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·12 mai 2026
Revelli : "C'est l'ASSE d'abord et le chef de l'État après"

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·12 mai 2026

Samedi après-midi et en compagnie de son ancien coéquipier Jacques Santini, Patrick Revelli s'est exprimé à notre micro quelques heures avant d'être honoré par le Chaudron.
La semaine a été longue pour les Verts de 76 qui ont enchaîné les interviews, conférences, séances de dédicaces et repas à l'occasion du cinquantenaire de l'Épopée de 76. Les Verts de 76 ont même été félicités par le Président de la République en personne, Emmanuel Macron, qui s'est adressé à eux dans une allocution diffusée lors d'un repas vendredi soir. Cependant, pour Patrick Revelli c'est l'ASSE d'abord et le chef de l'État ensuite : "Moi c’est l’ASSE d’abord et le chef de l’État après. Emmanuel Macron, on l’avait rencontré à la finale de la Coupe de France l’année dernière. Pour nous, ce qui est important aujourd’hui, c’est surtout l’accueil du club : du principal actionnaire (Larry Tanenbaum, ndlr) et tout son staff. Ça c’est nouveau pour nous. (…) À travers les gens qui nous remercient, on prend beaucoup de plaisir. Ils nous parlent du bonheur qu’on leur a apporté mais on leur répond que eux aussi nous ont apporté du bonheur. La preuve aujourd’hui, vous êtes là donc merci à vous aussi d’être là, 50 ans après. Quand il y a des gens qui viennent de Lille, Bayonne, Dunkerque pour nous voir, ça scotche mais c’est surtout important pour le club et les joueurs d’aujourd’hui aussi. Il faut en faire un peu plus parce que les gens viennent de loin, il faut courir 200%."
Patrick Revelli se refuse toujours à parler de travail quand il évoque le football : "Il y a un mot que vous employez vous la presse, et les joueurs également malheureusement, c’est le mot « job ». « On a bien fait le job » Non, je ne suis pas d’accord. Jouer au football, dans la phrase, il y a le mot « jouer ». Vous vous rendez compte du bonheur qu’on a de se dire : « qu’est ce que tu fais samedi soir ? Je vais jouer avec dix potes, ils vont nous allumer les spots que pour nous, et on va jouer contre 11 personnes en face. » C’est génial ! Ça m’énerve quand j’entends le mot « job ». Le job, c’est pour celui qui ramasse les poubelles le matin, celui qui balaie la rue et ainsi de suite. Mon père était mineur, c’est ça le job. Ceux qui travaillent aux aciéries, à l’usine, ça c’est un travail. Nous ce n’était pas un travail."
Il explique comment l'ASSE est devenue l'équipe de tous les français : "À cette époque, l’Équipe de France ne participe pas à la dernière Coupe du Monde et au dernier Euro. Nous on arrive. Il y a Split, pour moi c’est le départ. Tout le monde nous voyait à la benne et on fait déjà un renversement de situation. À ce moment-là, toute la France s’est mise derrière les Verts. On est la seule équipe de club où on est appelé par la couleur de notre maillot. On a pris la place à l’époque d’une Équipe de France qui était un peu aux oubliettes. On est arrivé à ce moment-là avec les premières retransmissions télé, cela a joué aussi."
Les Verts avaient surpris tout le monde, même ceux qui organisaient les calendriers de l'époque : "Pour revenir à 74-75, les quarts de finale commençaient en général au mois de mars. Comme généralement, à cette époque-là, les clubs français ne dépassaient pas les huitièmes de finale, au mois de mars des matchs de championnat étaient programmés ou des matchs de Coupe de France qui se jouait avant en match aller/retour. On avait donc des matchs en retard en championnat (sourire). C’était tellement rare qu’au niveau du calendrier, ils n’avaient pas prévu qu’on passe des tours."
Patrick Revelli ne souhaite pas comparer son époque à celle d'aujourd'hui car il n'a pas toutes les données à sa disposition : "Il faudrait pouvoir y assister aux entrainements et pas qu’un seul jour, peut-être pendant un mois pour pouvoir se prononcer. À partir de ce moment-là on pourrait dire si c’est mieux ou pas, plus facile ou non. Ce qui est vrai c’est que j’ai entrainé au centre de formation, quand on faisait des blocs de 15-15, je les faisais avec eux, je ne transpirais même pas sous les bras, et j’avais 40 ou 45 ans ! (sourire) Je n’ai jamais vu quelqu’un vomir sur un terrain… Quand on était jeune, pour jouer en lever de rideau une mi-temps contre les Polonais de Saint-Étienne, on a déblayé la neige du stade Geoffroy-Guichard avec l’entreprise de M. Rocher. C’est toute une éducation, on est passé par ces choses-là, c’était l’ADN du club pour nous c’était normal. En plus on était jeune, on s’entrainait avec les pros, ce qu’ils nous disaient on le faisait. C’est pour ça que pour juger, il faut voir ce qu’il se passe. J’habite ici, je suis un stéphanois de la rue, quand on me dit que les Verts d’aujourd’hui ne mouillent pas le maillot, je leur réponds : « Ça veut dire quoi mouiller le maillot ? Vous croyez qu’ils ne courent pas ? » Si, c’est pareil, comme nous. Mais parfois, on ne court pas de la bonne manière, c’est arrivé à tout le monde, il faut un peu d’indulgence de temps en temps."
À quelques heures d'un match capital pour l'ASSE, Patrick Revelli expliquait qu'il donnerait beaucoup pour rechausser les crampons : "Je donnerais cher pour jouer, surtout des matchs comme ça."
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