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·10 de março de 2026
Les mots forts de Michel Platini (ex-ASSE)

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Invité de l’After Foot pour les 20 ans de l’émission, Michel Platini a livré une analyse très critique du football moderne. L’ancien numéro 10 de l’équipe de France estime que le jeu a profondément changé, parfois au détriment de la créativité. Entre la place grandissante des entraîneurs, la standardisation des joueurs et l’évolution des règles, Platini dresse le portrait d’un football qu’il juge de plus en plus encadré.
Michel Platini n’a jamais caché son attachement à une vision romantique du football. Durant l’émission, il a expliqué que certaines évolutions du jeu moderne le laissaient perplexe. Pour lui, même les gestes les plus symboliques du football ont changé.
« Quand tu rêves d’un engagement dans un match de football, tu as les deux attaquants qui se donnent le ballon devant. Maintenant ils font une passe en arrière. » Derrière cette remarque presque anodine, Platini voit une transformation plus profonde du football.
« On change complètement les valeurs du football. » Selon lui, le jeu est devenu beaucoup plus contrôlé et calculé qu’auparavant.
L’une des critiques les plus fortes de l’ancien président de l’UEFA concerne l’influence croissante des entraîneurs. Pour Platini, l’équilibre historique entre joueurs et techniciens s’est inversé. « Aujourd’hui, le football appartient plus aux entraîneurs qu’aux joueurs. »
Dans sa vision du football, le joueur devait être au centre du jeu. « Avant, je disais aux joueurs : joue comme tu sais. » Il estime qu’aujourd’hui les joueurs sont enfermés dans des schémas tactiques extrêmement précis.
« Maintenant, avec les tablettes, on dit au joueur : tu vas faire ci, tu vas faire ça. » Pour lui, cette évolution limite la spontanéité et la créativité. « Les joueurs sont stéréotypés. »
Michel Platini va même plus loin dans sa réflexion en remettant en question l’influence réelle des entraîneurs sur les résultats. Une prise de position qui ne manquera pas de faire réagir. « Je maintiens ce que j’ai dit : un coach ne fait pas gagner une équipe. »
Pour illustrer son propos, il s’appuie sur sa propre expérience de sélectionneur de l’équipe de France. « Si Cantona marquait le but, on gagnait. S’il le ratait, on perdait. Ce n’était pas moi sur le terrain. »
Selon lui, le rôle de l’entraîneur reste essentiel mais dans un cadre bien précis. « Un entraîneur est fondamental sur la psychologie et sur l’entraînement physique. »
Mais le résultat final dépend toujours des joueurs. « Sur le résultat du match, il n’est pas responsable. »
Platini s’inquiète également de la manière dont les joueurs sont formés aujourd’hui. Selon lui, les centres de formation produisent désormais des profils très similaires. « Les joueurs sont formés dès 10 ans d’une façon stéréotypée. »
Cette standardisation aurait un impact direct sur le style de jeu. L’ancien numéro 10 estime que la créativité individuelle se raréfie. « Il y a moins de joueurs issus du football populaire. »
Pour lui, les plus grands joueurs naissaient souvent dans la rue, loin des académies structurées. C’est là que se développaient les gestes imprévisibles et les inspirations géniales.
Michel Platini évoque également les joueurs qui, selon lui, incarnaient cette créativité. « On a perdu Messi, on a perdu Xavi, Iniesta… » Ces joueurs représentaient une vision du football fondée sur la technique, l’intelligence et l’improvisation.
Platini craint que ce type de profil devienne de plus en plus rare. Selon lui, le football moderne privilégie désormais l’athlétisme, la puissance et l’organisation collective. Des qualités essentielles, mais qui peuvent parfois limiter l’expression individuelle.
L’ancien président de l’UEFA s’est également montré critique envers certaines évolutions liées au spectacle. Il cite notamment les pauses introduites lors de certains matchs. « Les cooling breaks avec trois minutes de publicité, je n’aime pas ça. »
Pour lui, ces interruptions doivent rester strictement liées aux besoins des joueurs. « Tu peux faire boire les joueurs en trente secondes. » Platini estime que le football doit rester avant tout un sport. Selon lui, trop de décisions sont aujourd’hui influencées par des considérations commerciales.
Malgré ses réserves sur certaines évolutions, Michel Platini reste profondément attaché au football. « Je suis complètement passionné par ce jeu. » Aujourd’hui, il regarde les matchs avec un regard différent. « Ce n’est plus mon métier de regarder le football. »
Mais l’ancien Ballon d’Or continue de suivre ce sport avec attention. Et même lorsqu’il critique certaines évolutions, c’est toujours au nom de cette passion. Car pour Michel Platini, le football reste avant tout un jeu.
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