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·25 April 2026

Quel profil pour le banc du Real Madrid la saison prochaine ?

Article image:Quel profil pour le banc du Real Madrid la saison prochaine ?

Derrière le bruit des rumeurs, le Real Madrid avance surtout sur une question beaucoup plus profonde : quel type d’entraîneur faut-il pour remettre de l’ordre, du sens et de l’autorité dans ce vestiaire ? Depuis quelques jours, le Real Madrid explore plusieurs profils, sans avoir encore refermé la porte sur le plus ambitieux d’entre eux, Jürgen Klopp.

Joaquin Maroto le présente comme l’option préférée en interne avec même Toni Kroos en tant qu'adjoint, tandis que Fabrizio Romano explique que le club l’admire beaucoup mais attend d’abord un signal clair de sa part avant de bouger. Le problème, c’est que Klopp avait lui-même assuré fin mars qu’aucun contact n’avait eu lieu, tout en précisant qu’il n’excluait pas un retour sur un banc à l’avenir. Autrement dit : c’est le fantasme numéro un, mais aussi la piste la moins maîtrisable.


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Le profil Klopp, au fond, coche presque tout sur le papier. Il a l’aura, le charisme, l’autorité émotionnelle, la capacité à remettre de l’énergie dans un groupe et à redonner un sens collectif à un vestiaire de stars. Surtout, c'est un coach qui dépasse la tactique et qui sait recréer une dynamique. Avec Mbappé, Vinicius, Bellingham ou Valverde, les Merengues ont besoin d’un entraîneur qui rallume l’adhésion autour d’une idée forte.

Le souci, évidemment, c’est que Klopp occupe aujourd’hui un poste de Head of Global Soccer chez Red Bull et qu’un retour immédiat à la vie quotidienne d’un grand banc européen n’a rien d’évident. C’est le meilleur nom pour mettre l'eau à la bouche des supporters, peut-être même le meilleur nom tout court, mais aussi celui qui dépend le moins du Real Madrid lui-même.

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Klopp fait rêver, Allegri et Pochettino rassurent

C’est là que les profils Allegri et Pochettino prennent du poids. Ils n’offrent pas la même secousse symbolique que Klopp, mais ils correspondent beaucoup plus à une logique de décision classique. L’Équipe les présente tous les deux sur la liste madrilène, et plusieurs relais proches du dossier insistent sur une admiration ancienne du club pour ces deux entraîneurs.

Allegri, c’est le choix du pragmatisme, d’un football plus sobre que spectaculaire, mais pensé pour résister à la pression. Il est aujourd’hui sur le banc de l’AC Milan et son image reste celle d’un entraîneur qui sait survivre aux turbulences et gagner sans séduire. Pour une Casa Blanca traversée par des questions d’autorité et de gestion d’ego, ce n’est pas un détail. Mais il y a aussi une vraie interrogation : Allegri, dans un Bernabéu qui demande du contrôle sans renoncer au prestige du jeu, serait-il perçu comme une solution forte ou comme un choix trop défensif culturellement ?

Pochettino, lui, serait un choix plus souple et peut-être plus contemporain. L’Argentin garde une excellente réputation sur le travail quotidien, la relation avec les joueurs et la construction d’un collectif intense. Il dirige actuellement les États-Unis, avec la Coupe du monde 2026 en ligne de mire. Cela ne ferme pas totalement la porte aux Merengues, mais rend la piste plus complexe à court terme.

Sur le fond, Pochettino a pour lui une vraie expérience des vestiaires importants, de Tottenham au PSG en passant par Chelsea. Il n’a cependant jamais totalement dissipé le doute qui l’accompagne depuis des années : est-il un entraîneur de construction très haut de gamme, ou un entraîneur capable de régner immédiatement dans un club où tout se joue sur les trophées majeurs ? Au Real Madrid, cette nuance est énorme.

Mourinho, le retour le plus romanesque… et le plus inflammable

Il fallait forcément que son nom revienne. José Mourinho est ouvert à un retour si le Real l’appelle, Fabrizio Romano l’a confirmé. AS a même avancé que le Portugais s'était offert au club et s'était déclaré candidat au poste pour la saison prochaine. Là encore, il faut distinguer le fantasme du fonctionnement réel. Oui, Mourinho “parle” immédiatement au madridismo. Oui, il connaît la maison. Oui, dans une période agitée, son autorité pourrait apparaître comme un antidote facile. Mais ce serait probablement le choix le plus chargé de bruit et de tensions potentielles.

Parce que Mourinho au Real Madrid en 2026 serait un retour inattendu. Et le problème des retours, c’est qu’ils peuvent venir salir l'héritage déjà laissé. Son retour flatterait une partie du cœur madridista, mais il poserait aussi une question simple : viendrait-il pour remettre de l’ordre, ou pour rouvrir un cycle devenu impossible à reproduire ?

Guti lui-même s’est montré très sceptique ce week-end, jugeant que Mourinho n’était plus “dans son prime” pour ce poste. C’est sans doute brutal, mais cela résume le débat : l’idée est puissante émotionnellement, moins évidente sportivement. Dans une saison où le Real devra surtout reconstruire de la cohérence, le risque serait de choisir la figure au lieu de choisir le projet.

Sebastian Hoeneß, le nom le plus moderne de la liste

Sebastian Hoeneß figure bien parmi les profils surveillés par le club selon BILD. Et ce n’est pas absurde. Stuttgart l’a prolongé officiellement jusqu’en 2028 après une transformation spectaculaire : maintien arraché, qualification en Ligue des champions, puis victoire en Coupe d’Allemagne. C’est un entraîneur méthodique de progression.

Sur le terrain des idées, Sebastian Hoeneß peut séduire : entraîneur moderne, formé dans le moule allemand, avec une vraie structure de jeu et une capacité à faire progresser ses joueurs. Mais sa piste a aussi quelque chose de déroutant. Si le Real Madrid n’a pas réussi à avancer avec Xabi Alonso, qui représentait une version bien plus crédible, plus bankable et plus évidente de ce profil, alors Hoeneß apparaît forcément comme un choix perturbant.

Alonso offrait plus de garanties, plus de statut, plus de lien avec le club et plus d’impact symbolique. Hoeneß, lui, reste un coach prometteur, mais avec moins de poids et moins de certitudes. Pour un Real Madrid en quête de stabilité, ce serait donc un choix pour le moins étonnant.

Alors, quel choix a le plus de sens ?

Si l’on raisonne uniquement en prestige, Klopp écrase la concurrence. Si l’on raisonne en contrôle institutionnel, Allegri a des arguments évidents. Si l’on cherche un coach capable de remettre du lien humain et de reconstruire un collectif sans entrer immédiatement dans la confrontation, Pochettino existe. Si l’on veut jouer la carte du choc émotionnel et du retour au passé, Mourinho revient naturellement dans la discussion. Et si l’on veut tenter un vrai pari, Hoeneß est sans doute le nom le plus stimulant.

Mais le Real Madrid ne choisit presque jamais dans un seul registre. Il choisit souvent l’entraîneur qui peut à la fois supporter le club, habiter le vestiaire et donner l’impression d’un nouveau cycle. C’est pour cela que le dossier reste ouvert. Le club cherche le visage de sa prochaine ère. Aujourd’hui, Klopp ressemble au rêve, Allegri à la solution d’autorité, Pochettino au compromis humain, Mourinho au retour incandescent et Hoeneß au pari de fond. Toute la question est là : est-ce que le Real Madrid veut se rassurer, se réinventer, ou se raconter une nouvelle histoire ?

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