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·3 février 2026
Pierre Sage : « L’important, c’est de passer les paliers, et de confirmer ces paliers »

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·3 février 2026

Relancé face au Havre après sa défaite au Stade Vélodrome, le RC Lens repart en chasse sur un tableau parallèle dans lequel il nourrit tout autant d’ambitions. Mercredi soir, les Lensois seront à Troyes (8e de Coupe de France, 21h, à suivre en direct sur Lensois.com et diffusé en intégralité sur BeINSports). Pierre Sage revient sur le mercato d’hiver et ses attentes.
Lensois.com : Pierre Sage, le mercato d’hiver vient de s’achever et le Racing a enregistré la venue de quatre nouveaux joueurs, comment va se mettre en place la rotation ? Il y a une notion de mérite qui apparaît. Il y a aussi une notion de tolérance dans le mérite, puisque je considère qu’on a le droit de louper un match de temps en temps. Donc, ça fait partie d’une bonne saison. Pour autant, aujourd’hui, on est dans une situation où, si le joueur qui est en concurrence avec celui qui était aligné est lui prêt, peut-être que la tolérance sera un peu moindre. Mais ce n’est pas pour autant que je veux mettre la pression aux joueurs. Pour l’instant, je suis très satisfait de ce qu’ils ont rendu. Et le fait de recruter des joueurs supplémentaires, c’est aussi pour pallier d’éventuels problèmes qu’on n’a pas rencontrés jusqu’à maintenant, ou très peu rencontrés. Et on se doit de se donner tous les moyens d’atteindre les nouveaux objectifs qui se présentent à nous.
Il y a une gestion d’ego à réaliser malgré tout ? Vous savez, je vais afficher une chose sur la porte du vestiaire, en disant que je l’ai vue sur une porte de vestiaire en NBA, je n’ai rien inventé. C’était écrit : « Si tu ne places pas l’équipe en premier, fais demi-tour. » Donc, pour moi, la solution, elle est dans cette phrase-là.
Vous n’avez pas été tenté de prêter quelques jeunes joueurs ? Il y a des discussions qui ont été menées et qui continuent, puisqu’il y a des championnats qui sont encore ouverts pour des prêts. Mais dans tous les cas, ce sont des jeunes sur qui on compte aussi. Et on sait que, pour leur développement, le temps de jeu est un élément important. Entre les choses que je vous disais il y a deux mois pour certains et la réalité d’aujourd’hui en termes d’effectif, les données du problème ont changé. Donc, c’est évident que les réponses à apporter doivent être différentes. Mais dans tous les cas, on fera le meilleur pour eux et pour nous. Ils peuvent être encore prêtés. Après, on sera limités par le nombre, parce qu’on a un nombre de prêts limité par club.

Des jeunes justement, vous en lancez régulièrement, à l’image d’Ismaëlo Ganiou mais aussi Kyllian Antonio plus récemment, vous avez été impressionné ? Je suis bluffé par le fait que ce soit aussi rapide et, je ne dirais pas efficace, mais je dirais malgré tout de bonne facture par rapport au potentiel qu’ils ont, assez rapidement. Mais encore une fois, ce qui compte, c’est la durée, parce qu’être bon un jour, tout le monde est capable de le faire. Être bon dix matchs, c’est déjà une autre question. Être bon plusieurs saisons, ce sera une troisième. Mais aujourd’hui, Ismaëlo Ganiou confirme effectivement que la chance qu’il a saisie, il la méritait. Et il devient même un joueur avec une considération un petit peu différente aux yeux de tout le monde.
Et pour Kyllian Antonio, il n’avait pas du tout joué, ou en tout cas joué qu’un quart d’heure en Coupe de France avec nous cette saison, après ses entrées de l’an dernier. Mais il nous a prouvé qu’il était capable de jouer aussi. Mais je tiens, au-delà de féliciter les deux jeunes et les autres jeunes qui sont rentrés, comme Rayan Fofana, Anthony Bermont, Fodé Sylla, Bulatovic et d’autres encore… On peut même mettre Robin (Risser) dans ce sac-là, parce qu’il est à peine plus vieux qu’eux. Je tiens à féliciter le groupe, parce qu’il crée aussi les conditions de l’épanouissement de ces gamins-là au quotidien et en compétition. C’est-à-dire que les jeunes n’ont pas de pression. Ils ont plutôt le sentiment d’être bien encadrés, bien entourés, mis en confiance, et c’est un terrain plutôt favorable à leur épanouissement. Donc, je remercie aussi les autres joueurs d’aller dans le sens du projet de l’équipe et du club.
Pour cette deuxième partie de saison, avez-vous prévu de modifier certaines choses, dans le discours, la préparation… Non, on reste sur notre plan, avec l’idée d’atteindre les 52 points qu’on évoquait il y a quelques matchs en arrière maintenant. Je vous avais dit que si on le faisait en cinq matchs, ce serait magnifique, visiblement il en faudra un peu plus vu qu’on a perdu à Marseille. Mais dans tous les cas, c’est toujours ce qu’on vise et il n’y a pas de pression supplémentaire. L’important, c’est de passer les paliers, de confirmer les paliers et, en franchissant les paliers, on élimine forcément des adversaires. C’est dans ce sens qu’en regardant nos performances, on va aussi tracer le bon chemin et laisser des adversaires sur le côté.
Est-ce que vous sentez que, dans le groupe, certains pourraient se mettre un peu de pression ? Je n’ai pas l’impression pour le moment. Par contre, j’ai le sentiment effectivement que notre statut a évolué. On parle beaucoup plus de nous, nos adversaires nous donnent un statut qu’on n’avait pas du tout en début de saison et même après une quinzaine de matchs. Et d’ailleurs, je pense que ça influence leur manière d’appréhender le match contre nous, puisque les adversaires changent souvent d’organisation lorsqu’ils jouent contre nous. Alors, c’est à la fois un bon signe et c’est aussi, de temps en temps, une mauvaise surprise, comme on a pu le vivre au Vélodrome. Mais dans tous les cas, aujourd’hui, on se doit de rester concentrés sur notre développement et on se rend compte, dans nos matchs, qu’il y a beaucoup de choses qu’on doit régler, mieux gérer, de manière à vivre nos matchs un peu plus aisément. Parce que, ne serait-ce que le match contre Le Havre, même si je pense que la victoire est méritée, à 1-0, lorsqu’on annonce 12 minutes d’arrêt de jeu, les premières gouttes de transpiration commençaient à jaillir sur le front.
Pour revenir sur l’arrivée de Saint-Maximin, vous sentez les blocs équipes en face qui se resserrent de plus en plus ? Oui, parce que je pense qu’on va arriver, même si aujourd’hui ce ne sont pas les tendances malgré tout chez les coachs de cette Ligue. D’ailleurs, je tiens à les féliciter, parce que c’est plus agréable, je pense, de regarder des matchs lorsque c’est ouvert comme ça. Mais là, les points vont vraiment compter maintenant et peut-être que certains mécanismes de peur vont rattraper certains.
Propos recueillis par Eloïse De Mester à la Gaillette Gervais Martel.








































