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·9 mai 2026
Patrick Videira annonce la couleur avant Bastia-Le Mans

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À la veille du déplacement à Bastia, Patrick Videira puis Lucas Bretelle ont fait face à la presse. Le Mans ira sur l'Île de beauté avec groupe au complet ou presque. Le coach manceau exprime respect de la Corse et de son passé là-bas, mais avec une conviction absolue. Une victoire à Furiani et Le Mans est en Ligue 1.
Patrick Videira a ouvert sa conférence de presse par le point médical. Le groupe est quasi au complet. «J'ai un groupe de 20 cet après-midi. Après, j'ai toujours l'habitude de donner un groupe de 18. Il y a toujours 2 garçons qui sortiront du groupe cet après-midi. Après, j'ai tout le monde à ma disposition.»
Deux absences notables tout de même. Jean, dont la saison est terminée pour ne pas prendre de risques. «Comme je vous l'ai dit, on ne prendra pas de risques par rapport à Jean cette année.» Et Nicolas Kocik, le gardien titulaire blessé, dont la saison est également achevée. Milan sera lui dans le groupe. Théo, lui, est rétabli sans problème.
Comment se sent ce groupe à la veille du match le plus important de la saison ? Videira n'a pas besoin de chercher ses mots. «Très bien. Après, comme j'ai pu leur dire, il ne fallait pas être déçu, il ne fallait pas avoir des regrets par rapport au dernier match. Et je pense que ce match nul nous donne la possibilité de pouvoir jouer une très belle finale à la dernière journée du championnat.»
La semaine d'entraînement a été à la hauteur des attentes. «Ils ont fait une très belle semaine, il y a eu encore beaucoup de sourire, beaucoup d'intensité. Donc, comme je vous l'ai dit, on ne va pas changer et on va aller à Bastia. On sait que ça va être très compliqué, mais on va y aller pour faire le maximum.»
Et sur la motivation, Videira est catégorique. Inutile de sur-motiver des joueurs qui ont montré leur niveau pendant 33 journées. «Vous savez, je pense que la motivation, elle est là. Ça ne sert à rien de leur rappeler les choses. Aujourd'hui, ils l'ont fait pendant 33 journées. C'est des garçons qui ont fait un championnat exemplaire et extraordinaire. Donc voilà, c'est simplement les tranquilliser, leur donner beaucoup de confiance, mais rien de particulier.»
La question était inévitable. Patrick Videira a passé six ans à Bastia. Il y retourne demain soir pour tenter d'éliminer son ancien club de la course au maintien. Professionnel jusqu'au bout, le coach du Mans ne laisse aucune place à l'ambiguïté. «J'ai passé 6 ans extraordinaires là-bas avec des gens fantastiques. Après, je suis parti, j'étais triste, mais je savais que si je voulais grandir, il fallait que je puisse partir. Aujourd'hui, je me dois d'être professionnel et je le ferai quoi qu'il arrive.»
Sur l'accueil qu'il recevra à Furiani, il ne se pose pas la question. «Ce n'est pas une question que je me pose. Sincèrement, je suis focus sur mon équipe, sur mes garçons.» Et de reconnaître tout de même ce que représente ce stade. «Le Stade Armand de César, oui, ça peut être quand même une sacrée fournaise. Ce club appartient vraiment aux familles. C'est un club très familial. De toute la Corse, il y a des gens qui font plus de deux heures de route pour venir voir les matchs. Donc voilà, il y a énormément de ferveur à l'intérieur de ce club.»
Videira a lâché une confidence savoureuse en conférence de presse. Quand le calendrier est sorti en début de saison, il a regardé à quelle journée Le Mans devait aller à Bastia. C'était la dernière. «Oui, je l'ai dit ouvertement. C'était écrit parce que j'ai rien à vous cacher. Quand il y a eu le calendrier qui est sorti, je voulais savoir quel est le jour où on devait aller à Bastia. Et puis, c'était cette dernière journée. Donc je me suis dit, quoi qu'il arrive, cette dernière journée, il y aura des enjeux. Donc c'était écrit, c'est fait comme ça.»
Et il conclut avec un enthousiasme communicatif. «Après, il y a pire, je vous l'ai dit. C'est que du positif. Et puis, on va jouer un super match de football. Dans une très belle atmosphère. On fait tous ce métier pour jouer ces matchs à enjeu.»
Sur la question des résultats extérieurs, Videira est limpide. Le Mans n'a pas à regarder ce qui se passe à Geoffroy-Guichard ou chez le Red Star. «Non, je ne suis pas trop d'accord. C'est une réalité, on dépend que de nous. Si on gagne aujourd'hui, je le répète, je sais que ce sera difficile, mais si on gagne aujourd'hui à Bastia, on dépend que de nous. On n'a pas à regarder ce qui va se passer à Geoffroy-Guichard ou le Red Star.»
Regardera-t-il quand même le score stéphanois ? Il concède une légère curiosité de mi-temps. «Je pense qu'en première mi-temps, je ne le ferai pas. Je ne le ferai pas. Après, peut-être que je demanderai par rapport aux événements du match. Mais pour l'instant, en tout cas, après un mi-temps, il faut pouvoir rester très focus sur ce que l'on doit faire. Et puis ensuite, si on gagne, il n'y a pas de question à se poser.»
Sur le plan tactique, Videira a insisté sur un point précis. Les premières minutes seront décisives. «L'entame va être essentielle et on le sait très bien. Quand vous faites de bonnes entames, c'est beaucoup plus facile. Je pense que cette équipe va vouloir mettre beaucoup d'intensité, beaucoup d'agressivité sur les premiers duels, de pouvoir amener le public avec eux. Donc il va falloir y répondre présent, il va falloir montrer de l'adversité, il va falloir aujourd'hui montrer du caractère.»
Et sur la stratégie globale, il anticipe un Bastia qui voudra emballer le match rapidement. «Je pense qu'aujourd'hui, ils auront la volonté, un peu comme ils ont pu le faire contre Saint-Étienne, de pouvoir emballer très rapidement le match et de pouvoir mener très rapidement au score pour amener aussi le public avec eux. Mais je vous le répète, peu importe leur volonté, nous, on doit être focus sur ce que l'on doit faire et on a un projet de jeu qui est bien défini et on doit s'y tenir.»
Videira a terminé sa conférence sur une note d'enthousiasme sincère. Passé de la N2 à la Ligue 2 en quelques années, le voilà à jouer la montée en Ligue 1 lors de la dernière journée. Une trajectoire folle qu'il refuse d'analyser en ce moment. «J'allais dire que je suis fou, mais ce n'est pas des questions que je me pose. Je vis l'instant présent. Pour moi, on est dans une machine à laver. On n'a pas le temps de réfléchir à tout ça. Peut-être que j'aurai le temps d'y réfléchir pendant les quelques jours de vacances.»
Et d'appeler ses joueurs et ses supporters à profiter de ce moment rare. «On a envie de vivre des émotions, on a envie de pouvoir aujourd'hui vivre ces matchs à haute intensité, de ces matchs à enjeu. On espère pouvoir les retrouver en rentrant pour pouvoir fêter quelque chose de grandiose.»
Demain soir à Furiani, Patrick Videira retrouvera sa Corse. Mais en compétiteur. Pas en ami.
La question sur l'état d'esprit à la veille d'un match pareil, Bretelle l'a reçue avec le sourire. Pas de peur, pas d'appréhension. Un mot simple et juste. «Je dirais excité, parce qu'on joue au foot pour vivre des moments comme ça. Donc voilà, là, on va se concentrer sur la séance d'aujourd'hui. Mais oui, on a hâte d'être demain soir.»
Et le contexte personnel rend cette hâte encore plus forte. Bretelle est arrivé au Mans en cours de saison, après une blessure compliquée contractée en Belgique qui lui avait coûté trois à quatre mois. Se retrouver à jouer une montée en Ligue 1 quelques semaines plus tard, il n'en revient toujours pas. «Ouais, c'est dingue, c'est sûr. Je sortais d'une première partie de saison assez compliquée avec une blessure et j'ai eu la chance et l'opportunité d'arriver dans un groupe top avec des gars incroyables et mon intégration s'est faite très rapidement et je les remercie pour ça. Et c'est sûr que de jouer cette fin de saison avec une possible montée à la fin, c'est incroyable pour moi.»
Dans le groupe manceau, la préparation de ce match s'est faite autour de deux notions en apparence contradictoires. Bretelle les articule avec clarté. «On a surtout insisté sur le fait d'être agressif, parce qu'on sait qu'on va avoir un combat demain. Mais aussi faire preuve de beaucoup de calme et de sérénité et de nous concentrer sur le jeu, parce que c'est ça qui fera qu'on fera un bon match.»
Sur Furiani et ce qui l'attend, Bretelle n'est pas naïf. Il a déjà joué en Corse et sait à quoi s'attendre. «C'est un contexte où on sait qu'on va chez une équipe qui veut se maintenir. Donc, on sait que d'entrée, on va être face à de l'agressivité et il va falloir répondre à ça.»
Le match nul contre Reims la semaine dernière, qui avait privé Le Mans d'une montée immédiate, a bien sûr laissé des traces. Bretelle l'admet, sans s'y attarder. «Sur le moment, un petit peu oui, parce qu'on aurait aimé, avec l'ambiance du stade, les supporters, gagner ce match contre Reims. Mais après, je pense qu'on a fait le match qu'il fallait. On a certes manqué d'efficacité en deuxième mi-temps, mais voilà, on n'a pas fini avec des regrets. On a fait le match qu'il fallait et après, on est vite passé à autre chose pour se concentrer sur le match de Bastia.»
Le retour à l'entraînement lundi a été immédiat et intense. «Comme d'habitude, revenir à l'entraînement avec des intentions, de l'intensité, de la qualité technique, comme chaque semaine finalement.»
Ce qui transpire dans les propos de Bretelle, c'est une sérénité profonde. Pas de la désinvolture, pas de l'arrogance. Une confiance construite sur 33 journées de travail. «Oui, c'est important d'avoir ça, de rester calme. Si on est là aujourd'hui, c'est qu'on le mérite et on a cette confiance-là et il faut surfer sur ça et garder nos valeurs, cette solidarité qu'on a à tous les matchs. C'est ça qui fait notre force.»
Sur les barrages comme plan B, la réponse est franche. «Pour être honnête, on ne se concentre pas trop sur ça. Comme j'ai dit, le résultat, il viendra si on met les bons ingrédients et on préfère se concentrer sur le jeu, sur ce qu'on a à faire, ce qu'on a à mettre comme valeur, comme qualité sur le terrain. Et après, on verra bien le résultat.»
Regarderont-ils le score de Saint-Étienne ou du Red Star pendant le match ? Bretelle répond avec une logique imparable. «On n'en a pas trop discuté, pour être honnête. Après, les scores peuvent évoluer jusqu'à la dernière minute, donc nous, on va se concentrer sur nous. Et on sait que si on gagne, il n'y aura pas de questions à se poser.»
Demain soir à Furiani, Ludovic Bretelle sera sur la pelouse avec un seul objectif en tête. Gagner. Et laisser le reste se régler tout seul.







































