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·8 January 2026

Atletico de Madrid - Real Madrid : un derbi à quitte ou double pour Xabi Alonso

Article image:Atletico de Madrid - Real Madrid : un derbi à quitte ou double pour Xabi Alonso

Le Real Madrid se trouve à la croisée des chemins en ce début d'année 2026. Ce soir, sur la pelouse du King Abdullah Sports City de Djeddah, l'odeur de la poudre va de nouveau flotter dans l'air lourd de l'Arabie saoudite. Le club aux 15 Ligues des Champions entame sa campagne de Supercoupe d’Espagne par un véritable Everest : un derbi madrilène face à l’Atlético de Madrid. Si l’affiche est un classique absolu du football mondial, le contexte, lui, est particulièrement brûlant pour le Real Madrid.

Malgré une récente éclaircie et une victoire convaincante et offensive face au Real Betis (5-1) pour lancer l'année civile, les doutes qui escortent le projet sportif sont loin d'être dissipés. L'équipe dirigée par Xabi Alonso débarque au Moyen-Orient avec l'étiquette d'un géant encore convalescent, cherchant désespérément sa vitesse de croisière.


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La première moitié de saison a été marquée par une irrégularité chronique, alternant des séquences de jeu flamboyantes et des trous d'air incompréhensibles, comme cette défaite traumatisante à Anfield ou les points perdus bêtement en Liga face à des équipes de milieu de tableau. Pour l'entraîneur tolosar, ce tournoi n'est pas une simple excursion lucrative ou une opération marketing.

C'est un juge de paix. C'est l'opportunité unique de transformer une saison pour l'instant "moyenne" en une saison prometteuse, ou le risque terrible de plonger le club dans une crise institutionnelle majeure en cas de nouvelle déroute face au rival de la capitale.

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Le Real Madrid face au défi ultime pour la survie de Xabi Alonso

Le Real Madrid n'a plus le droit à l'erreur, et son entraîneur le sait mieux que quiconque. Xabi Alonso joue très gros cette semaine, peut-être même une partie de son avenir sur le banc merengue. Arrivé avec l'aura de son succès historique à Leverkusen, le technicien espagnol peine encore à imprimer sa marque de manière constante sur cet effectif galactique.

La presse espagnole, Marca et AS en tête, est unanime : cette Supercoupe est un baromètre décisif pour la suite. Une élimination précoce, surtout face à l'ennemi intime qui a déjà humilié le Real Madrid cette saison, renforcerait considérablement les interrogations sur sa capacité à gérer un vestiaire aussi lourd et à gagner les matchs qui comptent vraiment.

Le spectre de la "manita" (5-2) encaissée plus tôt dans la saison face à ces mêmes Colchoneros hante encore les esprits à Valdebebas. Ce jour-là, le système d'Alonso avait volé en éclats face à l'agressivité, au vice et au pragmatisme de Diego Simeone. Ce soir, il ne s'agira pas seulement de tactique, mais d'orgueil et de survie.

Les joueurs doivent une revanche à leurs supporters, mais ils doivent aussi prouver par les actes qu'ils soutiennent toujours leur coach. Une victoire probante permettrait de valider les progrès entrevus contre le Betis et d'installer enfin une dynamique positive durable. À l'inverse, une prestation insipide pourrait fragiliser la position d'Alonso, dans un club où la patience est une denrée périssable qui se consomme très vite.

Ce match est une question de crédibilité : le Real Madrid doit montrer qu'il sait encore être le patron lors des grands rendez-vous à élimination directe.

Une infirmerie qui dicte sa loi : sans Mbappé mais avec des renforts

L'équation tactique de ce derbi est complexifiée par une absence de taille, qui oblige le staff à revoir tous ses plans offensifs. La star absolue, Kylian Mbappé, est restée à Madrid. Touché au genou, le Français est forfait pour la compétition. C'est un coup dur immense, car son jeu de profondeur est souvent l'arme fatale pour étirer le bloc bas et compact de l'Atlético.

Sans lui, le Real Madrid perd sa capacité de dissuasion principale et sa vitesse foudroyante en transition. Xabi Alonso devra donc se réinventer et confier les clés de l'attaque au duo brésilien Vinicius Jr et Rodrygo. Les deux hommes, orphelins de leur partenaire français, devront retrouver leur complicité des grandes années et leur mobilité incessante pour désorganiser la défense de fer des Rojiblancos.

L'absence de Brahim Díaz, parti disputer la CAN avec le Maroc, réduit encore les options de rotation, offrant peut-être une opportunité en or au jeune Gonzalo, auteur d'un triplé lors du dernier match, ou à la pépite turque Arda Güler de se montrer en sortie de banc.

Cependant, tout n'est pas sombre au tableau médical, bien au contraire. Le groupe du Real Madrid enregistre des retours qui pourraient changer la physionomie de la saison. En défense, le secteur le plus sinistré ces derniers mois, Xabi Alonso récupère des soldats. Le retour dans le groupe de Trent Alexander-Arnold est une excellente nouvelle pour la créativité sur le flanc droit, même si sa titularisation reste incertaine et dépendra des dernières sensations.

De même, la présence de Dean Huijsen, qui a repris l'entraînement, offre enfin une alternative viable en charnière centrale. Mais le retour le plus symbolique et le plus attendu est celui de Dani Carvajal. Le capitaine, absent depuis plus de deux mois, est du voyage. Même s'il est peu probable qu'il débute une rencontre d'une telle intensité physique, son leadership dans le vestiaire et sur le banc sera un atout psychologique monumental pour réveiller l'orgueil de ses partenaires et aboyer les consignes.

L’Arabie saoudite, terre de conquête et de revanche

Historiquement, le dépaysement réussit plutôt bien aux Merengues. L'Arabie saoudite est devenue, au fil des années, une véritable terre de conquête pour le Real Madrid, qui y a soulevé le trophée en 2020, 2022 et 2024. Le public local, majoritairement acquis à la cause blanche, offrira une atmosphère proche de celle du Bernabéu, un facteur non négligeable dans un match qui s'annonce serré, tendu et probablement haché par les fautes.

Mais au-delà des statistiques et du soutien populaire, c'est l'enjeu sportif immédiat qui prime. Gagner cette demi-finale ouvrirait les portes d'une finale de rêve dimanche, potentiellement face au FC Barcelone ou à l'Athletic Club, qui s'affrontent dans l'autre partie du tableau. Ce serait l'occasion de soulever le premier titre de 2026 et d'envoyer un message fort à toute l'Europe : le Real Madrid est de retour aux affaires.

Pour cela, il faudra livrer un combat total, faire preuve d'une discipline de fer pour ne pas tomber dans le piège de la provocation que l'Atlético ne manquera pas de tendre, et se montrer chirurgical devant le but. Xabi Alonso le sait : son destin madrilène ne se jouera peut-être pas intégralement ce soir, mais une grande partie de son crédit est posée sur la table verte de Djeddah. C’est un match à quitte ou double.

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