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·12 mai 2026

Santini : "Une dame nous a fait pleurer"

Image de l'article :Santini : "Une dame nous a fait pleurer"

Présent aux côtés de Patrick Revelli à notre micro samedi après-midi du côté de L'Etrat avant de rejoindre le stade Geoffroy-Guichard et recevoir un hommage bien mérité, Jacques Santini a répondu à nos questions.

Cinquante ans après la mythique épopée des Verts de 76, Jacques Santini est surpris de l'engouement qui perdure autour d'eux : "Pour nous c’est quand même surprenant quand on se dit que c’est 50 ans après… On avait une séance de dédicaces à côté du Musée et sept personnes sur 10 sont des personnes qui viennent de l’extérieur de Saint-Étienne. Il y en avait du Tarn, de Bretagne, du Nord, de l’Oise, de Bayonne… C’est impressionnant ! Je ne sais pas comment c’est possible, ça multiplie ce qu’on a envie de faire. On se voit quatre ou cinq jours cette fois-ci mais pourquoi ne pas allonger ? Des gens avaient fait 1h30 de queue pour nous faire signer des livres, des anciens maillots… Ça ne peut que réchauffer nos coeurs et nous donner envie de se mettre à disposition de ces gens-là. Ils nous remercient mais nous, que pouvons-nous leur dire ? Plutôt un grand merci. (…) Une bonne partie ne nous ont même pas vu jouer. Ils ont appris ça par leurs parents, par les moyens visuels… On ne peut que leur dire un grand merci.


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Plus les années passent, plus on se collent à ces gens-là. À l’époque, on était tellement concerné par notre métier, même si c’était un plaisir, grâce notamment à ceux qui nous ont détectés. (…) Ce matin (samedi 9 mai, ndlr), j’étais avec Pierre Repellini et une dame nous a fait pleurer. Elle était toute gamine à l’époque de 1976 et elle nous a dit qu’on l’avait fait pleurer. Cette transmission on essaie de la faire perdurer. Au niveau des anecdotes, on a désigné Jean-Marc Schaer, le plus jeune, pour préparer les 60 ans (rires)."

Jacques Santini explique qu'à l'époque, les Verts se sentaient investis d'une mission en voyant les Stéphanois travailler en allant à l'entrainement : "Avec Patrick (Revelli) on habitait le même immeuble et pour aller à Geoffroy-Guichard, on passait devant les anciennes usines Creusot-Loire où on voyait les ouvriers travailler l’acier fondu… Quand on passait pour aller faire ce que nous on avait envie de faire, le foot, on se sentait déjà responsable de quelque chose."

Jacques Santini explique qu'Herbin et l'ASSE ont étéprécurseurs dans la préparation physique ce qui a fait des envieux. L'ancien vert aimerait encore plus transmettre désormais : "Il y a pour moi un match qu’on oublie, une mi-temps qu’on oublie, quand on est mené en quart de finale en 74-75 trois à zéro à Chorzow en Pologne. Alors là, déjà à la mi-temps c’était la tempête (rires). Avec ce match contre Split, ça a fait partie de l’élan stéphanois, de croire en nos possibilités. (…) Nos adversaires français nous demandaient comment on travaillait, ça aussi on l’a transmis de copains en copains avec ceux qu’on côtoyait en Équipe de France jeunes et militaire. Vous connaissez bien ce que Robert Herbin nous a plus qu’imposé en termes d’entrainement quand il a pris l’équipe. On leur avait dit que le mardi on ne touchait pas le ballon. Je peux vous dire que les autres nous demandaient ce qu’on faisait (rires). Après quand on a vu qu’on pouvait exercer ce pressing pendant 90 minutes… (…) On aimerait encore plus transmettre à nos équipes de jeunes. Jean-Michel (Larqué) et Alain Merchadier ont été notamment côtoyer les moins de 17 ans à l’ASSE ce week-end."

Néanmoins, pour Jacques Santini, le football a beaucoup évolué : "J’ai entrainé et j’ai plus fait progresser mon équipe de Lizieux qu’après à Toulouse car les joueurs il faut les gérer. Ce n’est plus pareil qu’à l’époque, désormais dès qu’un jeune performe, c’est la nouvelle pépite, il faut lui faire signer un contrat. Nous, il fallait attendre le mois de juillet suivant, avec les grilles de salaire que M. Rocher avait préparé selon nos matchs et nos performances. Le football a beaucoup évolué. Roby par exemple n’a pas eu de très bons résultats la première année, mais on a continué avec le même groupe, il n’a pas été chercher huit nouveaux joueurs. Aujourd’hui ce n’est plus possible, au bout d’un mois l’entraineur saute, il y a le mercato… On a eu la chance de vivre ça. C’est vraiment compliqué désormais. (...) On a parlé de Snella, Batteux, Herbin, il ne faut pas oublier Robert Philippe notre mentor. Tout le monde a amené son ingrédient."

L'ancien vert explique qu'ils se connaissaient par coeur avec ses anciens coéquipiers, eux qui pour la plupart ont été formés ensemble à l'ASSE, ce qui a changé beaucoup de choses : "Quand Patrick Revelli attaquait au premier poteau en CFA, il écartait les jambes et j’étais derrière pour marquer. Comme sur le troisième but de Kiev, j’étais sûr qu’il était là Patrick je n’ai pas eu besoin de regarder. Quand Doudou (Gérard Janvion, ndlr) me donne le ballon, je sais qu’il est là et Patrick sait que je vais lui la mettre. Comme le centre de Sarramagna en finale, j’étais sûr qu’il allait la mettre là. Mais ils avaient rapetissé les buts (rires)."

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