Le Journal du Real
·12 de junho de 2026
Mbappé : « Si on gagne sans que je marque ? Je signe au marqueur ! »

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·12 de junho de 2026

À quelques jours du coup d'envoi d'un Mondial que la France aborde en favorite déclarée, Kylian Mbappé s'est livré avec franchise pour M6. Le capitaine des Bleus n'a pas seulement parlé de football. Il a parlé de responsabilité, de transmission, de l'écart entre les ambitions affichées et la réalité d'un tournoi qui, comme il le rappelle lui-même, ne se gagne jamais sur le papier.
Une interview qui dit beaucoup sur l'état d'esprit d'un joueur de 27 ans qui aborde ce Mondial avec la maturité de quelqu'un qui a déjà tout connu avec les Bleus.
La question du capitanat est celle qui révèle peut-être le mieux le chemin parcouru par Mbappé depuis ses débuts en sélection. Interrogé sur son rôle au sein du groupe, il répond d'une manière qui tranche avec l'image d'un attaquant uniquement préoccupé par ses statistiques.
« J'essaie toujours d'abord de transmettre le message que le coach veut que je transmette parce que je suis le relai entre le coach et le groupe. J'essaie aussi d'apporter mon expérience parce que le groupe s'est rajeuni et c'est important qu'ils sachent ce qu'est l'équipe de France. Mettre tout le monde à l'aise, il faut faire en sorte que chacun soit la meilleure version de lui-même.»
Un discours qui s'inscrit dans une continuité. Plus tôt dans l'entretien, il avait évoqué la gestion émotionnelle des jeunes joueurs, rappelant que « cette pression et cette atmosphère font qu'on va te regarder, et cela se gère. » L'expérience accumulée au fil de deux Coupes du monde, d'un titre mondial et d'une finale perdue contre l'Argentine, lui a donné des outils qu'il veut désormais transmettre. C'est la définition même d'un vrai capitaine : quelqu'un qui a suffisamment vécu pour aider les autres à mieux traverser ce qu'il a lui-même traversé.
L'anecdote sur les joueurs du PSG à Clairefontaine dit d'ailleurs beaucoup sur son sens de l'humain et du collectif. Interrogé sur le fait d'avoir félicité ses coéquipiers parisiens champions d'Europe, Mbappé répond avec humour et pragmatisme.
« J'ai rapidement félicité mes coéquipiers du PSG. C’est plus facile de consoler un seul coéquipier qui a perdu la Ligue des champions que cinq. Leur parcours est fantastique. Je sais ce que c’est que de perdre une finale de Ligue des champions, et nous avons essayé de consoler Saliba. Le vestiaire est content, et maintenant nous nous concentrons sur notre objectif : la Coupe du monde. »
Sur le statut de favori, Mbappé refuse toute forme d'arrogance collective. Il ne nie pas l'enthousiasme qui entoure cette sélection française, mais il rappelle immédiatement les limites de toute projection. « Je pense qu'il y a beaucoup d'enthousiasme et de projection mais on ne gagne jamais une Coupe du monde sur le papier. En 2021 on arrive avec une belle armada à l'Euro et on sort malheureusement contre la Suisse. » Une référence qui fait encore mal dans la mémoire des supporters bleus, mais que Mbappé utilise comme leçon plutôt que comme cicatrice.
Ce Mondial 2026 est peut-être sa dernière vraie chance de soulever la coupe. À 27 ans, en pleine force de l'âge, avec autour de lui une génération de joueurs comme Olise, Doué, Dembélé, Cherki, Tchouaméni, les conditions ne seront jamais aussi favorables. Lui le sait. Et quand on lui pose la question du sacrifice ultime, marquer zéro but mais être champion du monde, sa réponse ne laisse aucun doute sur ce qu'il met au premier plan. « Je signe au marqueur indélébile ! Et je serais le premier sur les Champs-Elysées ! »
Le classement des meilleurs buteurs de l'histoire de la Coupe du monde, dans lequel son nom figure aux côtés de Ronaldo le Brésilien, Pelé, Messi, Klose ou Gerd Müller, n'échappe pas à la discussion. Mbappé, auteur de 12 buts en deux Coupes du monde, est déjà dans une catégorie qui réunit les plus grands de tous les temps. Mais il balaie rapidement le sujet individuel. « Ce que je veux, c'est revenir avec la Coupe. »
Concernant une revanche contre l'Argentine comme moteur de sa motivation : « Non. Même si nous gagnons cette Coupe du monde, nous ne serons pas trois fois champions consécutifs. On ne peut pas changer l'histoire. Ils nous ont battus, et ils l'ont mérité. Mais dans les vestiaires, nous ne sommes pas obsédés par l'idée de les affronter à nouveau ou par un désir de revanche. Si nous les affrontons, nous serons compétitifs. Mais ce n'est pas notre priorité. »
Moins centré sur ses statistiques personnelles, davantage tourné vers le collectif et la transmission, le capitaine des Bleus affiche une ambition claire : ramener une deuxième étoile sous son ère et inscrire définitivement cette génération dans l'histoire.







































