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·21. Februar 2026
Ligue 2 : 30 ans qu'on avait pas vu ça dans le championnat

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À onze journées de la fin, la Ligue 2 version 2025-2026 offre un scénario rarissime. Après 23 journées, trois petits points séparent le leader du cinquième, et neuf unités seulement séparent le premier du onzième. Comme le précise L'Equipe, depuis l’instauration de la poule unique en 1993-1994, un tel resserrement à ce stade de la compétition n’a été observé qu’une seule fois. Autrement dit, nous assistons à l’une des saisons les plus indécises des trente dernières années.
Troyes occupe la tête avec 42 points, mais son avance est infime. Reims, l’AS Saint-Étienne et le Red Star suivent avec 40 points, tandis que Le Mans ferme la marche du Top 5 avec 39 unités. L’écart entre le premier et le cinquième n’a jamais été aussi réduit à ce moment du championnat, hormis lors de l’exercice 2010-2011. Cette compression extrême signifie qu’un simple match nul ou une victoire peut faire basculer un club de la première à la cinquième place en l’espace d’un week-end. La hiérarchie change presque mécaniquement chaque semaine.
L’histoire récente invite d’ailleurs à la prudence. Les équipes totalisant 42 points après 23 journées ont terminé dans le Top 5 à 14 reprises sur 18, mais seulement deux fois dans le Top 2. Être leader aujourd’hui ne garantit donc absolument rien pour la montée directe. Plus frappant encore, aucune équipe comptant 40 points à ce stade, comme l’ASSE cette saison, n’a terminé parmi les deux premiers depuis 1946-1947. Quatorze sur vingt ont certes fini dans le Top 5, mais jamais dans les deux premières places. Statistiquement, la montée directe reste donc totalement ouverte.
Ce resserrement s’explique aussi par des dynamiques instables. Troyes, qui possédait sept points d’avance sur le troisième après la 19e journée, a vu son matelas fondre en quatre rencontres sans victoire. Dans le même temps, Annecy et Rodez ont pris onze points sur les cinq dernières journées, soit le meilleur total du championnat sur cette période, se rapprochant dangereusement du wagon des prétendants. À ce rythme, le onzième peut encore ambitionner d’intégrer le Top 5.
Dans ce contexte, l’ASSE avance avec 40 points et une différence de buts positive (+11), pleinement intégrée à ce peloton compact. Les Verts ne dominent pas outrageusement la division, mais aucune formation ne le fait. Aucune équipe ne dépasse les deux points de moyenne sur les cinq dernières journées. Aucune ne creuse d’écart significatif. Cette homogénéité rend chaque détail déterminant : efficacité offensive, solidité défensive, gestion émotionnelle dans le money time.
Même la lutte pour le maintien reste concernée par cette instabilité générale. Bastia, lanterne rouge avec 17 points, accuse un retard conséquent, mais l’histoire montre que neuf équipes se sont déjà maintenues après avoir compté au moins quatre points de retard sur le premier non-relégable à ce stade. Laval, 17e avec 18 points, n’est qu’à quatre unités du maintien. Rien n’est figé.
Il reste 33 points à distribuer. Dans un championnat où trois points séparent cinq équipes et où neuf unités couvrent onze places, chaque journée peut redessiner totalement la carte. Cette saison de Ligue 2 n’a pas de favori clair, pas de hiérarchie installée, pas de locomotive irrésistible. Elle est statistiquement exceptionnelle par son niveau de compression et sportivement explosive par son imprévisibilité.
Pour l’ASSE, cela signifie une chose : la montée directe est possible, les play-offs sont loin d’être acquis, et la moindre série positive peut faire basculer la saison. À onze journées du terme, la Ligue 2 n’offre aucune certitude. Et c’est précisément ce qui rend ce sprint final aussi fascinant qu’incertain.









































