Le Journal du Real
·1 juillet 2026
Brahim Díaz, ou pourquoi les grands clubs ne gagnent jamais à onze

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·1 juillet 2026

La Coupe du monde 2026 de Brahim Díaz n'est peut-être pas la compétition la plus éclatante de sa carrière, contrairement à sa CAN 2025 à domicile (si on fait abstraction de la finale). Pourtant, l'essentiel n'est peut-être pas là.
Le véritable enjeu dépasse largement le cas du milieu offensif marocain. Il interroge une question beaucoup plus profonde : comment un club comme le Real Madrid doit reconstruire une équipe capable de dominer de nouveau et durablement le football européen ?
🚨 L'entraîneur de la Juventus Luciano Spalletti CONTINUE D'INSISTER pour signer Brahim Díaz. Le joueur veut rester au Real Madrid mais si José Mourinho lui dit qu'il ne fait pas partie des plans, une SURPRISE pourrait se produire. @FabrizioRomano
L'histoire du Real Madrid apporte une réponse presque constante. Les grandes équipes madrilènes n'ont jamais reposé uniquement sur leurs stars, elles se sont construites grâce à la qualité de leurs joueurs de rotation.
On parle souvent des titulaires. On évoque naturellement les Ballons d'Or, les recrues phares ou les joueurs les plus médiatisés. Mais les saisons qui se terminent par des trophées sont souvent remportées par ceux qui entrent à l'heure de jeu, remplacent un blessé sans faire baisser le niveau collectif, vont jouer titulaires et faire gagner dans un déplacement difficile ou créent une concurrence permanente et saine au sein du vestiaire.
Autrement dit, les titulaires font gagner des matchs. Les entrants font gagner des saisons. L'exemple le plus marquant reste probablement celui de la saison 2016-2017. Cette équipe, considérée comme l'une des plus accomplies de l'histoire récente du Real Madrid, ne possédait pas seulement un onze exceptionnel. Zidane disposait presque de deux équipes capables de rivaliser au plus haut niveau.
Pendant que les titulaires enchaînaient les grandes affiches européennes, des joueurs comme Isco, Álvaro Morata, James Rodríguez, Pepe, Marco Asensio, Mateo Kovacic ou Lucas Vázquez entretenaient une concurrence permanente sans jamais faire chuter le niveau de performance de l'équipe. Tous internationaux, certains auraient même été titulaires dans la majorité des plus grands clubs européens. Ce Real-là était un modèle de gouvernance sportive, pas étonnant qu'il ait remporté trois LDC consécutives.
Cette logique existait déjà quelques années auparavant. Sous José Mourinho, le Real Madrid avait retrouvé une culture de l'exigence permanente. Karim Benzema et Gonzalo Higuaín se disputaient la pointe de l'attaque. Derrière eux, des joueurs comme José Callejón, Fabio Coentrao, Esteban Granero, Raphaël Varane ou Lassana Diarra entretenaient une émulation constante auprès des autres titulaires, chaque place devait être méritée chaque semaine.
Les grands effectifs ne sont pas construits pour remplacer les titulaires. Ils sont construits pour empêcher les titulaires de s'installer dans le confort. C'est précisément dans cette catégorie que s'inscrit Brahim Díaz.
Lors de la saison 2023-2024, celle du doublé Liga-Ligue des champions, il a incarné ce rôle à la perfection. Avec 44 matchs disputés, 12 buts et 9 passes décisives toutes compétitions confondues, il a démontré qu'un treizième ou quatorzième joueur pouvait avoir une influence décisive sur le destin d'une saison.
À chaque fois que Carlo Ancelotti avait besoin d'une solution différente, Brahim répondait présent. Son impact allait bien au-delà des statistiques, il permettait au Real Madrid de conserver une intensité identique malgré les rotations, les blessures ou l'enchaînement des compétitions.
En revanche, les deux saisons suivantes ont été plus contrastées. Son influence s'est progressivement réduite. Sa Coupe du monde avec le Maroc n'a pas totalement dissipé ces interrogations, même si elle lui offre aujourd'hui une formidable opportunité de retrouver confiance après un parcours international déjà mouvementé.
Mais, là encore, la question dépasse sa situation personnelle. Sous les ordres du nouvel entraîneur José Mourinho, le Real Madrid aura besoin d'un effectif capable de soutenir les ambitions de Kylian Mbappé, Vinicius Júnior, Jude Bellingham ou Rodrygo sur près de soixante-dix rencontres.
Un grand Mbappé aura besoin d'un grand Brahim Díaz. Un grand Vinicius aura besoin d'un grand Brahim Díaz. Et un grand Real Madrid aura surtout besoin que l'écart entre son premier et son quatorzième, voire quinzième ou seizième joueur, soit le plus faible possible, la qualité de l'effectif du PSG de Luis Enrique, actuel double champion d'Europe le démontre.
Car c'est précisément là que se construit la domination durable. Le football moderne est devenu un sport d'effectifs bien plus qu'un sport de titulaires. Pep Guardiola avait établi à Manchester City d'avoir un effectif de 20 joueurs de très haut niveau pour gagner sur tous les tableaux. Son palmarès cityzen montre la concordance entre sa vision et les résultats. La profondeur d'effectif est devenue le gage obligatoire de succès dans des saisons à rallonge.
C'est pourquoi le retour au premier plan de Brahim Díaz serait bien plus qu'une bonne nouvelle individuelle. Il constituerait le signe que le Real Madrid retrouve l'un des fondements historiques de ses plus grands succès : un collectif où les héros ne sont pas seulement ceux qui débutent les rencontres, mais aussi ceux qui les font basculer.
L'histoire du Real Madrid l'a démontré à plusieurs reprises. Les cycles les plus victorieux ne sont pas ceux qui possèdent les onze meilleurs joueurs. Ce sont ceux qui disposent des quinze ou seize joueurs les plus proches les uns des autres en termes de niveau, d'exigence et de capacité à répondre présent lorsque l'institution en a besoin.
Si Brahim Díaz retrouve cette place, alors le Real Madrid retrouvera une partie de son identité compétitive, c'est ici que le travail de Mourinho, deuxième passage à Madrid, doit opérer.
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