Le Journal du Real
·4 April 2026
Mbappé et le Real Madrid : pourquoi Majorque est un tournant ?

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·4 April 2026

Dans la lumière dorée du crépuscule à Palma, le Real Madrid a senti ses ambitions de champion glisser entre les doigts. En déplacement aux Baléares pour le compte de la 30ᵉ journée, les hommes d’Álvaro Arbeloa ont chuté face à une équipe de Majorque qui jouait sa survie. Si la possession a été madrilène, l’efficacité, elle, a choisi le camp adverse. Le Real a dominé la possession à 64 % avec trois fois plus de tirs cadrés que ses adversaires (6 contre 2) mais un xG quasiment équivalent (1,27 contre 1,22 pour les hommes de Martin Demichelis).
Le Real Madrid, deuxième du classement, reste bloqué à quatre longueurs du Barça, qui pourrait s'envoler avec sept points d’avance en cas de succès au Wanda Metropolitano face à l'Atlético. Entre un réalisme offensif défaillant et un scénario de fin de match cruel, retour sur les points clés d’une après-midi cauchemardesque.
Il était l'homme le plus attendu du côté de la Maison-Blanche. De retour dans le onze titulaire pour la première fois depuis plus d'un mois, Kylian Mbappé, actuel meilleur buteur du championnat (23 réalisations), espérait fêter son retour par une prestation majuscule. Le Français a multiplié les appels, trouvant souvent la profondeur, mais il s'est heurté à un mur infranchissable nommé Leo Román, auteur de cinq arrêts ce samedi.
Dès le milieu de la première période, alors que le Real Madrid appuyait fort sur le flanc gauche, l’ancien Parisien s’est procuré deux occasions monumentales. À la 22ᵉ minute d'abord, parfaitement lancé dans le dos de la défense, il a buté une première fois sur le portier majorquin.
Deux minutes plus tard (24ᵉ), rebelote : nouvelle ouverture tranchante, et nouvel arrêt exceptionnel de Leo Román qui remporte son face-à-face. Le calvaire de l'attaquant tricolore s'est poursuivi en seconde période, malgré une magnifique tentative de reprise de volée acrobatique sur une passe lobée de Camavinga, finalement bloquée de la tête par un Maffeo héroïque. Mbappé a beaucoup tenté, mais a manqué du brin de réussite nécessaire pour débloquer un match verrouillé.
L'un des seuls sourires de la rencontre côté madrilène devait être le retour sur les terrains d'Éder Militão. Éloigné des pelouses depuis plus de quatre mois à la suite de sa grave blessure au genou, le roc brésilien a fait son apparition en fin de match, lors d'un triple changement opéré par Arbeloa (entrées simultanées de Militão, Vinícius et Bellingham).
Et l'histoire a bien failli être sublime. Alors que le Real Madrid peinait à faire sauter le verrou baléare malgré une frappe lointaine de Tchouaméni, c'est bien Militão qui a enfilé le costume de sauveur. À la 88ᵉ minute, sur un corner parfaitement frappé de Trent Alexander-Arnold, le Brésilien s'est élevé plus haut que tout le monde pour catapulter le ballon au fond des filets et ramener les siens à hauteur (1-1).
Un but salvateur qui laissait présager une énième remontada typique de l'ADN madrilène. Malheureusement, cette joie fut de très courte durée. L'euphorie de l'égalisation a laissé place à un manque criant de rigueur défensive dans les ultimes secondes, ruinant totalement le conte de fées de l'international auriverde.
Si le duel des meilleurs buteurs de la Liga devait avoir un vainqueur, il s'appellerait Vedat Muriqi. Face aux 23 buts de Mbappé, le Kosovar a répondu par un sens du devoir exceptionnel pour atteindre la barre des 19 réalisations. L'attaquant de Majorque a été un poison constant, régnant en maître dans les airs et pesant lourdement sur la charnière madrilène.
Toutefois, Muriqi n'a pas seulement brillé par son jeu de tête. Son intelligence de jeu a été la clé du premier but majorquin. À la 41ᵉ minute, totalement contre le cours du jeu, c'est son formidable appel de balle qui a complètement aspiré Antonio Rüdiger, créant un boulevard béant dans l'axe pour Manu Morlanes. Ce dernier n'a eu qu'à conclure un centre venu de la droite pour punir le Real Madrid.
En toute fin de match (90+1), c'est encore Muriqi qui a surgi tel un renard des surfaces au terme d'une belle action collective pour crucifier le Real Madrid sur seulement le 2e tir cadré de la rencontre pour Majorque (sur six tentés). Un but en or massif qui permet au club, 18ᵉ avant le coup d'envoi, de sortir enfin de la zone rouge.
Dans cette débâcle collective, certaines individualités ont particulièrement souffert. Si l'entrée en jeu de Vinícius Júnior a apporté un frais dans le jeu offensif, le contraste a été saisissant avec la performance de Brahim Díaz. Aligné d'entrée, l'international marocain a livré une prestation fantomatique. Incapable de faire des différences balle au pied, invisible dans l'orientation du jeu et effacé dans les duels, il a traversé la rencontre comme une ombre, symbolisant les carences créatives d'un Real Madrid souvent trop emprunté.
En face, l'explosivité d'un joueur comme Zito Luvumbo a mis en exergue tout ce qu'il a manqué au secteur offensif madrilène ce samedi. Et finalement, c'est bien la couronne d'Espagne qui semble s'être définitivement égarée sur les côtes majorquines, alors que la Maison Blanche avait remporté huit de ses dix derniers matchs face à la formation des Baléares.









































