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·30 Juli 2026

Coupe du monde : Infantino de plus en plus isolé, la Concacaf et la fédération américaine rejettent à leur tour son projet mercantile

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Le projet de privatisation de la Coupe du monde vire au cauchemar pour Gianni Infantino. Après le boycott brandi par l'UEFA, la Concacaf a rejeté à son tour le plan. Pire encore pour le patron de la FIFA : la fronde gagne désormais son propre camp.

Les mauvaises nouvelles s'enchaînent pour Gianni Infantino. Quelques heures seulement après la menace de boycott lancée par l'UEFA, le président de la FIFA a essuyé un deuxième camouflet en provenance du continent américain. Réunis en session exceptionnelle ce jeudi, les 41 membres de la Concacaf ont annoncé avoir « rejeté la proposition » de vendre des parts de la Coupe du monde à des investisseurs privés. Une prise de position d'autant plus symbolique que la confédération, présidée par le Canadien Victor Montagliani, regroupe des fédérations qui ont accueilli le dernier Mondial et organiseront la Coupe du monde féminine 2031. Symbole de cette unité, la fédération américaine (U.S. Soccer) a tenu à afficher publiquement son soutien, déclarant sur X se tenir « aux côtés de la Concacaf et de ses membres ». Un ralliement lourd de sens, et non sans ironie. Ce sont les États-Unis, hôtes du Mondial 2026 et futurs organisateurs de la Coupe du monde féminine 2031, qui désavouent aujourd'hui le patron de la FIFA, alors même qu'Infantino a soigné ces derniers mois sa proximité avec Donald Trump. Plus troublant encore, le fonds pressenti pour mener l'investissement dans FIFA Forward Enterprises n'est autre que Thrive Capital, la structure de l'Américain Joshua Kushner, frère du gendre du président. Autrement dit, un projet à forte coloration américaine, rejeté par les premières fédérations concernées.


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Dans son communiqué, l'instance nord et centre-américaine n'a pas mâché ses mots. Elle dénonce « l'absence de procédure régulière entourant cette proposition, le délai artificiellement court imposé et l'absence de tout examen ou approbation par les instances de gouvernance compétentes de la FIFA ». La Concacaf s'interroge surtout sur la nécessité de faire appel à des fonds privés au lendemain du Mondial le plus rentable de l'histoire, tout en avertissant, non sans gravité : « L'histoire a montré à la FIFA et à la famille du football ce qui se passe lorsque les gardiens de ce sport perdent de vue ces valeurs. » Si elle se dit prête à dialoguer, la confédération réaffirme que l'avenir du football « doit rester entre les mains de notre famille du football ».

La fronde gagne le cercle rapproché d'Infantino

Le coup le plus rude pourrait venir de l'intérieur. Selon talkSPORT, l'opposition ne se limite plus aux fédérations : plusieurs figures parmi les plus proches d'Infantino au sein même de la FIFA seraient désormais hostiles au projet FIFA Forward Enterprises. Au moins trois cadres de son cercle rapproché auraient même encouragé le président à faire machine arrière et à renoncer à l'ensemble de son plan. Un désaveu interne qui, s'il se confirmait, fragiliserait considérablement la position d'un dirigeant jusqu'ici tout-puissant.

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À ce stade, l'arithmétique tourne clairement à son désavantage. En additionnant les 55 fédérations de l'UEFA et les 41 de la Concacaf, ce sont déjà 96 associations sur 211 qui se dressent ouvertement contre le projet, soit près de la moitié des voix. Or Infantino a besoin d'une majorité simple, soit 106 votes, pour faire adopter son plan : le voilà donc à une poignée de fédérations d'une impasse totale, sans même compter les réserves déjà exprimées par l'Asie et une partie de l'Afrique. Un rapport de force qui, au-delà du seul dossier FFE, pourrait peser lourd sur son avenir à la tête de la FIFA, à quelques mois d'une élection présidentielle prévue en mars 2027.

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