beaucoup plus simples et je fais pas jouer les joueurs qui ont des noms, mais les joueurs sur qui je sais que je peux m’appuyer et dont je sais qu’ils vont se donner à fond. Il y en a qui sont en grande méforme et qui jouent, alors que normalement ça ne doit pas se passer comme ça. Peu importe si le joueur a 18 ans. Je prends un exemple comme ça : si, je dis bien si, Fayad est meilleur que Savanier, je fais jouer Fayad. Si Nzingoula est meilleur que Ferri, je fais jouer Nzingoula. Si Bertaud est meilleur que Lecomte, je fais jouer Bertaud. Je m’en bats les cacahuètes de savoir si c’est Lecomte, Savanier, Khazri, etc. Pour moi, c’est le meilleur qui joue, point. Surtout au point où ils en sont maintenant, ils n’ont plus rien à perdre. »







































