OnzeMondial
·29 de julho de 2026
Vente de la Coupe du monde, le monde du football s'unit contre le projet d'Infantino

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Révélé sans concertation préalable, le projet de Gianni Infantino visant à ouvrir la Coupe du monde à des investisseurs privés provoque une levée de boucliers quasi unanime. Confédérations, clubs, syndicat de joueurs et gouvernements dénoncent en chœur un manque de dialogue, à l'exception notable d'un soutien tchèque.
Révélé par The Times, le projet porté par Gianni Infantino prévoit la création d'une nouvelle société pour gérer les compétitions phares de la FIFA, avec des investisseurs proches de l'administration Trump en ligne de mire, et une carotte de 35 millions d'euros par fédération pour faire adopter le plan en seulement 53 jours. Un procédé qui passe très mal auprès de la quasi-totalité des instances du football mondial, prises de court par cette annonce.
L'UEFA a été parmi les plus virulentes, affirmant avoir constaté "une opposition importante et croissante" au sein du football envers ce projet, tout en jugeant que "la FIFA ne pouvait pas continuer à utiliser le sport pour s'enrichir elle-même et ses proches". Pour l'instance européenne, il est désormais temps de redonner la priorité aux associations, aux clubs, aux ligues, aux joueurs et aux supporters.
La Concacaf s'est quant à elle dite "profondément préoccupée" de n'avoir appris cette affaire que par la presse, sans concertation préalable avec les organismes de gouvernance. La confédération nord-américaine a rappelé que la FIFA, les confédérations et chaque association membre partagent la responsabilité collective d'agir dans l'intérêt supérieur du sport, en s'appuyant sur une gouvernance solide et des processus robustes.
Même son de cloche du côté de l'AFC, la confédération asiatique, qui a exprimé sa déception qu'un sujet d'une telle ampleur soit rendu public avant toute consultation de ses membres. Tout en reconnaissant l'intérêt d'explorer des approches innovantes pour l'avenir du football mondial, l'instance asiatique a insisté sur le fait que des initiatives d'une telle envergure doivent reposer sur des principes de bonne gouvernance, de transparence et de concertation réelle, avec suffisamment de temps laissé aux parties prenantes pour évaluer toutes les implications d'un tel projet.
Les clubs européens, représentés par l'EFC (European Football Clubs), qui dit fédérer plus de 850 clubs à travers le continent, ont dénoncé des briefings médiatiques "soudains et unilatéraux", réclamant une consultation calme et approfondie ainsi que des processus de gouvernance plus transparents. L'organisation a rappelé qu'elle avait appris cette proposition de la même façon que la plupart des acteurs du football mondial, c'est-à-dire par voie de presse et sans le moindre avertissement préalable, tout en réaffirmant sa volonté de continuer à collaborer avec la FIFA, l'UEFA et l'ensemble des parties prenantes du football.
Le syndicat mondial des joueurs FIFPRO Europe s'est montré encore plus tranchant, estimant que ce projet transformerait durablement et de façon irréversible les incitations qui structurent les compétitions dans lesquelles les joueurs évoluent et construisent leur carrière. Le syndicat a également dénoncé le contournement des mécanismes de dialogue récemment mis en place entre la FIFA et FIFPRO, rappelant que ni le syndicat ni les joueurs ne disposent d'un droit de vote au sein de l'instance mondiale, alors qu'ils devront pourtant vivre avec les conséquences de ces décisions bien après le départ de la direction actuelle de la FIFA.
Face à cette contestation généralisée, Le Parisien révèle qu'une réunion d'urgence entre pays européens était prévue ce mercredi 29 juillet, une initiative annoncée par la ministre française des Sports, Marina Ferrari. Un signe supplémentaire de la nervosité grandissante des gouvernements européens face à un dossier qui touche directement à la gouvernance et au financement du football mondial.
Mais le front n'est pas totalement uni. Selon Sky, David Trunda, président de la Fédération tchèque de football depuis l'an dernier, s'est démarqué en apportant son soutien au projet d'Infantino. Il estime que les 20 milliards de dollars générés par cette vente de parts des droits commerciaux de la Coupe du monde pourraient fournir un financement précieux pour soutenir le football amateur et le développement des infrastructures dans son pays, une position qui tranche nettement avec celle affichée par la grande majorité des autres acteurs du football.
Reste à savoir si cette contestation quasi générale suffira à faire reculer Gianni Infantino, ou si le président de la FIFA maintiendra sa ligne, alors que l'échéance des 53 jours accordés aux fédérations continue de courir.
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