Le Journal du Real
·4 Juni 2026
Riquelme touche à un tabou du Real Madrid

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·4 Juni 2026

Jusqu'ici, Enrique Riquelme parlait surtout de recrues. Désormais, c'est Florentino Pérez lui-même qu'il vise. En effet, la campagne présidentielle du Real Madrid a changé de dimension cette semaine. Après avoir multiplié les annonces sportives et les promesses de recrutement ces derniers jours, Enrique Riquelme s'est attaqué cette fois à un sujet beaucoup plus sensible : le fonctionnement même du club.
Dans un long entretien pour AS, le candidat à la présidence a livré ses critiques les plus directes à l'encontre de Florentino Pérez depuis le début de la campagne. Vote par correspondance, règles électorales, réforme des statuts ou encore avenir institutionnel du Real Madrid : Riquelme estime que plusieurs mécanismes favorisent aujourd'hui excessivement le pouvoir en place. Le ton employé marque une rupture par rapport à ses précédentes interventions, davantage centrées sur son projet sportif.
L'un des principaux reproches formulés par Riquelme concerne le vote par correspondance. Le candidat affirme notamment que son matériel électoral n'aurait pas bénéficié de la même visibilité que celui de Florentino Pérez auprès des socios. Selon lui, la structure actuelle du club favoriserait naturellement le président sortant et compliquerait la tâche de tout candidat souhaitant présenter une alternative.
Au-delà de la campagne actuelle, Riquelme promet également une réforme du système électoral s'il venait à être élu. Il estime que les règles actuelles sont trop favorables au président en exercice et ne permettent pas un débat suffisamment équilibré. Pour l'entrepreneur espagnol, le problème dépasse largement l'élection du 7 juin. Il considère que le Real Madrid doit moderniser ses mécanismes démocratiques afin de garantir davantage de transparence et de participation des socios.
Une autre partie importante de son discours concerne les récents changements statutaires du club. Depuis plusieurs mois, ce sujet alimente les débats au sein de l'environnement madrilène. Florentino Pérez a toujours défendu l'idée d'un Real Madrid appartenant à ses socios, mais certains opposants craignent que certaines évolutions institutionnelles ne réduisent progressivement leur influence.
Riquelme fait clairement partie de cette seconde catégorie. Selon lui, les modifications récentes risqueraient de renforcer encore davantage la position du président en place. Il estime que les socios doivent rester au centre des décisions importantes et réclame davantage de consultations directes sur les grandes orientations du club.
Cette question est d'ailleurs devenue l'un des thèmes majeurs de sa campagne. Là où d'autres débats tournent autour des entraîneurs ou des recrues potentielles, Riquelme tente de déplacer la discussion vers la gouvernance et l'équilibre des pouvoirs.
Ces déclarations illustrent surtout une évolution de la campagne présidentielle. Au départ, l'attention médiatique s'était largement portée sur les promesses sportives du candidat. Rodri, Haaland ou encore Klopp ont ainsi été associés à plusieurs reprises à son projet pour le Real Madrid.
Mais à mesure que l'échéance approche, le débat semble se déplacer vers des questions plus institutionnelles. Riquelme ne se contente plus de présenter sa vision du futur effectif madrilène. Il cherche désormais à convaincre les socios que le fonctionnement actuel du club doit être repensé.
L'entrepreneur espagnol va même jusqu'à affirmer qu'il restera opposé à certaines orientations de Florentino Pérez même en cas de défaite. Une manière de montrer que sa candidature ne se limite pas à une simple campagne électorale, mais qu'elle s'inscrit dans une réflexion plus large sur l'avenir du Real Madrid.
Malgré ces attaques, Florentino Pérez demeure largement favori à sa propre succession. Le président madrilène bénéficie de plus de vingt ans de pouvoir à la tête du club, d'un palmarès exceptionnel et d'une position extrêmement solide auprès d'une grande partie des socios.
Pour autant, la campagne actuelle se distingue des précédentes par l'existence d'un véritable débat public. Les questions institutionnelles, longtemps absentes des discussions autour du Real Madrid, occupent désormais une place importante dans les échanges.
À quelques jours du scrutin, Enrique Riquelme tente ainsi de transformer l'élection en un choix de modèle autant qu'en un vote de confiance envers Florentino Pérez. Reste désormais à savoir si ce discours trouvera un écho suffisant auprès des socios pour bousculer un président qui, malgré les critiques, conserve une position très favorable avant le vote.







































