AllezPaillade.com
·29. März 2026
Souviens-toi… C’était Habib Bamogo #5

In partnership with
Yahoo sportsAllezPaillade.com
·29. März 2026

Après Jérome Bonnissel, place au cinquième volet de la chronique signée Babar, fidèle lecteur du site et supporter pailladin, qui continue de faire vivre la mémoire de ceux qui ont marqué notre club.
Aujourd’hui, focus sur Habib Bamogo, un nom qui parle forcément aux anciens de la Mosson. Attaquant rapide, instinctif et décisif, il a laissé son empreinte sous le maillot pailladin au début des années 2000, s’imposant comme l’un des visages offensifs marquants de l’effectif Pailladin.
Il y a ceux dont on se souvient parce qu’ils étaient là,et puis il y a ceux qui ont laissé une trace,ceux qui ont marqué une génération sans forcer, s’en rendre compte : En restant simple.
Habib Bamogo fait partie de ceux-là.Pas un héros, pas une légende: un phénomène.
Un joueur que le MHSC n’a pas découvert :Mais qui l’a drafté.
Parce qu’avant d’être pailladin, Bamogo sort tout juste du mythique INF Clairefontaine.Là-bas, on évalue, on trie, on jauge, on teste, on construit.
Presque une séance de “NFL Combine” à la Française :40 yards chrono, conduite de balle, personnalité, explosivité.
Il est repéré par Mama Ouattara et prend la direction de Grammont, où il boucle sa formation sous les ordres de Michel Der Zakarian et Thierry Laurey.
Dans ce casting, Bamogo est un profil rare :Explosif, instinctif, imprévisible.Un joueur d’espace.Un coureur pur.Un footballeur relativement juste et adroit.
Avec lui, même les plots d’entraînement avaient l’impression d’être en retard.
Paris le veut.Le glamour, les ambitions, les paillettes.Le Parc des Princes, la Tour Eiffel, l’Arc de Triomphe…
Mais ce n’est pas assez pour lui faire tourner la tête. Habib veut jouer et choisit Montpellier :Le Parc Montcalm, la Tour de la Babotte, l’Arc de Triomphe, aussi…
L’autre ville lumière.

Au début des années 2000, Montpellier cherche sa lumière, son souffle.Un passage d’une saison en Ligue 2 pour débuter le millénaire, des supporters qui n’attendent qu’un maintien…Comme une sensation de jouer avec vieil élastique qu’on étire en se demandant s’il va claquer… Où quand.
Et puis Bamogo débarque.Avec lui, tout allait vite.Trop vite pour les défenseurs, assez vite pour réveiller un stade entier.Une lumière soudaine venue de Panam.
Habib attaquait l’espace, cassait les lignes, traçait des diagonales.L’art de : “L’appel déclenche la passe”.Des appels tranchants, des accélérations aiguisées, des prises de balle qui coupent…Lui, il n’avait pas besoin d’un ballon pour faire peur, son appel suffisait.
À La Mosson, ça vibrait différemment quand il partait.On entendait ce petit souffle si particulier : l’inspiration des supporters qui se coupe au moment où il s’élance.Parce qu’un démarrage de Bamogo, c’était une promesse. Une alerte. une détonation silencieuse…
“Accroche-toi, c’est parti !”
Avec Fodé Mansaré à ses côtés.Le MHSC avait deux profils complémentaires : Bamogo, le dynamiteur de lignes, l’instinctif, le fonceur ; Mansaré, le créatif, le dribbleur, celui qui provoque balle aux pieds.Leur entente, naturelle et fluide, pouvait transformer la Mosson.
Les stats racontent une histoire, le terrain en raconte une autre.Et dans celle-ci, Bamogo apporte exactement ce qui manque à la Paillade :La promesse permanente de créer du danger, d’ouvrir des brèches, d’écarter un chemin, de créer du mouvement, d’ouvrir une route vers le but.
Son style :De l’explosivité façon NFL.Des démarquages insicif.De l’instinct au ras du sol.Une faculté à faire reculer une défense sans toucher la balle.
Montpellier peut souffrir, douter, tanguer, échouer…Lui avance.Toujours.Encore.
Avec l’obstination d’un coureur qui sait que chaque mètre compte.

Il y a les souvenirs, et il y a les certitudes.Le doublé contre Paris lors de la 5ème journée à la Mosson.
Le club qui le voulait, la ville qu’il a quitté.Ce soir-là, Bamogo ne fait pas que marquer…Il prouve !Chaque attaque de profondeur est une tentative de touchdown.Il lit la défense comme d’autres lisent le Midi Libre.Ses courses endiablées ressemblent à des fonctions programmées pour faire mal.
Montpellier exulte,La Mosson gronde,Bamogo rugit !Il devient plus qu’un joueur : une sensation.
Ce soir-là, Paris n’a pas perdu un match : il a perdu la garde d’un gamin qu’il n’aurait jamais dû laisser filer…
3‑2. Montpellier renverse Paris.Et sur le terrain, c’est lui : l’étincelle.
Celui qui fait lever toute une Mosson bientôt inondée.
Le running back.
Saison 2003-2004.La Mosson prend l’eau, et le MHSC aussi.Après une phase aller encourageante, tout s’écroule.Quatorze matchs sans victoire, treize défaites, un nul.
Paradoxalement, au milieu du naufrage, Habib surnage.16 buts en Ligue 1.16 bouffées d’air dans une saison étouffante.
Des courses diagonales, des dribbles qui transpercent, des frappes sans complexe.L’international Espoir tricolore éclaire les soirées où tout semble s’éteindre.
Et à la fin, Montpellier descend.Mais Bamogo, lui, laisse une trace : 98 matchs, 23 buts.Mais surtout : une attitude.Celle du mec qui ne triche pas.Qui court, qui tente, qui ose.Le genre de joueur qui rend les défaites moins lourdes à porter.
L’été passe, les offres tombent.
Lyon attire :stabilité, progrès, ordre.Le terrain parfait pour polir un diamant brut.Champion de France pour la troisième saison consécutive l’OL est fortement intéressé.
Mais Bamogo choisit l’autre Olympique.Celui qui brûle, qui secoue, qui dévore : l’OM.Arrivé pour apprendre aux côtés de Drogba…Qui file à Chelsea aussitôt, laissant un vide impossible à remplir.
Habib s’accroche, bosse, insiste.Mais Marseille regarde avant d’attendre.Parle avant de savoir, juge avant de voir…Un pari qui n’a pas vraiment tenu.
Alors oui :S’est-il trompé d’Olympique ?La question flotte encore, comme un coup-franc de Juninho.

Parce que certains joueurs restent gravés dans le relief.Et Bamogo était de ceux-là.Un joueur d’espace, de rupture.Celui qui faisait reculer un bloc rien qu’en partant.
Aujourd’hui encore, la Paillade se souvient :Son premier appui,Son démarrage de raseteur face au taureau,Sa manière de perforer un intervalle,Sa capacité à ouvrir un match comme on débloque une serrure bloquée.
Le running back drafté par la Paillade.L’attaquant qui respirait vitesse.Celui qui rallumait la Mosson quand les plombs avaient sautés.
Un Parisien devenu Marseillais…Qui courait pour Montpellier.Avec fierté.
Souviens-toi.C’était le numéro 26 : Habib Bamogo.








Live

































