Le Journal du Real
·31. Januar 2026
Le Real Madrid essuie un revers judiciaire dans l’affaire Negreira

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·31. Januar 2026

La bataille judiciaire continue de faire rage en coulisses, mais le Real Madrid vient de subir un revers procédural significatif. Engagé comme partie civile dans l'instruction de l'affaire Negreira — ce scandale portant sur des millions d'euros versés par le club catalan à José María Enríquez Negreira, ancien vice-président du Comité technique des arbitres (CTA), entre 2001 et 2018 —, le club madrilène espérait obtenir un droit de regard complet sur les comptes de son rival.
Le tribunal d'instruction n°1 de Barcelone, par la voix de la juge Alejandra Gil Lima, a décidé de rejeter la requête du club blanc. L'objectif du Real Madrid était clair : obtenir l'accès aux audits et aux rapports économiques de l'entité barcelonaise couvrant notamment la période 2010-2021, afin de déceler d'éventuelles autres irrégularités ou dissimulations comptables liées à ce cas présumé de corruption sportive.
Cette décision judiciaire fait suite à une opposition ferme de l'ancien président du FC Barcelone, Josep Maria Bartomeu. Dans une déclaration écrite transmise au tribunal, sa défense avait réclamé que ces informations sensibles ne soient pas transmises à l'équipe blanche, arguant que la demande du Real Madrid « manquait de légitimité procédurale ». La juge a finalement tranché en faveur de l'ancien dirigeant blaugrana, estimant que l'exigence de la Maison Blanche dépassait le cadre strict de l'enquête en cours.
Concrètement, le Real Madrid réclamait deux types de documents très spécifiques pour étayer l'accusation :
Pour justifier son refus, la magistrate a souligné un point central : la matérialité des virements n'est plus à démontrer. Il est donc inutile, selon elle, de fouiller dans l'intégralité de la comptabilité du Barça pour prouver l'existence des transactions. « Il existe des indications que les paiements [...] ont effectivement été effectués », note l'ordonnance, citant les factures et les aveux mêmes du club catalan.
Le cœur du débat juridique ne porte plus sur l'existence des fonds versés, mais sur l'intention : le FC Barcelone a-t-il payé pour obtenir un « traitement préférentiel dans la compétition sportive » ? La juge a également estimé que la demande du Real Madrid s'apparentait à une "partie de pêche" trop vaste.
Les documents réclamés, portant sur l'ensemble de la gestion économique du club entre 2010 et 2021, contiendraient inévitablement des informations non pertinentes pour l'affaire Negreira. Le tribunal refuse donc que l'instruction serve de prétexte pour auditer l'intégralité de la gestion d'un club rival sur une décennie.
Enfin, le tribunal a rejeté la demande concernant l'accès au dossier de l'enquête interne menée par le FC Barcelone lui-même (Compliance). Le Real Madrid souhaitait connaître les irrégularités que le club aurait pu constater en interne. Sur ce point, la réponse de la juge est fondée sur un principe constitutionnel : le droit de ne pas s'auto-incriminer. « L'enquête judiciaire ne peut pas se fonder sur une enquête interne que le club aurait pu mener », précise l'ordonnance relayée par AS.
Exiger du FC Barcelone, entité mise en examen, qu'il fournisse des documents qu'il a lui-même produits pour sa défense ou son contrôle interne constituerait une violation directe du droit fondamental à ne pas s'auto-incriminer. Le Real Madrid devra donc s'appuyer exclusivement sur les investigations de la Garde Civile et du parquet, sans pouvoir compter sur les propres archives confidentielles du Barça pour alimenter son dossier d'accusation dans cette bataille juridique.
Aris Aid








































