Calciomio
·3 mai 2026
Comment une légende du football italien est devenue l’un des entraîneurs les plus prometteurs de Serie A ?

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·3 mai 2026

Comme le raconte Ultimouomo, l’histoire entre Daniele De Rossi et le Genoa commence presque comme une revanche personnelle. Un an et demi plus tôt, c’est justement le club rossoblù qui avait précipité la fin de son aventure sur le banc de la Roma, avec un égaliseur tardif signé Koni De Winter et une expulsion frustrante pour l’ancien capitaine giallorosso. Quelques jours plus tard, De Rossi était licencié, malgré une récente prolongation. Un épisode amer, dans un stade de Marassi qui allait pourtant devenir le théâtre de sa renaissance.
Son arrivée à Gênes marque en effet un tournant. Contrairement à ses expériences précédentes, notamment à la SPAL ou à la Roma où il incarnait encore une figure symbolique, De Rossi débarque cette fois comme un entraîneur à part entière, chargé de redresser une équipe en grande difficulté. Le Genoa n’avait remporté aucun de ses neuf premiers matches (trois nuls, six défaites), et la confiance était au plus bas.
Très vite, De Rossi impose sa méthode, fondée sur le dialogue et la conviction plutôt que sur l’autorité brute. Inspiré par des entraîneurs comme Luciano Spalletti, qu’il admire pour sa capacité pédagogique, il reconstruit un groupe fragilisé. Mais au-delà de l’aspect psychologique, ce sont surtout ses choix tactiques qui vont transformer le Genoa.
L’un des premiers ajustements majeurs concerne la défense, avec la titularisation d’Alessandro Marcandalli dans une ligne à trois, renforçant la solidité de l’équipe. De Rossi repositionne également Ruslan Malinovskyi plus bas au milieu, afin d’exploiter sa qualité de passe et son pied gauche sur les longues transmissions. Le retour d’Aarón Martín, précieux sur coups de pied arrêtés et dans la création, apporte aussi une arme supplémentaire.
Ces décisions s’inscrivent dans une philosophie claire : adapter le jeu aux caractéristiques de l’effectif et à l’identité du club. De Rossi comprend que le Genoa doit s’appuyer sur l’intensité, le combat et l’énergie, des valeurs chères au public de Marassi. Il accepte ainsi de mettre de côté certaines idées plus ambitieuses inspirées de techniciens comme Guardiola ou De Zerbi, pour privilégier un football plus direct et pragmatique.
Cette approche se traduit notamment par une phase défensive très agressive. Le Genoa devient l’une des équipes les plus pressantes du championnat, avec un pressing homme à homme intense et haut sur le terrain. Les Rossoblù figurent parmi les meilleures équipes de Serie A en termes de pressions dans le camp adverse et de récupération rapide du ballon. Même lorsqu’ils reculent, ils restent organisés dans un bloc compact, souvent en 5-4-1, avec une forte implication des attaquants dans les tâches défensives.
Offensivement, le Genoa ne cherche pas à contrôler le jeu mais à exploiter au mieux ses qualités. Le système évolue selon les situations, avec une construction parfois à quatre et des rotations intelligentes, notamment impliquant Ostigard. Le rôle de Malinovskyi est central : ses passes longues permettent de sauter les lignes et de trouver des solutions rapides vers l’avant.
Dans ce schéma, l’attaquant Lorenzo Colombo devient une pièce essentielle. Plus que ses buts, c’est sa capacité à peser sur les défenses, à attaquer la profondeur et à servir de point d’appui qui structure le jeu offensif. Associé à Vitinha, il incarne une attaque mobile et généreuse dans l’effort.
Le Genoa privilégie les côtés plutôt que l’axe, avec peu de construction dans le cœur du jeu. Cette approche, peu spectaculaire mais efficace, s’accompagne d’une capacité à marquer de loin ou sur coups de pied arrêtés, où Malinovskyi et Aarón Martín excellent. L’équipe compense ainsi son manque de créativité par des solutions directes et opportunistes.
Les résultats ne tardent pas : avec une 14e place et une avance confortable sur la zone de relégation à quatre journées de la fin, le maintien est quasiment assuré. Un succès loin d’être évident au vu du début de saison catastrophique.
Au-delà du maintien, cette expérience marque une étape importante dans la carrière de De Rossi. Il a su faire preuve de pragmatisme, adapter ses idées et tirer le meilleur d’un effectif limité. Reste désormais à voir ce qu’il pourra construire sur la durée, avec une préparation complète et d’éventuels ajustements dans l’effectif.
Des joueurs comme Baldanzi ou le jeune Amorim laissent entrevoir une évolution possible vers un jeu plus technique et associatif. Une chose est sûre : à Gênes, De Rossi a prouvé qu’il était bien plus qu’un symbole — un véritable entraîneur capable de bâtir, d’adapter et de faire progresser son équipe.


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