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·12 mars 2026

Battues par le RC Lens, les Montpelliéraines ont un pied en Seconde Ligue

Image de l'article :Battues par le RC Lens, les Montpelliéraines ont un pied en Seconde Ligue

Le MHSC Féminines a-t-il tout perdu ce soir ? La question n’est pas illégitime au moment où les Pailladines, défaites (2-1) sur la pelouse du Racing Club de Lens se retrouvent à nouveau engluées en dernière position du classement. Menées trop vite et incapables de régler la mire en attaque, les Héraultaises n’ont pas été en mesure de sortir la prestation qu’il fallait face à un concurrent direct. De quoi rendre leur chemin vers le maintien toujours plus étroit, en le conditionnant potentiellement à des exploits face à aux gros clubs du championnat…

Pour Jean-Louis Saez, de retour sur le banc du MHSC après le bizarrement bref intérim de Baptiste Merle, il était clair que ce rendez-vous dans le Pas-de-Calais serait un défi tactique et psychologique important. Non seulement le coach historique de Montpellier se devait de trouver la bonne formule pour son onze de départ, mais il fallait aussi parvenir à faire rentrer ses joueuses sur le terrain dans de bonnes dispositions. Une entame ratée, comme on en a souvent connu cette saison, compliquerait grandement les choses dans ce duel décisif entre deux pensionnaires de la zone rouge.


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Malheureusement, la fébrilité sera bien dans le camp des visiteuses pour ouvrir la rencontre. Après un round d’observation où les deux équipes avancent timidement, craignant clairement de se découvrir, c’est Lens qui prend les devants sur sa première offensive. Esseulée dans un couloir droit déserté par sa vis-à-vis Aude Bizet, l’ailière arthèsienne Louann Archier arme un centre-tir. Avec un peu de réussite, son ballon semble légèrement dévié de l’épaule par Jade Rastocle et trompe Chloé N’Gazi, pas épargnée pour sa première avec le MHSC (1-0, 11′).

Les Pailladines sont menées. Rien de nouveau sous le soleil me direz vous, cette saison étant peu ou prou un enchaînement quasi ininterrompu de matchs où le Montpellier Hérault se met en difficulté d’entrée avant de rehausser son niveau plus tard dans la partie. Face à cet adversaire prenable que semble être le RCL, on veut donc croire à un potentiel come-back quand Rose Kadzere (17′), Cyrielle Blanc (25′) ou Justine Rouquet (29′) se créent de timides opportunités aux abords de la cage de Blandine Joly. Seule la deuxième citée parvient néanmoins à mettre la gardienne à contribution, les différentes attaques manquant jusqu’ici terriblement de précision.

En face, Lens ne produit pas grand chose, mais met en revanche plus d’impact dans son jeu, grâce notamment à un bon pressing. La désorganisation défensive du MHSC leur offre par ailleurs des occasions de semer le chaos autour de la surface héraultaise. Adèle Connesson parvient ainsi à forcer Blanc et Bizet à commettre une faute grossière dans la zone de vérité, permettant aux siennes de récupérer un penalty (30′). Aude Gbedjissi le transforme en prenant parfaitement N’Gazi à contrepied (2-0, 32′). Les Lensoises sont mêmes proches de tripler la mise peu après lorsque Naomie Vagre enrhume Grace Gillard, mais l’ancienne Mancelle s’emmêle les pinceaux dans le dernier geste et loupe un but tout fait devant la cage montpelliéraine (40′).

À ce moment-ci, on peut difficilement croire que le MHSC va relever la tête avant la mi-temps. C’est sans compter sur Judith Coquet, qui offre aux siennes un but sorti un peu de nulle part en reprenant d’une frappe limpide une remise en retrait de Rouquet (2-1, 42′). La réduction du score est validée après un petit moment de flottement, alors qu’on croit d’abord que Mme Vanderstichel a sifflé une faute montpelliéraine dans la surface.

Les joueuses de Jean-Louis Saez ont donc encore des raisons d’y croire au moment d’entamer la deuxième période. Hélas, le scénario familier d’une formation montpelliéraine encore dans le match, mais incapable de passer la seconde dans le jeu s’installe à nouveau une fois les équipes revenues de la pause. Lens est alors plus actif et s’offre quelques occasions, avec un nouveau centre-tir d’Archier, cette fois détourné par N’Gazi (48′) et un raid de Gbedjissi, qui prend le meilleur sur Gillard avant de tirer au-dessus (50′). Le coach héraultais tente de modifier la donne avec ses premiers changements, lançant ainsi Nina Ngueleu et Chiara Baylet à la place d’Ashley Clark et Rose Kadzere (54′). Le choix de faire rentrer la jeune latérale est presque payant cinq minutes plus tard, lorsque Baylet élimine brillamment quatre lensoises pour servir Sonia Ouchene dans la surface. Malheureusement, la capitaine du MHSC manque le cadre sur sa frappe (60′). C’est décidemment une tare dans le jeu de la milieu franco-espagnole : régulièrement capable de se procurer au moins une grosse occasion par match, elle peine toutefois beaucoup, beaucoup trop à être décisive face au but.

C’est ensuite à Lens de louper à nouveau le but du break. Récupérant le ballon dans les pieds d’une N’Gazi trop tendre à la relance, les Sangs-et-Ors se créent une occasion se concluant par un tir apparemment bénin de Connesson, qui termine néanmoins sa trajectoire sur le poteau (63′). Les minutes s’égrainent ensuite au rythme des changements et des interruptions de jeu. Rien ne se passe de significatif dans les deux surfaces et le MHSC peine encore et toujours à construire balle au pied. Marion Torrent fait son grand retour sur les terrains (70′), apportant un peu de combativité au milieu. Un surgissement de Jade Rastocle permet ensuite de mettre Blandine Joly en alerte à l’orée des dix dernières minutes du temps réglementaire, mais ça reste approximatif (81′).

Nous voilà dans le temps additionnel, Montpellier essayant de pousser pour sauver, au moins, un point du nul qui n’arrangerait quoi qu’il en soit aucune des deux formations. Torrent est d’abord à la baguette sur un coup-franc lointain et sert Nina Ngueleu, qui reprend de la tête et envoie la balle mourir non loin du poteau de Joly (90’+1′). Lens subit et le MHSC pousse encore quelques minutes plus tard. Servie dans la profondeur par l’entrante Rosalie Chaine, Justine Rouquet est en position pour tromper Joly. Mais au moment où la Biterroise arme une frappe qui va effectivement rentrer dans les filets nordistes, un coup de sifflet se fait entendre (90’+4′). Le but est refusé pour une position de hors-jeu (pas impossible, mais difficile à confirmer sur la vue écrasée offerte par la retransmission du match), anéantissant cruellement la dernière chance montpelliéraine de recoller au score.

CE QU’IL FAUT RETENIR

Les implications de ce résultat sont difficiles à minorer. C’est face au RC Lens que le MHSC avait obtenu sa dernière victoire en championnat, le 18 octobre dernier. Depuis, les deux clubs n’ont pas beaucoup avancé, mais ce soir, le RCL obtient un sursis dans la course au maintien… et Montpellier se retrouve au bord du précipice. Après un tel à coup sur la tête, il est à présent difficile d’imaginer les Héraultaises se sortir du trou qu’elles ont creusé. Il faut dire que dans ce rendez-vous crucial, la prestation fut insuffisante à tous les niveaux.

On se souvient que Montpellier misait sur le mercato hivernal pour se renforcer et générer de nouveaux espoirs dans la course au maintien. Ce soir, les recrues sont toutes passées à côté : Aude Bizet a régulièrement lâché son placement sur le côté gauche, Gillard a bu la tasse dans plusieurs duels, N’Gazi n’a pu se montrer décisive dans les cages et Clark est apparu tout simplement trop lente pour suivre le rythme d’une rencontre de D1. Le manque de réalisme devant la cage a été fatal et même Justine Rouquet (une joueuse à qui on ne peut rien reprocher cette saison tant elle a dépassé les attentes) a loupé son match, faisant souvent le mauvais choix balle au pied. Le milieu, si prometteur en début de saison, manque grandement d’impact et de maîtrise, Ouchene et Coquet ayant du mal à y faire parler leur technique. Difficile, aussi, d’amener régulièrement le danger chez l’adversaire lorsqu’on peine autant à utiliser les couloirs.

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Le classement après 17 journées

Si le MHSC n’accuse que 3 points de retard sur la position de premier non-relégable, reste qu’il faut mettre ce classement en perspective, en prenant en compte le calendrier restant. Des trois équipes concernées directement par le maintien, Montpellier est la seule qui doit encore rencontrer les principaux poids lourds du haut de tableau, le PSG, le Paris FC et Lyon :

J18 PSG à domicile, J19 OM au Vélodrome, J20 Paris FC à domicile, J21 ASSE à domicile et J22 OL à l’extérieur.

Il y aura certes des opportunités à saisir face à l’ASSE et Marseille (qui n’est d’ailleurs pas encore tiré d’affaires malgré une petite marge de 6 points sur la 11ème position), mais le bilan des Pailladines dans leurs matchs face aux adversaires directs n’est guère encourageant. Comparativement, les programmes de Lens (DFCO, ASSE, HAC, OM et PFC), et de Saint-Étienne (PFC, RCL, PSG, RCSA, MHSC, FCF91) paraissent plus abordables, avec la possibilité d’accrocher des équipes de milieu de tableau qui n’auront peut-être plus grand chose à jouer. Même en cas de carton plein face aux Vertes et aux Phocéennes, il faudra donc certainement glaner des points contre les grosses écuries pour espérer arracher cette 10ème place. Les nuls surprenants acquis cette saison contre le PSG (2-2) ou Nantes (2-2) montrent que ce n’est pas impossible mais, soyons francs, tout cela augure quand même d’une fenêtre de tir très réduite pour se sortir de la zone rouge.

On peut donc dire sans exagération que le Montpellier Hérault a ce soir un pied en Seconde Ligue. Rien n’est définitif bien sûr, mais ceci appelle à une prise de conscience au sein de la direction du club. La relégation est maintenant un scénario très probable, sauf retournement de situation spectaculaire. Il va donc falloir se poser des questions douloureuses sur l’avenir du groupe actuel et, plus globalement, sur celui de la structure MHSC Féminines.

En attendant, l’espoir fait vivre et les Pailladines doivent maintenant préparer leur prochain rendez-vous, dimanche 22 mars (17h30) face au Paris Saint-Germain. Pour Jean-Louis Saez et ses troupes, il s’agira de retrouver un peu d’insouciance et d’opiniâtreté afin de bousculer à nouveau le club de la capitale. Qui sait, cette équipe pailladine est parfois à son meilleur lorsqu’on ne l’attend pas…

LA COMPO

N’Gazi – Levasseur, Gillard, Rastocle, Bizet – Ouchene (Gstalter, 82′), Blanc (Chaine, 82′), Coquet (Torrent, 70′) – Rouquet, Clark (Ngueleu, 54′), Kadzere (Baylet, 54′)

Crédits photo : @mhsc_feminines

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