Le Journal du Real
·21 août 2026
Mourinho : « Au Real Madrid, une saison sans titre n'est pas une saison réussie »

In partnership with
Yahoo sportsLe Journal du Real
·21 août 2026

Treize ans après avoir quitté le banc madrilène, José Mourinho retrouve les médias de la capitale à la veille d’un match officiel avec le Real Madrid. À quelques heures du déplacement à Cornellà pour affronter l’Espanyol, le technicien portugais s’est présenté devant la presse pour évoquer les dernières nouvelles de son groupe. Entre ses ambitions, la gestion de son groupe, ou encore ses choix de staff, Mourinho a répondu aux questions des journalistes présents à Valdebebas, dans une conférence particulièrement suivie compte tenu de l’enjeu symbolique de ce retour.
Ce qu’il attend du premier match face à l’Espanyol : « C’est une bonne équipe. Les équipes qui ont le même entraîneur depuis longtemps sont bien préparées, avec des routines, des dynamiques. Ils jouent bien, avec ambition. J’ai beaucoup aimé leur premier match, trois points, trois buts marqués, zéro encaissé, les supporters heureux. On est préparés pour ce qu’on va trouver. »
Sur son état d’esprit et l’effectif avant ce premier match : « Moi je vais bien. Je suis tranquille. Une saison de plus. L’effectif, tu l’as bien dit, la difficulté c'est de commencer dans des groupes différents. Il y a des joueurs avec 36 entraînements et 6 matchs et des joueurs qui ont un peu de matchs et cinq entraînements. J’ai pu préparer un travail différencié pour tout le monde, des joueurs qui venaient pour des entraînements individuels, et on plaisantait parce qu’il y avait un joueur pour dix membres du staff. Très content de la situation.
Si tu me demandes si j’aimerais avoir une semaine de plus, oui. Mais on est fatigués des amicaux. On n’aime pas jouer des amicaux. On veut de vrais matchs. Les blessés de la saison dernière le sont depuis longtemps et je ne m’attends pas à les récupérer en deux, trois semaines. Le seul joueur absent pour ce match qui ne vient pas de cette blessure de la saison passée, c’est Endrick. Tchouaméni va bien. Il doit s’entraîner aujourd’hui, demain, dimanche, pour accélérer son processus. Il est arrivé dans des conditions qui ne lui permettent pas d’arriver prêt pour ce match. »
Sur la pression liée à cette situation : « Je ne dirais pas pression, je dirais adrénaline. C’est positif. Le jour où je ne la sens pas, il y a quelque chose qui ne va pas. Je ne ressens de pression ni pour les débuts ni pour les matchs de football. J’ai beaucoup de confiance dans le travail qu’on a fait. Beaucoup de confiance dans l’ambition des joueurs, dans leur mentalité, la passion qu’ils me montrent. C’est un match difficile, mais demain, quand on voyagera, on le fera avec la conviction de revenir avec les trois points. »
Sur la déclaration de Diomandé, qui dirait mourir pour lui : « Sans reprendre le mot exact, c’est une expression qui me plaît. J’aimerais plus qu’il meure pour le groupe, pour le Real Madrid. Mais je sais ce qu’il veut dire par rapport au groupe de travail et au club quand il utilise mon nom. Les mots sont faciles. C’est plus difficile de passer à l’action. Ceux de Diomandé ne sont pas différents de ce que je vois chez tous les autres.
Je les vois engagés, avec la volonté de bien faire les choses. Le groupe grandit, il est uni. On n’est pas le groupe parfait, ça n’existe pas. Je ne pense pas que je n’aurai pas de problèmes, ils arriveront. Mais sur le fond, le groupe est fort. Le message de Diomandé s’applique à tous. »
Sur l’altercation entre Tchouaméni et Valverde : « Je suis arrivé avec beaucoup d’informations. J’ai passé trois ans ici, j’ai mes contacts, vous aussi en tant que presse. J’ai fini par savoir beaucoup de choses, pas seulement cette situation Tchouaméni-Federico. J’ai décidé de repartir de zéro, évidemment depuis une position privilégiée. Je n’ai pas eu besoin de parler avec Tchouaméni. Je ne vois rien d'anormal.
Si je te dis que sans connaître le problème, je vois comment ils se comportent, tu ne peux même pas imaginer ce qui s’est passé la saison dernière. Ils m’ont dit qu’ils n’avaient pas besoin que je leur parle, qu’il ne fallait pas d’influence pour ramener la paix. Ce n’est pas une question de paix, c’est une question de normalité, d’amitié, de coopération. C’est comme si rien ne s’était passé. »
Ce qu’il considérerait comme une saison réussie : « Il y a plusieurs façons de voir ça. La seule façon d’être pragmatique, ce sont les résultats. On peut faire grandir beaucoup de choses à beaucoup de niveaux, faire grandir la structure, il y a beaucoup de choses à changer, mais ce sont les résultats qui comptent. On a trois compétitions plus une petite. Terminer sans trophée au Real Madrid, ce n’est pas une saison réussie. »
Sur les opportunités à venir pour les canteranos : « Demain, Cestero, Ciria et Rivas seront sur le banc. On a un effectif pas trop large. J’aime travailler avec 22 joueurs maximum. Eux occupent ces places libres et travaillent très bien avec nous. Je veux motiver les jeunes, leur faire comprendre que la porte est ouverte. Cette semaine, c’est le tour de ces trois-là et ce sera au tour de beaucoup d’autres. Il y a une chose que j’aime faire et ça se ressent depuis la Fábrica. Je crois que ça peut motiver les jeunes. »
Sur sa satisfaction envers ses capitaines : « Je suis content de tout le monde. Je pense que les capitaines aussi sont en train de me connaître. Ils ont cette capacité d’observer, d’analyser, de bien me connaître. Je ne parle pas pour qu’ils me connaissent par mes mots, je veux qu’ils me connaissent par la façon dont ils m’analysent. L’union du groupe, l’empathie qu’on ressent.
Chez nous, chaque matin à 8h, il y a une réunion du staff. Le staff qui était déjà là nous dit qu’on voit un groupe avec une empathie différente. Les capitaines n’ont pas encore eu à être capitaines dans un moment difficile. Ça arrivera. On verra bien quand ça arrivera. Les joueurs m’aident à ne pas avoir de problèmes. Le groupe aide les capitaines à être dans une période d’observation et de tranquillité. »
Son analyse sur le Real Madrid : « Il ne faut pas négocier des choses non négociables. L’engagement doit être présent à chaque match. Il faudra surmonter des moments de frustration liés aux résultats ou à la frustration personnelle. Je parlais avec les joueurs, il va arriver un moment de frustration pour beaucoup, parce que ce sera la première fois où je vais devoir choisir, où l’un sera titulaire et l’autre ira sur le banc et se sentira frustré.
Ils doivent le digérer individuellement et en tant que groupe. Je ne peux pas commencer un match avec 15 joueurs. Seuls onze peuvent jouer. Ce sera difficile, parce qu’ils travaillent comme ils travaillent en ce moment. Le jour où l’un d’eux baissera de niveau à cause de la frustration, la décision sera facile pour moi. L’équipe doit savoir comment traverser des moments de frustration. »
🗣️ Mourinho : « Je parlais aux joueurs de la manière dont il y aura un moment de frustration pour beaucoup d'entre eux parce que ce sera la première fois que je devrai choisir, et l'un commencera tandis que l'autre ira sur le banc et se sentira frustré. Ils doivent le traiter
Sur le travail défensif demandé aux attaquants : « Ça dépend du match et de l’adversaire. Il faut défendre à onze. Qu’est-ce que ça veut dire ? Ça peut être beaucoup de choses. Si c’est une équipe qui nous pousse et nous met en difficulté dans notre tiers défensif, on doit tous défendre. Si on joue dans le camp adverse, il faut jouer et marteler. Il faut travailler. Il y en a qui vont devoir vraiment presser, d’autres fermer les espaces. Le principe que certains défendent et d'autres attendent le ballon, ça ne va pas. Il y a toujours eu une très bonne volonté de tout le monde. Zéro problème. »
Sur la prolongation de Vinícius Júnior : « Ce n’était pas une surprise. Quand on me l’a expliqué, ma première question a été : “il veut rester ou pas ?” On m’a dit qu’il voulait rester et je me suis senti tranquille. Je ne veux pas évaluer s’il est parmi les dix meilleurs. Mais c’est l’un des meilleurs et les meilleurs doivent être ici. »
Sur la manière dont il a vécu le Real Madrid de loin : « Je ne suis pas du genre à regretter ou à ressentir le manque. Je suis parti du Portugal il y a 20 ans et je ne suis revenu que quelques mois l’an dernier. Je ne suis pas quelqu’un qui ressent beaucoup ce manque. Je ne pense pas à ce que je laisse derrière moi. À chaque titre de Madrid, j’avais l’appel du président.
J’ai toujours répondu : “non, ça n’a rien à voir avec moi.” Je suis content que mon travail ait laissé des choses positives, mais les titres appartiennent à Carlo, à Zidane, aux joueurs, aux staffs. Toujours avec joie. Sans regret. Si tu me demandes si je ressens quelque chose pour la Roma, l’Inter, Chelsea… oui, je ressens quelque chose. Je veux toujours qu’ils aillent bien. Je ne parle pas de Benfica, parce qu’il y a quelque chose de plus que pour les autres. »
Sur ce que veut Vinícius Júnior et ce qu’il lui demande : « Je ne sais pas pourquoi il a eu un problème auparavant. Je ne sais pas. Ce que je vois, c’est qu’il veut gagner. Il sait ce que je veux, sans aucun doute. Je pense qu’il est heureux, qu’il se sent à l’aise dans la façon dont on prépare les matchs et qu’il veut gagner dès le premier jour. Avant de signer, chaque petite conversation se terminait par “on va s’améliorer, on va recommencer à gagner, à être heureux.” Toujours sur cette base. »
Sur son onze idéal et le premier onze contre l’Espanyol : « Le premier onze de Mou… On va voir qui a les meilleurs contacts. On verra qui a le meilleur contact. Les joueurs savent déjà qui joue. Je ne suis pas du genre à cacher les choses. Eux le savent. Peut-être que dans quelques heures, votre information arrivera. Moi, je ne vais pas le dire. Je n’ai pas d'onze idéal. Si j’en avais un, je ne voudrais pas en avoir. Je veux garder la porte ouverte à la compétition. Il y a beaucoup de matchs.
Il y aura des matchs tous les trois jours. On sait comment on veut construire, presser, être compacts. On sait comment jouer contre des équipes avec des systèmes différents. On accumule de la culture tactique. Je ne veux pas le ressentir. Si on parle de joueurs de haut niveau, Trent, Dumfries, Cucurella, Carreras… Ce n’est pas possible de penser que l’un va jouer 50 matchs et l’autre 10. Ce n’est pas possible. On a beaucoup de qualités. »
Sur un éventuel renfort au milieu de terrain : « Je ne crois pas qu’on ait un déficit. Un milieu de terrain serait la cerise sur le gâteau. Quand tu as Tchouaméni, Bernardo, Arda… D’ici quelque temps, Arda aussi pourra jouer à ces postes. On n’a pas de problème. »
Sur la cohabitation entre Vinícius Júnior, Mbappé et Bellingham : « Ce sont des joueurs incroyables. Ils veulent jouer avec des joueurs incroyables. Les top players ressentent de la frustration quand ils jouent avec des joueurs qui ne sont pas top. La combinaison tactique peut être plus difficile. Ancelotti a trouvé le Brésil parfait pour Viní, Deschamps pour Kylian, Tuchel pour Jude. C’est plus difficile pour Mourinho de trouver le système parfait pour les trois. Ils doivent être convaincus que ça peut bien se passer. Ce sont des joueurs de grande qualité. Ils ne sont pas incompatibles. On va vivre une grande saison avec eux. »
Sur les choix concernant son staff, Khedira, Pintus et le départ de Llopis : « C’est toujours difficile d’arriver dans un nouveau club. C’est une chose qui me fait mal de dire que certains vont devoir partir. C’est toujours difficile. J’essaie de changer le moins possible et d’amener des gens qui peuvent m’aider à inculquer une mentalité, une façon de travailler. J’essaie d’amener des gens en qui j’ai beaucoup de confiance.
On travaille avec sept analystes. J’en ai amené un. Je suis très content de n’en avoir amené qu’un seul. Ils avaient juste besoin de se connecter à ma façon de travailler. Au niveau science du sport, données, contrôle de l’effort, individualisation, je n’ai amené qu’une seule personne. Les gens qui étaient déjà là ont aussi grandi, se sont adaptés à notre façon de travailler. »
« Sami ? Dans tous les clubs, j’aime avoir une personne de la maison. Lors de mon premier passage, c’était Aitor Karanka. J’ai pensé à des joueurs du Real Madrid de mon époque avec un profil qui me plaît. Xabi, entraîneur de haut niveau, Álvaro, entraîneur de haut niveau, Modric, qui joue encore, Granero, homme d’affaires. Je suis resté avec deux ou trois noms. La première fois que je lui ai parlé, j’ai bien senti la chose. Il m’a dit : “si je dois y aller demain, j’y vais demain.” Il connaît la mentalité. Il a la relation qu’il doit avoir avec les joueurs. Il progresse beaucoup sur le terrain. »
🗣️ Mourinho : « Khedira ? J'aime toujours avoir un homme de la maison. En regardant les joueurs que j'avais ici… Xabi ? Entraîneur à un haut niveau. Arbeloa ? Entraîneur à un haut niveau. Luka ? Il joue encore (rit). Donc, il me restait deux ou trois noms. »
« Les autres jeunes qui étaient avec moi à Benfica sont des gens de confiance. L’un pour l’organisation offensive, l’autre pour le défensif et les phases arrêtées. Llopis et Nuno, ça m’a fait mal. Je ne connais pas la personne ni le travail de Llopis. Peut-être que j’ai fait quelque chose que je n’aurais pas dû faire. C’était une partie fondamentale et je voulais quelqu’un qui travaille déjà avec moi. Pintus et Silva, j’ai pensé qu’ils pouvaient très bien s’accorder. Ils ont des compétences, des domaines différents, des façons différentes de travailler. Très content de la façon dont on travaille. Bon staff, bons joueurs… Si ça ne marche pas, mauvais entraîneur. »
Sur un possible intérêt de Madrid pour son retour, lors de son passage au Bernabéu avec Benfica : « Pour ce match-là, je suis resté au garage. Je l’ai vu depuis le bus. Blagues à part, je n’ai eu aucun contact. C’était un match important pour le Real et pour Benfica. Je n’ai eu de contact avec personne.
D’abord, il y a eu les rumeurs, puis le contact. D’abord il y a le contact, quelqu’un parle et ensuite il y a des rumeurs et des nouvelles. Là, c’est l’inverse. Chaque année, il y a toujours une rumeur et je n’y ai pas prêté trop attention. Quand Madrid me contacte, on est déjà éliminés, en quelque sorte à la fin de la saison. C’est là que la question m’arrive, si je suis intéressé ou non. Je pense que c’était lors des deux derniers matchs de Benfica. »
Sur ce que le Mourinho de 2013 conseillerait à celui d’aujourd’hui : « Bonne question. Philosophique. Question difficile. Le Mourinho d’aujourd’hui, c’est lui qui est en position de conseiller celui de 2013. Celui de 2013 n’est pas en position de le faire. C’est toi qui conseilles ton père, ou ton père qui te conseille toi ? Il faut toujours être très tranquille. Pour moi, c’est plus facile d’être tranquille qu’il y a cinq, dix ou vingt ans.
Tu vas me dire que je continue chaque saison à prendre des cartons rouges. Je ne parle pas de cette tranquillité-là. Si tu multiplies 24 fois 7, tu as beaucoup d’heures de football. Ce sont ces heures-là où tu dois garder ta tranquillité. Je suis mieux que quand je suis arrivé et que quand je suis parti. Ça va dans ce sens-là. »







































