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·4 juin 2026
EXCLU - Edan Diop : « Mon objectif est de revenir à Monaco pour prouver mes qualités »

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·4 juin 2026

Prêté par l'AS Monaco au Cercle Bruges cette saison, Edan Diop a crevé l'écran en Belgique. Alors que son prêt se termine et qu'il s'apprête à revenir à Monaco, le petit frère de Sofiane Diop s'est confié sur sa première grosse saison au plus haut niveau, son évolution en tant que professionnel et ses envies pour le futur.
Edan, tu sors d’une première saison pleine en Belgique avec 35 apparitions, sept buts et trois passes décisives sous les couleurs du Cercle Brugge. As-tu l'impression d'avoir franchi un palier avec cette équipe ?
Oui, surtout au niveau de la santé. Savoir que mon corps est capable d'encaisser 35 à 40 matchs dans la saison, c'était vraiment l'objectif principal. Ensuite, je suis très vite passé à une phase où il fallait prouver ma valeur, être décisif avec des passes et des buts. Pour ma part, je trouve que c'est une saison réussie.
Quel était ton regard sur le championnat belge avant d'y arriver ?
Avant d'y aller, j'étais un peu indécis, je ne savais pas trop à quoi m'attendre. Puis je me suis renseigné sur les équipes et les joueurs, et j'ai constaté qu'il y a vraiment de la qualité. C'est un jeu avec beaucoup d'espaces, très différent de la Ligue 1. En tout cas, c'est un très bon championnat, d'autant plus que plusieurs clubs jouent la Ligue des Champions ou l'Europa League.
Tu parlais des espaces, c'est en effet un championnat réputé plus ouvert sur le terrain. La Ligue 1 est très verrouillée tactiquement, c'est difficile. En Belgique, as-tu senti qu'il était plus facile pour un jeune joueur d'exprimer ses qualités ?
Oui, c'est tout à fait ça. Après, je ne suis pas forcément arrivé dans le plus grand club, même si mon intégration s'est bien passée. Mais là-bas, même si on joue contre le Club Bruges ou l’Union Saint-Gilloise, on y va pour les bousculer. Le dernier du classement peut totalement aller chercher le premier. C'est une mentalité vraiment différente.
Quelles sont les inquiétudes que l'on peut avoir quand on est joueur dans un club de Ligue 1 et que l'on part en prêt à l'étranger ? A-t-on peur de disparaître un peu des radars ?
Au moment de partir, on est toujours un peu dans le flou. Mais si on arrive déterminé dans le club, tout se passe bien. Il faut faire preuve d'ambition et montrer ses qualités, c'est le plus important. Si ça ne fonctionne pas dans ce club, ça fonctionnera ailleurs. Il faut exposer son football, et pour moi, la détermination reste la clé.
Et tu as réussi à les montrer. Quand on regarde tes statistiques : plus de 2 600 minutes jouées, 7 buts, 3 passes décisives, c'est un bilan solide pour un milieu de terrain. Tu t'attendais à être aussi performant ?
Non, je ne m'y attendais pas du tout. Au début de la saison, je ressentais encore une petite douleur au pied. Mais le fait d'enchaîner les matchs, d'engranger de la confiance et de marquer des buts, c'est vraiment ce qui a fait la différence pour moi.
Edan Diop dans les locaux de Onze Mondial - Onze Mondial
Tu es un joueur qui marche beaucoup à la confiance : à la fois celle du coach, mais aussi celle qui découle de tes propres performances ?
Surtout celle des performances. Je n'ai pas forcément besoin que le coach me parle en permanence ; montrer mes qualités sur le terrain me suffit, tout comme le fait de proposer du spectacle.
As-tu senti ton statut évoluer au fil des mois au sein de l'équipe ? Tu es arrivé comme un jeune joueur prêté de Ligue 1, et tu as fini la saison en titulaire indiscutable, décisif et important. Comment as-tu vécu ce changement ?
Oui, je l'ai senti, notamment juste avant le mois de novembre, lorsque j'ai marqué contre Genk.
C’était un penalty.
Oui, c'est ça. C'est à ce moment-là que j'ai opéré un déclic. Au début, j'étais le jeune joueur qui arrivait pour aider le collectif, puis je suis passé dans une autre dimension où il fallait s'imposer. Je devais prouver à chaque match et montrer que c'était moi le patron sur le terrain. Le match contre Genk a vraiment été le moment clé.
Justement, qu'est-ce qui te passe par la tête au moment de tirer ce penalty ? Prendre ses responsabilités dans un moment aussi crucial, face à une grosse équipe alors que l'on est un jeune joueur, qu'est-ce qu'on ressent ?
On ressent un peu d'excitation, mais il faut simplement se lancer et se dire que ça va aller.
Et au sein du vestiaire, as-tu senti une évolution ? Prenais-tu davantage la parole lors des causeries d'avant-match ou pendant les entraînements ?
Tout à fait. Juste avant les matchs, le coach me demandait souvent mon avis, que ce soit sur le plan tactique ou sur le pressing. J'ai senti que je prenais plus d'importance dans le groupe, et il fallait que je le retranscrive sur le terrain.
Tu viens de terminer ton année en Belgique. Quel est ton état d'esprit actuel ? Tu te vois y rester ou revenir ?
Pour l'instant, mon objectif est de revenir à Monaco et de prouver mes qualités durant la préparation d'avant-saison. Nous verrons ensuite ce qui se passera pour la suite.
As-tu suivi la saison de Monaco ? Quel regard portes-tu sur leur parcours ?
J'ai été un peu déçu car j'aurais préféré qu'ils finissent sur le podium. Je sais qu'ils ont tout donné pour accrocher cette 7e place, mais c'est dommage malgré tout.
Edan Diop avec le Cercle Bruges - Icon Sport
Au début de ta carrière, tu as souvent été freiné par des pépins physiques, mais cette année, tu as été plutôt tranquille. Qu'est-ce qui a changé ?
J’ai fait beaucoup d'ajustements, j'ai particulièrement veillé à mieux manger, à optimiser la récupération et surtout à mieux dormir. C'est une certitude : si tu te couches à 4 heures du matin, tu ne feras pas un bon entraînement le lendemain. L'alimentation et le sommeil sont vraiment des facteurs primordiaux.
Ces deux éléments vont de pair avec le professionnalisme. T'es-tu imposé ces règles toi-même, ou est-ce ton entourage et ta famille qui t'ont aidé à évoluer sur ce point ?
C'est surtout mon frère, Sofiane. Il m'a expliqué les exigences du football de haut niveau et m'a fait comprendre que pour performer, il fallait impérativement bien dormir et bien manger. Quand Kylian Mbappé utilise cette expression, c'est exactement ça, c'est le plus important. Il a totalement raison.
Comment te décrirais-tu en tant qu'homme, en dehors du football ? On sent que tu es quelqu'un de posé et de calme.
Je dirais que je suis plutôt discret. J'ai mon cercle d'amis, j'avance pas à pas et je cherche constamment à évoluer.
Tu ne fais pas partie des plus grands chambreurs du vestiaire ?
Non, pas du tout.
Et en tant que joueur ? Tu as évolué à plusieurs postes cette saison, dépannant parfois comme arrière droit à Bruges, ou jouant au milieu de terrain et sur le côté gauche. Comment te définis-tu sur le terrain ?
Je me décrirais comme un joueur technique avec une bonne vision du jeu, mais qui possède aussi les qualités athlétiques nécessaires pour défendre et attaquer. Un profil de box-to-box. Ce sont mes plus grandes forces.
Dans quel domaine as-tu le sentiment d'avoir le plus progressé tout au long de cette saison en Belgique ?
J'ai énormément progressé dans le dernier tiers du terrain.
C'est-à-dire ?
Face à des blocs bas, c'est toujours difficile. C'est précisément dans la juste appréciation de la dernière passe que je sens que j'ai franchi un cap.
Y a-t-il des joueurs qui t'ont impressionné dans ce championnat ? Des profils que tu connaissais moins, puisque la Ligue 1 ne suit pas toujours de très près la compétition belge.
Deux joueurs m'ont particulièrement marqué : Hans Vanaken et Christos Tzolis.
Ce sont des joueurs de haut niveau !
Tout à fait. Christos Tzolis termine d'ailleurs la saison en "double-double" (ndlr : plus de 10 buts et 10 passes décisives). Ce sont des joueurs qui affichent un niveau Ligue des Champions, le niveau que l'on cherche à atteindre. L'objectif n'est pas forcément de copier ces joueurs, mais de s'en rapprocher le plus possible.
Tu évoquais ta progression dans la zone de vérité. Quels sont les autres axes de travail sur lesquels tu souhaites insister pour franchir un nouveau cap dans ta carrière ?
En dehors du terrain, l'enjeu est de conserver mes exigences actuelles, mes repères et mes routines : que ce soit avant l'entraînement, après, ou même à la maison. Sur le plan purement footballistique, je dirais que je dois encore progresser dans le domaine défensif. C'est le secteur où je me vois encore travailler.
Quel est le poste où tu t'épanouis le plus ?
Un rôle hybride où je peux à la fois défendre et attaquer, c'est ce qui me convient le mieux.
Un profil très Premier League, en somme.
Exactement.
De qui essaies-tu de t'inspirer ? Tu as souvent évolué comme milieu gauche cette année, quels étaient les profils qui te servaient de modèles ?
Sincèrement, je n'ai pas vraiment de modèles. Je ne regarde pas énormément de football à la télévision. Je suis la Ligue des Champions et les matchs de Monaco, mais en dehors de ça, assez peu.
Tu préfères regarder d'autres sports ?
Oui, je regarde beaucoup de basket.
Ce n'est pas idéal pour se coucher tôt avec les décalages horaires !
Je me contente souvent des résumés (rires), notamment pour suivre les performances de Victor Wembanyama.
Quels sont les championnats européens qui t'attirent le plus ? La Belgique offre un jeu très ouvert, mais y a-t-il d'autres ligues qui te plaisent ?
Je regarde un peu la Premier League, et particulièrement Manchester City, qui reste une valeur sûre.
Et avec tes frères, échangez-vous régulièrement sur vos résultats respectifs ? Comment se passent vos discussions au quotidien ?
Nous avons un groupe de discussion à trois où l'on prend des nouvelles après chaque week-end. On a même mis en place un tableau pour comparer nos statistiques individuelles.
Qu'est-ce que cela fait de grandir au sein d'une telle famille de footballeurs avec Sofian Diop, ton grand-frère évoluant à Nice, et ton petit frère, Noham Diop, qui joue au Stade Rennais ?
Quand on est ensemble, on essaie de se détacher du football pour relâcher la pression. C'est le cadre familial. S'il faut aborder le sujet, on le fait, mais en dehors de ça, on parle de tout et de rien.
Edan Diop pour Onze Mondial - Onze Mondial
La saison de Nice ayant été compliquée, les échanges avec ton frère ne sont-ils pas parfois délicats ?
Oui, j'essaie de l'aider à relativiser et de lui rappeler qu'il faut prendre les matchs les uns après les autres. Personnellement, je n’avais aucun doute sur le fait qu'ils vont se maintenir.
Évoluer un jour aux côtés de l'un de tes frères, voire des deux, est-ce un rêve pour toi ?
Pourquoi pas ! Jouer ensemble serait magnifique, c'est un beau rêve. Pour l'instant, l'expérience que nous avons partagée, c'est d'avoir joué l'un contre l'autre.
Comment vit-on un match face à son propre frère ?
Lors de notre confrontation, je jouais latéral et il se trouvait précisément sur mon côté. Cela faisait une sensation bizarre.
Vous avez échangé quelques mots pendant la rencontre ?
Oui, on s'est un peu parlé et chahuté sur le terrain. Cela reste une excellente expérience que je n'oublierai jamais.
Pour terminer, quels sont tes pronostics pour la Coupe du monde qui arrive cet été ?
Mon coeur m’oblige à citer mes trois pays : le Maroc, le Sénégal et la France. Mais si je dois être objectif, je vois l'Espagne partir un peu favorite.
Devant la France ou l'Argentine ?
Oui, je les vois un cran au-dessus. Après, la vérité du terrain parlera.
Et concernant l'affiche France-Sénégal dès le premier tour, pour qui va pencher ton cœur ?
Pour ce match, je ne regarderai pas la rencontre en direct, je me contenterai du résultat final. De toute façon, avec le décalage horaire, le match est programmé tard, donc je serai sûrement endormi.
C'est exactement ça.
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