Girondins4Ever
·01 de abril de 2026
[Interview G4E] Jacques Pichard (Locminé) : “L’histoire fait que les Girondins de Bordeaux resteront les Girondins”
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Avant la rencontre entre le club de Saint-Colomban Locminé et celui des Girondins de Bordeaux, comptant pour le match de la 24ème journée du championnat de National 2, nous nous sommes entretenus avec Jacques Pichard, entraîneur de cette équipe. Un échange encore une fois très agréable avec une personne qui œuvre beaucoup pour mettre en place un vrai projet dans son club de cœur.
Vous êtes en train de réaliser une nouvelle fois une saison honorable en National 2 où vous vous battez actuellement pour la 7ème place détenue par Dinan-Léhon, même si le maintien n’est pas encore officiellement acquis. Comment jugez-vous cette saison par rapport à la précédente ?
Je dirais que, comme tout le monde nous dit que la deuxième saison est plus difficile que la première quand on monte, parce que tout le monde dit qu’on est sur l’euphorie… Je n’y crois pas mais en fin de compte les faits sont là. Les faits sont là, donc il faut l’accepter. Alors, pourquoi il faut l’accepter ? Parce que, effectivement, de monter de National 3 en National 2, où on a fait une très très belle saison l’an dernier, où on n’a pratiquement pas été mis en danger, quoi que… Arrivé à la même époque, il nous manquait des points, vous voyez. Donc ce n’est jamais acquis. Ceci étant, effectivement, on a quand même un peu d’expérience. On a déjà vécu, même en National 3, d’avoir des saisons très difficiles. On s’appuie quelque part sur une saison, effectivement, où on était relégable il y a 3 ans, ou 4 ans. Et, effectivement, on a cette expérience qui nous permet aussi de se dire, tant qu’il reste des matchs, il y a de l’espoir. Encore faut-il trouver les bons leviers pour y arriver. Donc, on sent quand même que le niveau de la N2 augmente. Il augmente, parce qu’avec la refonte des groupes il y a quand même beaucoup de joueurs sur le marché qui ne peuvent plus jouer en Ligue 1, Ligue 2 et National. Donc, ils se retrouvent dans la N2. Et là, on se retrouve avec une National 2, quand même, qui a un niveau, un très, très, très bon niveau. Puis, on voit bien l’ambition de beaucoup de clubs de se dire d’y aller en Ligue 3. Parce qu’on ne va plus dire National, on va dire Ligue 3, professionnelle. Même si aujourd’hui, le National, ce sont des clubs pros.
Il faut dire que le championnat de National 2 peut être considéré comme semi-professionnel…
Voilà, on met le terme qu’il faut, mais c’est exactement ça. Il faudrait faire l’inventaire mais je pense que 90% des clubs aujourd’hui fonctionnent avec des joueurs qui ne font que ça. Donc, force est de constater qu’au début, non, on est un club amateur. La N2, c’est quand même un niveau amateur et les semaines passent, les mois passent et je vois que l’appréhension des clubs, c’est de se dire, non, on n’est plus au niveau amateur puisque les joueurs veulent s’entraîner le matin pour être performants le week-end, et avec de l’ambition. La moitié des clubs du groupe ont l’ambition d’aller voir plus haut. A tort ou à raison, mais c’est comme ça, c’est factuel. Donc, ce qui fait que des clubs comme nous, qui découvrons le niveau National 2, l’aventure est belle. On a envie d’y rester avec nos moyens, sans changer nos valeurs. Même si on continue à faire grandir le club, on le fait grandir pas à pas. Et on se dit, il y a encore d’autres valeurs qui vont, espérons, nous faire rester à ce niveau-là. Alors, combien de temps, je ne sais pas. Mais en attendant, ce qu’on démontre actuellement depuis plusieurs matchs, c’est qu’on est toujours en vie.
Votre dernière défaite remonte au 10 Janvier lors du déplacement à Angoulême (2-0). Depuis ce sont 9 matchs pour 5 victoires et 4 nuls. On imagine que votre groupe est en pleine confiance ?
Oui, oui. En fait, je vais remonter un peu plus loin parce que ça, première partie de saison, vous voyez combien de victoires on a (sourire) avant la trêve. Le déclic, en fait, il a été contre Saint-Malo. C’était la veille des fêtes, le 13 ou 14, dernier match avant la trêve où là, effectivement, on avait fait un match costaud. En fin de compte, on a le bonheur d’être efficaces défensivement et offensivement. Et là, on marque 1-0, on s’est dit qu’on était toujours en vie parce que Saint-Malo, c’est quand même un prétendant. Il avait beaucoup, beaucoup d’ambition et espère un jour aller au-delà. On se dit, mais qu’est-ce qui nous arrive positivement, on n’est pas mort, on est toujours en vie. Effectivement, la trêve est arrivée. Après, on a donné deux cadeaux à Angoulême. On s’est dit, mais ce n’est pas possible… On leur donne deux offrandes. Ils ne nous démontrent rien, sauf qu’ils gagnent 2-0. Et en fait, Saint-Malo, c’est le déclic. On est repartis de l’avant, ça fait 9 matchs en effet. J’avouerais que ce qu’on est allé chercher, on ne se le doit qu’à nous-mêmes avec un groupe, je dirais, très solidaire, quelque part, impactant, et avec une envie de se dire, non, on veut y rester. C’est notre marque de fabrique. En jouant au ballon, en étant solide offensivement et défensivement, bien sûr. Se dire que le maintien n’est pas fini, tant qu’il y a des matchs. On pense qu’arrivé fin Décembre, on est déjà à la moitié de la saison, ce qui est faux. Ce qui est faux, parce qu’on s’aperçoit qu’on démarre la saison, on a démarré le 9 juillet, on arrive le 31 décembre et on est à un tiers de la saison. C’est ça qui est dramatique quelque part, parce qu’il peut y avoir une usure mentale, une fatigue mentale. En se disant, oui, on ne va pas y arriver… Mathématiquement, quand on calcule, on n’a fait qu’un tiers de la saison. Donc, si on met les bons ingrédients, si on amène des actions correctives à plusieurs niveaux…
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©La Gazette du Centre Morbihan
Puis il y a cette gestion de groupe sur une saison, avec notamment la période du mercato hivernal…
On a eu des départs en début de saison, quelques départs qui ont été remplacés, alors bien ou pas bien, c’est comme ça. C’est l’intégration, elle se fait lentement. Ceux qui étaient en place faisaient un peu moins, peut-être pas. Ceux qui arrivent doivent faire plus. Il faut prendre le temps de réajuster tout ça. Aujourd’hui, effectivement, on est en même maintien. Il y a eu quelques départs au mercato d’hiver. Ça, c’est la nouvelle mode aussi, ça devient normal. Je vois ça avec les autres clubs, ils ne se posent même plus la question. Il veut partir, il part. Nous, on n’est pas encore dans ce trip-là. Si je signe, je signe pour la saison. C’est toujours une bonne expérience pour celui qui arrive, celui qui dit, je manque de temps de jeu, mon agent, mon conseiller…Maintenant, c’est comme ça. On s’aperçoit que la première semaine on ne lâche pas. Puis, au bout de quinze jours on est obligés de lâcher parce que ça peut devenir une personne toxique. Et en même temps pour le club, effectivement, c’est l’occasion aussi de remettre l’église au milieu du bourg en se disant qu’est-ce qu’on fait ? Maintenant, on fait comme les autres. On regarde, on observe, on fait des essais. Et puis, on fait un pari plus ou moins, au moins sur le plan sportif. Sur le plan économique on ne dépensera jamais ce que l’on n’a pas. Et puis, il est arrivé qu’on ait recruté quelques joueurs. Déjà, ça fait du bien parce qu’au-delà de la performance sportive, ça rebat l’écart au niveau d’un groupe. Ils voient de nouvelles personnes, ils se disent « Ah tiens, il y a untel qui est parti. » Ça veut dire qu’ils s’intéressent au club, ils ont envie que… Et puis après, au deuxième degré, ils se disent « Ah oui, mais oh là, on peut prendre ma place peut-être ? » Donc, c’est un phénomène, mais ça, on ne s’en rend compte qu’après en fait (rires). On ne s’en rend compte qu’après que la concurrence a fait du bien. Ça fait du bien de ramener du sang neuf, quel que soit le niveau du joueur qu’on a recruté, à tort ou à raison. Et comme je dis toujours, on verra à la fin de la foire si on a bien fait ou pas. Mais en attendant, ce qu’on a fait, on a eu raison pour l’instant.
Vous allez au contraire affronter une équipe des Girondins qui vient de prendre deux coups terribles sur la tête avec ces défaites à La Roche (1-0) et face à Chauray (1-3). Vous auriez pensé que cette lutte pour la montée prenne ce tournant ?
Il faut se dire une chose. Une saison, il faut savoir qu’en N2 aujourd’hui on parle de professionnalisme, la saison est très longue, très, très longue… Elle est très, très longue et en plus, elle est dure. Tous les week-ends, on joue, il n’y a pas de pause. Il n’y a pas de temps mort parce qu’ils n’ont pas fait de trous du tout. Le seul trou qu’ils ont fait, c’est quand il n’y a pas de match. On s’est tous retrouvés plus ou moins à plusieurs équipes, à avoir des matchs en retard. Vous vous rendez compte ? On est obligés de jouer la semaine. Je ne vais pas dire qu’on est en Champions League, parce que ce n’est pas vrai, mais c’est quand même le délai entre chaque match. Il y a 10 jours, pas la semaine dernière mais la semaine d’avant, on a quand même fait 3 matchs dans la même semaine, avec un déplacement à Bayonne avec nos moyens. On part en bus le vendredi matin, on dort à l’hôtel, on revient après le match à 7h du matin, le dimanche, pour enchaîner le mercredi à Dinan et rejouer contre Les Herbiers le samedi. Locminé, situé où il est, on va à Bayonne, qui peut faire des choses, s’il joue le jeu. Tu reviens à la maison, tu te dis je vais à Dinan. C’est toujours notre bête noire, 1h30 de route, et le samedi tu rejoues contre Les Herbiers, qui n’a pas joué. Tu te dis dans quel état on va se retrouver, dans quel état physique, ce n’est pas psychologique, c’est surtout physique. Il y a deux façons de le prendre, soit on se dit c’est une chance, soit on se dit qu’ils font tout contre nous. Il faut le prendre positivement au contraire, c’est des belles expériences et ça permet de voir aussi dans quel état sommes-nous mentalement. Je l’avais baptisé comme ça en tant qu’opération commando. On sort de notre zone de confort, même si on travaille la journée, on s’entraîne le soir, contrairement aux autres, ça ce n’est pas grave. Résultat des courses, c’était une belle semaine. Evidemment, il peut y avoir la retombée, ce qui aurait pu être notre cas, comme à Avranches. On fait une très, très bonne première mi-temps, où on doit scorer à deux reprises, on ne le fait pas. C’est comme ça, ça peut arriver. Mais l’essentiel, c’est là qu’on voit qu’il y a une force collective et mentale où on n’a pas lâché, on est revenu au score à la 90ème pour ramener le nul. Aujourd’hui, dans la tête des joueurs, parce que nous, c’est d’abord l’esprit collectif, le groupe avant tout, que je sois titulaire, remplaçant, il y a quand même une confiance qui est là. Il y a quelques mois, les joueurs m’ont dit, on n’a pas été bon le deuxième, mais on ramène un point. Il y a quatre mois, on ramenait zéro. Quelque part, ce qui est fait au quotidien, je dirais que ça nous donne raison, jusqu’à présent.
Est-ce que vous avez déjà pu visionner les matchs de Bordeaux contre La Roche puis Chauray (interview réalisée lundi soir) ?
La Roche, on l’a déjà vu, mais c’est surtout celui de Chauray. On n’a pas encore les images. J’ai juste vu le but de Bordeaux. Je n’ai pas vu les trois buts de Chauray. Je pense qu’ils avaient quelques absents, normalement. Ils ont fait une belle deuxième mi-temps semble-t-il. Ils vont récupérer des joueurs, je pense.
Est-ce que vous diriez que La Roche s’envole vers la montée ou que rien n’est joué avec le nombre de points encore en jeu ?
Il reste 7 matchs, il reste 21 points. Alors après, tout dépendra du match de retard qu’ils ont contre Bayonne. Ils iront chercher un point donc ça leur fera six plus un, ça fera sept. S’ils gèrent bien, ils iront au bout. Ils iront au bout parce qu’ils n’ont rien lâché depuis le début. Et le jour où ils ont lâché, Bordeaux avait lâché aussi à Angoulême. Après, mathématiquement, ce n’est pas fini. Je pense qu’ils sont préparés à ne pas lâcher, c’est mon avis. Je ne sais pas dire s’il y a des blessés, des suspensions. Bon, quand on regarde, c’est quand même une très, très belle équipe. Nous, on peut les battre, on peut être battus. On est menés 2-0, on revient à 2-2. C’était le premier match mais ça ne veut rien dire. On doit l’emporter 4-3, un contre inespéré. Le gardien ne sait toujours pas comment il l’a sorti… Mais c’est une très, très belle équipe. Bordeaux aussi. Ce que j’ai vu au match aller n’a rien à voir avec l’année dernière. Après, je ne suis pas dans les secrets de tout ce qui se passe, sur les blessures, suspensions. Après, évidemment, quand on monte, il faut un peu de chance. On n’est pas dans le vestiaire, et quand on n’est pas dans le vestiaire, on ne peut pas juger. Il faut vivre au quotidien avec ses joueurs, le staff pour comprendre ou accepter ou définir. Après on fait des choix, des bons ou des moins bons, mais c’est un métier qui n’est pas simple.
Autre fait important, l’entraîneur Bruno Irles a été démis de ses fonctions, remplacé par Rio Mavuba et Antoine Vergès. Est-ce que ça peut changer votre approche du match dans le sens ou le système ou les joueurs peuvent changer côté bordelais ?
Non. Sincèrement, il faut se concentrer sur nous-mêmes, sur ce que nous, on sait faire avec les joueurs qu’on a. Non. Même si, aujourd’hui, effectivement, on a un staff pour ça. Ca me permet aussi de féliciter l’équipe qu’on est parce qu’aujourd’hui, on s’aperçoit que chaque personne apporte quelque chose avec le partage et on essaie de ne rien oublier. Après, Rio qui arrive, Rio Mavuba, est-ce qu’il veut changer des choses ? Est-ce qu’il veut jouer comme il joue avec les U16 ? On le verra. Après, de tout modifier, de tout bouleverser… Ça peut être un coup d’éclat, ça peut être… Nous, on sait ce que l’on va faire. On va y travailler toute la semaine parce qu’il y a des entraînements qui font qu’on ne sait jamais. Il y a toujours des joueurs qui peuvent être malades, avoir une petite blessure. Donc, ça fait partie du jeu. Maintenant, on va se concentrer sur nous-mêmes. On est chez nous. On est sur une bonne dynamique. On sait très bien que Bordeaux ne va pas arriver avec des solutions. C’est soit ils sont prudents ou soit ils se disent de toute façon il faut absolument que l’on gagne. Maintenant, avec l’expérience, il ne faut pas non plus tout regarder et entendre ce qui se passe autour. Le choix de Bordeaux est ce qu’il est, c’est toujours une situation délicate humainement et sportivement. Maintenant, on n’est pas dans le vestiaire, on n’est pas dans le club. Oui, il y a la presse, il y a les médias. Ils ont pris une décision et ils l’ont prise. Ce qui peut nous arriver chez nous aussi demain et ainsi de suite.
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Est-ce que vous connaissez un peu Rio Mavuba ?
Rio, on le connaît. On le connaît en tant qu’ex-joueur. Maintenant, c’est quelqu’un qui est humble je pense, très humble. Il a un beau palmarès. Après, son tempérament, est-ce que c’est de faire la révolution, ce qui n’était pas prévu, aux dires ou de ce que je lis. Lui, il était plus dans sa tête pour la formation plutôt que dans un premier temps, de reprendre une équipe. Si c’est un intérim pour la fin de saison ? Oui, ça c’est le coup classique. Il ne va pas refuser, c’est très bien, il a raison. Maintenant, lui, dans sa tête, il était plus préparé pour la formation et directeur d’un centre de formation semble-t-il. Maintenant, ça se présente, il n’a pas refusé. Maintenant, de par son expérience, les joueurs vont écouter son message. On ne peut pas lui enlever ce qu’il a donc, ils vont l’écouter. Alors après, comment ça va se traduire sur le terrain, ça, on verra samedi. L’éternel débat au niveau des joueurs, les joueurs sont consommateurs. À tort ou à raison. Le maillot ils te disent oui-oui, ça rentre par une oreille, ça ressort par une autre. Les intérêts, c’est le contrat.
Il va falloir aussi voir ce qu’il va se passer au vu des ambitions de Bordeaux…
On est à Bordeaux, bon vu l’ambition… L’histoire financière, je n’en sais rien. On voit tout, on entend tout. Le plan de marche, n’était pas celui-là. Après, effectivement, le message, c’est de passer et de finir meilleur deuxième. Donc, ça veut dire qu’ils ont acté de ne plus être le premier. Finir le meilleur deuxième en pensant qu’il y aura un club qui sera rétrogradé. C’est de la com’. Quand tu as un trou de 120 millions qui est réduit à 20, tu as quand même l’échéancier qui va être sur 10 ans. Ça ne va pas le faire. Après, au niveau com’ c’est normal qu’ils fassent comme ça. Il reste 7 matchs. Comme Bruno (Irles) le disait la semaine dernière, on y croit, on y croit, on y croit, mais tu ne peux pas passer un autre message, pour les supporters. Je ne sais pas qui va venir samedi, combien… Il y a des demandes maintenant, est-ce qu’ils vont venir ? Est-ce qu’ils vont venir, je ne sais pas. Ils ont demandé 450 places je crois. Maintenant, il y a deux façons de réagir. On n’y va pas ou on y va. Pour nous, on est heureux de les accueillir. L’histoire fait que les Girondins de Bordeaux resteront les Girondins. Je suis supporter des Girondins. Je vais finir là-bas en tant que conseiller dans peu de temps peut-être (rires). Non, non je plaisante, je déconne (sourire). C’est très bien d’avoir des clubs de renom qu’on va recevoir samedi.
Lors du match aller Bordeaux s’était imposé 2-1 après avoir été mené 1-0. Vous avez également terminé à 10 après l’expulsion de Mathis Belhaj. Que retenez-vous de cette rencontre ?
On le dit à chaque fois. C’est un bon rappel parce que c’est ce qu’il s’est passé un peu samedi. On s’est peut-être vus trop confiants, même si on savait que ça allait être très, très difficile parce qu’il y a une belle machine. Maintenant, c’est une belle expérience. Là, on peut se dire qu’à chaque fois, on marque contre Bordeaux. En trois matchs, il y a cinq buts. Et on sait que ça se joue de la première à la dernière minute avec une concentration des extrêmes parce qu’il y a des joueurs de talent. Là, effectivement, il faut de la rigueur, de la discipline à tous les niveaux. Si on a ça, on va rivaliser parce qu’on peut avoir le monopole, on peut avoir la possession, on peut créer des choses, on peut lutter. Mais à un moment donné, le talent s’exprime individuellement. Et en deux minutes, on peut même revenir à 10. De toute façon, au niveau de la N2, tu n’as pas le droit à l’erreur. L’équipe qui mène, c’est très difficile de revenir. C’est très difficile parce que tu as des joueurs expérimentés, aussi bien individuellement que collectivement. On le voit bien, les équipes qui sont en haut, c’est des équipes qui maîtrisent la N2, qui maîtrisent. Au fil des années, on les prend toute une à une, que ce soit La Roche, Bordeaux, Bayonne qui vient de monter mais avec un budget et les joueurs sont expérimentés, Saint-Malo qui est au niveau, Les Herbiers, Angoulême… Et après, on a tous les autres. Avranches, effectivement ils ont renouvelé un peu l’effectif… Après c’est une deuxième moitié de tableau, ils luttent pour y rester.
Lors de votre dernière à domicile vous avez battu Les Herbiers 2-0, équipe qui était l’un des outsiders pour la Ligue 3 cette saison. Cela a dû aussi faire du bien à vos joueurs de savoir qu’ils pouvaient rivaliser avec de beaux collectifs ?
Oui, mais quelque part, on aime bien jouer contre des équipes qui jouent au ballon. Parce qu’on a des bons joueurs de ballon, nous. Après, évidemment, il peut y avoir quelques failles. Honnêtement, quand on joue contre des équipes comme celle-là, on sait que ça joue. Après, ils peuvent faire la différence par des talents individuels ou collectifs sur des actions bien précises. Et quand on arrive à mettre tout ça, tous les ingrédients qu’il faut, on s’aperçoit qu’on n’est pas loin et qu’on est capable de réussir les choses. Ce qui démontre ce que l’on fait depuis quelques semaines et quelques mois. On est une équipe un peu particulière (sourire) avec notre ADN, mais ça, c’est les valeurs de l’institution, aussi bien du président et de son équipe, des bénévoles, des partenaires. Tout le monde est à disposition d’eux, avec un esprit de défendre l’institution et un staff ou chacun, amène sa petite pierre à l’édifice. On se dit, mais si, tout est possible.
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Comment allez-vous aborder cette rencontre face aux Marine et Blanc ?
Tranquillement. (rires) On ne va pas changer. Je ne vais pas dire que Bordeaux c’est plus simple que d’aller à Châteaubriant et de recevoir Saumur les semaines qui suivent, parce qu’on va à Châteaubriand et Saumur, quelque part, qui sont aussi et plus importants, en fonction de ce qu’on fait. Notre marche, c’est de dire, allez, on remonte, marche après marche. On ne va quand même pas s’interdire de continuer ça. Il va nous rester sept marches à franchir. Le but, si on peut grappiller, grappiller, grappiller, et démontrer qu’on n’est pas là par hasard. C’est ça l’objectif, en fait. Et ça, nos joueurs, tout le monde est préparé à ça, et qui plus est, de recevoir Bordeaux, c’est un honneur. C’est un honneur. On ne va pas regarder Bordeaux, on va jouer, c’est un match.
Au niveau des tribunes ce sera votre deuxième à domicile contre les Girondins. Vous êtes maintenant rodés à ce type d’évènement ?
Le défi qui nous a servi l’année dernière, c’est quand on est allé jouer en Coupe de France au Mans avec un beau stade, un grand stade, un peu moins grand qu’au Matmut. Ça c’est des expériences que les joueurs ne revivront pas, mais si, parce qu’ils ont déjà revécu cette année au stade Atlantique (rires). Quand on voit un stade magnifique comme celui-là, tu te dis mais ce n’est pas possible. Mais si, on y est, c’est nous. Ce n’est pas une invitation, ils sont au même niveau que nous. Donc on est 11 sur le terrain contre 11. On a reçu Guingamp cette année en Coupe de France. Là on ne doit jamais… on doit aller aux pénaltys, enfin bref… Mais ça nous aide à grandir ce genre de match et ça fait grandir tout le club. Là effectivement tout le monde se met au diapason. Évidemment il y a des nouvelles compétences qui arrivent avec obligations. On n’est plus en district. On n’est plus en district et aujourd’hui on s’aperçoit que oui, on regarde en arrière, il y a un an, il y a deux ans. Puis aujourd’hui on oublie, on se dit que ça devient normal. Et qui plus est, c’est le public qui vient. C’est le public qui est présent, même des matchs lambdas, on est à 600, 700 personnes. On arrive à fédérer tous les alentours. Et sincèrement entre nous, on développe une très belle image, ça y est ça prend en disant vous êtes le deuxième club du Morbihan et vous êtes dans le top 9 de Bretagne avec les clubs pros. C’est vrai que ça crée une émulation, une ambiance exceptionnelle, à notre niveau.
Quelles seront selon-vous les clés du match ?
Les clés ? Il ne faut laisser aucune chance à Bordeaux de marquer déjà. Nous, il faut continuer à jouer ce qu’on sait faire. Et à partir de là, je pense qu’on peut parce que peut-être que l’équipe en face, au fil des minutes va douter, je ne sais pas. C’est possible. Donc à nous d’exploiter au maximum les failles, les failles qui vont se présenter avec la confiance que l’on a aujourd’hui. La presse va relayer le changement l’entraîneur, le déclic, le facteur machin. C’est l’habitude, on le sait. Entre le message qui va être transmis en quelques jours et la réception des joueurs et des choix qu’il va faire… C’est à nous d’exploiter, je ne vais pas dire ce doute, mais ce moment de flottement peut-être. Parce que si on ne l’exploite pas, eux ils vont l’exploiter. Si nous, on ne joue pas notre jeu sans se préoccuper de l’adversaire. Notre adversaire, c’est d’abord nous-mêmes, ça, il faut le savoir. C’est d’abord nous-mêmes. Ok, Bordeaux change d’entraîneur, Ok, le machin, le déclic, l’opération machin… Non, non, non ! Si on s’arrête à ça, ça ne le fera pas. Maintenant, on a des joueurs qui ont du vécu, qui ont de l’expérience. Notre message ne va pas changer. Il faut poursuivre notre marche en avant parce qu’il nous manque des points. Que ce soit Bordeaux ou quelqu’un d’autre, ça ne change pas. Il ne faut pas qu’on se laisse embarquer par la presse, les médias qui font bien leur travail (sourire), les supporters, les spectateurs. C’est génial d’avoir autant de personnes qui se préoccupent et qui en même temps sont heureuses. Oui, exactement. La vie est tellement triste, l’inflation, les guerres, les machins, les trucs… Tout ce qui se passe, ça nous dépasse. Mais quand je vois la chance qu’on peut encore vivre sur un terrain. Tout le monde est égo. On n’est pas d’accord les uns avec les autres (sourire), mais il y a quand même de l’émotion. Là, on réunit toutes les classes sociales, les divers horizons, les trucs. Les gens passent un bon moment. Les gens en parlent et pendant ce temps-là, ils oublient tous leurs soucis du quotidien, les factures qu’ils n’ont pas payées, la panne de bagnoles, le machin, le truc, le robinet qui fuit… C’est un moment de détente.
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Locminé
Que peut-on vous souhaiter pour cette fin de saison ?
Ce n’est pas compliqué, un, le maintien le plus rapidement possible. Si ça ne devrait pas tarder ? (rires) Il y a quelques mois, on m’aurait dit, même le dernier match, on s’en fout. Si on est maintenu le dernier match, on le prendra. Une fois que tu as goûté à la N2, tu as envie d’y rester. On a envie d’y rester parce qu’on rencontre des adversaires avec des structures et ça nous aide à grandir, ça nous aide à faire grandir tout le monde. C’est quand même ça. La priorité, c’est le maintien, il ne faut pas viser au-dessus. Et puis de rendre les gens heureux, qu’on donne du plaisir, des sourires. C’est quand même ça. Même dans la souffrance. On a la chance d’avoir une stabilité au niveau du club, avec des gens qui ont une bonne tête, qui nous accompagnent toujours dans les moments faciles et difficiles. Je dirais que c’est une des recettes du club. C’est une des recettes qui fait que ce club est toujours à ce niveau-là, il est toujours au niveau. Que ce soit en National 3, en DH ou même en National 2. On a un comité exécutif et un bureau qui ne s’interdit rien et puis on l’accompagne. On l’accompagne au quotidien. C’est quand même ça l’objectif. Si on pouvait le plus vite possible, se maintenir. Encore faut-il le faire. Ça va vite, ça va très vite. Beaucoup d’humilité. Il faut beaucoup d’humilité, chacun à notre niveau. C’est ce qui fera, c’est ce qui fait et c’est ce qui a fait qu’on peut exister dans la durée. Il ne faut pas se prendre pour quelqu’un d’autre. J’ai vu ça à tel endroit, j’ai vu ça à tel endroit… C’est pour ça que le recrutement, quand on a des joueurs, on les remet sur terre, quand on les choisit. Il y a le côté sportif, il y a le côté humain. Quand ils disent ‘je viens de tel endroit’, tous les ex joueurs de clubs pros, Locminé ce n’est pas ça. Je n’étais pas à Bordeaux, je n’étais pas à Monaco, je n’étais pas à Montpellier, au Paris Saint-Germain. Ici, les infrastructures, la façon d’être et de travailler sont complètement différentes. Il faut vraiment s’adapter aussi dans le club dans lequel on est. De vouloir transposer, oui mais c’était comme ça là-bas… C’est pour ça que je dis à chaque joueur, vous arrivez, c’est une expérience nouvelle pour vous. L’intégration, vous avez la chance d’être bien accueilli, d’être bien intégré par rapport à ceux qui sont là. A vous aussi de redonner parce qu’on vous accompagne au mieux. Tous les jours on me dit ‘ce que vous faites est quand même très très bien’, ce qui ne se voit pas. Trouver un logement, trouver une voiture, trouver un travail… Penser au présent mais penser à l’avenir. Je pense qu’on le fait bien, du mieux qu’on peut. Après, malheureusement des fois on est déçus parce qu’on n’a pas forcément la reconnaissance et le retour.
Pour terminer, on sait que vous avez un sentiment particulier pour les Girondins. Si votre téléphone venait à sonner en fin de saison, est-ce que c’est un challenge qui pourrait vous faire quitter votre club ?
Oui, le téléphone sonne, je réponds (rires), j’écoute. Alors maintenant, dans quel rôle ? En effet, j’ai ma fille qui n’est pas loin et puis mon fils qui est à Vannes. Je suis partagé. Là, c’est mon club de cœur Locminé, mais mon autre club que j’aime bien, c’est les Girondins. C’est un club, je ne vais pas dire non, maintenant quel rôle ? Quel rôle aux Girondins ? C’est tout. C’est clair que je réfléchirai à deux fois, mais en fonction du rôle, de ce que je peux apporter par rapport à mes connaissances pour que ce club retrouve la place qu’il mérite. Maintenant, il faut qu’il le mérite aussi bien sur le terrain qu’en dehors. C’est un milieu très particulier, le foot. Ce n’est pas parce que tu as de l’argent que tu réussis. On a le plus petit budget, je pense, c’est même sûr, de National 2. Hier (lundi) je me disais, je ne sais pas pourquoi, si j’arrive à Bordeaux il faut qu’on remette les pieds sur terre aux Girondins. Mais encore faut-il avoir les personnes qui entendent et qui écoutent, et qui correspondent aussi. Moi, j’arrive avec mes idées qui ne correspondent pas du tout à l’ADN des Girondins (rires), par exemple. Donc, ça mérite beaucoup de discussions et d’échanges avant de s’engager dans un club comme celui-là. De quelle façon ? Il y a deux solutions. Soit on part de la base pour remonter ce club, soit on part du haut pour remonter ce club. Mais là, c’est deux avis et on est complètement aux antipodes.
Pour nous une base saine peut aussi se traduire par un recrutement de joueurs estampillés National 2 avec des joueurs locaux ou issus de la formation.
Aujourd’hui, pourquoi ils sont à mi-chemin entre les deux ? C’est parce que tout simplement il y a la dette. Gérard Lopez, l’échéancier est sur 10 ans, il ne peut rembourser que si Bordeaux remonte, remonte, remonte. Parce que la première année, tu rembourses 10% avant d’arriver aux 80%. Et effectivement, tu remplis le stade, t’as de nouveaux partenaires et t’as des budgets différents. Donc, en fait, c’est le financier qui, même s’ils ont fait un mi-chemin… Après je ne peux pas critiquer parce que je ne peux pas juger. Quand tu n’es pas dans le truc… Il faut être dedans, il faut être à l’intérieur pour comprendre. Effectivement à l’extérieur, je ferai sça, ça, ça avec les moyens qu’ils ont. Je ne suis pas dedans. Tant que tu n’es pas dedans, dans le vestiaire, tu ne te rends pas compte. Je pense que le week-end dernier a fait très mal. Si on va se recroiser en National 2 la saison prochaine ? Sauf s’ils demandent à changer de groupe ou si on est encore là, nous (sourire). Il faut rester prudent. Mais bon, c’est vrai qu’au fond, tu te dis que Bordeaux, ce n’est pas possible… Mais c’est bien que le carré vert décide. Ça veut dire qu’on peut exister (sourire). J’ai toujours dit que c’est comme une entreprise. Je suis cadre dirigeant, donc j’ai géré des entreprises et ce côté management… Le management, je ne sais pas si aujourd’hui, les entraîneurs dignes de ce nom sont préparés. Ils n’ont fait que du foot. Le côté management, alors, j’ai peut-être tort, mais je vois ce que je vis au jour le jour. J’ai fait du management de plus de 100 personnes, mais en même temps, il faut savoir être proche, il faut savoir être loin, il faut savoir être directif, il faut savoir être participatif. Chacun est différent, les messages collectifs, les messages individuels… Le côté ‘c’est moi le chef’ c’est fini, ça. C’est fini, ce management. Les joueurs s’en foutent, ils ont la Play, le machin, ils ont le chèque, ils sont contents. Je vais suffisamment faire des formations quand je vais à Clairefontaine, j’ai côtoyé beaucoup de pros. Je me dis, mais comment il a pu réussir ? Non, mais sans déconner, il y a des gens, tu te dis, oui, ok, ils sont très mous. Sincèrement, c’est toxique. Ce milieu est très toxique, mais comme tous les sports. C’est pour ça que ça fait du bien de voir autre chose, de faire autre chose, d’avoir d’autres relations, qui fait que tu prends du recul, et de la hauteur, et tu peux t’autoriser aussi à dire des choses à des joueurs. Quand tu ne fais que ça, beh tu parles foot, foot, foot, tu n’as aucune conversation avec les gens. Puis tu peux avoir la main mise sur quelqu’un entre guillemets, tu donnes un doigt, tu donnes ton bras et puis c’est normal… Alors on va dire, c’est le milieu, c’est générationnel, c’est comme ça aujourd’hui. Mais putain, ce n’est pas possible… C’est un problème de l’éducation.
Un Grand Merci à Jacques Pichard pour sa disponibilité, sa gentillesse et sa passion du football.
![Imagem do artigo:[Interview G4E] Jacques Pichard (Locminé) : “L’histoire fait que les Girondins de Bordeaux resteront les Girondins”](https://image-service.onefootball.com/transform?w=280&h=187&dpr=2&image=https%3A%2F%2Fgirondins4ever.com%2Fwp-content%2Fuploads%2F2024%2F08%2FSt-Colomban-Locmine-FCGB_OK.png)
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